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Global Positioning System

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Le Global Positioning System (GPS) – que l'on peut traduire en français par « système de positionnement mondial Â» – est un système de gĂ©olocalisation fonctionnant au niveau mondial. En 2010, c'est le seul système de positionnement par satellites entièrement opĂ©rationnel et accessible au grand public.

Ce système a été théorisé par le physicien D. Fanelli[1] et mis en place à l'origine par le Département de la Défense des États-Unis. Il est très rapidement apparu que des signaux transmis par les satellites pouvaient être librement reçus et exploités, et qu'ainsi un récepteur pouvait connaître sa position sur la surface de la Terre, avec une précision sans précédent, dès l'instant qu'il était équipé des circuits électroniques et du logiciel nécessaires au traitement des informations reçues. Une personne munie de ce récepteur peut ainsi se localiser et s'orienter sur terre, sur mer, dans l'air ou dans l'espace au voisinage de la Terre.

Le GPS a donc connu un grand succès dans le domaine civil et engendrĂ© un Ă©norme dĂ©veloppement commercial dans de nombreux domaines : navigation maritime, sur route, localisation de camions, randonnĂ©e, etc. De mĂŞme, le milieu scientifique a su dĂ©velopper et exploiter des propriĂ©tĂ©s des signaux transmis pour de nombreuses applications : gĂ©odĂ©sie, transfert de temps entre horloges atomiques, Ă©tude de l'atmosphère, etc.

Le GPS utilise le système géodésique WGS 84, auquel se réfèrent les coordonnées calculées grâce au système. Le premier satellite expérimental fut lancé en 1978, mais la constellation de 24 satellites ne fut opérationnelle qu'en 1995.

Un satellite NAVSTAR (Navigation Satellite Timing And Ranging) appartenant Ă  la constellation du GPS
Système de navigation GPS dans un taxi
Radionavigation par GPS Ă  bord d'un paramoteur

Sommaire

[modifier] Présentation

Le GPS comprend au moins 24 satellites orbitant Ă  20 200 km d'altitude. Ces satellites Ă©mettent en permanence sur deux frĂ©quences L1 (1 575,42 MHz) et L2 (1 227,60 MHz) un signal complexe, constituĂ© de donnĂ©es numĂ©riques et d'un ensemble de codes pseudo-alĂ©atoires, datĂ© prĂ©cisĂ©ment grâce Ă  leur horloge atomique. Les donnĂ©es numĂ©riques, transmises Ă  50 bit/s, incluent en particulier des Ă©phĂ©mĂ©rides permettant le calcul de la position des satellites, ainsi que des informations sur leurs horloges internes. Les codes sont un code C/A (acronyme de coarse acquisition, acquisition grossière) Ă  1,023 Mbit/s et de pĂ©riode 1 ms, et un code P (pour prĂ©cision) Ă  10,23 Mbit/s avec une pĂ©riode de 280 jours. Le premier est librement accessible, le second est rĂ©servĂ© aux utilisateurs autorisĂ©s ; il est le plus souvent chiffrĂ©. Les rĂ©cepteurs commercialisĂ©s dans le domaine civil utilisent le code C/A. Quelques rares utilisateurs civils spĂ©cialisĂ©s, comme les organismes de gĂ©odĂ©sie, ont accès au code P.

Ainsi, un rĂ©cepteur GPS qui capte les signaux d'au moins quatre satellites Ă©quipĂ©s de plusieurs horloges atomiques peut, en calculant les temps de propagation de ces signaux entre les satellites et lui, connaĂ®tre sa distance par rapport Ă  ceux-ci et, par trilatĂ©ration, situer prĂ©cisĂ©ment en trois dimensions n'importe quel point placĂ© en visibilitĂ© des satellites GPS[2],avec une prĂ©cision de 15 Ă  100 mètres pour le système standard. Le GPS est ainsi utilisĂ© pour localiser des vĂ©hicules roulants, des navires, des avions, des missiles et mĂŞme des satellites Ă©voluant en orbite basse.

