| Acouphène | |
| Classification et ressources externes | |
| CIM-10 | H93.1 |
|---|---|
| CIM-9 | 388.3 |
| DiseasesDB | 27662 |
| MedlinePlus | 003043 |
| eMedicine | ent/235 |
| MeSH | D014012 |
L’acouphène est une sensation auditive non liée à un son généré par une vibration d’origine extérieure à l’organisme et inaudible par l’entourage.
Le son perçu peut ressembler à un bourdonnement, un sifflement ou même à un tintement ressenti dans le crâne ou dans l’oreille, d’un seul côté ou des deux.
On distingue les acouphènes objectifs (5 % des cas) perçus par l’entourage de la personne, des acouphènes subjectifs (95 % des cas) perçus par la personne seule.
Sommaire |
Les acouphènes peuvent être liés à une pathologie, mais pas systématiquement. Ils peuvent être permanents, intermittents, variables ou temporaires.
On distingue différentes appellations en fonction de la tonie perçue par le sujet acouphénique : le tintement, le bourdonnement, le chuintement, le sifflement, ou des sons purs comme des notes de musique.
Selon différentes études, le nombre de personnes atteintes d’acouphènes serait très important (300 à 500 000 personnes en France souffriraient d’acouphènes définitifs, 2 à 3 millions d’acouphènes chroniques, chiffres du président de France Acouphène[1]). Une enquête au Royaume-Uni en 1981 révélait que 17 % de la population souffrait d’acouphènes permanents d’intensité variable[2].
Les cas graves sont assimilables à de véritables douleurs chroniques[3],[4].
Le ou les bruits perçus peuvent avoir des niveaux divers. Selon les cas, les personnes atteintes peuvent endurer des bruits d’intensité plus ou moins élevée, allant d’un simple rasoir électrique à une tondeuse à gazon ou à un réacteur d’avion. Ceux-ci peuvent s’accompagner (ou non) de surdité, d’hypersensibilité aux sons extérieurs (l’hyperacousie coprésente dans 40 % des cas[5]) ou d’hyposensibilité (l’hypoacousie). Ils ne s’accompagnent généralement pas de lésions du tympan.
Les acouphènes peuvent être unilatéraux ou bilatéraux, selon ce qui les a provoqués. Ils peuvent en effet avoir différentes causes : souvent dus au vieillissement de l’oreille (donc, chez les sujets âgés et fréquemment des deux côtés), ils peuvent être dus à une tumeur, notamment un neurinome (unilatéralement le plus souvent, chez des sujets de tous âges), mais ils peuvent aussi survenir à n’importe quel âge après un traumatisme auditif, un choc infectieux ou viral. Les chocs auditifs sont en forte augmentation, notamment chez les jeunes : le choc peut être dû à une exposition violente ou trop répétée à des bruits très forts, dans les boîtes de nuit, lors d’un concert ou d’une rave, en écoutant un baladeur, sur un lieu de travail très bruyant,, etc.
Pour toute sensation de perte auditive brusque ou dans les heures qui suivent un traumatisme auditif (de préférence dans les 6 à 12 heures suivant ce dernier), il est impérativement nécessaire de se présenter à un service d’urgence au plus vite afin qu’un traitement adapté soit appliqué tel que par exemple : hémodilution, oxygénation hyperbare et vasodilatateurs.
Pour les personnes ne souffrant pas d’acouphènes, il est très difficile d’imaginer l’épreuve psychologique que représente le fait de toujours avoir un bruit étranger dans l’oreille. Toute personne ayant assisté à des concerts a probablement perçu ensuite un léger sifflement ; ce sifflement est déjà un acouphène, bien qu’il ne dure généralement que quelques minutes ou quelques heures. Mais la meilleure comparaison que l’on puisse faire est d’imaginer un robinet qui fuit. Si le bruit arrive au moment de s’endormir, le bruit de la petite goutte entrant en collision avec l’évier prend alors des proportions immenses.
L’intensité comme la tonalité des acouphènes est variable selon les individus. Chez un même patient, l’intensité des acouphènes varie (de façon plus ou moins prononcée selon les individus). Il n’est pas rare de voir certaines personnes se plaindre de leurs acouphènes à la suite d'une augmentation du niveau d’intensité de celui-ci, alors qu’elles s’étaient habituées à leurs acouphènes depuis plusieurs années.
Les acouphènes sont des perceptions auditives et sont analysés par les centres auditifs, puis interprétés par les structures supérieures : le système nerveux à tous les niveaux et à des degrés variables est impliqué dans le genèse des acouphènes[6]. Ceci explique que, lorsque deux patients présentent des acouphènes identiques (de même origine avec la même perte auditive si elle existe, et les mêmes résultats aux épreuves psychoacoustiques), la gêne est différente, quasiment nulle pour l’un et insupportable pour l’autre.
Si on ne sait pas exactement ce qui cause les acouphènes, la recherche suggère qu’ils résultent de la tentative du cerveau pour compenser la perte d’audition (dans le cas de la destruction de cellules ciliées de la cochlée) en augmentant son activité, ce qui génère des « sons fantômes ». Une autre hypothèse repose sur une dysfonction du système auditif central. Une cause génétique n’est pas exclue.
Voici différentes causes (ou symptômes conjoints) possibles :
Le problème est aussi bien connu des musiciens. C’est par exemple le cas de Phil Collins[9], du guitariste des Who Pete Townshend[10], d’Ozzy Osbourne[11], Danny Elfman[12], Barbra Streisand[13], Eric Clapton[14][réf. incomplète] et de beaucoup d’autres musiciens.
