| Blaberus giganteus - Muséum de Toulouse | |||
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| Classification | |||
| Règne | Animalia | ||
| Embranchement | Arthropoda | ||
| Sous-embr. | Hexapoda | ||
| Classe | Insecta | ||
| Sous-classe | Pterygota | ||
| Infra-classe | Neoptera | ||
| Super-ordre | Orthopteroidae | ||
| Ordre | Dictyoptera | ||
| Sous-ordre | |||
| Blattaria Latreille, 1810 |
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| Synonymes | |||
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Les blattes constituent le sous-ordre des blattoptères (Blattaria) qui constituent avec les mantes l'ordre des Dictyoptères.
La blatte est aussi appelée cafard ou cancrelat en Europe, coquerelle au Québec, ravet aux Antilles et punaise morpin à l'Île Maurice bien qu'il ne s'agisse pas d'une punaise. Quelques espèces sont synanthropes, principalement dans les cuisines où elles se nourrissent de restes, déchets et provisions.
Les quelque 4 000 espèces réparties autour de la planète varient en forme, couleur et taille. Elles sont apparues sur Terre il y a environ 400 millions d'années.
Sommaire |
La taille des adultes peut varier de 1 à 5 cm, leur corps a une forme ovale, aplatie dorso-ventralement. Leur coloration peut aller de jaunâtre à noir avec un aspect lustré luisant. La tête porte de longues et fines antennes formées d'un grand nombre d'articles. Les pièces buccales sont de type broyeur. Le thorax est recouvert à l'avant par le pronotum. Les blattes portent deux paires d'ailes, cependant en général, les blattes se déplacent en courant sur le substrat. À l'extrémité postérieure de l'abdomen, on trouve deux appendices sensoriels : les cerques.
La matière végétale morte, y compris le papier, est un élément fondamental de leur nourriture. Elles peuvent cependant être omnivores.
Toutes denrées, en particulier les substances sucrées et les féculents, les intéressent. Elles laissent une odeur désagréable sur les aliments qu'elles souillent. Elles aiment le sang frais ou desséché, les excréments et les crachats. Les blattes sont susceptibles de se nourrir aux dépens de tissus, de papiers ou de cadavres de leurs congénères. Les blattes peuvent donc trouver de la nourriture dans les immeubles d'habitation, et dans les locaux où sont stockées ou manipulées des denrées.
La femelle pond jusqu'à 8 poches contenant chacune jusqu'à 40 œufs. Les œufs sont incubés entre 20 et 28 jours. La femelle pond alors de 1 à 4 oothèques (ou coques), pouvant contenir jusqu'à 35 nymphes.
Les larves deviennent adultes en une centaine de jours.
Les blattes forment des agrégats denses comprenant des individus de tous âges. Les blattes aiment l'obscurité. Elles se cachent lorsque le jour ou la lumière apparaît (lucifuges). Dans les appartements, elles recherchent les recoins obscurs, chauds et humides (tels que les moteurs des réfrigérateurs). Elles sortent le soir pour se nourrir. Lorsque des individus apparaissent en présence du jour, cela signifie que leur nombre est grand et que l'infestation est avancée !
Tous les stades sont omnivores et les larves aussi voraces que les adultes. Il n'y pas de stade larvaire ni de métamorphose visible chez la blatte, celle-ci étant hémimétabole.
Les blattes peuplent presque tous les habitats terrestres. Leurs adaptations morphologiques, physiologiques et comportementales leur permettent de survivre dans quasiment n'importe quelle condition extrême. Certaines creusent leur terrier sous le sable, en plein désert, pour y trouver de l'humidité. D'autres nagent, ou même plongent sous l'eau. D'autres, enfin, sont associées à des organismes symbiotiques qui digèrent la cellulose du bois qu'elles percent.
Les blattes vivant dans les appartements sont des insectes grégaires. Elles produisent une phéromone d'agrégation. Il s'agit d'une substance odorante incitant les individus d'une même espèce à se regrouper. Des abris où leurs excréments sont abondants apparaissent (en anglais un Fecal Focal Point). A cet endroit, les insectes sont en sécurité. L'abondance des excréments et de la phéromone indique aux blattes que leur cachette n'a pas encore été découverte par leurs ennemis (les habitants du logement). Expérimentalement, on observe que les blattes se développent moins vite lorsqu'elles sont isolées. De plus, les cafards se nourrissent davantage en présence de cette phéromone.
Les blattes vivent en petits groupes de type familial. Ces groupes se composent d'individus du même âge et probablement nés de la même mère. Dans les habitations, ces groupes se rassemblent pour former des grandes communautés de plusieurs centaines ou même de milliers d'individus. Cependant, le concept de hiérarchie ou de spécialisation des tâches est inexistant. Chaque individu est autonome.
Les blattes sont très résistantes, y compris à des doses de radiations mortelles pour l'homme. En janvier 2008, L'émission MythBusters a effectué des tests d'irradiations sur des insectes et confirmé une survie à des doses d'une dizaine de fois la dose mortelle pour un humain, ce phénomène est général aux invertébrés (les mouches du vinaigre de l'expérience ont survécu à des doses beaucoup plus fortes).
