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Le cursus honorum (qui en latin signifie carrière des honneurs ou, littéralement, « course des honneurs ») était l'ordre d'accès aux magistratures publiques sous la Rome antique. Défini très tôt à une époque mal déterminée, il ne fut formalisé que par la lex Villia Annalis en 180 av. J.-C.
Cet ordre était obligatoire, permettait de gagner les compétences et d’avoir pour magistrats suprêmes des hommes mûrs et expérimentés.
Sommaire |
En prérequis, il fallait être éligible, c'est-à-dire appartenir à la classe équestre des citoyens romains, et avoir fait son service militaire comme cavalier, ce qui signifiait au IIe siècle av. J.‑C. posséder un cens d’au moins 400 000 sesterces[1].
Les magistratures devaient s’enchaîner dans l’ordre suivant :
Le questeur devait avoir 30 ans minimum et s'occupait des finances de l'État ou d'une province. Ils sont les payeurs aux armées et les trésoriers d'une province. Il y avait 20 postes par an.
L'âge minimum pour être édile était de 36 ans et il y a quatre postes par an, et il fallait avoir précédemment revêtu la questure pour postuler. Les édiles s'occupaient de l'administration de Rome : de la police des marchés, de l'approvisionnement des marchés, de la police générale et de l’organisation des jeux du cirque.
Les édiles curules étaient élus par les comices tributes, mais les édiles plébéiens par les conciles plébéiens, de plus ils bénéficiaient de l'inviolabilité.
Il y avait 6 préteurs en 241. Le préteur pérégrin était compétent pour les litiges entre un citoyen et un étranger tandis que le préteur urbain s'occupait de ceux entre deux citoyens, de plus il remplaçait temporairement un consul absent. L'âge minimum était de 40 ans. Les préteurs étaient élus par les comices centuriates. Ils disposaient de l'imperium, ils avaient le droit d'auspices majeurs et bénéficiaient de deux licteurs.
Les consuls, au nombre de deux, étaient les magistrats supérieurs. L'âge minimum était de 42 ans. Les consuls convoquent et président les réunions du Sénat, les comices curiates, les comices centuriates. Ils commandent les armées, et ils sont éponymes (les années portent leurs noms). Les consuls sont élus par les comices centuriates, ils ont le droit d'auspices majeurs, le droit d'imperium et bénéficient de 12 licteurs.
On peut être réélu consul, mais il est d’usage de ne pas se présenter pour un second mandat lorsque on est consul en exercice : il faut être redevenu simple citoyen pour postuler de nouveau au consulat. Une loi confirma cette coutume en -150.
On constate l’absence dans cette succession du tribunat de la plèbe, que l’aristocratie romaine refusa obstinément de considérer comme une magistrature honorable. Manquent aussi les magistratures de censeur et de dictateur, quoique elles soient d’un rang supérieur à celles du cursus honorum. Ce ne sont pas des magistratures annuelles, la dictature n’est de plus pas accessible par voie électorale, elles ne s’intègrent donc pas dans un parcours normal.
On en changeait tous les ans.
Des entorses aux règles furent signalées par les historiens romains, en cas de crise ou pour des personnalités remarquables :
À la fin du IIe siècle av. J.‑C., Marius et ses partisans multiplièrent les abus :
En réaction, Sylla réforma le cursus honorum lors de sa dictature entre -81 et -79 :
Cette dernière mesure qui transformait le tribunat de la plèbe en impasse politique fut abolie par Pompée après l’abdication de Sylla en -79. L’ambitieux Pompée dérogea de plus à la règle, en devenant consul à 36 ans.
Une génération plus tard, Jules César exerçant la dictature, accrut le nombre de questeurs qui passa à 40, d’édiles qui passa à 10 et de préteurs qui passa à 20.
Tandis que l’intérêt politique des magistratures s’effaçait avec la fin des compétitions électorales, l’augmentation du nombre de questeurs et de préteurs décidée par César orientait le cursus honorum vers des carrières administratives dans les provinces. Auguste et ses successeurs confirmèrent cette orientation, en multipliant l’accord du consulat par le système des consuls suffects.
Une carrière sénatoriale se créa, calquée sur l’enchaînement du cursus honorum, avec des conditions d’âge plus basse que sous la République, et enrichie des missions d’administration impériale. L’historien Paul Petit décrit ainsi le cursus possible d’un fils de sénateur[2] :
Les conditions d’âge pouvaient faire l’objet de dispenses.
Toutefois, le faible nombre de sénateurs compétents et intéressés par le service public, malgré leur renouvellement par des provinciaux, et la méfiance de certains empereurs vis-à-vis du Sénat fit diminuer peu à peu le nombre de sénateurs titulaires de postes dirigeants dans l’administration impériale, au profit des membres de l’ordre équestre plus dynamique.
Au IVe siècle, le cursus honorum persiste encore à Rome, pour des magistratures désormais vides de tout pouvoir, et obligeant surtout à donner des jeux. Les nominations aux postes importants de l’administration impériale ne dépendent plus du cursus honorum réalisé, ou de l’appartenance à l’ordre sénatorial ou à l’ordre équestre. Constantin Ier nomma encore des consuls, désormais à titre honorifique et pour les besoins du calendrier (consuls éponymes), et laissa au Sénat de Rome le soin de désigner les autres magistratures, questure et préture. Le consulat ouvrit toujours l’accès à la préfecture de la Ville[3].
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