Concernant la prĂ©cision, il est courant d'avoir une position horizontale Ă  15 mètres près. Le GPS Ă©tant un système dĂ©veloppĂ© pour les militaires amĂ©ricains, une disponibilitĂ© sĂ©lective a Ă©tĂ© prĂ©vue : certaines informations, en particulier celles concernant l'horloge des satellites, peuvent ĂŞtre volontairement dĂ©gradĂ©es et priver les rĂ©cepteurs qui ne disposent pas des codes correspondants de la prĂ©cision maximale. Pendant quelques annĂ©es, les civils n'avaient ainsi accès qu'Ă  une faible prĂ©cision (environ 100 m). Le 1er mai 2000, le prĂ©sident Bill Clinton a annoncĂ© qu'il mettait fin Ă  cette dĂ©gradation volontaire du service[3].

Certains systèmes GPS conçus pour des usages très particuliers peuvent fournir une localisation à quelques millimètres près. Le GPS différentiel (DGPS), corrige ainsi la position obtenue par GPS conventionnel par les données envoyées par une station terrestre de référence localisée très précisément. D'autres systèmes autonomes, affinant leur localisation au cours de 8 heures d'exposition parviennent à des résultats équivalents.

Dans certains cas, seuls trois satellites peuvent suffire. La localisation en altitude (axe des Z) n'est pas d'emblĂ©e correcte alors que la longitude et la latitude (axe des X et des Y) sont encore bonnes. On peut donc se contenter de trois satellites lorsque l'on Ă©volue au-dessus d'une surface « plane Â» (ocĂ©an, mer). Ce type d'exception est surtout utile au positionnement d'engins volants (tels les avions) qui ne peuvent pas se reposer sur le seul GPS, trop imprĂ©cis pour leur donner leur altitude. Mais il existe nĂ©anmoins un modèle de gĂ©oĂŻde mondial nommĂ© « Earth Gravity Model 1996 Â» ou EGM96[4] associĂ© au WGS 84 qui permet, Ă  partir des coordonnĂ©es WGS 84, de dĂ©terminer[5] des altitudes rapportĂ©es au niveau moyen des mers avec une prĂ©cision d'environ 1 mètre. Des rĂ©cepteurs GPS Ă©voluĂ©s incluent ce modèle pour fournir des altitudes plus conformes Ă  la rĂ©alitĂ©.

[modifier] Histoire

À l'origine, le GPS était un projet de recherche de l'armée américaine. Il a été lancé dans les années 1960 et c'est à partir de 1978 que les premiers satellites GPS sont envoyés dans l'espace. En 1983, le président Ronald Reagan, à la suite de la mort des 269 passagers du Vol 007 Korean Airlines a promis que la technologie GPS serait disponible gratuitement aux civils, une fois opérationnelle. Une seconde série de satellites est lancée à partir de 1989 en vue de constituer une flotte suffisante. En 1995, le nombre de satellites disponibles permet de rendre le GPS opérationnel en permanence sur l'ensemble de la planète, avec une précision limitée à une centaine de mètres pour un usage civil. En 2000, le président Bill Clinton confirme l'intérêt de la technologie à des fins civiles et autorise une diffusion non restreinte des signaux GPS, permettant une précision d'une dizaine de mètres et une démocratisation de la technologie au grand public à partir du milieu des années 2000.

Les États-Unis continuent de développer leur système par le remplacement et l'ajout de satellites ainsi que par la mise à disposition de signaux GPS complémentaires, plus précis et demandant moins de puissance aux appareils de réception. Un accord d'interopérabilité a également été confirmé entre les systèmes GPS et Galileo afin que les deux systèmes puissent utiliser les mêmes fréquences et assurer une compatibilité entre eux.

[modifier] Composition

Le GPS est composé de 3 parties distinctes, appelées encore segments:

[modifier] Le segment spatial

La constellation des satellites du GPS

En 2010, il est constituĂ© d'une constellation de 31 satellites NAVSTAR (Navigation Satellite Timing And Ranging). Ces satellites Ă©voluent sur 6 plans orbitaux ayant une inclinaison d'environ 55° sur l'Ă©quateur[6]. Ils suivent une orbite quasi-circulaire Ă  une altitude de 20 000 Ă  20 500 km qu'ils parcourent en 11 h 58 min 2 s, soit un demi-jour sidĂ©ral. Ainsi les satellites, vus du sol, reprennent la mĂŞme position dans le ciel au bout d'un jour sidĂ©ral.

