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L'agglomération parisienne est pour des raisons historiques et administratives une réalité difficile à cerner. En effet, à la différence de ses homologues étrangères, comme Londres, Madrid ou Berlin, la commune de Paris n'a pas agrandi ses limites depuis 1860. Par conséquent, il existe un décalage flagrant entre le Paris politique (la Ville de Paris, qui correspond administrativement à la commune de Paris) et la réalité géographique, économique et humaine de la métropole.
Sommaire |
Avec une superficie de 105 km2, Paris est une petite commune. Rome est par exemple 12 fois plus étendue (1 285 km2) et Tōkyō 6 fois. En revanche, elle concentrait 2 234 105 habitants[1] en 2009, soit une densité de population de 21 196 hab/km2, l'une des plus élevées du monde, et environ 18 % de la population totale de la région Île-de-France, pour à peine 0,9 % de sa superficie. En excluant les 18 km2 des bois de Boulogne et de Vincennes, la densité de Paris atteint même 25 679 hab/km2.
La commune de Paris correspond à un ensemble géographique et historique déterminé dont les limites furent tracées en 1860, lors de l'annexion de certaines communes adjacentes (comme Montmartre, La Villette ou Bercy), à peu près sur le tracé de l'ancienne enceinte militaire de Thiers, bâtie en 1840. Bien que rapidement désaffectée, cette enceinte marqua longtemps une rupture dans le tissu urbain, toujours visible dans les « Boulevards des Maréchaux », ensemble de boulevards ceinturant presqu'intégralement la ville en deçà du boulevard périphérique, autoroute urbaine circulaire située à l'intérieur des limites administratives de la commune. Il existe même à certains endroits des terrains situés entre le périphérique et la limite administrative, très prisés par les promoteurs de bureaux puisqu'ils conservent une adresse parisienne.
La petite couronne est la zone constituée des trois départements limitrophes de la ville de Paris : les Hauts-de-Seine (92), la Seine-Saint-Denis (93) et le Val-de-Marne (94). Jusqu'à la fin de 1967, une partie de cet ensemble, regroupé avec Paris, formait le département de la Seine. Urbanisée dès la fin du XIXe siècle, elle se caractérise par une très forte densité de population, atteignant près de 9 000 habitants/km2 dans les Hauts-de-Seine, soit plus que la majorité des centres-villes de la plupart des métropoles mondiales : par comparaison, l'arrondissement de Queens à New-York possède 8 000 habitants/km2. Cette zone possède d'importantes fonctions de commandement, en particulier le quartier de La Défense, véritable expansion du centre ville.
La petite couronne comprend 123 communes.
Jusqu'en 1967, avec la Seine-et-Marne (77), le département de la Seine-et-Oise entourant celui de la Seine, formait la grande couronne.
Le 1er janvier 1968, elle est réorganisée en quatre départements à la périphérie de l'Île-de-France : la Seine-et-Marne (77) qui conserve ses limites, les Yvelines (78), l'Essonne (91) et le Val-d'Oise (95).
L'Insee, l'institut officiel français de production de statistiques, utilise le concept d'« unité urbaine » pour désigner un ensemble bâti continu, c’est-à-dire où les différents bâtiments sont toujours séparés de moins de 200 mètres : il s'agit du terme officiel qui s'approche le plus de ce qu'est une agglomération. Selon cet organisme, l'unité urbaine contenant Paris comprenait 412 communes dans sa délimitation de 2010[2] et totalisait 10 354 675 habitants en 2008[3], de Melun à Mantes-la-Jolie. Trois départements — en dehors de Paris — étaient intégralement inclus dans cette unité urbaine : les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne.
Cette zone géographique n'a ni existence administrative ni représentation politique.
Population de l'agglomération parisienne proprement dite
La notion d'unité urbaine ne permet pas toujours d'intégrer certaines zones qui sont économiquement sous l'influence d'une ville, mais qui n'ont pas une continuité de bâti avec elle. C'est pourquoi l'Insee utilise la notion d'« aire urbaine », ensemble de communes d'un seul tenant et sans enclave constitué d'un pôle urbain (unité urbaine offrant au moins 1 500 emplois) et de communes dites monopolarisées, c'est-à-dire dont plus de 40 % de la population travaille dans ce pôle urbain ou dans une autre commune déjà monopolisée par ce pôle urbain. L'aire urbaine de Paris fait partie des 241 grandes aires urbaines organisées autour de grands pôles urbains (unités urbaines offrant au moins 10 000 emplois), selon le nouveau zonage en aires urbaines de 2010[4].
