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Le mot évêque est issu du gallo-roman *EPISCU[1], forme raccourcie du mot latin episcopus, lui-même adapté du grec Eπίσκοπος / episkopos qui veut dire « surveillant », c'est-à-dire modérateur, tuteur, responsable d'une organisation. C'est un ecclésiastique qui dirige un diocèse.
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Avant le christianisme, le terme était utilisé pour désigner toutes sortes d'administrateurs (ce mot est la meilleure traduction) dans les domaines civil, financier, militaire, judiciaire. Dans l'Église luthérienne, on garde le souvenir de cette étymologie en nommant les évêques des « inspecteurs ecclésiastiques ». Les premiers episkopoi étaient élus par les membres de l'Eκκλησία / ekklêsia, l'assemblée des fidèles, à la manière dont une association élit aujourd'hui ses dirigeants. Le dimanche qui suivait, le nouvel évêque était consacré comme évêque par l'ensemble des évêques de la province, au moyen de l'imposition des mains, au sein, bien sûr, de la synaxe eucharistique.
Dans les premiers temps, un évêque était l'administrateur d'une paroisse, plutôt que d'un 'diocèse'. Le Nouveau Testament n'était pas encore complété, ils étaient les héritiers d'une tradition orale : l'autorité d'un évêque ne découlait pas de la Bible, mais de sa connexion aussi ténue soit-elle aux apôtres. Les évêques des métropoles se posèrent comme plus importants que ceux de villes plus petites, se réclamant aussi de liens plus directs avec les apôtres.
Ce qu'on appelle la succession apostolique consiste en la consécration d'un nouvel évêque par un, ou plusieurs évêques, eux-mêmes validement consacrés. Le concile de Nicée a précisé qu'il fallait la présence d'au moins trois évêques. Mais en cas de nécessité, la présence d'un seul suffit. Cette règle est appliquée par les catholiques, les orthodoxes et d'une façon générale, par l'Église anglicane quoique les deux précédents dénient à cette dernière la validité de ladite succession, tout comme aux nestoriens.
Dans l'Église catholique, les évêques sont nommés par le pape, à partir de listes transmises à Rome par le nonce apostolique, établies par les évêques d'une même province ou même région ecclésiastique. Chaque évêque a le droit de faire des propositions.
La consécration est un sacrement (ordination épiscopale) conféré par au moins trois évêques ; c'est même le degré supérieur du sacrement de l'ordre (on parle de "plénitude du sacerdoce"). Il doit être conféré dans la communion avec l'évêque de Rome (le pape), c'est-à-dire avec au moins son approbation. Si ce n'était pas le cas, les consacrants comme le consacré encourraient l'excommunication.
L'évêque est considéré par l'Église catholique comme successeur des apôtres, et à ce titre, il est Docteur de la foi, chargé de l'enseigner et de la transmettre avec fidélité.
L'Église catholique reconnaît en l'évêque le ministre de Dieu, vicaire de Jésus-Christ. Il exerce ses fonctions spirituelles au sein d'une circonscription appelée diocèse ; dans l'Église orientale on parle d'éparchie. Il réside normalement dans la ville où se trouve sa cathédrale ; cette ville et sa demeure épiscopale sont appelées évêché.
L'évêque est avant tout celui qui préside l'assemblée des fidèles et plus précisément l'eucharistie (mais il peut déléguer à cet effet un prêtre). Dans son Église locale (ou patriarcale, ou même universelle) il est le principe de l'unité visible des fidèles. Il est chargé de veiller sur son Église locale, d'assurer la liturgie, l'enseignement de la foi catholique et le service aux plus démunis. Il peut convoquer un synode diocésain pour l'aider à discerner les orientations pastorales pour son diocèse. Il est assisté dans sa tâche par des diacres et des prêtres, ou même des laïcs, dument mandatés. Ses plus proches collaborateurs étaient autrefois les archidiacres ; on les appelle aujourd'hui vicaires épiscopaux et vicaires généraux. L'évêque est également assisté de conseils presbytéraux parmi lesquels se trouve le chapître cathédral.