Les gĂ©nĂ©rations successives de satellites sont dĂ©signĂ©es sous le nom de Blocs :

  • Bloc I : les satellites du Bloc I sont les 11 premiers satellites du système, mis en orbite entre 1978 et 1985, fabriquĂ©s par Rockwell International, ils Ă©taient prĂ©vus pour une mission moyenne de 4,5 ans et une durĂ©e de vie de 5 ans, mais leur durĂ©e de vie moyenne s'Ă©leva Ă  8,76 annĂ©es ; l’un d’entre eux est mĂŞme restĂ© pendant 10 ans en activitĂ©. Leur mission principale Ă©tait de valider les diffĂ©rents concepts du GPS. Aujourd’hui, plus aucun satellite du Bloc I n'est encore en service ;
  • Bloc II : les satellites du Bloc II sont les premiers satellites opĂ©rationnels du GPS. De nombreuses amĂ©liorations ont Ă©tĂ© apportĂ©es Ă  ces satellites par rapport Ă  la version prĂ©cĂ©dente, notamment en ce qui concerne leur autonomie. Ils sont capables de rester 14 jours sans contact avec le segment sol tout en gardant une prĂ©cision suffisante. Neuf satellites furent lancĂ©s en 1989 et 1990. Bien qu'on ait estimĂ© leur durĂ©e de vie Ă  7,5 ans, la plupart d'entre eux sont restĂ©s en fonction pendant plus de 10 ans. En 2010, il ne reste plus aucun satellite du Bloc II actif ;
  • Bloc IIA : les satellites du Bloc IIA, au nombre de 19 et lancĂ©s entre 1990 et 1997, correspondent Ă  une version perfectionnĂ©e des satellites du Bloc II initial. Ils ont Ă©tĂ© Ă©quipĂ©s pour fonctionner Ă©ventuellement en mode dĂ©gradĂ© pour les civils. Ils sont Ă©quipĂ©s de 2 horloges atomiques au cĂ©sium et de 2 horloges au rubidium. Ils ont marquĂ© Ă  partir de 1993 le dĂ©but de la phase opĂ©rationnelle du GPS. En 2010, 11 satellites du Bloc IIA sont actifs ;
  • Bloc IIR : les satellites du Bloc IIR sont dotĂ©s d'une meilleure autonomie, fabriquĂ©s par Lockheed Martin Corporation, et mis en orbite entre 1997 et 2009, ils peuvent se transmettre mutuellement des messages sans aucun contact au sol, permettant ainsi aux opĂ©rateurs du système de pouvoir communiquer avec des satellites qui leurs sont inaccessibles dans une communication directe. Ils sont Ă©quipĂ©s de 3 horloges atomiques au rubidium. Vingt-et-un satellites du Bloc IIR ont Ă©tĂ© lancĂ©s, le dernier le 17 aoĂ»t 2009. Vingt sont actifs. Les huit derniers sont dĂ©signĂ©s sous le sigle IIR-M parce qu'ils Ă©mettent un nouveau code civil (L2C) et un nouveau code militaire (M). Le IIR-M7 transportait en plus un Ă©metteur expĂ©rimental transmettant sur la frĂ©quence L5 qui sera implantĂ©e sur les satellites du Bloc F[note 1] ;
  • Bloc IIF : les satellites du Bloc IIF (Follow-On) construits par Boeing sont au nombre de 12, le premier de la sĂ©rie a Ă©tĂ© lancĂ© en mai 2010, et les lancements des autres satellites s'Ă©chelonneront jusqu'en 2014. Le programme vise Ă  atteindre ainsi une constellation de 33 satellites ;
  • Bloc III : les satellites du Bloc III sont encore en phase de dĂ©veloppement en 2010 et ont pour but de faire perdurer le GPS jusqu'en 2030 et plus. Les premières Ă©tudes furent lancĂ©es en novembre 2000, et en mai 2008, Lockheed Martin Corporation fut choisi pour rĂ©aliser 32 satellites. Une première sĂ©rie composĂ©e de 8 satellites (Bloc IIIA) doit ĂŞtre lancĂ©e Ă  partir de 2014[7].
Satellite GPS non lancé exposé au San Diego Aerospace Museum

