35 mm
Le format 35 mm est un standard de pellicule photographique d'une largeur de 35 millimètres. Créé à l’origine pour le cinéma, il a été introduit par la suite en photographie argentique sous le code 135.
Il reste relativement inchangé depuis son introduction en 1892 par William Dickson et Thomas Edison[1],[2]. Le défilement standard pour le cinéma est de quatre perforations par image, soit environ 52 images par mètre[3],[4] La longueur moyenne d'une bobine de 90 minutes est donc de 2,5 km.
Une grande diversité de standards de largeur, en général brevetés, a été utilisé pour les nombreux systèmes de prise de vues et de projection inventés indépendamment à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, de 13 mm à 75 mm[5]. Le 35 mm a été désigné comme standard international en 1909[6] et est resté de loin le format dominant, grâce au bon compromis offert entre la qualité de l'image capturée et le coût de la pellicule. L'omniprésence du 35 mm en fait le seul format de l'industrie du cinéma, argentique ou numérique, à pouvoir être projeté dans la quasi-totalité des cinémas du monde.
Le 35 mm s'est affirmé très flexible dans ses applications. En un siècle, on a pu y incorporer du son, rendre le support ininflammable, changer la composition pour capter la couleur, accommoder un grand nombre de formats de projection larges, incorporer du son numérique dans presque tous les espaces non occupés par l'image. Depuis le début du XXIe siècle, Eastman Kodak et Fujifilm se partagent le marché de la fabrication de la pellicule de cinéma[7].
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En 1880, George Eastman entame la fabrication de plaques photographiques sèches en gélatine à Rochester. En collaboration avec W. H. Walker, Eastman élabore un support pour une bobine de papier recouvert d'une couche de gélatine, où sont enregistrées des images. En 1887, Hannibal Goodwin (en) met au point le premier support souple de film en nitrocellulose[8], et l'année suivante, Emile Reynaud développe la première pellicule à perforations.
Eastman reste néanmoins le premier industriel à produire massivement ces composants, quand il réalise en 1889 que ce support souple peut être recouvert de l'émulsion à base de bromure, éliminant alors le papier[9].
L'avènement du film souple permet à Thomas Alva Edison de mettre au point rapidement son invention, le Kinétoscope, exposé au public pour la première fois au Brooklyn Institute of Arts and Sciences le 9 mai 1889[10]. Le Kinétoscope est un système individuel de visualisation de film, monté en boucle[11]. Edison et son assistant W. K. L. Dickson développent par la suite le Kinetophone, un Kinétoscope muni du phonographe d'Edison. Début de mars 1892, Eastman, puis, d'avril 1893 à 1896, la compagnie New York's Blair Camera fournissent Edison en pellicule de 1 pouce 9/16 (40 mm), qu'il retaille et perfore dans son laboratoire en bande de 35 mm (à partir de 1894 ou 1895, Blair envoie à Edison des bandes de cette dimension exacte)[12]. L'ouverture de l'objectif des appareils d'Edison définit une fenêtre sur une hauteur de quatre perforations, soit 18,96 mm[13]. Edison revendique les droits sur ce format de pellicule à quatre perforations par image, entraînée par une roue dentée, obligeant son seul concurrent sérieux, American Mutoscope & Biograph, à utiliser un film de 68 mm de large, avec un mécanisme d'entraînement par friction. En mars 1902, un tribunal invalide la réclamation d'Edison, permettant à tout fabriquant ou distributeur d'utiliser du film 35 mm, comme cela se pratiquait déjà en Europe, où Edison avait échoué à faire valoir ses droits[14]. En effet, une variante développée par les Frères Lumière utilisait une perforation circulaire, de chaque côté de l'image, située sur l'axe horizontal[15]. C'est cependant le format d'Edison qui devint la référence, et en 1909, le standard officiel de la nouvelle Motion Picture Patents Company, le trust d'Edison. L'historien du cinéma Paul C. Spehr décrit ainsi ces évènements :
En 1909, le Français Étienne Mollier conçoit un appareil de photographie petit format, le « Cent-Vues », qui utilise le film perforé 35 mm pour prendre d'affilée cent vues en 18 × 24 mm. Il le fabrique, obtient la médaille d'or du concours Lépine et le commercialise aussitôt (1910) à petit échelle et sans grand succès[17].