Les sacrements que seuls les évêques peuvent administrer sont :
Dans la théologie de l'épiscopat on peut distinguer trois éléments constitutifs, de droit divin, de la fonction épiscopale, et tous les trois également d'origine apostolique :
Ces trois éléments, normalement unis et coordonnés l'un à l'autre, peuvent être accidentellement disjoints. La titulature et la juridiction peuvent varier, en cas de démission, ou de mutation de siège, par exemples. Le pouvoir d'ordre est donné pour toujours : sacerdos in aeternum.
La titulature et la juridiction sont distinctes pour chaque évêque ; ce sont elles qui constituent la hiérarchie ecclésiastique. Le pouvoir d'ordre, quant à lui, est unique et identique pour tous les évêques. Il fonde ce qu'on appelle la collégialité épiscopale. Tous trois, titulature, pouvoir d'ordre et juridiction, sont une participation au sacerdoce du Christ, unique vrai prêtre et pasteur.
Certains évêques sont créés cardinaux de la sainte Église romaine, et deviennent alors électeurs du pape dans le cas d'un conclave (s'ils ont moins de 80 ans). Les évêques portent le titre d'archevêque quand ils sont à la tête d'un archidiocèse ; ils arborent alors le pallium. Ils sont appelés archevêques métropolitains si le siège est le chef-lieu d'une province ecclésiastique. D'autres évêques sont patriarches : le pape, évêque de Rome, est patriarche d'Occident (en mars 2006, le pape Benoît XVI a décidé de ne plus faire usage de ce titre, mais en demeure titulaire). Certains évêques catholiques disposaient avant le XIXe siècle de pouvoirs temporels importants, tels les Princes-Évêques dans les pays germaniques, ou le pape dans les États pontificaux. Les deux seuls endroits où subsiste un tel fait sont l'État de la Cité du Vatican, dont le pape est souverain, et la Principauté d'Andorre, qui a deux coprinces, dont l'un est un évêque espagnol, l'évêque d'Urgel (l'autre étant le Président de la République française).
Dans le passé, la désignation des évêques a souvent donné lieu à des luttes entre les pouvoirs politiques et l'Église romaine, par exemple la fameuse querelle des Investitures, au XIe siècle, entre les papes et les empereurs romains germaniques.
De nos jours, les évêques sont nommés par le Saint-Siège, cette règle connaissant des exceptions, comme en France pour l'archevêque de Strasbourg, et l'évêque de Metz, qui sont nommés formellement par le Président de la République française (cf. Concordat en Alsace-Moselle pour plus de détails) et quelques diocèses de Suisse. D'autre part, dans les Églises orientales catholiques, les évêques des Églises patriarcales et archiépiscopales majeures sont désignés par le synode ou par le patriarche.
Un évêque peut aussi être démis de ses fonctions par le Pape : c'est très exceptionnel. Cela a été le cas pour Mgr Jacques Gaillot en 1995, Mgr Jean-Claude Makaya Loemba, évêque Pointe-Noire (Congo Brazzaville) le 31 mars 2011, et Mgr William Morris, évêque de Toowoomba (Australie) le 2 mai 2011, ce dernier ayant pris des positions "opposées à la doctrine de l'Église" sur des sujets tranchés de façon définitive, comme l'ordination des femmes (canon 750 § 2 ; cf Ad Tuendam Fidem et sa Note doctrinale)[2]. Cela s'était produit aussi en France sous la pression de Napoléon.
L'évêque dans l'église catholique se reconnait à différents attributs :
Un évêque auxiliaire aide l'évêque en charge d'un diocèse important. Il n'a pas de juridiction directe sur le diocèse, mais il reçoit l'ordination épiscopale, et il est nommé à un siège titulaire d'évêque.
Ses fonctions recoupent celles d'un vicaire général.
Un évêque coadjuteur est destiné à succéder à un évêque appelé à prendre bientôt sa retraite. Il dispose d'un pouvoir presque équivalent. La nomination d'un coadjuteur permet une transition sans interruption entre deux épiscopats.
