A la recherche d'informations sur Capitalisme ? Vous êtes ici : recherche >> Encyclopédie » Capitalisme
|
|
Cet article doit être wikifié (août 2011).
Le texte ne correspond pas à la mise en forme Wikipédia (style de Wikipédia, typographie, liens internes, lien entre les wikis, etc.). Téléchargez le guide de syntaxe et modifiez !
|
|
|
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (août 2011).
Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ». (Modifier l'article)
|
Le capitalisme est un concept à la fois économique, sociologique et politique.
L’Académie française propose une définition simple : le capitalisme est un « régime économique dans lequel les moyens de production sont propriété privée »[1].
Dans la pratique, il est patent que le terme est loin d'être doté d'une acception consensuelle. D'où l'existence de significations différentes.
Chacune de celles-ci :
Sommaire |
Le terme "capitalisme" provient du mot latin 'caput' qui signifie « la tête », à l'origine la tête de bétail (le cheptel)[4],[5],[6].
Le mot apparaît postérieurement [7] à ceux de « capital », de « capitaliste » , ou de « mode de production capitaliste » qui sont au XIXe siècle les termes régulièrement utilisés par Marx :
Il ressort que l'étymologie du terme « capitalisme » renvoie en permanence à ses deux caractéristiques fondamentales:
Comme le dit l'historien Fernand Braudel : « Capitalisme doit être mis et perçu entre capital et capitaliste ».
Le terme « capitalisme » est accepté pour la première fois en 1753. Il représente « l'état de la personne qui possède des richesses »[13].
Le terme « capitaliste »,est utilisé:
Le terme « capitaliste » est employé :
L'usage du terme «capitalisme» se répand:
Les termes « capitalisme » et « capitaliste » sont définis par l'Académie française de manières différentes en 1932 et en 2005.
|
Il y a d'autres termes utilisés en rapport avec le capitalisme :
|
La définition varie selon la géographie, la politique, le temps, les cas historiques et la culture[41].
Le dictionnaire Larousse donne plusieurs définitions du "capitalisme" :
L'encyclopédie économique de référence en langue anglaise (NewPalgrave) définit le capitalisme comme un système dans lequel les moyens de production sont détenus par des particuliers[43],.
Selon la définition de l'Académie française, d’inspiration plutôt libérale[note 3], le capitalisme est entièrement défini par la propriété privée des moyens de production. Un régime capitaliste existe dès lors que les individus ont le droit de posséder et de disposer librement des biens de production et des fruits de leur utilisation, ce qui implique notamment qu’ils puissent les échanger librement avec d'autres agents, et donc une économie de marché, et qu’ils puissent déterminer librement leurs arbitrages entre les différentes finalités qui leur sont ouvertes dans l’utilisation de ces moyens, dont le souci de servir les consommateurs, la rémunération des collaborateurs, la recherche du profit et l’accumulation du capital. Dans cette conception, le capitalisme est un mode d'organisation de la société qui ne préjuge pas du comportement des acteurs. La recherche du profit monétaire et l'accumulation de capital ne sont que des options offertes au libre choix des propriétaires de capital, et ne constituent pas des caractéristiques du régime capitaliste lui-même.
À cette conception s’oppose une définition d'inspiration marxiste[note 4], qui définit le capitalisme d’abord par la recherche du profit, l'accumulation de capital et le fait que les travailleurs ne sont pas propriétaires de leurs outils, mais seulement de leur force de travail, ce qui constitue le salariat. Dans cette conception, le capitalisme désigne principalement un mode de comportement de certains acteurs. C’est cette conception qui est le plus souvent associée au capitalisme dans l’usage commun, ce qui confère au mot une connotation négative.
