Eau potable
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Une eau est dite potable quand elle satisfait à un certain nombre de caractéristiques la rendant propre à la consommation humaine.
Les standards de référence dans ce domaine diffèrent selon les époques et les pays (et selon l'autorité en charge de cette définition dans certains pays[1]). Le concept de « potabilité » varie à travers le monde, fruit d'un contexte historique, scientifique et culturel local. Il détermine la question de l'accès à l'eau, puisque une eau de bonne qualité est essentielle au développement économique et humain.
Par exemple, les paramètres pouvant être réglementés sont :
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L'eau est vecteur de nombreux parasites, bactéries ou virus. Il faut prendre des précautions avant de consommer de l'eau dans la nature. Une eau en apparence limpide et pure peut cacher des micro-organismes ou des polluants, la prudence reste de mise.
Voici quelques-unes des contaminations possibles et leurs conséquences :
On parle d'eau dure pour évoquer une eau contenant beaucoup de sels dissous, comme des sels de calcium et de magnésium; on dit alors, dans le langage courant, qu'elle est calcaire[4]. Une eau en contenant peu est appelé une eau douce. Les eaux de sources contiennent des quantités différentes de ces sels, elles peuvent donc être de dureté différentes. En France, les eaux du Massif Central, des Vosges et du Massif Armoricain sont douces (moins de 200 milligrammes de calcaire dissous par litre d'eau). Dans la bassin parisien cela peut aller jusqu'à 900 milligrammes de calcaire dissous par litre d'eau[5].
Pour une personne en bonne santé, la consommation d'eau dure, dite calcaire, est sans danger[5]. Des désagréments liés à l'utilisation peuvent apparaitre pour des eaux trop dures (inefficacité des détergents, stérilisation des sols) ou trop douces (corrosion)[5].
Il est possible d'adoucir l'eau avec un appareil appelé adoucisseur d'eau.
Les eaux dites « de source » sont des eaux naturellement propres à la consommation humaine ; on parle alors d'eau potable. Les seuls traitements qu’il est permis de leur appliquer sont l’aération, la décantation et la filtration. Les eaux naturellement gazeuses, qui contiennent du dioxyde de carbone dissous, peuvent également être regazéifiées avant d’être embouteillées.
Les eaux minérales naturelles, elles, peuvent être des eaux "non potables" dans le sens où elles possèdent des propriétés particulières : elles ont des teneurs en minéraux et en oligo-éléments qui peuvent leur donner des vertus thérapeutiques. Comme les eaux de source, elles ne peuvent être traitées. Une eau ne peut être qualifiée en France de minérale que si elle a été reconnue comme bénéfique pour la santé par l’Académie de médecine et le Ministère de la Santé. En ce sens, c'est un alicament. Elle est d'origine profonde et de composition physico-chimique constante dans le temps, et satisfait à des exigences microbiologiques plus strictes que les autres eaux déstinées à la consommation humaine (à l'émergence).
Certaines eaux très fortement minéralisées dépassent les critères de minéralisation de l'eau potable. En ce sens, on peut les considérer comme non potables. Par contre, il est faux de dire que toutes les eaux minérales sont non potables.
De la qualité des eaux brutes (ressource en eau avant tout traitement de potabilisation) va dépendre :
En application du droit communautaire, les eaux superficielles destinées à la production alimentaire doivent répondre à des exigences de qualité très précises et fixés par des organismes spécialisés.
Le système de classification actuel s'articule autour de deux éléments :
Coloration après filtration dépassant 200 mg/l de platine en référence à l'échelle platine/cobalt.
Pour les substances suivantes, les valeurs limites sont :
Eau contenant plus de 20 000 Escherichia coli et plus de 10 000 entérocoques par 100 millilitres d'eau prélevée.