En 2008, l'aire urbaine de Paris comptait 12 089 098 habitants[5], répartis dans 1 798 communes[6] sur une superficie de 17 175 km2.
C'est cet ensemble que l'on peut comparer à une metropolitan area américaine, et, dans le cas de Paris, au Grand New York.
L'aire urbaine de Paris — dont la population est plus élevée que celle de la région Île-de-France — se situe au 20e rang des aires métropolitaines les plus peuplées du monde.
Elle s'étend sur la presque totalité (98,8 % des communes) de l'Île-de-France et sur une partie des régions avoisinantes (Bourgogne, Centre, Champagne-Ardenne, Haute-Normandie et Picardie), et les 15 départements suivants[7] :
Paris, commune et département, fait bien entendu partie de sa propre aire urbaine. Toutes les communes de l'Essonne, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, du Val-d'Oise et des Yvelines (soit 370 communes) y sont également comprises. En Île-de-France, seules certaines communes de Seine-et-Marne n'appartiennent pas à l'aire urbaine de Paris :
En 2008, ces sept départements rassemblent 10 355 558 habitants sur 6 096 km2[8].
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| Commune | Population (1999) |
Superficie (km²) |
|---|---|---|
| Bézu-le-Guéry | 204 | 11,10 |
| Brumetz | 183 | 7,24 |
| Bussiares | 101 | 7,40 |
| La Celle-sous-Montmirail | 81 | 5,67 |
| Chézy-en-Orxois | 349 | 16,15 |
| Coupru | 144 | 7,82 |
| Courchamps | 98 | 2,72 |
| Crouttes-sur-Marne | 628 | 4,33 |
| Dammard | 418 | 7,96 |
| Domptin | 530 | 4,56 |
| Gandelu | 641 | 10,03 |
| Hautevesnes | 146 | 7,29 |
| Largny-sur-Automne | 259 | 9,53 |
| Marigny-en-Orxois | 415 | 15,56 |
| Monnes | 70 | 4,92 |
| Montigny-l'Allier | 239 | 10,14 |
| Montreuil-aux-Lions | 1 197 | 12,99 |
| Passy-en-Valois | 140 | 3,41 |
| Pavant | 753 | 5,43 |
| Priez | 47 | 4,93 |
| Saint-Gengoulph | 141 | 7,57 |
| Veuilly-la-Poterie | 127 | 7,54 |
| Viels-Maisons | 962 | 21,44 |
| Commune | Population (1999) |
Superficie (km²) |
|---|---|---|
| Andonville | 217 | 11,94 |
| Autruy-sur-Juine | 810 | 27,11 |
| Boisseaux | 253 | 7,19 |
| Desmonts | 165 | 4,76 |
| Erceville | 277 | 12,72 |
| Morville-en-Beauce | 188 | 11,02 |
| Orville | 110 | 7,19 |
| Pannecières | 116 | 7,02 |
| Rouvres-Saint-Jean | 233 | 10,1 |
| Thignonville | 321 | 9,16 |
| Commune | Population (1999) |
Superficie (km²) |
|---|---|---|
| Réveillon | 106 | 6,72 |
| Le Vézier | 157 | 12,39 |
| Villeneuve-la-Lionne | 246 | 15,27 |
L'agglomération parisienne est soumise à un régime particulier : la sécurité et la police de Paris et de la petite couronne (départements 75, 92, 93 et 94) ne sont pas assurées par les maires et les préfets, mais par le Préfet de Police.
À la différence de la plupart des principales régions urbaines de France ou d'autres grandes capitales, il n'existe aucune entité intercommunale gérant la région urbaine de Paris, aucun conseil intercommunal ne traitant les problèmes du noyau urbain dense de la région dans son ensemble. Le décalage entre la ville de Paris et ses banlieues est devenu, avec le rejet de longue date en périphérie de certaines activités et populations, un véritable problème contemporain, considéré comme une des principales causes du malaise social ayant entraîné les émeutes de 2005 dans les banlieues.[réf. nécessaire]
Cette problématique est à l'origine de la conférence métropolitaine de l’agglomération parisienne, réunie pour la première fois à Vanves le 7 juillet 2006[9]. Le président de la République Nicolas Sarkozy s'est également saisi du problème dans son discours du 26 juin 2007[10], critiquant le projet de SDRIF, se disant repenser « l'organisation des pouvoirs » et créer une communauté urbaine, ce qui n'a pas manqué de provoquer de nombreuses réactions parmi les élus locaux de l'agglomération[11] l'accusant d'imposer de fait une reprise en main par l'État[12],[13].
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