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Le cinéma 3D (ou cinéma en relief) permet d'apprécier des images en trois dimensions par l'intermédiaire de dispositifs et procédés techniques permettant au cerveau humain de simuler une perception de relief, plus spécifiquement de profondeur et de jaillissement.
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La projection en relief stéréoscopique marque les débuts du cinéma en relief exploité dès la naissance du cinématographe (Frères Lumière) au début du XXe siècle avec le remake du court metrage L'Arrivée d'un train en gare de la Ciotat, en 1935. Pourtant, déjà en 1922, le film américain The Power of Love est spécialement conçu en relief et le public dispose de lunettes spéciales. Aussi, en 2011, le réalisateur franco-australien Philippe Mora exhume deux films de propagandes du cinéma nazi réalisés (par un studio indépendant) en 1936 et qui feraient du cinéma allemand sous le Troisième Reich un des précurseurs du cinéma en relief[1],[2].
Très tôt, des visionneuses à deux occulaires de type kinétoscope ont permis de visualiser des images fixes puis animées, en relief. Pour la projection stéréoscopique, le cerveau du spectateur doit reconstituer la perception de l'image en relief. Ce système nécessite un équipement sophistiqué qui longtemps, n'a pas satisfait les exigences de la projection cinéma, pour des motifs économiques et de complexité de réglages et d'installation. De plus, tout dispositif stéréoscopique peut entraîner une certaine fatigue oculaire provoquée par l’important travail du cerveau pour reconstruire une perception cohérente des trois dimensions. Durant les années 1953 à 1956, les grands Studios américains ont produit plusieurs dizaines de films stéréoscopiques, pour lutter contre l'émergence de la télévision diffusant alors, de nombreux films. Jusqu'aux années 2000, l'exploitation du relief s'est développée dans certains lieux de diffusions spécialisés comme les parcs d’attractions, ainsi que des projections spectaculaires de durées réduites (clips, courts-métrages et moyens métrages).
L'émergence de la projection vidéo numérique à haute définition a permis de considérablement optimiser le système. Les contraintes d’équipement et de production ainsi que l'installation, la maintenance et les réglages particulièrement précis ont été simplifiés, grâce à la technologie de projection numérique assistée par ordinateur. Certains projecteurs vidéo numériques à haute définition exploitent un nombre d'image par seconde doublé voire démultiplié (au lieu du format historique de 24 ou 25 images par seconde). Grâce aux lunettes synchronisées ou polarisées, chaque œil perçoit une image spécifique.
Depuis la naissance du cinéma, les procédés se sont succédé : anaglyphes, écrans polarisés, alioscopie, lunettes à obturateur synchronisé, etc.
Les modes de projections en relief pour le cinéma numérique exploitent des dispositifs additionnels spécifiques. À la différence des téléviseurs et moniteurs vidéo dits auto-stéréoscopiques, la perception du relief dans les salles de cinéma nécessite le port de lunettes spéciales.
Un pionnier de la projection relief au cinéma, dépositaire de nombreux brevets est Imax :
Dans le réseau de salles classiques les trois principaux systèmes exploités sont :
D'autres procédés de cinéma en relief reprennent ou améliorent l'une des trois techniques précédentes, on peut citer :
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Un intérêt grandissant pour ce nouveau schéma d’exploitation se développe auprès des industriels de la filière. Les exploitants y voient l’occasion de dynamiser leur programmation et de l’autre côté, elle réengage un nouveau mode de création au niveau de la production. Par ailleurs, le surcoût du passage à la stéréoscopie pour une salle équipée en numérique, est modéré par rapport à la pellicule qui demandait deux projecteurs et deux copies. Ce surcoût est évalué à environ deux euros par billet[9] et semble accepté par les spectateurs. Le relief est un argument supplémentaire pour encourager les exploitants à s'équiper de numérique[10].
Au-delà des problématiques purement techniques, le cinéma en relief permet de nouveaux choix créatifs. Le rapport à l’image que donne à voir le cinéma en relief rend compte de perceptions nouvelles qui obligent les créateurs à repenser leurs modes de productions, à commencer par l’écriture scénaristique. Les approches peuvent largement différer. Quand certains pensent le cinéma comme moyen d’expression artistique que nous retrouvons dans l’idée d’un cinéma « Art et essai », d’autres y voient de nouvelles possibilités de divertissement susceptible de plaire à un public des salles de cinéma toujours plus grand. Ces techniques donnant la possibilité d’aller toujours plus loin dans le divertissement du spectateur happé par des images toujours plus spectaculaires qui intègrent sensations de profondeur et effets de jaillissements. Enfin certains sont partisans d'un relief volontairement « doux » voire naturaliste, qui ne heurte pas le spectateur.
Il est clair qu’aujourd’hui, le relief dans les salles de cinéma constitue un enjeu pour cette industrie. Empreint de renouveau il s’appuie sur des procédés innovants pour relancer un élan de curiosité que le cinéma tend à perdre face à l’arrivée des homes-cinéma dans les foyers. Après plusieurs rendez-vous avortés dans le passé, les conditions d’expansion du cinéma en relief semblent être au rendez-vous, du fait de la qualité technique de l'ensemble de la chaîne de production et de diffusion et de la volonté des différents acteurs d'investir dans cette filière. Les plus actifs sont les studios d'animation, qui peuvent produire à moindre coût en 3D. Dès 2007, Dreamworks, comme Disney, annonçait produire tous ses films en 3D à partir de 2009[11]. Néanmoins, les réalisations demeurent très hétérogènes, entre les super productions au relief soigné, dont « Avatar » de Cameron est l'archétype, et les œuvres mineures qui ne sont pas sauvées par un relief bâclé. Le risque est dans une lassitude rapide du public, la désaffection s'expliquant par une qualité inégale du relief mais aussi par le prix des billets ou encore par le manque d'hygiène des lunettes[12].
Il est d'ores et déjà possible de trouver sur internet, des films pirates en relief. Ceux-ci semblent, pour l'instant, extraits des disques Blu-ray vidéo 3D. Il est cependant assez aisé, à partir de lunettes polarisantes et de deux caméras, de filmer l'œuvre en 3D, depuis l'écran de cinéma.
J1 est le premier opus d'une série de 7 épisodes en 3D relief stéréoscopique et 2D pour laisser le choix aux spectateurs d'apprécier le film dans ses deux supports de diffusion, une première en France. http://www.wego-productions.com/jour_a_jour/index.php
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