Dans la réalité, il n’existe pas de société purement capitaliste où tous les moyens de production seraient propriété privée et seraient exploités par leurs propriétaires de façon totalement libre sans intervention de l’État. Dans les sociétés réelles, les caractéristiques ci-dessus peuvent exister indépendamment les unes des autres, et chaque trait peut être plus ou moins prononcé. La propriété des ressources et moyens de production est souvent partagée entre des individus, des collectivités et des États, ce qui donne naissance à une gamme diversifiée et continue d'exercice de cette propriété, depuis les cadres juridiques exclusivement privés jusqu’au cadre étatique, en passant par des cadres juridiques particuliers qui entremêlent sphère publique et sphère privée. Par ailleurs, la séparation entre le rôle de détenteur de capitaux (rémunéré par le profit) et de travailleur (rémunéré par un salaire) peut disparaître lorsque les salariés possèdent une part significative des moyens de production (cas des organisation régies par des associations de salariés ou par des structures coopératives).
De plus, la propriété privée des ressources ou moyens de production peut coexister avec un haut degré d’interventionnisme de la part de l'État dans l’utilisation de ces moyens, par exemple à travers les mécanismes de fixation des prix, la réglementation des conditions d’échange ou le droit du travail.
Le capitalisme, comme système économique s'est développé progressivement à partir du XVIe siècle en Europe[44], bien que des organisations semblables au capitalisme existaient dans le monde antique, et les aspects du capitalisme marchand a prospéré au cours de la fin du Moyen Age[8],[45],[36]. Le capitalisme est devenu dominant dans le monde occidental après la chute du féodalisme[36]. Le capitalisme s'est progressivement étendu dans toute l'Europe au court du XIXe et du XXe siècle, il a fourni le moyen principal de l'industrialisation dans la majeure partie du monde[41]. Aujourd'hui le système capitaliste est dominant dans le monde et en tant que modèle économique.
Le capitalisme est le produit d'initiatives et d'adaptations successives au cours du temps. Il a pris diverses formes, qui pour la plupart coexistent encore de nos jours et continuent d'évoluer.[réf. nécessaire]
De nombreux auteurs[Qui ?] distinguent plusieurs formes de capitalisme, selon la nature des moyens de production qui sont à l'œuvre dans une société.
Louis Bergeron, directeur d'études à l'EHESS[48] distingue ainsi, selon les circonstances historiques :
Les pratiques économiques et sociales successives vont se cumuler pour donner naissance à des modèles de représentation, parmi lesquels on remarque essentiellement :
Selon Michel Albert (dans son ouvrage Capitalisme contre capitalisme, de 1991[49]) : « Le capitalisme triomphant, après la disparition à l'Est des régimes collectivistes, redevient dangereux et notre avenir se joue désormais entre cette victoire et ce danger, entre les deux modèles résiduels » :
M. Albert indique qu'une rivalité intense est lancée entre le premier modèle qu'il décrit comme étant « plus séduisant » et le second qu'il pense être « plus performant ».
Selon Alberto Alesina (dans The future of Europe, Reform or Decline (2006)) Entre capitalisme et communisme l'existence d'une voie intermédiaire serait un leurre.
Dans un régime capitaliste, les biens qui forment le capital, appartiennent à des personnes ou des entreprises privées. Les rôles de détenteur de capitaux, d’apporteur de travail, d’entrepreneur et de consommateur sont dissociés et joués par des individus différents, chacun cherchant à satisfaire ses propres objectifs. On peut cependant trouver des situations particulières où un même individu joue simultanément ou successivement plusieurs de ces rôles, en plus de celui de consommateur.
Une des caractéristiques essentielles du capitalisme est de fonctionner sur la base de la recherche du profit par le capitaliste. Le profit effectivement réalisé dépend, lui, de la réaction du marché aux offres des entrepreneur s qui mettent en œuvre ce capital.
Dans le régime capitaliste, l’existence et le développement de l’entreprise sont soumis au jugement de ceux qui lui ont apporté leurs capitaux. Ils supportent le risque de l'entreprise sur leurs capitaux, et attendent donc une rémunération de ces capitaux supérieure à celle d'une épargne classique, la différence étant une prime de risque. Cette pression subie par les producteurs tend à mettre les facteurs de production entre les mains de ceux qui savent en dégager la meilleure rentabilité.
