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| Espagnol ou castillan Español ou castellano |
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|---|---|
| Parlée en | |
| Nombre de locuteurs | 400 millions[1] (450[2],[3] - 500[4],[5],[6],[7],[8] millions si l'on compte les pratiquants secondaires) |
| Typologie | SVO + VSO syllabique |
| Classification par famille | |
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| Statut officiel | |
| Langue officielle de | Amérique hispanique, Espagne, Guinée équatoriale. |
| Régi par | Association des académies de la langue espagnole (Académie royale espagnole plus 21 autres académies de la langue espagnole existant dans le monde) |
| Codes de langue | |
| ISO 639-1 | es |
| ISO 639-2 | spa |
| ISO 639-3 | spa |
| Linguasphere | 51-AAA-b |
| IETF | es |
| Échantillon | |
| début du Don Quichotte de Miguel de Cervantes : Capítulo I En un lugar de la Mancha, de cuyo nombre no quiero acordarme, no ha mucho tiempo que vivía un hidalgo de los de lanza en astillero, adarga antigua, rocín flaco y galgo corredor. |
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L’espagnol, ou castillan, est une langue romane, parlée en Espagne et dans de nombreuses nations d'Amérique, ainsi que d'autres territoires dans le monde associés à un moment de leur histoire à l'ancienne métropole.
La langue espagnole, issue du latin vulgaire parlé autour de la région cantabrique, au nord de la péninsule Ibérique, s'est diffusée en suivant l’extension du Royaume de Castille puis fut menée en Afrique, en Amérique et en Asie Pacifique avec l'expansion de l'empire espagnol entre le XVe et le XIXe siècle, circonstances historiques qui en font la langue romane la plus parlée dans le monde actuellement.
Aujourd'hui, environ 400 millions de personnes ont l'espagnol comme langue maternelle[9],[10],[1], ce qui la hisse au deuxième rang mondial en nombre de locuteurs natifs[11],[12],[13],[14].
Sommaire |
L’espagnol est morphologiquement proche du français, du fait de leur origine latine commune, mais l'intercompréhension reste toutefois très limitée, bien que facilitée à l'écrit par le caractère archaïsant de l'orthographe française. L'espagnol est de façon générale resté nettement plus archaïsant et demeure ainsi relativement proche du latin classique et de l'italien moderne, avec lequel il maintient un certain degré d'intercompréhension. Appartenant à la sous-branche ibéro-romane comme le portugais, l’espagnol permet également une certaine intercompréhension écrite, et dans une moindre mesure orale, avec celui-ci[15].
D'autre part, l'espagnol étant originaire de la région du Cantabrique, dans le nord de l'Espagne, il a reçu une forte influence du substrat formé par l'ancêtre du basque, en particulier au niveau morphologique, ainsi que, dans une moindre mesure, lexical.
L'espagnol partage avec les autres langues romanes la plupart des évolution phonologiques et grammaticales caractéristiques du latin vulgaire, telles que l'abandon de la quantité vocalique, la perte des déclinaisons et la disparition des verbes déponents.
Les principales évolutions qui caractérisent l’espagnol sont :
En comparaison aux autres langues romanes, l'espagnol possède une typologie syntaxique particulièrement libre et avec des restrictions bien moindres concernant l'ordre des mots dans les phrases (typiquement : sujet-verbe-complément).
Un des traits syntaxiques caractéristiques de l'espagnol est l'ajout d'une préposition « a » devant les compléments d'objet renvoyant à une personne ou un être animé. Il peut être considéré comme une conséquence de la liberté syntaxique précédemment évoquée, le fait de pouvoir intervertir facilement les groupes syntaxiques dans une phrase entraînant possiblement une confusion entre sujet et objet, évitée grâce à l’emploi de la préposition[17]. Ce trait concourt à une confusion que l'on rencontre dans l'usage des pronoms compléments directs et indirects (phénomènes qualifiés de léisme, laïsme et loïsme, le premier étant considéré comme correct dans certains cas d'un point de vue académique).
