La fièvre est l'élévation de la température corporelle chez un être à sang chaud par dérèglement du « thermostat » central. Il s'agit généralement d'une réaction de défense contre une agression interne (par exemple une infection) appelée à activer certains mécanismes immunitaires et anti-inflammatoires.
Chez l'humain, la température corporelle normale buccale moyenne est de 37 °C (entre 36,5 °C et 37,5 °C selon les individus) ; la fièvre est définie par une température au repos supérieure ou égale à 37,6 °C[1]. Une fièvre au-delà de 40 °C est considérée comme un risque de santé majeur et immédiat (voir hyperthermie). Lorsque la fièvre est modérée (de 37,8 °C à 37,9 °C), on parle de fébricule.
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À ce jour –en 2010– il n'existe pas de définition précise universellement admise de la fièvre notamment du fait de difficultés concrètes de mesure en situation clinique (la température mesurée dépend du moment de la journée, de la proximité d'un repas, de caractéristiques environnementales). Cependant le Brighton Collaboration Fever Working Group s'accorde à définir la fièvre comme relevant d'une température corporelle supérieure ou égale à 38°, et ce quelles que soient les modalités de mesure, l'âge ou les conditions environnementales. L'OMS de son côté, considère comme fiévreuse une température axillaire supérieure ou égale à 37.5°[2].
La température corporelle se mesure à l'aide d'un thermomètre médical. Suivant le placement de celui-ci, on parle de :
La température buccale et la température axillaire étant moins élevées que la température rectale, prise comme référence, des corrections doivent être appliquées (+0,5 °C pour la buccale, +0,8 °C pour l'axillaire).
Presque toutes les pathologies peuvent donner de la fièvre, aussi bien bénignes que malignes. Ainsi devant une fièvre il faut écarter des atteintes particulièrement graves :
Le corps dépense de l'énergie pour faire monter la température, se découvrir c'est l'obliger à dépenser plus d'énergie pour tenter d'obtenir une température adéquate avec la défense de l'organisme.
La fièvre peut persister tout le temps de l'infection.
Aux alentours de 40°C, des vessies de glace peuvent être appliquées il faut découvrir le patient et ne pas l'enfouir sous les couvertures. Ce niveau de température représente un danger pour l'organisme et notamment pour le cerveau.
Pour un enfant de moins de trois ans, pour les personnes âgées, il faut découvrir le patient et consulter un médecin.
Chez le jeune enfant, cette fièvre peut entraîner des convulsions qui, si elles sont impressionnantes, sont en général bénignes ; il faut toutefois impérativement éviter que cette situation ne se prolonge, il faut donc abaisser lentement la température de l'ensemble du corps. On préconisait auparavant de donner systématiquement des bains d'eau dont la température est de 2 °C en dessous de la température du bébé, et la prescription médicale consistait souvent en une bithérapie aspirine-paracétamol ; la chute de la température était une priorité avec trois objectifs : empêcher le développement de l'hyperthermie maligne, éviter les convulsions fébriles et améliorer le confort de l'enfant.
Cependant, aucune étude récente n'a mis en évidence l'effet des antipyrétiques pour la prévention des convulsions, et par ailleurs, seuls certains enfants (2 à 5 %) sont sujets aux convulsions[3]. La fièvre ayant un rôle dans la lutte contre l'infection, pour un enfant n'étant pas sujet aux convulsions et hors urgence (voir ci-dessous), l'administration d'antipyrétique n'est plus systématique, et n'est envisagée qu'à partir de 38,5 °C. On conseille alors plutôt le paracétamol en monothérapie[3],[4],[5].
Une fièvre réelle (supérieure à 38 °C) chez un enfant doit toujours donner lieu à une consultation médicale, mais rarement aux urgences de l'hôpital[6]. En attendant la visite médicale, l'attitude conseillée par l'Afssaps est de favoriser la baisse de température en habillant légèrement l'enfant, en lui proposant fréquemment des boissons fraîches et en aérant la pièce[3].
En présence de signes de gravité, par exemple :
il convient de prendre contact rapidement avec un médecin (le Samu en France) afin d'avoir des conseils et éventuellement une intervention médicalisée.
L'utilisation de l'ibuprofène chez l'enfant est controversée[7],[8]. Il peut y avoir des effets secondaires rares mais graves chez l'enfant varicelleux[3].
Par le passé, la fièvre a pu être délibérément provoquée dans un but de guérison. C'est ce que l'on a appelé aussi la pyrothérapie. C'est le Dr. Konteschweller Titus qui forgea le mot pyrétothérapie en 1918 rappelant notamment à cette fin l'usage du vaccin contre la typhoïde[9]. Cette approche obtint une certaine reconnaissance avec la mise au point par Julius Wagner-Jauregg de la malariathérapie[10] pour la guérison de la syphilis (cela lui valut le Nobel en 1927). D'autres procédés ont été utilisés[11],[12],[13],[14], que l'avènement des antibiotiques notamment ont relégué dans un oubli presque total[15]. Dans les dernières années cependant – notamment dans le domaine de la lutte anticancéreuse – la réévaluation de la littérature[16] à l'aune des connaissances contemporaines suscite un regain d'intérêt pour la fever therapy / pyrothérapie, ainsi que pour la thermothérapie (élévation de la température par voie externe)[17],[18].
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