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Le terme « extrême droite » est employé pour désigner les mouvements politiques les plus à droite. Le terme « extrême », quoique historique et descriptif, porte une connotation d'excès qui fait varier le contenu selon le descripteur, l'époque et le lieu, et fait éventuellement préférer aux partis ainsi désignés une autre appellation[1],[2]. La science politique anglo-saxonne parle plus volontiers de « droite radicale » signifiant par là que les mouvements politiques qui s'y rattachent se situent hors du cadre formé à droite par les partis libéraux ou conservateurs.
Les partis politiques qualifiés d'extrême-droite ne se définissent pas eux-mêmes par ce biais, rendant ainsi difficile une véritable catégorisation politique. Leur nationalisme affirmé est alors la principale raison de les classer à droite de la droite. Néanmoins, ces partis s'adressent d'abord à un électorat populaire, suivant une ligne anti-élite, et proposant souvent des mesures sociales ne correspondant pas avec les partis traditionnellement à droite. Ils peuvent également concentrer certains thèmes, parfois un traditionalisme religieux poussé, parfois au contraire un néo-paganisme, voire éventuellement des idéologies fascistes, etc. Xénophobie, bellicisme, racisme ou nostalgie peuvent également être présents.
Pour défendre ces valeurs, ils peuvent éventuellement justifier des moyens extrêmes ou révolutionnaires, avec changement de régime politique, notamment contre le parlementarisme.
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À partir du cas de la France, Michel Winock (2004) donne les neuf caractéristiques suivantes aux mouvements d’extrême droite qui découlent du discours de la décadence, « vieille chanson que les Français entendent depuis la Révolution » :
Les interprétations qu’il en donne sont de quatre ordres :
Pour Jean-Yves Camus (2003), dans un contexte de mondialisation et de montée des inégalités, l'extrême droite « s'impose plus que jamais comme principale force de contestation du consensus idéologique imposé par le modèle social ultralibéral[3] ».
Le terme « extrême droite » est, de fait, utilisé pour trois types de visions ou de mouvances :
L'extrême droite est composée de divers courants, parfois mêlés, parmi lesquels on cite usuellement :
En outre, la religion est un thème de clivage au sein de l'extrême droite. Il convient notamment de distinguer les courants chrétiens, des athées et des néopaïens[réf. nécessaire].
D'autres formations sont selon certains observateurs considérées comme d'extrême droite, mais cette classification peut être davantage controversée par ceux qui estiment que les mêmes positions politiques n'auraient pas nécessairement de connotation extrémiste, en d'autres temps ou d'autres lieux. Parmi ces dernières formations, on peut citer :
En Afrique du Sud, le nationalisme afrikaner a été représenté pendant près de 80 ans par le Parti national qui, en 1948, instaura le système d'apartheid. L'extrême droite s'est parfois exprimée au sein du Parti National mais le plus souvent par le biais de dissidences fondamentalistes (« Nouvel Ordre » avec Oswald Pirow, la « Sentinelle des chars à bœuf » (Ossewa Brandwag) dans les années 1940, le HNP à partir de 1969) ou conservatrices (Parti conservateur d'Afrique du Sud).
À partir des années 1970, des groupes paramilitaires d'inspirations néo-nazis se formèrent. Le plus symbolique et représentatif d'entre eux fut le Mouvement de résistance afrikaner (AWB) d'Eugène Terreblanche.
En 1994, le Front de la liberté est un nouveau parti issu de la droite et de l'extrême droite sud-africaine qui refuse le recours à la violence et participe aux premières élections multiraciales du pays. Avec encore 4 députés en 2005, il a vampirisé son espace politique et est devenu un parti respectable et respecté alors que l'ancien Parti national finit sa carrière en fusionnant avec l'ANC en 2004.
