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En linguistique, le sens ou signifié dénotatif, la dénotation, s'oppose au sens ou signifié connotatif, la connotation.
Le champ de la connotation est difficile à définir car il recouvre tous les sens indirects, subjectifs, culturels, implicites et autres qui font que le sens d'un signe se réduit rarement à ce sens littéral. Définir la connotation est si difficile qu'on en arrive parfois à la définir par défaut comme tout ce qui, dans le sens d'un mot, ne relève pas de la dénotation[1].
Par exemple, si on s'intéresse au mot flic, le sens dénotatif est le même que celui de policier. Mais à ce sens s'ajoutent des connotations péjoratives et familières.
Un même mot ou symbole pourra donc avoir des connotations différentes en fonction du contexte dans lequel il est utilisé. Ainsi, la couleur blanche connote[réf. nécessaire] la pureté et le mariage pour un Européen, le deuil pour un Extrême-Oriental ; tandis que la svastika, si elle est vue par un Indien comme un symbole religieux hindouiste (représentant l'énergie positive), ne peut pas être vue par un occidental sans lui faire penser au nazisme (ici utilisée comme énergie destructrice).
L'opposition entre dénotation et connotation entretient des rapports complexes avec l'opposition entre sens propre et sens figuré.
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Cette notion est utilisée par la grammaire de Port-Royal. Elle sert à désigner le fonctionnement de l'adjectif par opposition au fonctionnement du substantif. En effet la grammaire de Port Royal oppose les substantifs qui renvoient à des substances identifiables et les adjectifs qui renvoient à des propriétés. Mais elle se heurte à des mots comme humain ou blancheur dont la catégorie grammaticale ne recoupe pas le fonctionnement sémantique. Elle explique donc que l'adjectif connote l'existence d'individus indéterminés auxquels la propriété pourrait convenir. L'adjectif humain connoterait donc l'existence d'hommes tel que l'entend le substantif homme[2].
En fait, les termes connotation et dénotation ont d'abord été utilisés en logique (par Stuart Mill par exemple) comme synonymes de compréhension et extension au sens mathématique du terme (c'est-à-dire pour désigner les propriétés communes aux éléments d'un ensemble d'une part et la liste de tous ces éléments de l'autre).
C'est Louis Hjelmslev qui va infléchir le sens de ces deux termes en les employant, l'un comme synonyme de signification (dénotation) et l'autre pour désigner ce qui se passe quand un langage reçoit une signification seconde (connotation). Ainsi, pour reprendre un exemple de Gérard Genette, le terme "bignole" peut être utilisé pour désigner une concierge (on dit qu'il la dénote), mais l'usage de ce terme particulier plutôt que "concierge" signifie également quelque chose : que le locuteur use du langage familier (on dit qu'il connote ce langage).
Ainsi compris, la notion de connotation ne s'applique strictement parlant qu'aux phénomènes de niveaux de langue ou de régionalismes. C'est à Roland Barthes (dans S/Z) que revient le soin d'élargir la notion jusqu'à son sens actuel, en faisant de la connotation une sorte de sens affectif, une valeur communément ajoutée à un mot par les locuteurs. Pour lui cependant, la connotation n'existait que si elle était exploitée par le texte, une condition dont les auteurs suivants se sont affranchis. Ainsi, on dira couramment que "blanc" connote la pureté, la virginité, même si l'auteur n'exploite pas cette symbolique.
En sémantique, on appelle sèmes les divers éléments qui composent le sens d'un mot. On distingue parfois les sèmes dénotatifs des sèmes connotatifs. Les sèmes dénotatifs renvoient alors aux éléments de définition partagés par tous les locuteurs alors que les sèmes connotatifs pourront être différents pour un même mot suivant le contexte et l'identité du locuteur. Ainsi gueule appliqué à un humain a le sème dénotatif « orifice » et le sème connotatif « populaire »[3].
Le phénomène de connotation ne vient pas nécessairement du signe lui-même. Il peut naitre de la manière dont ce signe est utilisé. On peut ainsi distinguer plusieurs facteurs à l'origine d'une connotation[4] :
Les sèmes connotatifs ajoutent au sens dénotatif des informations de nature diverse :
(Cette section est destinée à clarifier la notion de connotation, en vue d'une refonte ultérieure de l'article).
À partir d’une analyse componentielle d’un article de Jean Molino sur la connotation, paru dans la Revue Linguistique (PUF, 1971, fascicule I, pp 5-30), Roger Mucchielli[5] dégage nettement quatre conceptions distinctes du terme (à rapprocher de l'histoire du terme, voir plus haut) :
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