| L’Escaut (Schelde, Scaldis) |
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L’Escaut à Tournai |
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Bassin de l'Escaut (France, Belgique, Pays-Bas) |
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| Caractéristiques | |
| Longueur | 355 km |
| Bassin | 21 860 km2 |
| Bassin collecteur | Escaut |
| Débit moyen | 104 m3⋅s-1 |
| Régime | Pluvial océanique |
| Cours | |
| Embouchure | Mer du Nord |
| · Altitude | 0 m |
| · Coordonnées | |
| Géographie | |
| Principaux affluents | |
| · Rive gauche | Sensée, Scarpe, Lys |
| · Rive droite | Haine, Dendre, Rupel |
| Pays traversés | |
| Principales villes | Cambrai, Valenciennes, Antoing, Tournai, Audenarde, Gand, Anvers |
L'Escaut (de Schelde en néerlandais) est un fleuve européen de 355 km de long, qui traverse 3 pays (France, Belgique et Pays-Bas) et 5 régions, avant de se jeter en mer du Nord.
C'est un fleuve lent et peu puissant sur lequel l'influence de la marée se fait sentir jusqu'à 160 km de l'embouchure. Son estuaire (Westerschelde) fait jusqu'à cinq kilomètres de largeur et les vasières qu'il a créées présentent une richesse écologique exceptionnelle, bien qu'il soit artificialisé par la poldérisation des Pays-Bas.
En France, un schéma d'aménagement et de gestion des eaux est en cours de préparation, mais des réflexions sont également menées au niveau international.
Sommaire |
Son nom apparait pour la première fois sous la forme latine Scaldis dans les Commentaires sur la Guerre des Gaules de Jules César. Il dérive d'un adjectif signifiant « peu profond » et qui a donné en bas allemand schol, en frison skol, en vieil anglais sceald et en anglais moderne shoal.
Source : L'Escaut prend sa source près de Gouy au nord de Saint-Quentin, dans l'Aisne, au pied de l'abbaye du Mont Saint-Martin (XVIIIe siècle). Elle est située à 49° 59' 12,95" Nord et 3° 15' 59,40" Est et à une altitude de 97 mètres.
Bassin versant : Il s'étend sur plus de 20 000 km2 (dont 15 328 km2 en Belgique, soit plus de 50% de la surface de ce pays).
Le cours du fleuve : De France où il est canalisé à partir de Cambrai, l'Escaut traverse la Belgique, et passe par les villes de Tournai, Audenarde, Gand et Anvers. Il entre ensuite aux Pays-Bas en passant entre les Bornes frontières 269 et 269A. Par le passé, il se séparait en deux bras, mais seule la branche occidentale rejoint encore la mer du Nord entre Breskens et Flessingue aux Pays-Bas.
Affluents : les plus importants sont la Sensée, la Haine, la Scarpe, la Lys, la Dendre et le Rupel.
Géomorphologie : Autrefois (jusqu’au XVIIIe siècle environ), le fleuve sur toute sa longueur divaguait naturellement dans le lit majeur de sa plaine alluviale (sauf aux environs d'Antoing où l'Escaut a dû percer perpendiculairement le dôme du Mélantois qui l'a contraint à un lit moins large, jusqu'à Tournai). Nombre de ses anciens méandres et bras-morts ont été comblés. Les prairies de fond de vallée ayant fortement régressé, au profit des champs, villes et zones d'activité, ses débordements sont de moins en moins tolérés.
Le fleuve se divisait autrefois pour former deux larges bras aux Pays-Bas. Aujourd'hui, seule sa branche Ouest rejoint encore la mer du Nord ; entre Breskens et Flessingue aux Pays-Bas.
Le district de l'Escaut, comme celui du Rhin et d'autres grands fleuves européens, traversant des zones industrielles et d'agriculture intensive a été et reste très pollué. Les habitats naturels s'y sont souvent fortement dégradés ou ont totalement disparu. Certains polluants d'origine industrielle ont fortement régressé, suite à la fermeture d'usines anciennes, mais les sédiments sont durablement pollués par certains de ces produits et la faune piscicole est encore parfois fortement contaminée par divers polluants[1], à des taux supérieurs aux normes[2]. Ceci favorise une baisse de l'immunité des espèces touchées et une augmentation des taux de parasitisme, par exemple chez l'anguille européenne qui a fortement régressé depuis 30 ans.
Pour répondre à la Directive cadre sur l'eau qui vise à retrouver un bon état écologique du bassin pour 2015, les habitants et autorités du bassin doivent faire face à de lourds problèmes:
Et de nouvelles formes de pollutions (catalyseurs automobiles, perturbateurs endocriniens..) sont de nouveaux défis à relever. La gestion d'une éventuelle montée des océans (Cf. nombreuses zones de polder) et des changements climatiques en sera un autre.
Les États devraient appliquer la directive-cadre sur l'eau, avec l'aide en France de l'Agence de l'Eau Artois-Picardie, dans le cadre notamment de la Trame verte et bleue de la région Nord-Pas-de-Calais. L'Escaut en tant qu'axe nord-sud pourrait potentiellement devenir un corridor biologique d'intérêt majeur dans le réseau écologique paneuropéen, voire aussi jouer un rôle de « Corridor climatique ».