L'Autriche est le pays européen au sein duquel l'extrême-droite obtient l'audience la plus importante. Le Parti autrichien de la liberté (FPÖ) y est représenté au Parlement depuis 1956. Le FPÖ doit se contenter de scores avoisinant les 5 % jusqu'en 1986, date à laquelle il effectue une percée avec 9,7 % des voix, avant de battre un nouveau record, quatre ans plus tard, avec 16,6 % aux élections législatives de 1990. Les scores du parti ne cessent d'augmenter lors des scrutins législatifs suivants jusqu'à atteindre 27 % des suffrages exprimés en 1999. Le FPÖ était alors la deuxième force politique d'Autriche. Il s'effondre ensuite lors des deux législatives suivantes avec un score de 10 %. Les législatives de 2008 ont cependant vu un retour en force de l'extrême-droite autrichienne, avec un score de 18 % pour le FPÖ et de 11 % pour sa scission de l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) pour un total cumulé record de 29 % des suffrages exprimés.
L’extrême droite a été au pouvoir en Allemagne de 1933 à 1945, représentée par le Parti national-socialiste des travailleurs allemands : ce fut le Troisième Reich, le règne du nazisme qui s’est traduit par des crimes contre l’humanité (shoah, camps d'extermination).
En 2008 en Allemagne, il existe au moins trois partis d'extrême droite :
Partis se situant en dessous des 0,1 % aux élections de 2007 :
Quelques petits partis classés à l'extrême droite existent aux États-Unis mais n'ont qu'une influence très limitée. Le plus important, le Constitution Party (Parti constitutionnaliste), nationaliste et populiste, s'oppose fondamentalement à la politique étrangère menée par la Maison Blanche ces dernières années et accorde une très grande importance à la défense de l'identité nationale et à la lutte contre l'immigration. D'autres formations de moindre envergure viennent concurrencer le Constitution Party : le chrétien et ultra-conservateur American Heritage Party (Parti de l'Héritage américain) ainsi que le très nationaliste American Patriot Party.
De nombreux groupes racistes et néofascistes existent également, la Constitution leur garantissant une liberté d'expression très large. C'est bien évidemment le cas du célèbre Ku Klux Klan, du Parti nazi américain, du National Socialist Movement (Mouvement national-socialiste) ainsi que de l'Alliance nationale, mais aussi de toute une série de groupuscules dont l'influence n'est souvent que locale.
Lors de l'élection présidentielle de 2008, le National Socialist Movement présenta un candidat, John Taylor Bowles[5], lequel se réclame du White Power.
En France, l'apparition de l'idée d'une extrême droite remonte à la deuxième moitié du XIXe siècle et coïncide avec la fin de la monarchie. Parmi les idées des mouvements classés à l'extrême droite, ont figuré à titres divers notamment l'antiparlementarisme, l'antisémitisme ou le nationalisme.
La première apogée de l'extrême droite intervient pendant les années 1930 et au début des années 1940, au travers du succès des différentes ligues, puis avec le régime de Vichy.
L'extrême-droite française restera longtemps marginale après la guerre jusqu'à l'irruption sur le spectre politique du Front national (FN) en 1984 : après une première percée de 11 % aux élections européennes, le mouvement de Jean-Marie Le Pen s'ancrera durablement dans le débat politique français, connaissant des succès croissants. Cette montée en puissance atteindra son paroxysme en 2002 lorsqu'avec 17 % des suffrages Le Pen accède au second tour de l'élection présidentielle. Ce succès sera régulièrement confirmé lors des scrutins suivant jusqu'à l'élection présidentielle de 2007 au cours de laquelle Le Pen s'effondre à près de 10,5 % des voix. Le FN subit ensuite une déroute aux élections législatives organisées un mois plus tard avec 4,3 %, un score trop faible pour lui permettre de continuer à peser de manière significative sur la vie politique nationale. Le parti frontiste se maintient depuis à un étiage un peu supérieur, avec notamment un score de 6,3 % aux élections européennes de 2009 qui l'ont tout de même vu perdre quatre de ses sept eurodéputés. Lors des élections régionales de 2010, ce parti a effectué une certaine remontée obtenant lors du premier tour plus de 11,42 %, et une moyenne de plus de 17 % au deuxième tour dans les régions où il était présent.
