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Le comportement sexuel permet la reproduction des espèces animales sexuées. Ce comportement change d'une espèce à l'autre (annélides, insectes, poissons, oiseaux, mammifères …), en raison des différences de l'organisation du corps et du système nerveux.
De nombreux facteurs, à différents niveaux, interviennent dans la dynamique du comportement sexuel : l'évolution (sélection naturelle, sélection sexuelle, hasard …), des facteurs biologiques (gènes, hormones, complexité du système nerveux …), des facteurs sociaux (taille et hiérarchie du groupe …) et, chez l'être humain, des facteurs culturels (l'Histoire, les croyances, des symboles …).
Chez la plupart des animaux, il existe un comportement de reproduction : le but des activités sexuelles est la copulation.
Mais chez les primates et l'être humain, il existe plutôt un comportement érotique : le but des activités sexuelles est la stimulation du corps et des zones érogènes. En simplifiant, les hominidés recherchent les activités sexuelles car elles procurent des plaisir érotiques intenses.
Chez les animaux, la morphologie du corps et surtout l'organisation du système nerveux déterminent les caractéristiques du comportement sexuel. En schématisant, plus le système nerveux est simple, plus le comportement sexuel est stéréotypé. C'est le cas par exemple des insectes. Au contraire, plus le système nerveux est complexe, plus le comportement sexuel sera élaboré et lié à des phénomènes culturels. C'est le cas typique de l'être humain.
Sommaire |
Le comportement sexuel dépend de nombreux facteurs :
L'évolution du comportement sexuel dépend de trois grands facteurs : la sélection naturelle, la sélection sexuelle et le hasard.
La théorie de François Jacob est généralement désignée par la métaphore du «bricolage de l'évolution»[1],[2]. Cette théorie, basée sur l'observation des bizarreries et des imperfections du monde vivant, suppose que l'effet majeur de la sélection naturelle n'est pas l'optimisation mais plutôt l'élimination des organismes non viables. C'est-à -dire passer de l'idée que tout ce qui n'est pas optimisé est évolutivement impossible à l'idée que tout ce qui survit – peut importe la manière – est possible.
Mais l'évolution, contrairement à une opinion largement répandue, est encore une théorie. Plusieurs caractéristiques sont difficilement expliquées par la théorie synthétique de l'évolution[3],[1],[2],[4],[5],[6] :
Pour ces raisons, des auteurs[3],[4] ont proposé de distinguer :
La théorie synthétique de l'évolution permet d'expliquer la micro-évolution. Par contre, les mécanismes de la macro-évolution sont actuellement beaucoup plus hypothétiques.
« Le darwinisme, quelle qu'en soit la forme, n'explique pas la grande évolution qui concerne le plan d'organisation de l'embranchement, de la classe, de l'ordre. Il doit borner son ambition à débrouiller les mécanismes de la formation des espèces. […] La sélection, contrairement à l'opinion de Darwin et de ses premiers disciples, ne crée rien par elle-même ; elle conserve ce qui préexiste[5]. »
Et l'optimisation n'est pas la caractéristique principale de la sélection naturelle.
« Nous estimons trop souvent que chaque structure est conçue en vue d'un but précis, et nous bâtissons de ce fait (en imagination) un monde parfait, pas tellement différent de celui que concoctèrent au XVIIIe siècle les théologiens de la nature, qui «prouvaient» l'existence de Dieu par la parfaite architecture des organismes[4]. »
En conclusion, l'évolution du comportement sexuel est le résultat de l'action de plusieurs facteurs : la sélection naturelle, la sélection sexuelle, mais aussi le hasard, qui explique que les comportements sexuels ne sont pas complètement optimisés et parfaits.
Quels sont les rapports entre la structure biologique de l'organisme et le comportement sexuel ?
Quels sont les facteurs biologiques qui permettent l'émergence, le développement et la réalisation du comportement sexuel ?
De manière simplifiée et très schématique, la dynamique des comportements est déterminée par un ensemble d'éléments en interaction :
En fonction du nombre et de la complexité de ces différents éléments, le comportement sexuel peut être très simple et stéréotypé, ou variable et complexe.
La réalisation du comportement sexuel nécessite des signaux échangés par les partenaires.
Les récepteurs qui détectent ces signaux peuvent avoir différentes caractéristiques :
Le centre de traitement est le facteur le plus critique du comportement sexuel.
Les centres de traitement qui reçoivent les signaux peuvent avoir différentes caractéristiques :
Les effecteurs biologiques sont constitués de cellules, de tissus ou d'organes, qui peuvent être spécialisés ou non. Ils servent soit à émettre des signaux sexuels, soit à réaliser le comportement sexuel.
Les signaux sexuels chimiques, dissous ou volatil (exemple des phéromones), sont les plus utilisés chez les animaux. Ils permettent l'échange, par le contact physique ou à distance, d'informations sexuelles simples. Les signaux sexuels visuels ou vocaux sont des signaux qui permettent l'échange, souvent à distance, d'informations sexuelles qui peuvent être très complexes.
Les régulateurs du comportement sexuel sont génétiques chez les organismes pluricellulaires, hormonaux chez vertébrés, et principalement neuraux chez les hominidés.
Dans un groupe social, le comportement sexuel dépend de l'organisation du groupe (petit ou grand groupe, harem …) et des hiérarchies existant dans ce groupe (femelle ou mâle dominants …). Toutes ces caractéristiques vont déterminer le choix des partenaires, et parfois les individus qui pourront s'accoupler[7].
Les principaux facteurs sociaux qui influencent le comportement sexuel sont[7] :
Par exemple, les cerfs n'occupent un territoire (zone de brâme) que durant la période de reproduction. Chez les otaries, les mâles se battent pour obtenir un territoire et un harem de femelles ; les mâles qui n'ont pas de territoire sont exclus de la reproduction. Chez l'éléphant de mer, on a observé dans un groupe que les 4 mâles dominants étaient responsable de 88% des accouplements, contre 12% pour les 67 mâles dominés. Mais même dans ces groupes hiérarchisés ou polygames, il existe des préférences sexuelles entre certains partenaires.
Toutes ces caractéristiques ont une influence majeure sur les conditions qui vont rendre possible le comportement sexuel entre des individus.
Chez les mammifères, le comportement sexuel est contrôlé par cinq principaux facteurs biologiques innés :
Chez les mammifères inférieurs, le comportement de reproduction est un comportement fondamental qui permet la reproduction et donc la survie de l'espèce. Il permet, au cours de la copulation, de transmettre les spermatozoïdes de l'urètre du mâle au vagin de la femelle, ce qui permet la fécondation des gamètes et la reproduction. Les hormones et les phéromones sont les principaux facteurs qui contrôlent le comportement de reproduction.
Chez l'être humain (et le Chimpanzé, le Bonobo, l'Orang outan et le Dauphin), le comportement sexuel n'est plus un comportement de reproduction, mais devient un comportement érotique[8]. Au cours de l'évolution, l'importance et l'influence des hormones[9] et des phéromones[10],[11] sur le comportement sexuel a diminué. Au contraire, l'importance des récompenses est devenue majeure[12]. Chez l'être humain, le but du comportement sexuel n'est plus le coït vaginal mais la recherche des plaisirs érotiques, procurés par la stimulation du corps et des zones érogènes[13].
L'Université de Berlin, la plus importante base de données sur la sexualité humaine (Documents en français / Accueil principal)
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