[modifier] Le segment de contrĂ´le

C'est la partie qui permet de piloter et de surveiller le système. Il est composé de 5 stations au sol du 50th Space Wing de l'Air Force Space Command, basé à la Schriever Air Force Base dans le Colorado (la station maîtresse est basée à Colorado Springs) dans la base de Cheyenne Mountain. Leur rôle est de mettre à jour les informations transmises par les satellites (éphémérides, paramètres d'horloge) et contrôler leur bon fonctionnement .

Trois récepteurs GPS

[modifier] Le segment utilisateur

Il regroupe l'ensemble des utilisateurs civils et militaires qui ne font que recevoir et exploiter les informations des satellites. Le système ne peut donc ĂŞtre saturĂ© : le nombre maximum d'utilisateurs GPS est illimitĂ©.

[modifier] Principe de fonctionnement

Le GPS fonctionne grâce au calcul de la distance qui sépare un récepteur GPS et plusieurs satellites. Les informations nécessaires au calcul de la position des 31 satellites étant transmise régulièrement au récepteur, celui-ci peut, grâce à la connaissance de la distance qui le sépare des satellites, connaître ses coordonnées.

La technologie informatique a pu améliorer le fonctionnement technique des GPS à partir de l'utilisation de plusieurs concepts mathématiques tel que les graphes qui sont principalement utilisés dans l'implémentation de bases de données et de systèmes de fichiers. En effet, plusieurs algorithmes comme celui du Gps-less location, l'algorithme de Floyd-Warshall, l'algorithme de Dijkstra, ou bien l'algorithme de parcours en largeur sont utilisés pour veiller au bon fonctionnement du système. Par contre, en ce qui concerne l'identification du plus court chemin, l'algorithme le plus utilisé pour les GPS est celui de Dijkstra qui, généralement, sert à résoudre ce problème dans plusieurs domaines.

[modifier] Le signal émis

Schéma du signal C/A

Les satellites GPS Ă©mettent plusieurs signaux codĂ©s, Ă  destination civile ou militaire. Le signal civil d'utilisation libre correspond au code C/A, Ă©mis sur la porteuse de 1 575 MHz.

Sur cette porteuse, le signal de modulation est une sĂ©quence rĂ©sultant de l'addition modulo 2 du code pseudo-alĂ©atoire C/A Ă  1 Mbps et des donnĂ©es Ă  50 bps contenant les Ă©phĂ©mĂ©rides des satellites et d'autres informations de navigation. C'est le code C/A qui sert dans les rĂ©cepteurs par corrĂ©lation avec le signal reçu Ă  dĂ©terminer l'instant exact d'Ă©mission de celui-ci.

Cet instant d'Ă©mission de rĂ©fĂ©rence du code C/A peut ĂŞtre modulĂ©, Ă  nouveau par un code pseudo-alĂ©atoire, pour dĂ©grader la dĂ©termination de position au sol. Ce chiffrement est appelĂ© selective availability (SA), faisant passer la prĂ©cision du système de 10 m environ Ă  100 m. Il a Ă©tĂ© abandonnĂ© en 2000 sous la pression des utilisateurs civils, et en raison du dĂ©veloppement du DGPS qui le compensait en grande partie. Cette possibilitĂ© est cependant toujours prĂ©sente Ă  bord des satellites. La SA comporte aussi la possibilitĂ© de dĂ©grader les informations permettant de calculer la position des satellites sur leur orbite ; elle n'a jamais Ă©tĂ© utilisĂ©e.

[modifier] Mesure de la distance du récepteur par rapport à un satellite

Les satellites envoient des ondes électromagnétiques (micro-ondes) qui se propagent à la vitesse de la lumière. Connaissant celle-ci, on peut alors calculer la distance qui sépare le satellite du récepteur en connaissant le temps que l'onde a mis pour parcourir ce trajet.