Les traumatismes auditifs étant une des causes d’acouphènes, il est important de les éviter.
Des réglementations existent qui limitent le volume sonore dans les lieux publics (105 dB en France[15], 90 dB en Belgique[16]) et celui des baladeurs (100 dB en France[17]).
Au niveau individuel, il est possible d’utiliser des bouchons avec filtre, moulés ou non. Une protection auditive (casque ou bouchons de mousse) doit être utilisée lorsqu’on se sert d’un outil électrique bruyant (meuleuse d’angle, disqueuse, ponceuse à bande…), en particulier dans un lieu clos, comme une cave. Il suffit de quelques minutes à un niveau sonore trop élevé pour abîmer les cellules ciliées de l’oreille interne et provoquer un acouphène définitif.
Faute de traitement à ce jour, les services de santé devraient mettre l’accent sur la prévention quant aux traumatismes auditifs. À ce sujet, le Royaume-Uni a réellement compris le problème et a engagé des campagnes de prévention. En France, le respect de la législation et le seuil acceptable de décibels sont souvent bafoués et ne sont pas vérifiés dans les lieux publics (notamment dans les boîtes de nuit, pubs et concerts). La recherche dans ce domaine reste balbutiante, faute de moyens financiers et humains [réf. nécessaire].
Les acouphènes peuvent être un symptôme d’alerte de l’atteinte auditive, mais lorsqu’ils perdurent au-delà de quelques mois, ils constituent une véritable maladie algique. Ne pouvant être entendus par une autre personne, seule la personne touchée peut témoigner de son mal. De ce fait, ils sont difficiles à diagnostiquer et encore mal connus. Dans certains cas consécutifs à une surdité totale unilatérale, ces acouphènes sont dits périphériques lorsqu’ils sont localisés au niveau de l’oreille lésée. Après un délai variable, ils se centralisent et deviennent des acouphènes chroniques perçus dans un hémisphère cérébral ou les deux. Les chirurgies de section nerveuse du nerf vestibulocochléaire n’ont pas montré de résultats et ont été abandonnées. Pour un nombre important de patients[réf. nécessaire], ils représentent une véritable douleur chronique dite de désafférentation, par défaut d’afférence vers l’aire auditive du côté concerné.
Lorsqu’un patient décrit ce symptôme, il arrive parfois que les otorhinolaryngologistes (ORL) effectuent des recherches de surdité et estiment de façon erronée que l’absence de perte auditive équivaut à une absence de problème quelconque. Or les acouphènes ne s’accompagnent pas obligatoirement de perte auditive (surtout lorsqu’ils restent à un niveau mineur).
Les acouphènes sont parfois accompagnés de vertiges, d’autant plus, s’ils ont été causés par un traumatisme auditif.
Il n’existe pas de traitement des acouphènes permettant de les guérir automatiquement, mais différentes thérapies et surtout des comportements à adopter permettent de les faire disparaître totalement ou au pire pour certains patients de « s’y habituer »[18].
Le manque de sommeil est, avec le stress, l’une des causes essentielles de l’augmentation de l’intensité d’un acouphène[5].
Les solutions envisageables sont alors les suivantes[19] :
Après consultation d’un médecin ORL, on pourra recourir :
Ils comprennent les vasodilatateurs, les anxiolytiques, et les antidépresseurs. Certains antiépileptiques qui atténuent considérablement la perception d’un acouphène permettent de retrouver le sommeil et de passer le cap difficile des premiers mois d’habituation ; toutefois, 90 % des médecins sont insatisfaits quant à l’efficacité de ces médicaments[5] ;
De fait, les possibilités de soulagement existent et il est important de ne pas se résigner sans explorer toutes les pistes existantes.
Cependant, il faut savoir qu’à l’heure actuelle, il n’y a ni traitement ni thérapie véritablement efficace pour soulager complètement et définitivement les acouphènes. Une approche multi-disciplinaire (médecin ORL, psychiatre ou psychologue) est préconisée pour les cas très handicapants.
Le traitement d’urgence « standard » lors d’un traumatisme sonore aigu (TSA) entraînant des acouphènes est à base de corticoïdes et stimulant dopaminergique. À partir du moment où le son perçu commence à diminuer en intensité, c’est que le patient est en bonne voie de guérison.[réf. nécessaire]
Il s’agit d’un bruit anormal qui peut être perçu par un autre sujet que celui qui se plaint d’acouphène. L’acouphène objectif peut résulter de spasmes musculaires qui causent des clics ou crépitements autour de l’oreille moyenne.
L’acouphène objectif correspondant à un son non pulsatile est lié à un fonctionnement perturbé des cellules ciliées externes de la cochlée. L’observation d’un tel acouphène, audible de l’extérieur, est en partie à l’origine de la découverte des Oto Emissions Acoustiques (OEA) par Kemp et Wilson.
Certaines personnes éprouvent un son rythmé. Quand il correspond au rythme du pouls (acouphène pulsatile), il est généralement de nature objective, résultant d’une perception d’un bruit induit par une turbulence anormale de l’écoulement du sang dans une veine ou une artère près de l’oreille (athérosclérose ou problème veineux). Une hypersensibilité du sujet peut rendre le phénomène plus conscient, le problème pouvant alors pour partie être « subjectif » (prise de conscience accrue de la circulation sanguine dans l’oreille). Rarement, un acouphène pulsatile pourrait être un symptôme potentiel de rupture mortelle d’anévrisme[27],[28],[29].
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