Si, en général, le profit s'entend comme une maximisation financière pour le capitaliste en tant qu'investisseur, il existe des cas particuliers où le capitaliste recherche une maximisation à un autre titre que celui d'investisseur (d'une certaine façon, il réclame un profit en nature et non en argent). C'est notamment le cas pour les sociétés où l'investissement dans l'entreprise est subsidiaire parce que l'investisseur assume d'autres rôles, et que le capital n'est pas complètement séparé des autres éléments de l'entreprise.
Un secteur très important dans les pays d'économie de marché, sont les travailleurs indépendants. Le détenteur du capital a la particularité d'être à la fois le travailleur unique et le chef d'entreprise.
Une variante de cette modalité est la société familiale, dont le capital est entièrement ou majoritairement détenu par un groupe d'individus proches, qui tient également les commandes de l'entreprise. Il n'a de compte à rendre à personne en dehors du groupe. Des entreprises importantes, parfois de taille mondiale, sont ainsi en dehors de la Bourse, sans que toutes soient familiales cependant.
Très généralement, les entreprises de l'économie sociale, qui regroupent les coopérative s, les associations et les mutuelle s :
Ces entreprises peuvent tenir une place importante dans certains secteurs économiques (par exemple en France : la banque, l'assurance, la santé ; les coopératives agricoles ont même une place dominante dans le négoce et la transformation agricole).
Rien n'oblige les adhérents à être des personnes physiques : ainsi, des personnes morales et notamment des entreprises peuvent également s'associer sous cette forme. Un groupement d'intérêt économique leur permet de coopérer sur certains points non stratégiques ou pour lesquels la concurrence à moins davantage que la coopération. Cela leur permet de mettre en place des services communs (carte bancaire, approvisionnement de magasin, marketing, exportation, recherche, etc.). Deux des trois plus grands systèmes français de grande distribution sont construits autour d'un GIE, dont les adhérents sont les magasins distributeurs, propriétés de capitalistes locaux.
Le terme d'économie sociale recouvre des sociétés et groupes très divers. Ce secteur représente environ 10 % des emplois en France .
Pour des raisons historiques, il existe des groupes particuliers dont les autorités politiques reconnaissent un rôle spécifique. Les chambres de commerce, par exemple.
L'État dispose d'un « domaine privé », correspondant aux propriétés privées d'un individu ordinaire ou d'un groupe privé. Très souvent, la distinction n'est pas bien faite entre ce domaine privé et le domaine public (la partie dont l'État est gestionnaire pour le compte de la collectivité). D'autant que dans certains cas un même bien peut appartenir, en fonction des circonstances, au domaine privé de l'État ou au domaine public, et que la gestion des possessions de l'État (publiques ou privées) est l'occasion de débats aussi bien théoriques que pratiques.
Par rapport à son domaine privé, l'État se trouve en théorie dans la même situation qu'un capitaliste ordinaire. Mais c'est en fait rarement le cas : les impératifs et les méthodes de gestion politiques l'emportent très généralement sur les exigences économiques.
Par ailleurs, il arrive, dans le cadre d'une économie de marché, que l'État agisse avec une participation capitalistique, mais en recherchant une optimisation politique et non une optimisation économique de sa participation : voir économie mixte et société d'économie mixte.
Les communistes qui n'ont pas adhéré aux conceptions et aux pratiques qui ont instauré les régimes du « bloc communiste », ont dès la fin du XIXe siècle désigné par capitalisme d'État le cas où l'État est propriétaire de tout le capital (ou presque).
Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, les États soviétiques ayant pratiqué cette économie, fonctionnent sous un régime de libéralisme économique avec une privatisation pratiquement totale, en général avec une appropriation par les anciennes élites.
L’impérialisme et le colonialisme ont parfois été présentés comme les « formes extrêmes du capitalisme », notamment par Rudolf Hilferding (Le Capital financier, 1910), Rosa Luxemburg (L'Accumulation du capital, contribution à l'explication économique de l'impérialisme, 1913), ou Lénine (L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme , 1916).
