Amiens
| Amiens | |
|---|---|
Cathédrale d'Amiens |
|
| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Picardie (préfecture) |
| Département | Somme (préfecture) |
| Arrondissement | Amiens (chef-lieu) |
| Canton | Amiens (chef-lieu de huit cantons) |
| Code commune | 80021 |
| Code postal | 80000 |
| Maire Mandat en cours |
Gilles Demailly 2008- 2014 |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération Amiens Métropole |
| Site web | amiens.fr |
| Démographie | |
| Population | 133 998 hab. (2009) |
| Densité | 2 709 hab./km2 |
| Aire urbaine | 274 700 hab. () |
| Gentilé | Amiénois |
| Géographie | |
| Coordonnées | |
| Altitudes | mini. 14 m — maxi. 106 m |
| Superficie | 49,46 km2 |
Amiens (API : /amjɛ̃/) est une ville française du nord de la France située sur la Somme. Administrativement, cette commune est la préfecture de la région de Picardie ainsi que du département de la Somme et chef-lieu de canton.
Commune la plus peuplée de la région, Amiens était en 2008 la vingt-huitième ville la plus peuplée de France avec près de 135 000 habitants appelés Amiénois. Son aire urbaine compte 274 700 habitants ce qui la place au 32e rang en France.
Amiens est célèbre pour ses canaux, les hortillonnages, qui lui ont donné le surnom de petite Venise du Nord et pour sa cathédrale.
Amiens, préfécture régionale de la Picardie, est traversée par la Somme, fleuve au cours généralement très paisible, sauf lors d'exceptionnelles crues de plusieurs semaines (comme celles du printemps 2001). C'est aussi, à sa périphérie sud-est, près de Camon et Longueau, le confluent avec son affluent principal en rive gauche (au sud), l'Avre.
Amiens est également la préfecture de la Somme, un des trois départements (avec l'Aisne et l'Oise) de la région.
Amiens doit une partie de sa renommée à sa cathédrale gothique, l'une des plus vastes au monde.
La ville s'est développée au niveau d'un rétrécissement naturel des hortillonnages, dû à la présence au nord de la côte Saint-Pierre sur le tracé du fleuve.
Cette butte est toujours observable ; la Citadelle fut construite dessus et la Rue Saint-Pierre était un chemin légèrement incliné qui permettait de sortir de la ville par le nord. Au niveau de ce rétrécissement, un réseau de canaux étroits a permis la construction de ponts et d'édifices dont des filatures au Moyen Âge.
Le canal de la Somme ne date que du début du XIXe siècle et le pont situé au pied de la citadelle a été construit après la Seconde Guerre mondiale.
Mais c'est autour des quartiers Saint-Leu, Saint-Maurice et de la partie plus administrative et civile de l'actuel centre-ville que la ville s'est développée depuis l'Antiquité.
En superficie, elle est la troisième commune de la Somme, après Crécy-en-Ponthieu et Hornoy-le-Bourg.
Amiens possède un climat océanique typique du nord de la France, avec des hivers relativement froids, des étés frais, et des précipitations bien réparties toute l'année.
Amiens est un nœud d'axes de communications entre :
On peut y accéder par la route (Amiens est située au croisement de l'A16 et de l'A29), et le train (ligne Paris-Boulogne-sur-Mer).
La ville d'Amiens est desservie par les autoroutes A 16 & A 29.
Le viaduc Jules-Verne, long de 943 m, franchit la Somme à l'est de la ville et permet de réaliser le contournement de la ville par des voiries de type autoroutier.
Amiens est le centre d'une étoile de routes importantes, initialement constituant des voiries nationales mais aujourd'hui déclassées, pour la plupart, en routes départementales. Il s'agit des :
L'A16, l'A29, la RN1 et la RN25 forment un contournement de type autoroutier de forme circulaire autour de la ville. La population a pris l'habitude de l'appeler rocade d'Amiens.
Amiens est dotée de plusieurs parcs souterrains en centre-ville :
| Nom | Accessible par | À proximité de |
|---|---|---|
| Halles | Rue du Général Leclerc | Centre commercial des Halles, beffroi |
| Hôtel de Ville | Rue de Beauvais | Espace piétonnier, hôtel de ville |
| Jacobins | Rue des Jacobins | Espace piétonnier, préfecture |
| Trois Cailloux | Rue Robert de Luzarches | Espace piétonnier, palais de justice, cathédrale |
| Saint-Leu | Rue des Huchers | Facultés de droit science politique et d'économie gestion, cathédrale |
| Amiens 2 | Boulevard d'Alsace-Lorraine, rue de la Vallée | Centre commercial Amiens 2, gare routière, gare SNCF |
| Perret | Boulevard de Belfort, rue Vulfran Warmé | Cinéma, gare SNCF |
Un 8e parking souterrain nommé Oxygène doit ouvrir derrière la gare, rue de la Vallée, courant 2009.
Depuis le 15 janvier 2007, un parking situé en périphérie de la ville, près de la citadelle a été mis en place. Jusqu'alors relié par une navette gratuite au centre-ville, la nouvelle municipalité a choisi de supprimer cette navette, obligeant les utilisateurs du parking à utiliser les lignes de bus payantes.
Mais le problème du stationnement a été un des éléments de débat lors de la campagne pour l'élection municipale de 2008[1]. Un an après le changement de majorité, l'équipe de Gilles Demailly lance une consultation auprès de la population[2]
L'Aéroport d'Amiens - Glisy se situe à 10 km à l'est de la ville.
Il existe 3 gares :
De nombreuses liaisons régionales et extra régionales (Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, Champagne-Ardenne et Île-de-France) passent par Amiens, notamment par le TER Picardie.