Longtemps absente du paysage politique national, l'extrême droite finlandaise connaît depuis peu un succès limité avec l'entrée au Parlement du parti des « Vrais finnois », qui a obtenu un score de plus de 4 % des suffrages exprimés aux élections législatives de 2007. Ce parti est en outre devenu la cinquième force politique du pays en frôlant les 10 % aux élections européennes de 2009.
Lors des élections européennes de 2009, les « Vrais Finlandais » remportent 9,8 % (+ 9,3), soit 162 930 voix (+ 154 030) et un siège de député européen à Timo Soini. Aux élections législatives finlandaises de 2011, s'opposant au plan d'aide au Portugal, ils réalisent 19,1 % des suffrages, quadruplant ainsi leur score par rapport aux dernières élections de 2007, et obtiennent 39 députés. Actuellement, ce parti devient la troisième force politique du pays.
Le Parti de la justice et de la vie hongroise (MIEP) a été créé en 1993 par des dissidents du principal parti de droite, le Forum démocratique hongrois (MDF). Un de ses dirigeants a déjà été condamné en 2002 pour propos antisémites.
Il fait alliance avec la droite hongroise de Viktor Orban, le Jobbik, sur les « problèmes » des minorités juives et tziganes et demande que la nationalité hongroise soit accordée immédiatement à toutes les ethnies hongroises de l'étranger, en premier lieu aux Magyars de Slovaquie, Roumanie, Serbie et Ukraine. L'initiative a été rejetée par référendum en 2004.
Le Jobbik est un parti d'extrême droite qui dispose d'un mouvement milicien et paramilitaire, la Garde hongroise.
La Ligue du Nord a longtemps demandé la scission de la Padanie (régions riches du nord de l'Italie) avec l'Italie du Sud (« pour que les italiens du Nord arrêtent de payer pour ceux du Sud ») et s'est ensuite reconvertie en un parti national faisant notamment parti de la coalition de Silvio Berlusconi. Une de ses campagnes les plus médiatisés a consisté à distribuer du savon en recommandant de l'utiliser après avoir touché un immigré.
La mouvance d'extrême droite nippone est essentiellement liée au militarisme et aux nostalgiques de l'expansionnisme shôwa.
Ces nostalgiques, représentés notamment par les Uyoku Dantai, contestent la validité des tribunaux de guerre internationaux comme le Tribunal de Tokyo et constituent la partie visible des nombreux groupes orientant l'idéologie de certains courant de la principale organisation de droite du pays, le Parti libéral démocrate (PLD), notamment quant au révisionnisme des manuels scolaires. La lutte antisyndicale de ces organisations est aussi parfois liée à la branche la plus conservatrice du patronat nippon.
Désireux de ne pas s'aliéner une bonne part de leur base, les politiciens de ce parti émettent fréquemment des déclarations à teneur négationniste sur les crimes de guerre japonais; les déclarations de l'ancien premier ministre PLD Shinzō Abe réfutant l'implication de l'armée impériale japonaise et de la marine impériale japonaise dans le dossier des femmes de réconfort en constituant l'exemple le plus probant.
Le sanctuaire de Yasukuni où sont honorés des criminels de guerre du régime shôwa constitue l'un des principaux points de ralliement des extrémistes. L'ex premier ministre (PLD) Koizumi a soulevé l'ire de ses voisins asiatiques par ses nombreux pèlerinages à cet endroit.
