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Les divinités égyptiennes forment l'un des plus imposants panthéons des religions polythéistes.
Dans l'univers religieux des anciens Égyptiens, il y a une quasi infinité de dieux, puisqu'une divinité peut être créée en fusionnant deux ou plusieurs dieux, p. ex. Ptah-Sokar-Osiris, où Osiris a été associé à Ptah-Sokar (lui-même une fusion de Ptah et de Sokaris). Cependant, les dieux ne faisaient parfois qu'un. Le divin était à la fois multiple et unique. Les dieux étaient des êtres à la fois invisibles (Amon) et représentés dans des hypostases tangibles (comme le taureau Apis).
Investis de pouvoir surhumains - et dotés de défauts humains -, ils pouvaient prendre des formes variées et parfois plusieurs pour une seule (Atoum en serpent, chat, singe ou scarabée); ils pouvaient être figurés complètement anthropomorphes (Séchat ou Heh), humains à tête d'animal (Sekhmet ou Harsaphes) et l'inverse (Sphinx ou Ouadjet), entièrement zoomorphes (Oupouaout ou Hedjour), et même prendre l'aspect d'un végétal (Nout ou Néfertoum), voire d'un symbole ou d'un objet (Shou en colonne d'air ou Meskhenet en brique). Les divinités étaient omniprésentes.
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L'histoire du panthéon égyptien reflète l'histoire de l'Égypte pharaonique.
Durant la période prédynastique, l'Égypte voit coexister plus ou moins pacifiquement des clans qui possèdent chacun un territoire, mais aussi des valeurs et des croyances propres. Chaque clan est sous la protection d'une entité tutélaire. Les membres du clan Gazelle ont par exemple établi une nécropole des ancêtres gazelles à Badari et à Héliopolis, ce qui n'est pas sans rappeler les sépultures de chats ou d'ibis ultérieures. La zoolâtrie, à l'origine des futurs divinités thérianthropes, comme le dieu Anubis, s'est manifesté également à Nekhen, où avaient été inhumés un taureau et un éléphant. Quand l'Égypte a été unifiée politiquement, un profond phénomène de syncrétisme s'est opéré, à l'image du pharaon qui assemble en lui les diverses facettes de la création et combine les qualités de toutes les divinités: ce qui a uni les hommes, a uni les dieux.
Durant les trois mille ans qui suivirent, la religion égyptienne n'a que peu évolué. Cependant, selon les périodes, certains dieux sont devenus prédominants alors que d'autres passaient au second plan: au Nouvel Empire, Amon, Rê et Ptah devinrent les dieux les plus importants, avec la montée en puissance des villes de Thèbes, Héliopolis et Memphis. De plus, chaque culte étant originaire d'une région différente, la place de chaque dieu variait aussi selon la région. Le territoire de l'Égypte pouvait être défini par ses dieux, regroupés en triades ou en familles (Khnoum, Satis et Anoukis), voire en clans, en associations d'affinités.
À côté des divinités locales (Meresger, spécifique à la montagne thébaine occidentale) et des entités liées aux théogonies ou cosmogonies locales (Maât, Apophis, Noun, etc.) évoluaient des déités et des génies plus familiers, tels que Hathor, qui réunit en elle toutes les déesses vaches archaïques, vénérées un peu partout en Égypte, Bès, Rénénoutet ou Thouéris, attachées à la vie quotidienne du peuple. De fait, une scission existait entre les croyances populaires et les dogmes royaux, éminemment plus complexes et mystiques, particulièrement à l'Ancien Empire, où la personne du pharaon se situait à l'exact opposé de la condition humaine. En ce temps-là, les Textes des Pyramides, qui se voulaient l'expression de l'alchimie spirituelle permettant au seul souverain sa résurrection, tissaient des liens entre les membres du panthéon, organisaient ce dernier, élaboraient une mythologie cohérente à partir des contes et des légendes populaires originelles. Ainsi, le rôle attribué par les textes à une divinité différait souvent de celui que les plébéiens lui prêtait: Min, dieu agraire fut édifié en démiurge; Onouris, dieu chasseur, devint protecteur du soleil et du pharaon; Isis, déesse-mère fut transposée en déesse funéraire.
Mais après que le pharaon Akhénaton eut tenté d'imposer une religion plus monothéiste et exclusive du disque solaire Aton, le statut des divinités a évolué : ils se rapprochèrent des hommes, réintervinrent dans leur vie, communiquèrent avec eux par le biais d'oracles. Certes, les mentalités avaient déjà progressé par le passé, fait illustré par la démocratisation des rites funéraires et la reformulation des textes sacrés, qui donnèrent lieu au Moyen Empire au corpus des Textes des sarcophages. L'apogée de cette vulgarisation fut sans conteste l'Époque ramesside et la Basse époque.
Au fil du temps, le panthéon égyptien s'est enrichi de dieux étrangers, par les conquêtes, le commerce ou le brassage des populations. À l'époque où les frontières n'étaient pas encore définies, ou à l'époque des expéditions intensives vers la Nubie, certaines divinités soudanaises auraient rejoint leurs homologues septentrionales, comme Arensnouphis, Mandoulis et Apédémak. Pendant le Moyen Empire et la IIe période intermédiaire, avec l'incursion des Hyksôs, Anat et Qadesh, originaires de la Syro-Palestine, le phénicien Baal, la hourrite Astarté et le cananéen Reshep se sont d'abord implantés dans le Delta, avant que leur culte ne se répande en Égypte durant le Nouvel Empire. Au IVe siècle avant notre ère, la venue des Grecs (cf. Dynastie des Ptolémées) a aussi engendré des dieux, mêlant aspects de la religion hellénique aux idées égyptiennes, comme Agathodémon, Sérapis et Kolanthes.
Si le panthéon égyptien reflète l'histoire du pays lui-même, la mythologie est à l'image de sa géographie. Les Nilotiques, par l'observation de leur environnement naturel, en premier lieu de la crue du Nil (Hâpy), ont conçu l'acte créateur comme dynamique et cyclique. Le cycle devait se répéter infiniment, afin de maintenir l'existence du monde, qui reposait selon la pensée de l'époque, presque dualiste, sur un équilibre (Maât) de forces opposées mais complémentaires (p. ex. Horus et Seth).
Les principaux dogmes mythologiques sont apparus dans les trois plus importants centres religieux de l'Égypte naissante: Héliopolis, Hermopolis et Memphis. Aussi différentes qu'elles puissent paraître, les cosmogonies ont un principe commun: l'énergie qui précéda et alimenta la création doit se régénérer régulièrement, faute de quoi, elle sombrerait dans le chaos et le néant; c'est la tâche du culte divin. La manifestation de cette énergie est le démiurge (que ce soit Neith, Sobek ou Tatenen) qui s'est créé lui-même, qui a pris forme sur le tertre issu de l'océan primordial, le Noun, puis mis en marche la machine cosmique, avant d'engendrer les éléments qui allaient compléter et entretenir la création.
Mais l'univers n'a pas été créé définitivement : au contraire, il est soumis aux contraintes du temps et des cycles, il peut disparaître et se renouveler. Seul le cycle lui-même, la dynamique de la création, l'énergie mise en œuvre (incarnée par le phénix Bénou) sont éternels. Même les dieux sont susceptibles de succomber. Pour les anciens Égyptiens, les dieux habitaient aussi sur terre (dans les temples) ; il fallait les honorer pour qu'ils continuent, non seulement à y résider, mais également pour les maintenir en vie. Pour cela, les prêtres priaient, dansaient, chantaient et leur apportaient des offrandes de nourriture et d'objets précieux.
Les dieux principaux sont :
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