Le colonialisme et l'impérialisme ne sont pas pour autant nécessaires dans un système capitaliste : en effet, la Suisse et les pays scandinaves n'ont jamais été impérialistes ni colonialistes depuis qu'ils fonctionnent de manière capitaliste.
À l'argument inverse qu'il existe des pays impérialistes qui ne sont pas capitalistes, par exemple la Rome antique ou l’Union soviétique, les auteurs marxistes répondent qu'ils ne prétendent pas que l'impérialisme est exclusivement capitaliste, mais qu'à un certain stade de développement, le capitalisme est forcément impérialiste, ce qui est fort différent.
Une puissance économique et technique (notamment en matière d'armement et de logistique) supérieure est un facteur nécessaire à l'expansion impérialiste et coloniale d'un État, et de ce point de vue, du fait du capitalisme, les États européens ont été les premiers et les mieux dotés en canons, navires et chemin de fer, conserves et moyens médicaux. Dans l'autre sens, une telle puissance économique peut rechercher des ressources qu'elle ne trouve pas ou plus sur son territoire, et le commerce pacifique n'est pas le seul moyen d'y parvenir.
On peut remarquer aussi que, dans le cas de l'Angleterre victorienne, les échanges avec les colonies (importation des colonies vers la métropole de matières premières, de biens agricoles et textiles, poussant la production en métropole vers des biens plus élaborés) ont été un facteur favorable au développement du capitalisme. En revanche, à l'inverse, pour l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles, les richesses tirées d'Amérique du Sud ont plutôt constitué un frein qu'un moteur de développement économique.
Enfin, l'habitude prise par des gouvernements de déporter (ou de forcer à fuir) vers les colonies les criminels (ce qui incluait à leurs yeux des opposants politiques) peut également être mentionnée comme facteur politique favorable au capitalisme, bien que d'autre formes de répression sans lien avec les colonies ont pu avoir le même effet.
Le capitalisme est à l'origine un concept économique dont le fonctionnement est censé varier selon le mode de vie de la société: Les économistes admettent en général que le gouvernement n'a pas le contrôle sur les marchés (laissez-faire), et sur le droit de propriété[50],[51]. Il est généralement admis que le capitalisme encourage la croissance économique[52] La mesure dans laquelle les différents marchés sont libres, ainsi que les règles définissant la propriété privée, est une question de politique et de la politique, et de nombreux États ont ce sont appelle les économies mixtes[53]. Ce concept est un concept contesté[54] dès qu'il a été mis en œuvre, par divers économistes comme Karl Marx auXIXe siècle[55], et il est perçu différemment selon le pays où il a été implanté. L'on peut opposer au capitalisme :
On notera par ailleurs que les formes politiques sont rarement « pures » en pratique, de sorte que le capitalisme coexiste très largement avec les autres systèmes. De nombreux théoriciens préconisent même explicitement des formes mixtes, avec des dosages variés selon le domaine et le but.
Le capitalisme est dépendant du système politique et législatif en place. Il nécessite :
Il est communément admis qu'un État est nécessaire pour remplir ce rôle. Mais dans la réalité, le capitalisme fonctionne très largement (et même essentiellement, pour le grand commerce international) sur la base d'un arbitrage privé, où l'État n'intervient qu'à titre d'acteur potentiel en dernier ressort (sachant qu'il ne faut pas négliger l'effet économique d'une simple possibilité d'intervention). On notera aussi que les anarcho-capitalistes considèrent que l'État est illégitime et dangereux, et qu'on peut parfaitement s'en passer en s'appuyant sur le droit naturel, sa propre capacité de défense, et des organismes privés. Pour eux, le capitalisme apparaît à la fin du XVIIIe siècle, puis est décrit et théorisé par Karl Marx au milieu du XIXe siècle.