Les blattes peuvent rester un mois sans manger ni boire, et retenir leur respiration pendant 45 minutes (sous l'eau).
Une blatte décapitée peut survivre 7 à 9 jours (il est à rappeler que le système nerveux central des insectes est constitué d'une chaîne de ganglions le long du corps, et non centré autour d'un cerveau comme pour les vertébrés), la respiration s'effectuant par des trous disséminés dans son corps, les spiracles et son abdomen pouvant stocker de l'énergie pour cette durée[1].
Les blattes étaient utilisés dans la Grèce et la Chine antiques, comme médicaments.
d'après N.R.H. Burgess (1984)
Les blattes ont une très forte capacité d'adaptation, et s'accoutument de génération en génération aux différents poisons proposés par l'humain pour ses repas. Certains pièges utilisent l'odeur de la femelle pour attirer les blattes mâles. On peut durant la nuit poser au sol de larges plats remplis d'eau avec du sirop (leur odorat est très fin) dont on aura huilé les bords pour qu'après avoir bu elles ne puissent plus repartir et se noient. Les machines servant à décoller le papier peint ou bien les nettoyeurs à vapeur peuvent être utilisés en cas de grande infestation, des centaines de blattes sont alors ébouillantées. Il faut se méfier de certaines menuiseries de cuisines faites sur mesure, certaines sont de véritables abris gigantesques pour blattes, entre le fond vertical du placard et le mur, et aussi parfois sous le plancher du placard, surélevé par rapport au sol.
Pour contrôler sur le long terme la prolifération des blattes, il faut minimiser les sources de nourriture, d'eau et d'abris nécessaires à leur survie. Les locataires d'un immeuble doivent collaborer au programme de contrôle pour assurer son succès. En effet, les traitements massifs aux insecticides peuvent faire migrer le gros des populations vers les logements voisins.
La blatte ne caractérise pas un appartement sale, mais un appartement négligé : dès l'apparition des premiers signes, il faut passer à l'action, à savoir :
On observe que les maisons anciennes ayant des lignes électriques "sous baguettes" n'ont pas de blattes. Par contre, on constate que les installations "sous conduits électriques" vont devenir leurs dortoirs le jour, et leurs "autoroutes" la nuit. Les blattes se déplacent dans les gaines électriques passant par les boîtiers de connexions où elles se répartissent dans les appartements des particuliers. L'obturation de ces sorties peut régler une partie du problème d'infestation.
Les produits phytosanitaires régulateurs de croissance (RCI) et les insecticides rémanents peuvent être alliés. Le RCI appliqué aux lieux infestés par les blattes transforme le dernier stade nymphal en un adulte ayant les ailes tordues et étant stérile. Le méthoprène[2] et l'hydroprène [3] sont couramment utilisés aujourd'hui.
Les appâts chimiques sont utiles.
La plupart des blattes sont attirées efficacement par l'appât au propoxur[4] à 2 % pour blattes et la pâte d'acide borique[5]. De très petites quantités d'appât à 2 % doivent être déposées dans les recoins, le long des murs, dans les cages d'ascenseur, les chaufferies, les faux-plafonds et autres endroits où les blattes se cachent pendant la journée. Durant leurs sorties nocturnes, les blattes trouvent ces particules d'appât, les mangent et sont tuées. Les pâtes doivent être déposées par petites quantités sur les lieux de cachette diurne des blattes.
Le piège à appât a été employé avec succès pour éliminer des populations entières de blattes germaniques. Ceux à l'hydraméthylon [6] sont couramment utilisés de nos jours dans les cuisines et les boutiques d'alimentation pour lutter contre cette espèce. Les individus immatures et les adultes cherchent un abri dans ces pièges. Une fois rentrés, ils mangent un fragment de l'appât, ressortent et meurent. Sans danger pour les enfants, ces pièges sont un moyen extrêmement efficace de défense contre les blattes germaniques, en particulier s'ils sont installés sur des surfaces verticales dans les zones infestées. La pâte à l'acide borique[7] déjà mentionnée est également utilisable contre ce type de blattes.
Les blattes sont parasitées au stade œuf par une famille spécifique d'hyménoptères térébrants, les Evanioidea. Ils sont facilement reconnaissables à leur thorax massif muni d'un petit abdomen aplati transversalement.
La scutigère véloce est le principal prédateur des blattes qui vit aussi dans les maisons.
Certaines guêpes (Ampulicidae ou "guêpes des cafards") se servent des blattes comme nourriture pour leurs larves.
Philippe Grandcolas a classé les Blattoptères (version mise à jour en 2006)
Le comportement d'une colonie de blattes a pu être modifié grâce à l'intervention de robots miniaturisés qui ont été acceptés au sein de leur groupe, étant imbibés de phéromones[8].
Dans les cerveaux et les tissus nerveux de cafards, ont été identifiées des molécules toxiques pour Staphylococcus aureus et Escherichia Coli, ce qui pourrait constituer une alternative aux traitements antibiotiques contre les bactéries résistantes[9].
Oggy et les Cafards, série télévisée d'animation française
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