Une quatrième gare, très excentrée (45 km d'Amiens), la gare TGV Haute Picardie permet l'accès au réseau TGV. Elle est desservie par des autocars.
Deux lignes de tramway sur 10,7 kilomètres sont inaugurées en 1887. Les deux se croisent place Gambetta, l'une reliant le cimetière de la Madeleine à l'église Saint-Acheul, par le pont Cagnard, la rue de Noyon et la rue Jules-Barni ; l'autre allant de l'église Saint-Pierre à l'hippodrome, par les rues Saint-Leu, Frédéric-Petit et Colbert.
Électrifié en 1899, le réseau s'allonge avec sept lignes pour 19 kilomètres en 1906. À partir de 1932, Longueau est reliée à Amiens par un service de bus à gazogène, qui remplace totalement le tramway de mai 1940 à 1946, date à laquelle les trolleybus assurent les transports en commun. En 1964, les bus prennent le relais[3]. Cependant, une négociation est en cours quant à la réintroduction de lignes de tramway au sein de la ville.
La gestion du réseau de bus est aujourd'hui assurée par la société d'économie mixte Ametis, dont le réseau couvre Amiens Métropole, l'agglomération d'Amiens. La mise en place de voies de bus en site propre a débuté en 2006. L'ancien maire, Gilles De Robien avait envisagé la création d'un tramway ; le choix d'une circulation de bus en site propre a été préférée pour des raisons de rapport coût / fréquentation.
En février 2008, la municipalité a lancé le Vélam, service de vélos partagés adaptation du système Cyclocity géré par JCDecaux, similaire aux Vélo'v lyonnais et Vélib' parisiens.
Station Vélam
Au pied de la cathédrale, parcouru de canaux, ce quartier pittoresque a été en grande partie réhabilité pendant les années 1990. Il s'étend jusqu'au canal de la Somme situé plus au nord au pied du coteau Saint-Pierre sur lequel la forteresse de Jean Errard, appelée Citadelle, a été construite. Historiquement, il s'agissait du quartier pauvre de la ville, où se regroupaient tanneurs, bouchers et teinturiers.
La faculté des sciences, présente depuis les années 1960 a été pour l'occasion rénovée et agrandie. La faculté de droit et d'économie a été également transférée au milieu des années 1990 depuis le campus (excentré au sud de la ville) vers sa nouvelle situation au pied de la cathédrale. Le parking à ciel ouvert qu'elle remplace était une « fracture » dans le paysage datant de la Seconde Guerre mondiale. Il permettait toutefois d'avoir une vue dégagée de la cathédrale[4]. La plupart des bâtisses ont été rénovées et transformées en logement dont une grande partie pour les étudiants, nombreux dans le quartier.
Ce quartier est devenu le cœur des soirées amiénoises, avec de nombreux établissements (bars, restaurants, etc.) place du Don et quai Bélu.
Rue Saint-Leu se trouve l'église éponyme, sise juste entre la faculté des sciences et celle de droit-économie.
Deux théâtres sont établis dans le quartier, celui des Cabotans et la Maison du Théâtre, au pied de l'église Saint-Leu.
Situé à l'ouest de la Citadelle et à l'est du cimetière de la Madeleine, ce très ancien quartier populaire d'Amiens, haut lieu industriel du XVIIIe siècle, est en cours (2006) de réhabilitation avec la construction et la rénovation de nombreux logements.
Bordé par le canal de la Somme, il offre une escale pour les plaisanciers, qui doivent y passer une écluse.
Le quartier abrite l'ancienne teinturerie d'Amiens, transformée pour accueillir l'École Supérieure d'Art et de Design (ESAD) et la faculté des Arts. Non loin se trouve l'École supérieure d'ingénieurs en électrotechnique et électronique (ESIEE).
Le Jardin des Plantes dit « le Jardin du Roi » intra muros appartient aussi au quartier.
Le quartier d'Henriville nait au XIXe siècle, après la démolition des remparts de la ville. On y trouve des maisons bourgeoises, avec une prédominance de la brique, mêlant les styles néoclassique, troubadour et néogothique. S'y trouvent également des hôtels particuliers, comme celui d'Acloque et la maison Jules Verne.
Amiens, comme d'autres grandes villes, possède ses grandes barres HLM. Tout d'abord
Les quartiers nord ont été le théâtre d'événements violents en 1994, 1999 et 2000 (affrontements entre plusieurs quartiers de la ville puis entre les quartiers d'Amiens et les quartiers de Creil) et tout récemment 2006 et 2008 (suite aux incidents en banlieue parisienne)[réf. nécessaire]. Un vaste programme de réaménagement urbain de ces quartiers a été récemment entrepris, des barres hlm détruites et de nouvelles infrastrucures ont été construites, pour les écoles notamment. En 2009, le réseau de transport en commun de l'agglomération amiénoise a été sensiblement modifié.
Le quartier Saint-Acheul (API : /aʃœl/) « existait » avant Amiens puisque les hommes y vivaient dès la préhistoire. Les recherches archéologiques ont donné le nom d'Acheuléen (API : /aʃØleɛ̃/) à une période de la préhistoire. Un jardin archéologique peut y être visité librement.
C'est aussi le quartier des hortillonnages, de l'église Saint-Acheul, d'une nécropole militaire de 1914-1918 et de l'ancienne École normale d'instituteurs devenue le lycée Robert-de-Luzarches. Une partie du quartier comprend des maisons au style purement anglais, d'où son nom de « Quartier anglais ».
Nombre de personnages célèbres sont inhumés dans le cimetière Saint-Acheul ancien tel J.P. Pinchon (dessinateur de Bécassine) et de nombreux Résistants.