L'espagnol fait fréquemment usage d'un pronom complément indirect redondant en cas de présence du groupe nominal référent : le digo a Carmen : « je dis à Carmen » (littéralement : « je lui dis à Carmen »).
Comme en latin et dans la plupart des autres langues romanes, et à la différence du français[18], l'usage des pronoms sujets est facultatif. Il n'est utilisé que pour lever une confusion dans certains cas de conjugaisons[19] ou pour insister sur le sujet[20].
De façon générale, le système de conjugaison de l'espagnol est resté morphologiquement très proche du latin.
Les quatre conjugaisons latines sont réduites à trois en espagnol. Les infinitifs latins en -ĀRE, -ĒRE et -ĪRE deviennent respectivement en espagnol -ar, -er et -ir ; la troisième conjugaison latine, en -ĔRE, est redistribuée entre les deuxième et troisième conjugaisons de l'espagnol, -er et -ir (ex. : FACĔRE>hacer, DICĔRE>decir).
L'espagnol conserve certaines formes synthétiques issues du latin, qui tendent à être remplacées par des formes analytiques dans d'autres langues romanes[21].
En raison de contacts prolongé avec d'autres langue, le lexique de l'espagnol contient un grand nombre de mots issus d'emprunts, notamment au basque, à l'arabe et à différentes langues amérindiennes.
Par exemple, izquierda (gauche) vient du mot basque ezkerra.
Héritage de l'époque musulmane, l'arabe apporta un grand nombre de mots à l’espagnol (plus de 4 000[22]).
Noms communs d'origine arabe
| Mot espagnol | Traduction | Mot arabe d'origine |
|---|---|---|
| aceite | huile | āz-zeit (أَلْزيت) (idem) |
| aceituna | olive | āz-zeitwn (الزيتون) (idem) |
| albaricoque | abricot | āl-barqwq (الْبَرْقُوق) (la prune) |
| alcachofa | artichaut | āl-ḫaršwf (الخرشوف) (l’épine de la terre) |
| alcalde | maire d’un village ou d’une ville | āl-qāḍy (القاضي) (le juge) |
| aldea | village | ād-ḍay’ah (الضيعة) (le village) |
| alguacil | employé municipal | āl-ḡazil (الغزل) (l’archer) |
| almohada | oreiller | āl-muḫaḍa (المخدة) (idem) |
| alquiler | loyer | āl-kirā (الكراء) (idem) |
| alubia | haricot | āl-lwbiya (اللوبيا) (idem) |
| el | le/l' | āl (ال) (idem) |
| fulano | type/mec | fwlān (فلان) (idem) |
| hasta | jusque | hatta (حتى) (idem) |
| he | voici | hā (ها) (idem) |
| majara | fou | maǧnwn (مجنون) (idem) |
| marfil | ivoire | ‘aẓam āl-fyl (عظم الفيل) (os d’éléphant) |
| marrano | cochon (adjectif) | mohharram (محرم) (interdit) |
| ojalá | pourvu que (litt. Dieu veuille que) | inch’Allah (ان شاء الله) (Si Dieu le veut) |
| olé | olé | wallah (par Allāh), (والله) (interjection admirative) |
| rehén | otage | rahan (رهن) (idem) |
| zanahoria | carotte | safunnāryah (سفنارية) (idem) |
Noms propres d'origine arabe[23]
Nom propre d'origine européenne et arabisé
Le caló (dialecte espagnol du romaní, langue des Roms) a également notablement enrichi le vocabulaire espagnol, surtout au niveau de l’argot.
| Mot espagnol | Traduction |
|---|---|
| canguelo | peur |
| mangar | voler |
| menda | personne/type |
| gilipollas | con/idiot |
| chalar | séduire |
| chaval/a | garçon/fille |
| cate/catear | un coup/rater un examen |
| chungo | difficile/malade/moche/pourri |
Comme les autres langues romanes, l'espagnol a adopté l'alphabet latin et recourt à des diacritiques et des digrammes pour le compléter. Le tilde Les accents écrits, utilisés en espagnol moderne pour marquer la voyelle tonique dans certains cas, ou pour distinguer certains homonymes, ont été utilisés de façon spontannée jusqu'à la standardisation de leur usage à la création de l'Académie royale espagnole aux XVIIIe siècle. De plus, le u porte un tréma dans de rares occasions, à savoir dans les suites güe et güi pour indiquer que le u se prononce (par exemple : bilingüe, « bilingue »).