Cet évêque n'a en fait pas de diocèse propre à gouverner[3], mais il lui est attribué le titre d'un ancien évêché, désormais disparu, pour justifier son élévation au rang d'évêque. Ainsi, bien que sans fidèle, il peut être ordonné. C'est le cas des évêques appelés à des fonctions administratives au sein de la curie romaine ou de la diplomatie vaticane, ou des évêques auxiliaires.
Une dénomination ancienne, obsolète depuis 1882, du siège titulaire, était diocèse in partibus infidelium (« dans les contrées des infidèles » : tels un ancien évêché d'Afrique du Nord comme Hippone, ou des États latins d'Orient, comme Édesse, Tripoli, Amorium, Ilium, etc), c'est-à-dire autrefois chrétiennes. Cependant, des sièges titulaires portent le nom de diocèses disparus dont le territoire était situé dans des diocèses contemporains (Abercorn en Écosse, par exemple).
Un cas particulier est celui de Jacques Gaillot, qui, suite à son refus de démissionner de sa charge d'évêque d'Évreux, a été nommé évêque de Parténia, en Algérie, chaque évêque devant être titulaire d'un siège. Le fait d'être évêque (théorique) d'un lieu mal situé est considéré par certains comme une sanction, d'autant plus qu'il n'a même pas la possibilité d'y résider. Jacques Gaillot a été transféré à un siège fictif, mais non pas déposé, encore moins excommunié. C'est une sanction, mais adoucie.
Les évêques et archevêques catholiques atteignant la limite d'âge de 75 ans imposée par le droit canonique (can. 401) pour gouverner leur diocèse, ainsi que ceux dont les difficultés de santé empêchent l'exercice de leur charge présentent leur démission au Pape. Une fois celle-ci acceptée, ce qui peut prendre du temps, ils deviennent évêque émérite ou archevêque émérite de leur dernier diocèse d'exercice.
À titre d'exemple, on peut citer le cardinal Jean-Marie Lustiger devenu à 78 ans archevêque émérite de Paris dès la nomination d'André Vingt-Trois comme nouvel archevêque de Paris[4].
Un administrateur apostolique est un évêque chargé de diriger temporairement un diocèse vacant en l'attente de la nomination d'un titulaire. C'est parfois l'évêque émérite qui assure ce rôle, ou bien l'évêque d'un diocèse voisin. Un diocèse sans évêque titulaire peut également être géré provisoirement par un prêtre, on parle dans ce cas-là d'administrateur diocésain.
Bibliographie: Anne Bamberg, "L’administrateur apostolique. Réalités complexes et vocabulaire flottant. Questions autour du droit canonique", in Ius Ecclesiae, 19, 2007, p. 409-429.
Au Moyen Âge, certains membres de la noblesse peuvent acquérir le titre d'évêque sans être ordonnés ni consacrés. Ils disposent ainsi des bénéfices des sièges épiscopaux tout en restant laïcs[5].
L'évêque occupe le degré suprême de la hiérarchie ecclésiastique. Il est le successeur des apôtres qui préside à l'eucharistie. Il est l'icône du Christ et le pasteur d'une église particulière dont il porte le nom dans sa titulature. Il est le surveillant et le responsable de la doctrine et de l'enseignement de ses ouailles. Il veille à la communion à l'intérieur de son diocèse et à la communion de son église avec les autres églises orthodoxes. Seuls les hiéromoines (moines prêtres) accèdent à l'épiscopat. Il en découle que les évêques orthodoxes sont astreints au célibat, contrairement aux prêtres orthodoxes qui peuvent être mariés (mais seulement avant leur ordination diaconale).