Le toponyme est issu du nom du peuple gaulois local, les Ambiani, qui s'est substitué vers le IVe siècle à l'ancien nom de la ville Samarobriva (le pont sur la Somme). Amiens devient alors siège épiscopal[6].
En 2006, lors de la construction de logements des fouilles ont permis de découvrir des sites mésolithiques[7] sur des positions d’anciennes berges de la Somme et de la Selle[8].
En 2006, lors de la construction d'immeubles dans la ZAC Cathédrale, des fouilles ont permis d’étudier une portion du rempart dressé à la fin du IIIe siècle à Samarobriva[9].
L’enceinte du Bas-Empire protège une superficie de 20 ha[10]. La prospérité de la cité la désigne aux premiers assauts des barbares, Alains, Vandales, Burgondes, qui s'emparent successivement d'Amiens[Quand ?].
Au Ve siècle arrivent les Francs sous la conduite de Clodion le Chevelu. Mérovée y est élu roi par ses compagnons d'armes et élevé sur le pavois en signe du pouvoir qui lui est conféré.
859 : la ville est pillée par les Normands.
882 : nouvelle attaque des Normands qui prennent la ville.
Amiens bénéficie, vers 1095, d'une ébauche d'organisation municipale ; la commune est jurée en 1113 avec l’accord de l’évêque, et reconnue par la suite par le roi de France[11]. D’autres villes de la région (Beauvais, Cambrai, Laon, Noyon, Saint-Quentin) l’ont devancée sur le terrain des libertés municipales. Le dimanche des Rameaux 1115, le roi Louis VI le Gros est présent à Amiens, pour soutenir l'évêque Geoffroi et les habitants contre le comte Enguerrand de Boves qui refuse de reconnaître l'institution communale.
Réunie à la couronne en 1185, puis donné à la Bourgogne par le Traité d'Arras (1435), Amiens est acquise par Louis XI en 1477.
En 1218, La foudre détruit les archives de l'évêché et celles du chapitre, et anéantit la cathédrale qui avait été reconstruite après l'invasion des Normands.
Le 23 janvier 1264, Saint Louis rend un arbitrage, le Dit d'Amiens, dans un conflit opposant le roi d'Angleterre Henri III à ses barons révoltés.
Le bleu d'Amiens produit à partir de la guède (l'Isatis tinctoria connue sous le nom de « pastel des teinturiers » et waide en piccard), une plante tinctoriale, fit la fortune des marchands waidiers au XIIe et XIIIe siècles et par conséquent celle de la ville[12]. La richesse engendrée par le produit de la vente de cette teinture contribua au financement de la reconstruction de la cathédrale.
En 1597 (11 mars), les Espagnols attaquent par surprise : les soldats du comte de Fuentes déguisés en paysans viennent devant les portes des ramparts avec des noix et des pommes. Les Amiénois affamés ouvrent alors les portes et les Espagnols entrent dans la ville et s'emparent de la cité. Après les six mois du siège d'Amiens, Henri IV reprend la cité, mettant fin à son autonomie de gestion.
Amiens est réputée au XVIIIe et XIXe siècle pour ses textiles dont le célèbre velours d'Amiens. La famille Cosserat est alors une des plus grandes familles de l'industrie textile amiénoise.
Le 25 mars 1802, le Royaume-Uni et la France signent à la mairie d'Amiens un traité de paix qui met un point final à la deuxième coalition européenne contre la France.
Durant le XIXe siècle, Amiens tire profit du développement de l'industrie. La ville s'étend et se modernise. Les remparts sont démontés pour laisser place à de larges boulevards qui ceinturent le centre-ville. Sur les parcelles des Hospices d'Amiens, éloignés des faubourgs de Saint-Honoré et Saint-Acheul, nait le quartier Henriville. La rue de la République est créée et devient la rue du pouvoir et du savoir, avec l'érection de la bibliothèque municipale et du musée de Picardie, ainsi que l'installation de la Préfecture.
La première ligne de chemin de fer passant par Amiens est construite en 1848 : elle permet de relier la ville à Boulogne-sur-Mer[13]. Certains anciens fossés jouxtant les remparts sont utilisés pour le passage de voies de chemin de fer. Ce progrès modifie la géographie de la ville, qui tourne désormais le dos à la Somme, à l'instar de l'Hôtel de ville qui transfère son entrée de la place au fil, vers l'actuelle rue des Trois cailloux.
En 1849, comme dans toutes les communes de France, la population masculine majeure peut, pour la première fois, aller voter grâce à l'instauration du suffrage universel. La ville est touchée en 1866 par une épidémie de choléra.
Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, la Somme est envahie par les Prussiens, on se bat pour Amiens qui est finalement occupée, tandis que la citadelle résiste quelques jours de plus.
En 1906, la CGT y tient un congrès historique, qui élabore la Charte d'Amiens.
Amiens connaît des dégâts lors des deux guerres mondiales. Ville de l'immédiat arrière-front en 1914-1918, la ville subit une courte occupation en septembre 1914. De 93 000 habitants à l'entrée en guerre, la population passe à 110 000 pendant le conflit du fait de la présence des troupes alliées. Population et industries subissent de lourdes privations (gaz, charbon, pain…), qui engendrent plusieurs grèves, vingt-cinq rien que pour l'année 1917. Face aux bombardements réguliers, la municipalité met en place dès 1915 la protection des monuments historiques, comme la cathédrale. Fin mars 1918, une vague de bombardements intense détruit la gare du Nord, les Nouvelles Galeries et la Halle aux blés, entraîne l'évacuation de la population, et de la municipalité qui se réfugie à Neufchâtel-en-Bray.