Le N tildé est peut-être le plus célèbre des diacritiques espagnols ; il donne naissance à un caractère considéré comme une lettre à part entière, ñ. Il s'agit à l'origine d'un digramme NN, le second N ayant été abrégé par suspension au moyen d'un trait devenu ondulé, ~.
Ce sont les scribes espagnols qui ont inventé la cédille (zedilla, « petit z »), celle-ci n'est cependant plus utilisée depuis le XVIIIe siècle (le ç qui notait [ts] étant devenu un [θ] interdental noté z : lança est devenu lanza, « lance », ou c devant e et i : ciego, « aveugle »).
Les points d'exclamation et d'interrogation sont accompagnés par des signes du même type inversés, ¡ et ¿, placés au début de la proposition concernée (et non au début de la phrase) : ¿Qué tal estás? (« Comment vas-tu ? »), ¡Qué raro! (« Comme c'est étrange ! ») mais Si te vas a Sevilla, ¿me comprarás un abanico? (« Si tu vas à Séville, tu m'achèteras un éventail ? »).
De façon générale, l'espagnol, à l'écrit, est une transcription proche de l'oral ; toutes les lettres doivent être prononcées. L'apprentissage de la langue s'en trouve ainsi dans une certaine mesure facilité, pour les hispanophones natifs comme pour les non-natifs désireux d'apprendre la langue. Les combinaisons de lettres ph rh et th ainsi que ch provenant du kh grec ne sont pas utilisées, et seules les consonnes c, r, l et n peuvent être doublées. Le rr, comme r en début de mot, traduit une consonne roulée alvéolaire voisée tandis que ll traduit une consonne centrale liquide. La combinaison qu rend le son k devant e, et i (comme en français).
Traditionnellement, ch et ll ont été considérées comme lettres à part entière et, pour cette raison, dans le dictionnaire, se trouvaient classés en conséquence (par exemples : camisa, claro, charla, ou liar, luna, llama). Les dictionnaires ont cependant peu à peu abandonné cette pratique et recourent à un classement alphabétique classique (comme en français). Cette situation a été régularisée par l'Académie royale espagnole dans une réforme orthographique publiée en 2010 stipulant que ch et ll ne doivent plus être considérées comme des graphèmes indépendants, mais seulement comme une combinaison de deux graphèmes[24].
Parmi les modalités les plus remarquables du castillan parlé en Espagne, on peut citer l'andalou (notamment caractérisé par la présence de seseo ou de ceceo selon les zones), le murcien, le castúo et le canarien.
Parmi les plus remarquables, on peut citer l'utilisation d'un autre système de pronoms personnels. Le pronom de la troisième personne du pluriel ustedes (qui sert en Espagne uniquement à s'adresser à un ensemble de personnes que l'on vouvoie) remplace en Amérique hispanique le vosotros.vosotros (2e personne du pluriel, équivalent en Espagne au « vous » français lorsque l'on s'adresse à un ensemble de personnes que l'on tutoie).
La prononciation ibérique de la consonne c (devant les lettres e et i) ou z (devant a, o et u), est une spirante interdentale (proche du th anglais). En Amérique latine le phonème se prononce toujours /s/ (phonétiquement proche du s français, le s péninsulaire étant plus palatal), un important trait commun avec le canarien et une grande partie de l'andalou. Cette prononciation, appelée en espagnol « seseo », est généralisée en Amérique hispanique.