Des auteurs plus critiques (notamment d'inspiration marxiste), refusent cette vision qu'ils qualifient d'idéaliste, et présentent le capitalisme comme un régime économique et social hautement cohérent, tendu vers la recherche du profit, l'accumulation de capital. Régime dans lequel les travailleurs ne sont pas propriétaires de leurs outils, mais seulement de leur force de travail (condition du salariat) . Les moyens de production sont ainsi accaparés et utilisés dans l'intérêt du capitaliste qui en est le propriétaire exclusif, qui n'agit pas dans l’intérêt de la collectivité, mais en réalité dans son seul intérêt, comme le fait une personne privée lorsqu'elle gère ses biens propres. Dans cette perspective, l'alternative positive est d'instaurer la Socialisation des biens des moyens de production où toutes les ressources et tous les moyens de production deviennent la propriété de la collectivité et sont gérés par un collectif ou un État représentant de cette collectivité[42].
Selon les tenants du libéralisme, le capitalisme serait entièrement défini par des critères juridiques qui assurent l'existence la liberté du commerce et de l'industrie, avec ses corollaires immédiats comme l'esprit d'initiative, la liberté d'entreprendre, la propriété privée des moyens de production. Selon cette conception, le régime capitaliste existe dès lors que les individus ont le droit de posséder et de disposer librement des biens de production et des fruits de leur utilisation, et de pouvoir les échanger librement, sans aucune contrainte, avec d'autres agents. Dans ce régime, les propriétaires de moyens de production peuvent déterminer librement leurs actions en réalisant les arbitrages qui leur paraissent les plus pertinents entre les différentes finalités qui leur sont ouvertes :
Dans cette conception, la recherche du profit monétaire et l'accumulation de capital ne sont pas – a priori et de façon dogmatique – les seules finalités offertes aux agents, et ne constituent pas pour tous une obligation ou une priorité exclusive et absolue. Si cette nuance mérite d'être prise en compte, force est de reconnaître que – dans la pratique et pour une majorité d'opérateurs intervenants en régime capitaliste – le mobile prioritaire, sinon principal, de l'activité économique n'en demeure pas moins la recherche du profit. Lequel est présenté comme légitime et justifié par le fait qu'il est :
Il existe quelques controverses quant à la propriété privée des moyens de production, la création de biens ou de services à but lucratif dans un marché, ainsi que concernant les prix et les salaires qui sont éléments du capitalisme[58],[note 5].
Le capitalisme est l'objet de nombreuses controverses. Ces controverses peuvent porter :
On trouve sous un régime capitaliste de nombreuses inégalités de revenu, de patrimoine, etc. La pauvreté existe, de même que la faim. Certains y voient un scandale spécifique au capitalisme, et préconisent d'autres systèmes.
Au début du XXIe siècle, des critiques au sein même de l'establishment financier ont vu le jour devant une forme exacerbée du capitalisme, comme celle de Jean Peyrelevade qui parle de « capitalisme total »[59]. Cet auteur propose notamment d'interdire les stock-options comme part de la rémunération des dirigeants pour éviter les conflits d'intérêts et d'offrir des dividendes plus avantageux aux actionnaires anciens afin de limiter les allers-retours spéculatifs.
La crise financière majeure qui frappe les marchés mondiaux suite à la crise des subprimes (février 2007) a par ailleurs contribué à un regain important de critiques envers le capitalisme et l'« ultralibéralisme ». Alan Greenspan, président pendant 18 ans de la Réserve fédérale et libertarien proclamé[60], qui défendait la supériorité de l'autorégulation des marchés sur la régulation étatique, a estimé le 23 octobre 2008 face à la commission de contrôle d'action gouvernementale qu'il avait eu « partiellement tort » de faire plus confiance au marché qu'au gouvernement pour réguler le système financier. Il a par ailleurs fait part de son désarroi : « J'ai trouvé une faille [dans mon idéologie]. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais ce fait m'a plongé dans un grand désarroi[61] » Greenspan utilise ici le mot idéologie non comme un ensemble de croyances irréfutables mais comme le cadre conceptuel à travers lequel il explique le monde[62]. Greenspan est fortement critiqué, en particulier par les libéraux américains [réf. souhaitée], pour être un des responsables de la crise en ayant conduit une politique monétaire laxiste, par absence de véritable indépendance par rapport au pouvoir politique, à l'origine de l'explosion du crédit (baisse systématique des taux pour entretenir la croissance).