Le contrôle de la qualité et potabilité de l'eau doit se faire de l'amont (nappe, eau de surface) jusqu'à l'aval (au robinet), car elle peut aussi se dégrader durant son stockage et son passage dans les réseaux de distribution[3],[6]. Les contaminations peuvent provenir du réseau lui même (corrosion de métaux, dont métaux lourds qui se dissolvent dans les eaux acides ou adoucies, fuites (perméation) ou retour d'eau, résidus de désinfectants, d'une contamination par des microorganismes indésirables, avec de possibles phénomènes de reviviscence, du biofilm qui s'installe sur les tuyaux ou parois de réservoirs. Le risque augmente avec les « volumes morts » et « courts-circuits » du réseau.
Une directive européenne a été adoptée fin 1998[7] pour remplacer la directive du 15 juillet 1980 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine. Son contenu a été transposé en droit français par le décret 2001-1220 (décret n° 2001-1220 du 20 décembre 2001 relatif aux eaux destinées à la consommation humaine, à l'exclusion des eaux minérales naturelles. Ce texte est désormais intégré dans le Code de la santé publique (article L 1321).
Sont soumises aux contraintes des eaux destinées à la consommation humaine (« l'eau du robinet ») :
Toutes ces eaux doivent remplir trois conditions, dont les détails sont consultables sur www.ineris.fr :
La qualité de l'eau potable est soumise à deux types de contrôles, que son distributeur soit public ou privé :
L'arrêté d'autorisation délivré par le ministère de la santé détermine les points où les prélèvements aux fins d’analyse doivent être pratiqués :
Quand l’eau ne respecte plus les exigences de qualité, le distributeur (public ou privé) a une obligation d'alerte dès qu'il le constate. Il doit :
En cas de dépassement des limites de qualité, il doit également prendre des mesures correctives pour rétablir la qualité de l'eau, « que le non-respect soit ou non imputable à l'installation privée de distribution ».
Si les normes de consommation sont au-dessus des limites de qualité et ceci de manière significative, alors, une interdiction de consommation de l'eau est émise sur proposition de l'Agence Régionale de Santé en collaboration avec les municipalités ou les sociétés responsable du réseau. Et ceci, jusqu'au rétablissement des paramètres dans les limites des normes de consommation.
L'oxydation, par le chlore ou l'ozone, agit sur certains métaux (fer, manganèse), sur les matières organiques. Elle détruit ou inactive les germes vivants, les virus et les bactéries, mais « elle peut saturer la capacité de filtration et d'élimination du CODB[8] par le charbon actif, en formant justement trop de fraction biodégradable dissous. C'est ainsi que la post-ozonation a été supprimée dans certaines stations pour éviter la génération de COA » (Carbone organique assimilable qui ne devrait pas dépasser la valeur guide de 10 μg/L[9]). Les procédés de substitution d'ions par échange d'ions sur des résines spécifiques sont utilisés pour la dénitratation et l'adoucissement de l'eau.
Des cultures bactériennes appropriées mises en contact avec l'eau à traiter éliminent certains éléments indésirables.
Les divers traitements produisent des boues. Ces boues sont à différencier de celles dites d'épuration (boues d'eau usées, issues des processus d'assainissement). Dans la plupart des cas, elles sont déshydratées, puis mises en décharge, épandues ou envoyées vers la station d’épuration.
Selon une étude de NUS Consulting (en janvier 2003), le prix moyen global par m3 d’eau relevé en Europe s'établit à 3,02 € par m3. Outre la France, l'étude portait sur les pays suivants : Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède. Selon une étude de NUS Consulting (en juillet 2006[10]) il serait de l'ordre de 1,5 US$ par m3 hors TVA. Au Québec, le coût est évalué à $1.59 selon la derniere étude du Reseau-Environnement.
La France est, avec 2,77 € par m3 (soit 0,0027 € par litre), dans la fourchette basse parmi les dix, après la Suède, l'Espagne et l'Italie. Les prix moyens varient entre 0,79 € le m3 en Italie et 5,12 € le m3 au Danemark. Ce sont les pays du nord de l'Europe qui sont les plus chers à l'exception de la Suède.