Pour mesurer le temps mis par l'onde pour lui parvenir, le récepteur GPS compare l'heure d'émission incluse dans le signal et celle de réception de l'onde émise par le satellite. Cette mesure, après multiplication par la vitesse du signal, fournit une pseudo-distance, assimilable à une distance, mais entachée d'une erreur de synchronisation des horloges du satellite et du récepteur, et de dégradations comme celles dues à la traversée de l'atmosphère. L'erreur d'horloge peut être modélisée sur une période assez courte à partir des mesures sur plusieurs satellites.

[modifier] Calcul de la position

Connaissant les positions des satellites Ă  l'heure d'Ă©mission des signaux, et les pseudo-distances mesurĂ©es (Ă©ventuellement corrigĂ©es de divers facteurs liĂ©s notamment Ă  la propagation des ondes), le calculateur du rĂ©cepteur est en mesure de rĂ©soudre un système d'Ă©quations dont les quatre inconnues sont la position du rĂ©cepteur (trois inconnues) et le dĂ©calage de son horloge par rapport au temps GPS. Ce calcul est possible dès que l'on dispose des mesures relatives Ă  quatre satellites ; un calcul en mode dĂ©gradĂ© est possible avec trois satellites seulement si l'on connaĂ®t l'altitude ; lorsque plus de quatre satellites sont visibles (ce qui est très souvent le cas), le système d'Ă©quations Ă  rĂ©soudre est surabondant : la prĂ©cision du calcul est amĂ©liorĂ©e, et on peut estimer les erreurs sur la position et le temps.

La prĂ©cision de la position obtenue dĂ©pend, toutes choses Ă©gales par ailleurs, de la gĂ©omĂ©trie du système : si les satellites visibles se trouvent tous dans un cĂ´ne d'observation de faible ouverture angulaire, la prĂ©cision sera Ă©videmment moins bonne que s'ils sont rĂ©partis rĂ©gulièrement dans un large cĂ´ne. Les effets de la gĂ©omĂ©trie du système de mesure sur la prĂ©cision sont dĂ©crits par un paramètre : le DOP (pour Dilution Of Precision : attĂ©nuation ou diminution de la prĂ©cision) : le HDOP se rĂ©fère Ă  la prĂ©cision horizontale, le TDOP Ă  la prĂ©cision sur le temps, le VDOP Ă  la prĂ©cision sur l'altitude. La prĂ©cision espĂ©rĂ©e est d'autant meilleure que le DOP est petit.

[modifier] Décalage de l'horloge du récepteur

Article dĂ©taillĂ© : Synchronisation GPS.

La difficultĂ© est de synchroniser les horloges des satellites et celle du rĂ©cepteur. Une erreur d'un millionième de seconde provoque une erreur de 300 mètres sur la position. Le rĂ©cepteur ne peut bien entendu pas bĂ©nĂ©ficier d'une horloge atomique comme les satellites ; il doit nĂ©anmoins disposer d'une horloge assez stable, mais dont l'heure n'est a priori pas synchronisĂ©e avec celle des satellites. Les signaux de quatre satellites au moins sont nĂ©cessaires pour dĂ©terminer ce dĂ©calage, puisqu'il faut rĂ©soudre un système d'au moins quatre Ă©quations mathĂ©matiques Ă  quatre inconnues qui sont la position dans les trois dimensions plus le dĂ©calage de l'horloge du rĂ©cepteur avec l'heure GPS (voir plus loin).

[modifier] Prise en compte de la relativité

Outre l'incertitude associée à l'horloge du récepteur, la relativité restreinte et la relativité générale interviennent de façon fondamentale. La première implique que le temps ne s'écoule pas de la même façon dans le référentiel du satellite, parce que celui-ci possède une grande vitesse par rapport au référentiel du récepteur. La seconde explique que la plus faible gravité au niveau des satellites engendre un écoulement du temps plus rapide que celui du récepteur. Le système tient compte de ces deux effets relativistes dans la synchronisation des horloges. Par exemple les fréquences émises sont légèrement décalées (4,5 ppm) pour être reçues au sol avec leur valeur réelle.