Les traits communs avec le dialectes andalou et canarien s'expliquent par le fait que la colonisation de l'Amérique hispanique et tous les échanges commerciaux avec celle-ci ont pendant longtemps été centralisés à Séville (les îles Canaries servant alors d'intermédiaire avec la Péninsule Ibérique), ce qui permettait un meilleur contrôle des flux par la Monarchie. C'est ainsi le dialecte andalou qui a été dominant chez les migrants, qui y passaient souvent de longs mois avant de pouvoir embarquer pour le Nouveau Monde.
Les nombreux esclaves africains déportés dans l'empire espagnol ont également influencé certaines différenciations des parlers d'Amérique et développé une forme d'espagnol particulière au contact des colons, tout en apportant leur accent africain.
De grandes disparités peuvent exister au niveau du lexique. Par exemple certains mots courant dans l'espagnol péninsulaire sont obscènes en Argentine, en Colombie ou au Mexique.
La prononciation de l'heure peut différer en Espagne et en Amérique. Pour ce qui est de la première moitié du cadran (12 à 6) l'usage est le même. Pour la deuxième moitié (6 à 12), il y a des variations. Par exemple, en Espagne, « Il est 9 h 40 » se dira « Son las diez menos veinte » tandis qu'en Amérique latine on préfèrera généralement « Faltan veinte (minutos) para las diez », bien que le paradigme péninsulaire existe et soit quelquefois employé. « Il est 1 h » et « Il est 13 h » se disent de la même façon : « Es la una (de la tarde) ».
Une conséquence du contact de la langue espagnole avec l'anglais, est l'apparition d'un parler appelé « spanglish », qui est employé notamment par des locuteurs aux États-Unis. Cette variante de l'espagnol est étudiée dans certaines universités comme l'Université Amherst du Massachusetts.
| Mot espagnol | Mot anglais | Spanglish |
|---|---|---|
| Banda | Gang | Ganga |
| Camioneta | Truck | Troca |
| Disfrutar | To enjoy | Enjoyar |
| Reloj | Watch | Wacho |
| Creer | To believe | Bilivar |
L'espagnol est langue officielle de l'Espagne (co-officielle suivant les régions autonomes) en Europe (45 millions). En Amérique, les pays aux plus grandes populations hispanophones sont le Mexique (107 millions), la Colombie (45 millions), l'Argentine (40 millions), le Pérou (28 millions) et le Venezuela (26 millions). Elle est aussi la langue nationale de la Bolivie, du Chili, du Costa Rica, de Cuba, de la République dominicaine, de l'Équateur, du Guatemala, du Honduras, du Nicaragua, du Panama, du Paraguay, de Porto Rico, du Salvador et de l'Uruguay. L'espagnol est encore parlé par les communautés hispanophones des États-Unis (42,69 millions[26]), notamment dans les États du sud-ouest (Nouveau-Mexique, Californie, Texas, Arizona, Nevada, Colorado, Floride avec en tout plus de 18 % d'hispanophones). Il y a également quelques locuteurs au Brésil (langue obligatoire à l'école primaire depuis 2005). En Afrique, l'espagnol est parlé en Guinée équatoriale, et dans des parties du nord et du sud du Maroc. En Asie, plus de 3 millions de locuteurs existaient aux Philippines, mais aujourd'hui il y en a moins de 100 000. Enfin, une variété du castillan appelée selon les auteurs ladino, judesmo, ispanyol ou judéo-espagnol est parlée par la communauté juive séfarade originaire de la Péninsule ibérique en Israël, Turquie, Maroc ou encore Gibraltar.
| par ordre alphabétique | par nombre |
|---|---|
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Les prix Nobel de littérature en langue espagnole :
Le terme « espagnol » est recommandé par l'Académie royale espagnole (Real Academia Española, RAE), et l'Association des académies de la langue espagnole en tant que dénomination internationale de la langue[27]. Toutefois, cette appellation est peu employée voire rejetée dans de nombreux pays où l'espagnol est langue officielle, et où le terme de castillan est préféré :
Par ailleurs, la dénomination castillan peut désigner plus précisément :
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