Plusieurs politiciens nippons impliqués au sein de la dictature shôwa, suspectés de crimes de guerre et emprisonnés par les forces d'occupation ont par la suite occupé des fonctions politiques importantes, le plus célèbre étant Nobusuke Kishi, premier ministre en 1957. Pour l'historien John Dower, « Même les pacifistes japonais qui ont endossé les idéaux de Nuremberg et de Tokyo, et qui ont travaillé à documenter et à publiciser les atrocités du régime shôwa, ne peuvent justifier la décision américaine d'exonérer l'empereur (Hirohito) de sa responsabilité pour la guerre et ensuite, au sommet de la guerre froide, de libérer et peu après de se lier à des criminels de guerre d'extrême droite accusés comme le futur premier ministre Nobusuke Kishi[6]. »
Représenté au Parlement depuis les élections législatives de 1973, le Parti du progrès (FrP) est devenu avec le scrutin de 2005 le deuxième parti du pays. Le FrP a la particularité de se classer à l'extrême-droite de l'échiquier politique aussi bien sur les thèmes traditionnellement abordés par l'extrême-droite (nationalisme, patriotisme, conservatisme social, politiques anti-immigration) qu'au niveau des politiques économiques. A la fois ultraconservateur et ultralibéral, le FrP se distingue ainsi des autres partis nationalistes européens, beaucoup plus modérés en matière économique. Avec un score de près de 23 % des suffrages exprimés aux élections législatives de 2009, le FrP s'est imposé comme le parti européen d'extrême-droite le mieux représenté dans son pays.
Ce parti n'a jamais dépassé les 1 % de votes.
L'extrême-droite suédoise n'a jamais connu autre chose que la marginalité de toute l'histoire du royaume depuis l'instauration du suffrage universel à une exception près. En effet en 1991 la Nouvelle démocratie, mouvement nationaliste, conservateur et populiste fait son entrée au Parlement avec un score de 6,7 % des voix. Cette percée restera un épiphénomène, la Nouvelle démocratie perdant tous ses mandats de députés lors des élections générales suivantes. Le parti sera dissout quelques années plus tard après une érosion constante.
Un parti plus radical, les Démocrates suédois, a depuis pris le relai. En progression constante, les DS ont déjà fait leur entrée dans plusieurs conseils municipaux du sud du pays, où leurs électeurs sont les plus nombreux. Avec 2,9 % aux élections générales de 2006 les Démocrates suédois ont échoué de peu à obtenir une représentation parlementaire.
La progression de l'extrême droite suédoise s'est concrétisée en septembre 2010 lors des élections générales, le parti des Démocrates suédois a obtenu le score de 5,70 % des votes exprimés ce qui lui permet d'investir 20 sièges au Riksdag.
En Suisse, l'extrême droite politique est actuellement composée principalement de deux formations[9] :
Le parti de l'action nationaliste (MHP) et sa milice privée, les « Loups gris » sont les principales organisations extrémistes turques depuis 1969. Une idéologie national-islamiste est à la base de leurs actions violentes (les « Loups gris » sont considérés comme responsables de l'assassinat de quelque 700 personnes, durant les « Années de plomb » 1974-1980). Ils s'opposent à toute concession sur les droits des Kurdes ainsi qu'à l'entrée de la Turquie en Europe. Ils entretiennent aussi des liens étroits avec des cercles politiques et militaires turcs (un des chefs « clandestins » de la milice a été tué dans un accident de voiture en compagnie d'un ministre de l'État).
Le parti social-national (SNPU) et le parti républicain conservateur peuvent être assimilés à des partis extrémistes, mais l'organisation principale est l'Autodéfense nationale ukrainienne (UNA-UNSO), parti qui soutient ouvertement Ioulia Tymochenko et qui s'est fait remarquer par l'expulsion des prêtres russes d'églises orthodoxes, l'intimidation des minorités hongroises, polonaises et roumaines de l'ouest de l'Ukraine aux élections de 2004 et la demande de réhabilitation des combattants anticommunistes qui ont participé à côté des SS à l'invasion de la Russie. Le parti national-travailliste ukrainien (UNTP) milite lui aussi pour entre autres, la réhabilitation des membres de la division SS Galicie[réf. nécessaire].
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