[modifier] Erreurs possibles

La plupart des récepteurs sont capables d'affiner leurs calculs en utilisant plus de 4 satellites (ce qui rend les résultats des calculs plus précis) tout en ôtant les sources qui semblent peu fiables, ou trop proches l'une de l'autre pour fournir une mesure correcte, comme on le précise ci-dessus.

Le GPS n'est pas utilisable dans toutes les situations : le signal Ă©mis par les satellites NAVSTAR Ă©tant assez faible, la traversĂ©e des couches de l'atmosphère est un facteur qui perturbe la prĂ©cision de la localisation ; de mĂŞme, les simples feuilles des arbres peuvent absorber le signal et rendre la localisation hasardeuse. De la mĂŞme façon, l'effet canyon, particulièrement sensible en milieu urbain, consiste en l'occultation d'un satellite par le relief (un bâtiment par exemple) ; ou pire encore, en un Ă©cho du signal contre une surface qui n'empĂŞchera pas la localisation mais fournira une localisation fausse : c'est le problème des multi-trajets des signaux GPS[6].

D'autres erreurs, n'ayant pas de corrélation avec le milieu de prise de mesure ni la nature atmosphérique, peuvent être présentes. Ce sont des erreurs systématiques, telles les décalages orbitaux ou encore un retard dans l'horloge atomique qui calcule le temps auquel la mesure est prise. Un mauvais étalonnage du récepteur (ou autres appareils électroniques du système) peut aussi produire une erreur de mesure[6].

[modifier] Corrections troposphérique et ionosphérique

En l'absence d'obstacles, il reste cependant des facteurs de perturbation importants nécessitant une correction des résultats de calcul. Le premier est la traversée des couches basses de l'atmosphère, la troposphère. La présence d'humidité et les modifications de pression de la troposphère modifient l'indice de réfraction n et donc la vitesse et la direction de propagation du signal radio. Si le terme hydrostatique est actuellement bien connu, les perturbations dues à l'humidité nécessitent, pour être corrigées, la mesure du profil exact de vapeur d'eau en fonction de l'altitude, une information difficilement collectable, sauf par des moyens extrêmement onéreux comme les lidars, qui ne donnent que des résultats parcellaires. Les récepteurs courants intègrent un modèle de correction.

Le deuxième facteur de perturbation est l'ionosphère. Cette couche ionisée par le rayonnement solaire modifie la vitesse de propagation du signal. La plupart des récepteurs intègrent un algorithme de correction, mais en période de forte activité solaire, cette correction n'est plus assez précise. Pour corriger plus finement cet effet, certains récepteurs bi-fréquences utilisent le fait que les deux fréquences L1 et L2 du signal GPS ne sont pas affectées de la même façon et recalculent ainsi la perturbation réelle.

[modifier] Amélioration locale du calcul

[modifier] Le DGPS

Le GPS diffĂ©rentiel (Differential global positioning system : DGPS) permet d'amĂ©liorer la prĂ©cision du GPS en rĂ©duisant la marge d'erreur du système.

Article principal : GPS diffĂ©rentiel.

[modifier] Le SBAS

Des systèmes complémentaires d'amélioration de la précision ont été développés (SBAS, Satellite based augmentation system) comme WAAS en Amérique du Nord, MSAS au Japon ou EGNOS en Europe. Celui-ci, développé par l'Union européenne, est un réseau de quarante stations au sol dans toute l’Europe, couplé à des satellites géostationnaires, qui améliore la fiabilité et la précision des données du GPS, et corrige certaines erreurs. Certains de ces systèmes sont privés, et nécessitent un abonnement auprès d'un opérateur qui les diffuse (généralement par satellite). D'autres sont publics. De tels systèmes peuvent avoir une couverture limitée (région, pays), et leur précision est variable.