La démarche « EcoPort » peut aussi contribuer à limiter les impacts négatifs des ports de l'Escaut et du bassin fluvial.
Creusée au XVIIIe siècle en amont de la source, une rigole - dite canal des Torrents - serpente dans la vallée sèche, afin de drainer les terrains agricoles, s'écoulant dans le fleuve en période très pluvieuse.
Canalisé à partir de Cambrai, où le nom change en Canal de l'Escaut. Outre Cambrai, il traverse notamment Valenciennes en France, Tournai, Audenarde, Gand et Anvers en Belgique, avant de finir sa course aux Pays-Bas.
Quelque 250 écluses et barrages ont été implantés sur son cours et celui de ses principaux affluents parmi lesquels on peut citer la Scarpe, la Lys et la Sensée.
La longueur de son cours d'eau en France est de 29,5 [3] + 68,1 [4] = 97,6 km.
Après les fameuses inondations de 1953, les Pays-Bas ont réalisé, dans le cadre du plan Delta, une série de barrages afin de protéger les polders.
L'Escaut traversant 3 pays et 7 régions, les acteurs de sa gestion sont nombreux et peinent parfois à se coordonner, alors qu'en tant qu'écosystème il ne connait pas de frontières (la directive-cadre sur l'eau donne aux États-membres jusqu'à 2015 pour rétablir le bon état écologique du fleuve et de ses affluents)
Une association de préfiguration d'un GEIE international « Escaut vivant » a été initiée en 1994 à Lille par l'eurorégion et des ONG pour encourager une gestion intégrée du fleuve à échelle du bassin versant en s'appuyant sur les principes du développement durable. Une association néerlandophone " Escaut sans frontière " a été créée en Belgique et aux Pays-Bas, plusieurs grandes associations cherchent aussi à protéger et restaurer les écosystèmes humides de l'Escaut.
Escaut vivant via sa charte, vise à encourager, sur tout le bassin versant de l'Escaut, une gestion intégrée de l'eau, la réhabilitation fonctionnelle de ses milieux naturels ; humides et associés (et en particulier les « délaissés » de l'Escaut, encore appelés bras-mort ou « coupure », tout en valorisant ses fonctions transport et de loisirs, et ceci dans la durée via l'information, la sensibilisation et une restructuration globale du bassin versant appuyée sur les principes du développement durable.
Voir Bassin versant de l'Escaut
Histoire de la source : Avant le XVIIe siècle, l’Escaut prenait sa source à Ponchaux (devenu aujourd’hui un hameau rattaché à Beaurevoir). Au début du XVIIIe siècle, des travaux d’assainissement du vallon de Beaurevoir ont été la cause d'un apport important de terre dans la zone de la source, à la suite de quoi la source de l’Escaut disparut de Ponchaux, pour réapparaître à environ 4 km de là, à son emplacement actuel de Gouy, à côté de l’abbaye du Mont-Saint-Martin.
L'Escaut qui traversait l'ancienne et vaste forêt charbonnière a été utilisé pour la navigation fluviale au moins depuis l'Antiquité romaine, et peut-être au néolithique sur des pirogues.
L'Escaut a longtemps servi de frontière naturelle entre la France et le Saint-Empire romain germanique, tout en jouant un rôle déterminant dans le développement économique et politique de la Flandre, du Brabant et du Hainaut du Haut Moyen Âge à nos jours.
Les Romains y ont circulé et une pirogue gallo-romaine, monoxyle de chêne (5 m x 0,4 m x 0,27 m) a été trouvée en 1986 près de ses rives. Les Vikings ont également évolué. Du haut Moyen Âge, il ne reste que peu de traces de navigation, hormis quelques textes et témoignages archéologiques[5],[6].
Le cours aval de l'Escaut a probablement été bouleversé par les transgressions marines dite « transgression maritime Dunkerke I et II, pour la période gallo-romaine et carolingienne » (maximum vers 800, à l'époque de Charlemagne), qui a noyé une partie des Flandres et une grande partie des actuels Pays-Bas.
De plus, au fur et à mesure que le temps passait, à cause des défrichements, du labour des terres et des rejets urbains, il n'a cessé de s'envaser avec des sédiments qui ont gagné jusqu'à 3 mètres d'épaisseur.
Au XIIIe siècle, on fabriquait à Douai des escarpoises capables d'affronter la mer et les tarifs de Tonlieux citent sur la Scarpe des nefs de 10 m de long pour 2 de large (de 14 à 15 tonneaux), alors qu'à Valenciennes ils citent des navires plus importants (jusqu'à 48 tonneaux)[7]Sivéry 1980, pages 829 à 831.
Vauban l'utilisa pour défendre les places fortes de Valenciennes, Bouchain, Condé-sur-l'Escaut et Cambrai; en 1870 il servit à arrêter les Prussiens.
En 1780, après de longs travaux de canalisation, il a été classé navigable à partir de Cambrai jusqu'à la mer.
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