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L'aire urbaine est un concept utilisé par l'Insee pour appréhender et décrire l'organisation urbaine de la France.
Le concept d’aire urbaine est utilisé dans d’autres pays, mais avec une signification généralement différente. Le terme d'aire métropolitaine peut également être utilisé, mais celui-ci désigne, en France, les plus grandes aires urbaines.
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Le concept d'aire urbaine est associé à celui d’unité urbaine, sur lequel repose en partie sa définition, et à celui d’espace urbain. Une aire urbaine est, selon la définition de l'Insee, un ensemble continu formé par un pôle urbain (unité urbaine offrant plus de 5 000 emplois) et par sa couronne périurbaine, c'est-à-dire les communes dont une part importante (voir ci-dessous) de la population active résidente travaille dans une autre commune de l’aire urbaine ; ces communes sont dites monopolarisées.
Cette définition a été élaborée entre 1994 et 1996 et appliquée pour la première fois au recensement de 1999, en remplacement du concept de zone de peuplement industriel et urbain (ZPIU), devenu trop peu discriminant.
Parmi les nombreuses unités urbaines délimitées en fonction de critères démographiques et géographiques, l’Insee en sélectionne un certain nombre en fonction de critères économiques pour être des pôles urbains. Concrètement, un pôle urbain est, selon l’Insee, une unité urbaine où se trouvent au minimum 5 000 emplois. Par exemple, la Loire-Atlantique, sur les 29 unités urbaines du département, 6 seulement constituent des pôles urbains.
Un pôle urbain comprend en général plusieurs communes, mais il peut n'en comporter qu'une seule (exemple : l'aire urbaine de Châteaubriant).
Une aire urbaine peut se réduire à son pôle urbain (exemple : l'aire urbaine de Clisson ne comporte que les 4 communes de l'unité urbaine de Clisson). Par conséquent, il peut exister des aires urbaines ne comprenant qu'une seule commune : c'est le cas, par exemple, de celles d'Agde (Hérault), Challans (Vendée) ou Sélestat (Bas-Rhin).
Une « commune monopolarisée » est une commune dont 40 % de sa population active résidente travaille dans une autre commune de l’aire urbaine (c'est-à-dire dans le pôle urbain ou dans une commune déjà monopolarisée), sous réserve de contiguïté.
L'aire urbaine représente l'ensemble des habitants d'un même bassin d'emploi. Elle permet en particulier de mettre au point des politiques de transport en commun. Ainsi, l'aire urbaine de Paris recouvre à peu près la superficie couverte par le réseau des transports en commun d'Île-de-France. La notion d'aire urbaine entre donc dans le cadre de la politique d'aménagement du territoire, tandis que l'unité urbaine ou agglomération concernera plutôt la politique de la ville.
Les exemples concerneront l'aire urbaine de Lyon et le département du Rhône, où existent deux autres aires urbaines : Tarare et Villefranche-sur-Saône.
Un aire urbaine est composé par les communes du pôle urbain qui sont, par définition, des communes urbaines (exemple : Chaponost ou La Tour-de-Salvagny, communes de banlieue de l’unité urbaine de Lyon, qui est le pôle de l'aire urbaine de Lyon) ; et les communes monopolarisées qui peuvent aussi bien être des communes urbaines extérieures à l’unité urbaine de Lyon, comme L’Arbresle que des communes rurales comme Dième.
Les communes qui ne font pas partie d'une des trois aires urbaines du département peuvent aussi bien être des communes urbaines (Saint-Georges-de-Reneins ou Crêches-sur-Saône) que des communes rurales (Saint-Bonnet-des-Bruyères ou Poule-les-Echarmeaux).
La composition des aires urbaines est présentée cartographiquement sur la page de l'Insee Statistiques locales[1].
Dans une étude publiée en 2011[2], l'Insee introduit les notions d'aire métropolitaine et de grande aire urbaine. Les 41 plus grandes aires urbaines françaises ont été déterminées selon la « loi rang-taille », qui établit une relation entre la taille de la ville (pour chacune des trois variables suivantes : population, nombre d'emplois, nombre de cadres des fonctions métropolitaines) et son rang de classement. Les fonctions métropolitaines sont, selon l'Insee, celles qui assurent l'attraction et le rayonnement des plus grandes villes. Elles sont au nombre de cinq : celles qui sont liées aux prestations intellectuelles, à la conception-recherche, au commerce inter-entreprises, à la gestion ou à la culture et aux loisirs[3].
Les aires métropolitaines sont les plus grandes aires urbaines, ayant au moins 500 000 habitants et concentrant au moins 20 000 cadres des fonctions métropolitaines (CDM), c'est-à-dire les cadres et chefs d'entreprise d'au moins dix salariés travaillant dans les fonctions métropolitaines. Elles sont au nombre de douze : Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes, Strasbourg, Rennes, Grenoble et Montpellier.
Vingt-neuf autres aires urbaines de plus de 200 000 habitants concentrent, à un moindre degré (moins de 20 000 chacune), les cadres des fonctions métropolitaines, et figurent dans le classement des grandes aires urbaines : il s'agit de Toulon, Douai, Rouen, Metz, Clermont-Ferrand, Nancy, Valenciennes, Tours, Caen, Orléans, Angers, Dijon, Saint-Étienne, Avignon, Brest, Le Mans, Reims, Le Havre, Mulhouse, Perpignan, Amiens, Dunkerque, Limoges, Nîmes, Besançon, Pau, Bayonne, Poitiers et Annecy.
Au total, l'ensemble de ces quarante et une aires urbaines concentrait, au recensement de 2006, 68,1 % de la population des 355 aires urbaines françaises, 78,8 % de leurs emplois, 77,4 % des emplois des fonctions métropolitaines et 84,4 % des cadres des fonctions métropolitaines.
L'Insee a publié, le 18 octobre 2011, le nouveau zonage 2010 des aires urbaines[4]. Les douze premières aires urbaines sont désormais, dans l'ordre décroissant, Paris, Lyon, Marseille - Aix-en-Provence, Toulouse, Lille (partie française), Bordeaux, Nice, Nantes, Strasbourg (partie française), Grenoble, Rennes et Rouen. Dans ce classement de tête Toulouse, Bordeaux, Grenoble et Rouen remontent alors que Lille, Nice et Toulon descendent.
Les 50 plus grandes aires urbaines françaises en 2008 avec le zonage de 2010[5] :
Au recensement de 1999, l'Insee a délimité 354 aires urbaines en France. Elles sont toutes situées en métropole, la notion d'aire urbaine n'étant pas définie outre-mer[8].
Nombre d'aires urbaines par tranche de population :
| Population (2006) |
Nombre |
|---|---|
| Plus de 1 000 000 | 5 |
| 500 000 à 999 999 | 10 |
| 200 000 à 499 999 | 28 |
| 100 000 à 199 999 | 36 |
| 50 000 à 99 999 | 59 |
| 20 000 à 49 999 | 119 |
| 10 000 à 19 999 | 92 |
| Moins de 10 000 | 6 |
| Total | 354 |
Au total, en 1999, les aires urbaines de France métropolitaine regroupaient 45 047 359 habitants (77 % de la population) sur 176 293 km² (32 % du territoire) et 13 905 communes (38 % du total). Le reste de la population était situé dans l'une des 4 121 communes multipolarisées n'appartement pas spécifiquement à une unique aire (2 911 628 habitants, 47 840 km²) ou l'une des 18 525 communes à dominante rurale (10 552 994 habitants, 319 891 km²).
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