Le prix de l'eau correspond à l'ensemble des opérations qui concernent : la production de l'eau potable, la distribution et, dans la plupart des cas, la dépollution des eaux usées.
En 2 000, 42 % environ du prix de l’eau était lié à la distribution d’eau potable ;
31 % environ concerne la collecte et le traitement des eaux usées ;
27 % environ correspond à des redevances et à des taxes, dont la TVA.
Les redevances sont destinées à des organismes publics (comme les agences de l’eau) dont la mission est de protéger les ressources naturelles en eau et de financer des équipements pour l'alimentation en eau potable ou la protection du milieu naturel.
Les principales façons de réduire réellement la consommation d'eau potable.
NB : Le dimensionnement d'une installation de récupération d'eau de pluie doit être réalisé en fonction des besoins et du potentiel récupérable. Attention, c'est autant d'eau qui n'alimentera pas la nappe sous le lieu de récupération, si elle est - après usage - envoyée vers l'égout.
La récupération d'eau de pluie est en France réglementée par l'arrêté du 21 août 2008 qui définit les usages possibles de l'eau de pluie.
L'Homme a un besoin moyen au niveau mondial de 20 à 50 litres d'eau par jour (alimentation, hygiène, etc.). Un enfant dans un pays développé consomme en moyenne 30 à 50 fois plus d'eau que dans un pays en voie de développement.
Plus d'un milliard de personnes restent exclues d'un approvisionnement en eau (essentiellement en Asie et en Afrique) alors que 2,6 milliards n'ont pas de service d'assainissement[11].
En 2006, 22 000 personnes meurent chaque jour en raison d'une consommation d'eau insalubre[11].
Le 12 mai 2009, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) - suite à la LEMA (Loi sur l’eau et les milieux aquatiques) et au Grenelle de l'Environnement - a en 2009 rendu un avis sur les politiques en matière d’eau potable, estimant que le prix de l’eau, sa transparence et celle des services publics restent des problèmes d'actualité, de même que les pollutions diffuses, résidus médicamenteux, perturbateurs endocriniens, dérivés d'usages domestiques (...) jugés (...) très préoccupantes » pour la préservation de la qualité de l'eau. Le conseil insiste sur la « nécessité de généraliser la création de commissions consultatives des services publics locaux (CCSPL) dans toutes les collectivités gestionnaires de services d'eau ». Il souhaite également que « les missions de la Commission nationale du débat public (CNDP) soient élargies à la gestion des usages comme de la ressource et que le débat public soit organisé à partir de cette instance, avec le concours et l'appui de l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema) et du Comité national de l'eau. Pour obtenir une réversibilité effective des modes de gestion, le Conseil recommande que les assemblées délibérantes procèdent, au regard des indicateurs, à chaque renouvellement de mandat, à un examen des contrats de délégation de service public ou de fonctionnement des régies ». Le conseil aborde aussi l'utilisation domestique de l'eau pluviale (le conseil recommande « d'évaluer le rapport coût/efficacité du crédit d'impôt finançant les installations de récupération et de veiller à assurer la contribution des utilisateurs au financement du réseau collectif où ils rejettent l'eau après usage » mais recommande aussi la récupération et l'utilisation des eaux pluviales dans le cadre des grands projets publics). Les eaux usées devraient aussi être mieux valorisées et réutilisées là où l'eau est rare (outre-mer..), mais dans le respect de normes à affiner, et en aidant les collectivités qui en ont besoin. Il faudrait aussi favoriser « l'extension du réseau des retenues collinaires en milieu rural, à condition de les inscrire dans le cadre de véritables projets de gestion concertée des territoires ». Le Conseil soutient aussi la mise en œuvre des propositions du rapport préparatoire du second plan national santé-environnement (PNSE2) dont et de soutenir l'assainissement non-collectif (Spanc[12]) notamment en zone rurale et en outre-mer. Les SPANCs devraient être aidés aux mêmes taux que l'assainissement collectif[13].
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