Selon certains analystes et critiques, le système économique a subi une dérive financière qui l'a éloigné du capitalisme. Le développement de la financiarisation a conduit à une économie d'endettement généralisé, s'éloignant d'une éthique capitaliste où les risques sont principalement assumés par les apporteurs de capital stable.
Pour d'autres la spéculation financière est inhérente au capitalisme, et la grande place accordée à la finance dérégulée a été un des leviers du capitalisme pour maintenir un taux de profit croissant malgré le ralentissement de la croissance à la fin des années 1970[63].
Le philosophe André Comte-Sponville avait posé la question de savoir si le capitalisme était moral dès avant la crise économique de 2008. Selon lui, on parle davantage de morale dans les discours et les préoccupations du fait que la morale fait défaut dans les comportements humains[64].
Il voit trois raisons complémentaires à ce retour de la morale, qui relèvent de trois durées différentes[65] :
Il remet en perspective le problème des limites au comportement humain en distinguant une hiérarchie de quatre ordres au sens pascalien du terme[66] :
Même si les ordres de la morale et de l'éthique ont des préoccupations plus élevées, l'ordre n° 1 (économico-techno-scientifique) n'est pas soumis à l'ordre n° 3 (l'ordre de la morale) du fait de structurations internes différentes : le possible et l'impossible n'ont que faire du bien et du mal[67].
Karl Marx a développé dans plusieurs ouvrages, dont le plus connu est Le Capital , une analyse du capitalisme ayant eu une influence considérable sur la pensée économique et politique. Pour Marx, le capitalisme se développe grâce à l'existence d'une catégorie sociale, formée d'hommes dépourvus de moyens de production et ainsi contraints de vendre leur force de travail : les prolétaires. En même temps que se développe le prolétariat, naît une autre classe sociale détentrice du capital : la bourgeoisie capitaliste.
Les prolétaires dépendent des capitalistes dans la mesure où la force de travail seule ne produit que de la valeur d'usage, pas de valeur d'échange, elle nécessite des matières premières et des moyens de production, donc l'usage de capital, détenu par les capitalistes. Le « travail vivant » (l'usage de la force de travail) est transformé en « travail mort » (le capital)[68].
Dans un système capitaliste, l'argent est utilisé pour acheter, produire, et vendre dans le but de faire du profit. Une somme d'argent A (le capital) est investi pour produire une marchandise M qui est vendu à un prix A' supérieur à A. Cette différence est la plus-value. Elle peut être réinvestie pour réaliser une nouvelle plus-value plus importante, créant une dynamique d'accumulation du capital (en apparence) sans fin (développement de l'entreprise qui lui permettra à son tour d'acheter d'autres groupes, qui lui profiteront à leur tour...).
D'après Marx, la plus-value a pour origine une différence entre la valeur du travail du prolétaire et le salaire effectivement versé au prolétaire. Le salaire du prolétaire s'établit à un niveau qui correspond aux dépenses socialement nécessaires pour assurer le renouvellement de sa force de travail, le travail au-delà est un surtravail accaparé par le capitaliste et source de la plus-value. Il s'agit pour le marxisme d'un mécanisme d'extorsion de plus-value au détriment des travailleurs.
Pour les marxistes, le système capitaliste n'est pas viable : il tend à concentrer une part toujours croissante des richesses dans un nombre toujours plus restreint d'individus, réduisant la société à deux classes, la bourgeoisie et le prolétariat, vouées à se livrer à une lutte des classes.