En mars 1918, les allemands lancèrent l'opération Michael, qui fut stoppée par la Brigade de cavalerie canadienne (Lord Strathcona's Horse - Royal Canadians) le 4 avril à Villers Bretonneux et Moreuil. En aout, le corps expéditionnaire britannique du maréchal sir Douglas Haig dirige l'offensive qui deviendra la bataille d'Amiens. L'attaque est destinée à libérer une large partie de la ligne de chemin de fer entre Paris et Amiens.
À la fin de la Première Guerre mondiale, on dénombre 7 000 maisons détruites et 3 000 endommagées, auxquelles s'ajoutent les pillages[14].
Un plan de reconstruction est engagé par Louis Duthoit, remplacé en 1921. L'État rejette en 1924 la demande de la municipalité de dommages de guerre. Une reconstruction moins ambitieuse débute en 1925, dont témoignent quelques façades art déco.
La reconstruction du centre-ville, déjà fortement touché en 1918, n'est pas terminée, que la ville est à nouveau sinistrée par les nombreux bombardements de la Seconde Guerre mondiale, en 1940, en particulier en juin, lors de la bataille d'Amiens. Le 20 mai, la ville était tombée aux mains des Allemands de la 1re Panzerdivision. Le quartier bourgeois d'Henriville, le pittoresque quartier populaire de Saint-Leu, aujourd'hui réhabilité, et la cathédrale sont épargnés. En 1942, les premiers plans de reconstruction sont échafaudés par les officiers allemands, et par Pierre Dufau. En 1944, l'aviation britannique vise la prison lors de l'opération Jéricho, puis les voies ferrées. Amiens sort du conflit détruite à 60 %.
La ville est reconstruite sur les plans de Pierre Dufau : son plan de reconstruction et d'aménagement est adopté dès juillet 1942. Il repose sur la volonté d'améliorer la circulation par l'élargissement des rues et la densification des îlots. La place Gambetta est aménagée par l'architecte Alexandre Courtois, la place de la gare est conçue par Auguste Perret, comprenant sa fameuse Tour, Dufau se concentrant quant à lui sur la place du Marché et la place de la cathédrale[15].
Le vent de contestation qui souffle sur la France et dans le monde à la fin des années 1960, touche également Amiens. D'abord, une manifestation opposée à la Guerre du Viêt Nam est organisée le 21 octobre 1967. Ensuite, alors que la Maison de la Culture avait accueilli le ministre de l'Éducation nationale Alain Peyrefitte en mi-mars 1968, à l'occasion d'un colloque sur l'éducation, les étudiants amiénois emboitent le pas des événements parisiens en défilant les 6 et 7 mai.
Les ouvriers de la Somme rejoignent le mouvement de contestation le 17, tandis que le lendemain, les cheminots de Longueau bloquent les aiguillages. Les ouvriers de Férodo occupent leur usine à partir du 20 mai pour cinq semaines.
Sans connaître d'affrontements comparables aux nuits parisiennes, la ville est rapidement paralysée : l'absence de collecte des déchets ménagers donne aux rues des odeurs nauséabondes, et le département est à court d'essence à partir du 22. Face à ce mouvement de gauche, l'extrême-droite ne reste pas absente : alors que des militants avaient lancé un engin explosif sur la permanence communiste de la ville le 23 décembre 1967, des membres d'Occident s'opposent aux étudiants le 21 mai, devant le cinéma Picardy. Dans la nuit du 27 au 28 mai, les étudiants tentent de prendre la Maison de la Culture. Au lendemain de l'allocution de De Gaulle, ses partisans amiennois défilent le 31 mai, tandis que la reprise s'engage la semaine suivante. La Loi Faure promulguée, l'Université d'Amiens est créée le 26 octobre suivant[16].
Dans les années 1970, la ville achète peu à peu les maisons du quartier Saint-Leu et le rénove dans les années 1980. Dans les années 1990, le parc Saint-Pierre est réaménagé et une partie l’Université de Picardie s'installe dans de nouveaux bâtiments, au pied de la cathédrale, tandis que le quartier nord fait l'objet d'aménagements importants. Ces quinze dernières années[Quand ?], la ville s'est également développée à travers le quartier commercial de la Vallée des vignes, au sud de la ville.
Depuis 2006, un vaste programme de réaménagement du quartier de la gare, le projet Gare la Vallée, est en cours[17]. Depuis juin 2008, la vaste transformation architecturale de la place de la gare permet de faciliter l'accès à la gare aux personnes à mobilité réduite et d'assurer une continuité piétonne entre l'hôtel de ville et cette dernière, au prix d'une polémique sur la qualité de la mise en valeur de l'œuvre de Perret.
Unités ayant été stationnées à Amiens :
Voici ci-dessous le partage des sièges au sein du conseil municipal d'Amiens :
| Groupe | Effectif | Statut | ||
|---|---|---|---|---|
| Groupe Communistes et Citoyens | 9 | majorité | ||
| Groupe Europe Écologie - Les Verts | 8 | majorité | ||
| Groupe PS - MRC - PRG | 26 | majorité | ||
| Groupe Indépendant | 4 | opposition | ||
| Groupe Mouvement pour l'Avenir | 8 | opposition |
Amiens est divisée en huit cantons :
Depuis le 21 mars 2008, le maire d'Amiens est Gilles Demailly ; succédant à Gilles de Robien, il a été élu au second tour le 16 mars avec 56,21 % des voix. Il est également président de la communauté d'agglomération Amiens Métropole.