Les vêtements de l'évêque célébrant à l'autel :
La tenue solennelle de l'évêque présidant au chœur :
Les vêtements de l'évêque en tenue de ville :
Les Églises anglicanes (certaines sont appelées "épiscopaliennes") ont conservé l'épiscopat, qui fait partie de leur héritage d'avant la décision d'Henri VIII. L'ordination sacramentale à vie par trois évêques, la conservation de la succession apostolique (souvent dite "historique") et les devoirs et responsabilités de l'évêque suivent les grandes lignes de l'épiscopat catholique et orthodoxe. Les évêques sont, soit nommés, soit élus, suivant le us et coutumes de chacune des trente-huit "provinces" (églises nationales) de la Communion anglicane. Les femmes sont considérées comme idoines à l'épiscopat dans trois provinces (Nouvelle-Zélande, Canada, États-Unis), mais seulement 11 des quelque 850 évêques anglicans dans le monde sont des femmes.
À part ce développement récent, considéré comme une pierre d'achoppement, l'Anglican-Roman Catholic International Consultation ou Commission internationale anglicane-catholique romaine a conclu que la théologie et la pratique de l'épiscopat des deux Églises sont identiques.
Cependant, comme le pape Léon XIII l'a explicitement déclaré dans sa Bulle Apostolicae Curae de 1896, l'Église catholique considère que ces ordinations sont invalides. Cette position théologique est confirmée par le Cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, dans sa note doctrinale qui accompagne le Motu proprio Ad tuendam fidem du 18 mai 1998, et qui confirme (§ 11, vers la fin) que cette vérité fait partie des vérités "du second alinéa" (cf. canon 750 §2), tranchées de façon définitive et devant être tenues par tous. À la suite de la Bulle de 1896, des évêques anglicans se sont fait réordonner par des évêques ordonnés de façon certainement valide mais qui n'étaient pas en communion avec Rome (orthodoxes, etc.).
Enfin, la Constitution apostolique Anglicanorum Coetibus de 2009 prévoit des dispositions pour les anglicans qui voudraient revenir à l'Église catholique. Les prêtres et évêques anglicans pourront être ordonnés ; si un ancien évêque anglican est marié, il pourra être ordonné prêtre catholique, mais il pourra bénéficier de certains privilèges : port des insignes épiscopaux, participation à la Conférence épiscopale avec le rang d'"évêque émérite".
Les vêtements à l'autel sont semblables à ceux des évêques catholiques. Au chœur, pourtant, les évêques anglicans portent des vêtements très particuliers:
Dans le protestantisme (au sens strict, Irvingiens exceptés), seules certaines Églises luthériennes, méthodistes et quelques rares Églises réformées) connaissent un ministère épiscopal personnel, qui est une fonction de l'Église et non un ordre sacramentel.
Ces églises connaissent un épiscopat féminin, comme elles connaissent les ministères féminins. Ces fonctions sont électives, c'est-à-dire démocratiques ; le suffrage des fidèles s'exercant soit directement au premier degré, soit au second degré. Dans la plupart des confessions protestantes acceptant le ministère épiscopal, la continuité apostolique est généralement entendue comme signifiant la fidélité à l'enseignement apostolique - une succession spirituelle donc, et non historique.
Dans les autres Églises protestantes, au niveau de l'Église locale, le ministère épiscopal est celui des pasteurs (traditionnellement élus), et collégialement des anciens. Le consistoire, ou conseil presbytéral est élu par l'assemblée générale qui élit aussi, dans le système presbytéro-synodal, un certain nombre de délégués au synode. Au niveau d'une union nationale, le ministère d'unité est assuré par les synodes et conseils élus par eux, avec parfois une forte concentration sur la personne de leur président. À défaut, il l'est par la collégialité des pasteurs.
Dans l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, l'Evêque est un homme devant détenir la prêtrise de Melchisédek et avoir été ordonné et mis à part en tant que Grand Prêtre. Il est choisi parmi les membres de la paroisse (instance locale). Il est appelé à cet office par la Présidence de Pieu. (instance régionale). La durée de cet appel est d'environ 5 ans, jusqu'au moment de sa relève par la Présidence de Pieu.
Un évêque 'saint des derniers jours' est marié et mari d'une seule femme (Bible 1 Timothée 3:1-7 [6] ). Il administre à titre bénévole, en parallèle de ses activités professionnelles et familiales, les affaires temporelles et spirituelles de la paroisse. Il ne porte aucune tenue spécifique à sa charge.
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