En outre, le capitalisme implique une croissance de la production sans croissance correspondante de la consommation car le but de l'économie capitaliste n'est pas de répondre à une demande, mais d'accroître les profit s du capital. Ceci conduit à des crises cycliques de surproduction.
La résolution des contradictions du capitalisme est pour les marxistes la socialisation des moyens de production, qui devraient être contrôlés par la collectivité dans l'intérêt de la collectivité entière et non plus d'une classe possédante. Cette transformation des rapports de production doit entraîner dans la perspective marxiste la disparition des classes sociales et de l'État. Cette nouvelle société est le socialisme ou communisme. Les modalités pratiques de cette socialisation ( autogestion ou étatisation), la méthode de transition du capitalisme au socialisme ( révolution ou réforme), et son caractère inéluctable ou non, font l'objet de débats entre différents courants se réclamant du marxisme.
Pour les libéraux, la logique du capital est, par elle-même, étrangère aux principes de la morale, c'est-à-dire une donnée exogène (qui provient de l'extérieur). Par conséquent, il appartient aux seuls propriétaires des biens qui sont utilisés comme moyens de production d'apprécier ce qu'ils font de ce capital. Pour les libéraux classiques, comme Tocqueville, par exemple, ou comme plus tard pour Raymond Aron, le marché est un moyen, en aucune façon une fin. En d'autres termes, la satisfaction maximale des désirs ne peut-être le critère ultime du bien. Il ne suffit donc pas de concevoir forcément une économie dirigiste et planificatrice, qui s'appuie parfois sur un régime politique autoritaire, pour résoudre les inégalités, les abus, mais de concevoir aussi un changement des manières d'être. Ce qui signifie que si la tendance à soumettre l’économie à un État régalien est encouragée par les libéraux classiques, cela doit s’exercer dans le respect des libertés fondamentales et de contre-pouvoirs.
L'école néoclassique d'économie voit dans le capitalisme une coopération générale (la concurrence poussant les acteurs à se positionner au mieux compte tenu des positions des autres) qui inclut les générations passées et futures, et un accroissement de production général qui bénéficierait à tous.
Les interventionnistes de gauche et de droite jugent le système à ses résultats sociaux. Selon eux, le capitalisme produit des rapports entre riches et pauvres toujours plus déséquilibrés en termes de pouvoir et d'inégalités économiques, et une sclérose sociale qui nuit à l'économie générale. Il appartient alors au pouvoir politique de rétablir à la fois l'équilibre et les conditions de la prospérité générale et de développement.
Selon leur sensibilité à l'un ou l'autre aspect et leur appréciation globale de la situation, les utilitaristes préconiseront un arbitrage politique variable adapté.
Pour Fernand Braudel, il convient de distinguer :
Die Verlängrung des Arbeitstags über den Punkt hinaus, wo der Arbeiter nur ein Äquivalent für den Wert seiner Arbeitskraft produziert hätte, und die Aneignung dieser Mehrarbeit durch das Kapital – das ist die Produktion des absoluten Mehrwerts. Sie bildet die allgemeine Grundlage des kapitalistischen Systems und den Ausgangspunkt der Produktion des relativen Mehrwerts.
The prolongation of the working-day beyond the point at which the labourer would have produced just an equivalent for the value of his labour-power, and the appropriation of that surplus-labour by capital, this is production of absolute surplus-value. It forms the general groundwork of the capitalist system, and the starting-point for the production of relative surplus-value.
: Ouvrage utilisé comme source pour la rédaction de cet article (ordre chronologique)
Le contenu de cette page (Capitalisme) est un minuscule extrait de l'encyclopiédie gratuite en ligne WIKIPEDIA
le webmaster de ce site n'est pas l'auteur de cet article (Capitalisme). Vous pouvez retrouver l'original de cet article (Capitalisme) à cette adresse et la liste des auteurs
ici
Vous pouvez modifier ou compléter cet article mais également discuter de son contenu (Capitalisme) sur le site de WIKIPEDIA France - Contenu (Capitalisme) disponible sous GNU Free Documentation License.