| Période | Identité | Parti | Observations |
|---|---|---|---|
| 21 mars 2008- | Gilles Demailly | PS | |
| 29 mars 2007-21 mars 2008 | Gilles de Robien | UDF puis Nouveau Centre | |
| 27 juin 2002-2007 | Brigitte Fouré | UDF | démissionnaire le 23 mars 2007 |
| mars 1989-juin 2002 | Gilles de Robien | UDF-PR puis UDF | démissionnaire pour entrer au gouvernement |
| 1971-1989 | René Lamps | PCF | décédé le 8 mai 2007 |
| 1959-1971 | Maurice Vast | SFIO puis DVG allié à l'UNR | |
| 1953-1959 | Camille Goret | SFIO | |
| 1950-1953 | Maurice Vast | SFIO | |
| 1950 | Eugène Jolibois | président de la délégation spéciale, suite à la démission de Vast, mis en minorité | |
| 1944-1950 | Maurice Vast | SFIO | |
| 1941-1944 | Pierre Rollin | ||
| 1940-1941 | Léon Debouverie | ||
| 1925-1940 | Lucien Lecointe | PRS | |
| 1919-1925 | René Caumartin | ||
| 1916-1919 | Herménégilde Duchaussoy | intérim | |
| 1912-1916 | Alphonse Fiquet | décédé le 14 mai 1916 | |
| 1910-1912 | Georges Antoine | ||
| 1910 | Georges Antoine | interim | |
| 1908-1910 | Albert Catoire | ||
| 1903-1908 | Alphonse Fiquet | ||
| 1897-1903 | Paul Tellier | ||
| 1897 | Alcide Huber | intérim | |
| 1896-1897 | Alphonse Fiquet | ||
| 1895-1896 | Decaix-Matifas | ||
| 1895 | Decaix-Matifas | intérim | |
| 1884-1895 | Frédéric Petit | républicain | |
| 1884 | Fernand Lévecque | intérim | |
| 1882-1884 | Alphonse Fiquet | ||
| 1881-1882 | Fernand Lévecque | intérim | |
| 1881 | Decaix-Matifas | intérim | |
| 1881 | Alphonse Fiquet | ||
| 1880-1881 | Frédéric Petit | républicain | intérim |
| 1879-1880 | Alphonse Delpech | ||
| 1877-1879 | René Goblet | ||
| 1876-1877 | Charles Dufour | président de la commission municipale | |
| 1875-1876 | Alphonse Delpech | ||
| 1875 | Charles Dubois | ||
| 1875 | René Goblet | intérim | |
| 1875 | Alphonse Fiquet | intérim | |
| 1873-1874 | Louis Dewailly | ||
| 1868-1873 | Albert Dauphin | ||
| 1865-1868 | Pierre Dhavernas | ||
| 1861-1865 | JB Ferdinand Allou | ||
| 1860-1861 | Léon de Chassepot | ||
| 1851-1860 | Prudent Allart | ||
| 1848-1851 | Louis Porion | ||
| 1839-1848 | Frédéric Boistel Duroyer | ||
| 1835-1839 | Docteur Lemerchier | ||
| 1832-1835 | Frédéric Boistel Duroyer | ||
| 1830-1832 | Alexandre Thiérion de Chipilly | ||
| 1823-1830 | Nicolas Daveluy Bellencourt | ||
| 1817-1823 | Nicolas Dargent | ||
| 1816-1817 | Blin de Bourdon | ||
| 1808-1815 | Adrien Morgan de Belloy | ||
| 1800-1807 | Augustin Debray | ||
| 1798-1800 | Le Caron Crépin | ||
| 1797-1798 | Rigollot | ||
| 1797 | Laurendeau | ||
| 1796-1797 | Rigollot | ||
| 1795-1796 | Laurendeau | ||
| 1795 | Antoine Chamont | ||
| 1795 | Poullain Cotte | ||
| 1794-1795 | Devismes | ||
| 1792 -1794 | Lescouvé | ||
| 1791 | Charles Leroux | ||
| 1790-1791 | Jacques de Gand | ||
| Les données antérieures ne sont pas encore connues. | |||
Amiens est une ville marquée par une forte tradition judiciaire, avec la présence historique de sa cour d'appel, ainsi que de toutes les juridictions de premier et deuxième degré de l'ordre judiciaire. La cour d'appel d'Amiens a compétence sur les trois départements de la Picardie, soit neuf tribunaux de grande instance.
Plus récemment, Amiens est devenue le siège :
La municipalité d'Amiens a conclu cinq jumelages[19],[20] avec :
Les habitants d'Amiens s'appellent les Amiénois[21]. Le nom jeté des habitants est « Chés maqueux d'gueugues » (les mangeurs de noix).[réf. nécessaire]
La population d'Amiens a connu une forte augmentation depuis le milieu du XIXe siècle où la population a doublé en un siècle.
D’après le recensement Insee de 2008[22], Amiens compte 134 381 habitants (soit une diminution de 1 % par rapport à 1999).
La commune occupe le 28e rang au niveau national, alors qu'elle était au 22e en 1999, et le 1er au niveau départemental sur 782 communes.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Amiens depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint en 2006 avec 136 105 habitants.

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (16,9 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (21 %).
À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (52,9 %) est supérieur au taux national (51,6 %).
La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :
Amiens compte plus de 26 000[Quand ?][29] étudiants et regroupe toutes sortes de formations supérieures, notamment :
Les établissements éducatifs de la commune relèvent de l'académie d'Amiens[30] qui évolue sous la supervision de l'inspection académique de Picardie.
En 2011, l'agglomération amiénoise regroupe 46 maternelles, 6 écoles élémentaires et 54 écoles primaires dont 11 sont privées. Elle dispose de 9 collèges publics et de 6 collèges privés. Amiens compte 24 lycées :
Le CHU d'Amiens-Picardie est organisé autour de quatre sites: - Hôpital Sud, Avenue René Laënnec - Hôpital Nord, Place Victor Pauchet - Centre Saint Victor, 354 Bis Boulevard de Beauvillé - Centre de Gynécologie Obstétrique, 124 Rue Camille Démoulins. En 2014, les quatre sites seront réunis sur le site actuel de l'Hôpital Sud, sauf les unités de long séjours pour personnes âgées qui resteront au Centre Saint Victor.