Le format 35 mm est par la suite introduit dans la photographie dès 1913 avec l'appareil américain « Tourist Multiple »[18],[19], mais deviendra populaire avec le Leica, créé par Oskar Barnack en 1925[20].
Avec ses composants pétrochimiques et argentés nécessaires à la fabrication de la pellicule, le tournage amateur en 35 mm est d'un coût très élevé. De plus, la grande inflammabilité des premiers supports en nitrate de cellulose entraîne des risques importants pour les utilisateurs non initiés. En 1898, Birt Acres tente le premier de commercialiser un format amateur, le format Birtac, divisant le film en deux bandes de 17,5 mm de large. Au début des années 1920, plusieurs formats dérivés du 35 mm cohabitent — respectivement les 28 mm, (1912), 9,5 mm (1922), 16 mm (1923), et le Pathé Rural (1926), un format 17,5 mm au support en acétate de cellulose, beaucoup plus sûr. Le 16 mm d'Eastman Kodak, encore largement utilisé, s'impose par la suite dans le cinéma amateur, puis à la télévision et dans le cinéma professionnel (principalement sous la forme dérivée Super 16). Ce fut le premier format commercialisé avec un support totalement non inflammable en diacétate de cellulose, puis plus tard en triacétate de cellulose. Le marché amateur se diversifie en 1932 avec le film 8 mm, particulièrement destiné au film familial[21]. Légalement, les format 16 et 8 mm (ainsi que le format 35 mm destiné à autre usage qu'une salle de projection) doivent être fabriqués sur des supports non dangereux. L'apparition de ces nouveaux formats a conforté la place du 35 mm dans son usage exclusivement professionnel.
La pellicule présente généralement quatre perforations par image, de chaque côté de la pellicule. Mais pour des raisons économiques, on utilise parfois 3 perforations par image dans le format 1,85:1. Le pitch ou distance entre deux perforations mesure généralement 4,74 mm pour un négatif (short pitch), et 4,75 mm pour un positif (long pitch). La surface d'impression imaginée initialement par Thomas Edison est de 24,89 mm par 18,67 mm (super 35 mm). Avec l’arrivée du cinéma sonore et la nécessité de loger des pistes sonores, la largeur de la fenêtre d'impression fut réduite à 22 mm (35 mm anamorphic et 35 mm spherical). La pellicule 35 mm est fréquemment utilisée au lieu du 70 mm pour la production d’images au format CinemaScope de 2,39:1. Dans ce cas, la prise de vue et la projection se font avec des objectifs anamorphiques qui compressent l’image de moitié en largeur.
Le format 35 mm (« pellicule 135 ») est le support le plus courant en photographie argentique. Il apporte des facilités incomparables par rapport aux formats plus grands qui l’ont précédé : compacité du boitier, et nombre de vues élevé. Étant plus petit que les formats précédents, il appartient au domaine de la « photographie petit-format » (par opposition au moyen et grand formats).
Les formats de prises de vue sur une pellicule 135 sont nombreux :
D’autres petits formats ont été introduits par la suite, mais aucun n’a connu de véritable succès (voir l’APS). Ces échecs s’expliquent probablement par la forte implantation du format 35 mm ainsi que l’absence d’avantages décisifs pour les prétendants. Avec l’arrivée du numérique, il est très peu probable que de nouveaux formats soient introduits.
À l’origine, la sensibilité des films cinéma était irrégulière, chaque rouleau de pellicule qui arrivait sur le lieu de tournage devait être taré, pour en connaitre sa sensibilité. Leica avait construit un petit appareil qui pouvait être chargé en pellicule cinéma, sans viseur, avec un objectif compur à obturateur central, et diaphragme. On tirait quelques essais, on développait, on obtenait ainsi la sensibilité du film et l’opérateur cinéma pouvait régler sa caméra. Le Leica a ensuite été adopté comme appareil photo.[réf. souhaitée]
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