Grâce à sa forte population étudiante, Amiens s'est vu décerner le titre de la ville la plus sportive par le journal L'Équipe en 2001.
Amiens a accueilli le 29 avril 2006 la Fédération française de hockey sur glace créée lors de la coupe du monde de Hockey sur glace du groupe B (antichambre de l'élite mondiale) organisée à Amiens à la même époque. Elle est désormais basée à Issy-les-Moulineaux.
Tous les 15 août, la ville reçoit les phases finales des sports picards au parc de la Hotoie.
La synagogue est située au 12 rue du Port d'Amont, près du Pont-Beauvillé.
L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours compte un lieu de culte, route de Doullens
La ville d'Amiens concentre une communauté musulmane très importante, elle est la plus importante de Picardie et l'une des plus importante du Nord de la France.Les lieux de culte sont donc très importants et en pleine évolution, plusieurs mosquées d'Amiens sont en phase d'agrandissement et/ou de déménagement. La ville compte quize lieux de culte musulman : 8 salles de prières indépendantes et 7 mosquées[32]:
De nombreuses salles de prières indépendantes sont présentes dans la ville. Par ailleurs de nombreuses associations et comités musulmans existent à l'image du Centre culturel Islamique d'Amiens situé rue de Savoie, l'Association Culturelle Musulmane Liberté - Institut des Lumières ou encore de l'Association des Résidents du Foyer située 21 route d'Allonville.
La Mosquée Al Fath entreprend en ce moment le projet d'une Grande Mosquée qui servirait aussi d'Association culturelle et cultuelle. La superficie passerait donc de 400 m² à 6 500 m² ce qui offrirait à la Mosquée Al Fath d'avoir de plus grandes salles de prières et de plus grandes salles de classes. Des salles de conférences, une bibliothèque et un amphithéâtre sont incorporés au projet. Les discutions se poursuivent avec les élus locaux qui se sont prononcés en faveur du projet.
Le temple est voisin de l'église Saint-Jacques.
En 2007, la ville est la 184e de France de plus de 20 000 habitants, et la troisième de la région de Picardie derrière Compiègne et Soissons, pour la proportion d'assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), soit 879 foyers fiscaux déclarant un patrimoine moyen de 1 606 482 €. L'impôt moyen sur la fortune à Amiens est de 6 384 €/an[33],[34].
En 2007, le revenu fiscal médian par ménage était de 14 969 €, ce qui plaçait Amiens au 23 576e rang parmi les 30 714 communes de plus de 50 ménages en métropole[35].
La commune d'Amiens comptait environ 70 822 emplois (salariés + non salariés) en 1999, dont 67 047 emplois salariés. Le taux annuel moyen de variation de l'emploi total, entre 1990 et 1999, est +3,2 %. Le nombre de demandeurs d'emploi au 31 décembre 2007 était de 7 356 et le taux de chômage de 20,0 %[36]. En 1999, le taux d'activité entre 25 et 49 ans s'établissait à 53,4 %[37].
Répartition de l'emploi
| Tertiaire | Industrie | Construction | Agriculture | |
|---|---|---|---|---|
| Amiens | 79,3 % | 17,4 % | 3,0 % | 0,2 % |
| Moyenne nationale | 71,5 % | 18,3 % | 6,1 % | 4,1 % |
| Source des données : Insee[37] | ||||
L'agriculture est très peu représentée parmi les emplois amiénois avec 0,2 %, tout comme le secteur de la construction qui représente 3,0 % des emplois. Contrairement à ces deux secteurs dont la part est inférieure à la moyenne nationale, le secteur tertiaire représente une part significative de la population active amiénoise, 19,8 %, et est plus importante qu'au niveau national. L'industrie regroupe 17,4 % des emplois.
La firme Goodyear Tire & Rubber a annoncé plus de 400 suppressions d'emplois en mai 2008 à l'usine d'Amiens, qui compte[Quand ?] 1 450 salariés ; en mars 2009, la direction a annoncé un nouveau licenciement collectif portant sur mille emplois[38].
Les éditeurs philatéliques Yvert et Tellier (catalogues de cotations) et l'Écho de la timbrologie (magazine) ont leur direction à Amiens, même si elles ont plusieurs de leurs services en région parisienne. Le groupe Gueudet, l'un des plus importants distributeurs automobiles en France, est implanté à Amiens depuis 1918. De la vieille tradition textile de la ville, demeure l'usine Lee Cooper France (122 salariés).
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une bonne partie de l'économie de la ville était liée à l'équipement automobile avec des sociétés comme Valeo, les pneus Goodyear et Sumitomo-Dunlop. En 2003, Dunlop est rachetée par l'américain Goodyear, ces deux sociétés traversent fin 2007 et début 2008 une crise profonde, le siège central, aux États-unis, ayant « proposé » aux ouvriers une modifications de leur temps de travail et du nombre de postes, qui fut refusé par le personnel à un fort pourcentage.
Procter et Gamble, s'est implanté à Amiens en 1964 pour y produire du savon et inaugure sa nouvelle unité de détergent en 1966. Etablie sur plus de 45 ha, c'est l'une des plus grande usine dans le monde pour les produits d'entretien du linge ( Ariel, Dash, Bonux, Gama) et de la maison ( Monsieur Propre, Febreze). Sa production est destinée à plus de 85% à l'export. L'usine d'Amiens emploie environ 930 personnes.
Depuis le milieu des années 1990, la ville essaye de se convertir à l'économie d'Internet et de la téléphonie. De nombreux centres d'appels (Intracall center, Coriolis France, Médiamétrie)[39] ont ouvert principalement grâce à des aides de la ville, de la région ou de l'État. La société de service en informatique Unilog (maintenant Logica) a installé un centre de service à Amiens (le CSA).
Amiens est le siège de la Chambre régionale de commerce et d'industrie de Picardie. Elle est aussi le siège de la Chambre de commerce et d'industrie d'Amiens. Elle gère l'Aéroport d'Amiens - Glisy.
La position d'Amiens en fait une destination intéressante pour un week-end ou quelques jours, depuis Paris, Lille ou Bruxelles. D'autres touristes profitent de visiter la ville en même temps que la baie de Somme. Amiens bénéficie du label des « Villes et Pays d'Art et d'Histoire » depuis 1992. Dans ce cadre, l'animateur du patrimoine organise un certain nombre de visites guidées à thèmes destinées à un public adulte mais aussi aux enfants, avec des ateliers pédagogiques. Un circuit balisé permet une visite indépendante de la ville : des panneaux commentent les lieux et les édifices remarquables, à travers des explications et des illustrations fonctionnelles. Les principales curiosités qui suscitent un intérêt touristique sont la cathédrale, le centre-ville, la Maison de Jules Verne, la tour Perret, le Musée de Picardie, ainsi que les quartiers Saint-Leu et Saint-Maurice.
La maison traditionnelle des faubourgs est l'amiénoise, en brique et à étage(s). L'amiénoise simple comprend une fenêtre au rez-de-chaussée et à l'étage, la double deux fenêtres à chaque niveau. Elle est construite sur une parcelle de quelques mètres de large mais est en revanche très profonde, et pourvu d'un (petit) jardin, formant des cœurs d'ilots verts et des quartiers peu denses.
Dans la basse ville, les façades utilisent largement le bois, en colombages ou en bardage. Les bâtiments officiels ou hôtels particuliers utilisent régulièrement des façades en brique sur un socle en grès, agrémentées de pierre pour les encadrements de fenêtres et de portes. Le quartier des chanoines présente des façades exclusivement en pierre.
La ville est réputée pour sa cathédrale Notre-Dame, la plus vaste de France par ses volumes intérieurs (200 000 m³). Elle est deux fois plus vaste que Notre-Dame de Paris. La cathédrale mesure 145 m de long pour 112 m de haut,(hauteur de la flèche) et les voûtes de la nef centrale culminent à 42,30 mètres. Datant du XIIIe siècle, sa construction est due à la richesse de la ville au Moyen Âge et à l'incendie de la cathédrale romane qui s'y situait auparavant. Trois architectes, dont Robert de Luzarches se sont succédé pour mener le chantier à bien. La cathédrale est inscrite depuis 1981 au patrimoine mondial de l'UNESCO. Un spectacle de restitution de la polychromie originelle[40] des façades, découverte suite au nettoyage par laser de ces dernières, est donné tous les ans gratuitement en fin d'année et pendant la période estivale. Le spectacle est une projection sur la façade de diapositives en couleur.
La statue de l'Ange pleureur (sur un tombeau sculpté par Nicolas Blasset) et les bas reliefs évoquant Saint-Firmin et Saint-Jean sont quelques-uns des ouvrages notoires de la cathédrale. Au sol se situe un labyrinthe intact de 234 m de long.
Sur le côté nord de la cathédrale se trouve l'ancien Palais de l'Évéché d'Amiens occupé par l'École supérieure de commerce d'Amiens - Picardie.
Son origine remonte à l'établissement de la commune d'Amiens par Louis le Gros. Il est mentionné pour la première fois dans une sentence arbitrale rendue par le Chapitre d'Amiens en 1244.
Symbolisant l'indépendance de la commune, il servait autrefois aux réunions des notables de la ville, puis de salle d'archives, de magasin d'armes et de prison. Un guetteur surveillait alentour les arrivées et prévenait la population des dangers extérieurs.
Le beffroi sonne chaque heure de la journée. À l'abandon et dépourvu de toiture depuis la Seconde Guerre mondiale, le monument a été restauré en 1989. Depuis juillet 2005, le beffroi d'Amiens (inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques) est, tout comme la cathédrale, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Au cours du Moyen Âge, le bâtiment fut à maintes reprises la proie des flammes.
Ce beffroi est constitué d'une base en pierre de taille blanche, construite au XVe siècle entre 1406 et 1410, d'une superstructure en pierre servant de clocher édifiée à partir de 1749 avec des volutes de style baroque à sa base, et d'un dôme recouvert d'ardoises puis d'une flèche et d'une girouette arborant une renommée. À l'époque, une énorme cloche de 11 tonnes est installée à l'intérieur, celle-ci sera détruite ainsi que le dôme (suite à la fonte du cuivre le constituant) dans le bombardement et l'incendie de la ville le 19 mai 1940. La hauteur du beffroi est de 52 mètres.
Situé sur la place au Fil, vieille place centrale de la ville avant l'arrivée du train et l'essor de la rue des Trois-Cailloux, le beffroi jouxte les Halles et l'arrière de l'Hôtel de ville[41].
En 1845, la traditionnelle foire de la Saint Jean, qui se tenait place René-Goblet, est transférée place Longueville, grande esplanade prenant la place du bastion Longueville, depuis la démolition des remparts de la ville au début du XIXe siècle. Chaque année, un cirque éphémère était mis en place à cette occasion.
En 1865, une société du Cirque voit le jour pour réclamer un cirque en dur, qui sera édifié en bois par l'entrepreneur Schytte en 1874. Mais l'entretien onéreux incite la municipalité à envisager la construction d'un nouveau bâtiment. Décision est prise en 1886 sous l'impulsion du maire Frédéric Petit. Les travaux commencent alors.
L'architecte en chef de la Somme, Émile Ricquier, émule de Gustave Eiffel, est chargé de sa construction. Il s'inspire du Cirque d'hiver de Paris, mais choisit une ossature métallique en fonte, complétée par la brique du pays. Mais l'architecte des bâtiments civils, Charles Garnier, réclame que les armatures soient cachées avec un enduit imitant la pierre. La conception « moderniste » de Ricquier, choisissant d'afficher la structure, et de privilégier le matériau local qu'est la brique, est visible à l'arrière du monument.
Avec sa forme polygonale à 16 côtés, d'un diamètre de 44 mètres, il intègre loges et stalles dans son enceinte. Moderne, il accueille deux machine a vapeur dédiées à l'éclairage entièrement électrique et au chauffage central. Il s'agit également du premier cirque qui intègre dès sa construction un buffet et une buvette, permettant de rentabiliser une édification dont les coûts ont finalement atteint le double des prévisions[42].
En 1888, le nouveau conseiller municipal chargé des fêtes et célébration, Jules Verne, est chargé du suivi des travaux, et c'est lui qui l'inaugure le dimanche 23 juin 1889, pour l’ouverture de la foire et le centenaire de la Révolution française[43] :
« Le nouveau cirque est une œuvre d'art que votre administration municipale a voulu doter de tous les perfectionnements de l'industrie moderne. C'est le plus beau, sans conteste, c'est aussi le plus complet par ses aménagements et son outillage qui a été édifié en France et à l'étranger. »
La toiture fut endommagée par un obus en 1916. Le cirque servit de décor à Federico Fellini pour Les clowns (1971), et au film de Jean-Jacques Beineix, Roselyne et les Lions (1989), avec Isabelle Pasco pour actrice principale.
Plus vaste des cirques de province avec ses 3 000 places, cet édifice acquiert une utilisation pluridisciplinaire puisqu'il accueille depuis des décennies des spectacles de théâtre, de danse, des concerts, des galas sportifs et des réunions publiques.
Rénové en 2003, il porte désormais le nom de Cirque Jules Verne. Après avoir accueilli les représentations du Cirque Rancy, il héberge en résidence le cirque Arlette Gruss.
Depuis le 1er janvier 2011, le cirque est labellisé Pôle national cirque et arts de la rue, géré par un EPCC.
En face de la gare du nord, dont le quartier a été reconstruit après avoir été rasé en 1944, se situe la tour Perret (du nom de son architecte Auguste Perret). Haute de plus de cent mètres, c'est un des premiers gratte-ciel construits en Europe, et longtemps le plus élevé[44].
Cette église a été construite à la fin du XVe siècle, sur le modèle des églises-halles, elle est dédiée, comme son quartier, à Saint Leu, évêque de Sens du VIIe siècle, puis exilé dans le Vimeu. Elle possède trois nefs. Un portail flamboyant orne la base du clocher. Ce dernier, frappé par la foudre, dut être refait au début du XVIe siècle. Les abouts de poutres sont sculptés. Les statues de pierre et de bois datent du XVIIe siècle. Le chœur abrite la gloire des frères Duthoit.
De nombreuses fouilles archéologiques ont mis au jour des vestiges de l'époque proto-historique à l'époque romaine. Deux puits percés place Gambetta permettent d'observer quelques vestiges du forum alors que les vestiges importants d'un grand théâtre gallo-romain mis au jour début 2007 lors des travaux de réaménagement de la place Alphonse Fiquet ont été détruits en mars 2007.
Le jardin archéologique de Saint-Acheul témoigne de la présence humaine dans la vallée de la Somme il y a 450 000 ans. Une coupe stratigraphique, classée monument historique depuis 1947, permet de visualiser les strates successives de la Vallée de la Somme.
Près du centre-ville, des marais s'étendent sur 300 hectares, découpés en jardins par des « rieux » (canaux). Ce sont les « hortillonnages » (hortillon signifie en picard maraîcher, qui dérive de hortillus, « petit jardin » en latin). On y circule en barque à fond plat, autrefois appelée « barque à cornet », du fait de l'avant très relevé, permettant d'accoster facilement sur les berges fragiles des parcelles cultivées. C'est au port d'Amont, situé au pied de la cathédrale que se tient toutes les semaines le marché sur l'eau, bien que l'arrivée en barque des maraîchers ne s'effectue qu'une fois l'an, en été. Ce marché se tient toujours achteure.
Ville fleurie : 3 fleurs attribuées en 2007 par le Conseil des Villes et Villages Fleuris de France au Concours des villes et villages fleuris[61].
Le 11 mars 1597, les Espagnols attaquent la ville: les soldats de Hernàn Tello Portocarrero, gouverneur de Doullens, déguisés en paysans viennent devant les portes des remparts avec des noix. Les Amiénois affamés ouvrent alors les portes et les Espagnols entrent dans la ville et s'emparent de la cité.
L'artiste Arman fit un collage d'une planche de ce timbre[63]
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Les armes d'Amiens se blasonnent ainsi : « De gueules au lierre d'argent, au chef d'azur semé de fleurs de lis d'or » Devise : « Liliis tenaci vimine jungor »[64], ce qui signifie « Un lien puissant m'unit au lis ». |
En 1991, la municipalité formée autour de Gilles de Robien a conçu un nouveau logo, reprenant la fleur de lis et la feuille de lierre présentes sur le blason, placées côte à côte de couleur rouge sur un fond gris ou blanc, selon l'utilisation.
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