[modifier] La méthode des ambiguïtés entières non différenciées

Un procĂ©dĂ© a Ă©tĂ© mis au point et brevetĂ© par deux chercheurs du CNES, Denis Laurichesse et Flavien Mercier : la mĂ©thode des ambiguĂŻtĂ©s entières non diffĂ©renciĂ©es. Elle consiste Ă  dĂ©couper les chemins et Ă  en extraire des « morceaux Â», dont la valeur utilisĂ©e comme base permet de dĂ©duire le positionnement prĂ©cis. Elle assure une exactitude avĂ©rĂ©e au centimètre près en positionnement temps rĂ©el et une possibilitĂ© d'application Ă  la gĂ©odĂ©sie[8].

[modifier] Conversion des informations obtenues

Le positionnement 3D donne ainsi les coordonnĂ©es du rĂ©cepteur dans l'espace, dans un repère Ă  3 axes et qui a pour origine le centre de gravitĂ© des masses terrestres (système gĂ©odĂ©sique). Pour que ces donnĂ©es soient exploitables, il faut convertir les donnĂ©es (X, Y, Z) en un ensemble plus parlant pour l'utilisateur : « latitude, longitude, altitude Â» (voir les systèmes de coordonnĂ©es).

C'est le rĂ©cepteur GPS qui effectue cette conversion par dĂ©faut dans le système gĂ©odĂ©sique WGS84 (World Geodetic System 84), le système le plus utilisĂ© au monde qui est une rĂ©fĂ©rence globale rĂ©pondant aux objectifs d'un système mondial de navigation. Ă€ noter que l'altitude gĂ©nĂ©ralement fournie n'est pas toujours directement exploitable, du fait qu'il s'agit le plus souvent de l'altitude par rapport Ă  l'ellipsoĂŻde du système gĂ©odĂ©sique WGS84, dont le gĂ©oĂŻde peut localement s'Ă©carter sensiblement ; les rĂ©cepteurs les plus Ă©laborĂ©s disposent d'un modèle de gĂ©oĂŻde, et indiquent une altitude comparable Ă  celle des cartes. Les coordonnĂ©es obtenues peuvent naturellement ĂŞtre exprimĂ©es dans un autre système gĂ©odĂ©sique propre Ă  une rĂ©gion ou un pays, et dans un autre système de projection. En France, le système de rĂ©fĂ©rence est encore souvent la NTF, bien que le système gĂ©odĂ©sique officiel soit dĂ©sormais le RGF93, qui diffère très peu du WGS 84.

Comme le calcul des coordonnées géographiques du récepteur intègre obligatoirement le calcul du décalage de l'horloge (ou oscillateur interne) du récepteur par rapport au temps GPS et donc à l'UTC, l'heure indiquée par cette horloge est donc précisément soit le temps UTC, soit le temps légal en usage à l'emplacement du récepteur. La fréquence de l'oscillateur peut être utilisée pour asservir précisément un système extérieur en fréquence ou synchroniser des horloges éloignées. C'est le cas par exemple des réseaux de télécommunications dont les équipements nécessitent une fréquence avec une stabilité spécifiée pour fonctionner correctement. Beaucoup de réseaux à travers le monde sont ainsi synchronisés par des récepteurs GPS.

Ainsi, le GPS s'avère accessible aux transporteurs routiers, avions, navigateurs, randonneurs, géomètres, forestiers, automobilistes, etc.

[modifier] Inconvénients du GPS

[modifier] Dépendance stratégique

Le GPS est un système conçu par et pour l'armĂ©e des États-Unis et sous son contrĂ´le. Le signal pourrait ĂŞtre dĂ©gradĂ©, occasionnant ainsi une perte importante de sa prĂ©cision, si le gouvernement des États-Unis le dĂ©sirait. C'est un des arguments en faveur de la mise en place du système europĂ©en Galileo qui est, lui, civil et dont la prĂ©cision thĂ©orique est supĂ©rieure. La qualitĂ© du signal du GPS a Ă©tĂ© dĂ©gradĂ©e volontairement par les États-Unis jusqu'au mois de mai 2000, la prĂ©cision d'un GPS en mode autonome Ă©tait alors d'environ 100 mètres. Depuis l'arrĂŞt de ce brouillage volontaire, supprimĂ© par le prĂ©sident Bill Clinton, la prĂ©cision est de l'ordre de 5 Ă  15 mètres.

[modifier] Confiance exagérée dans ses performances

En dĂ©montrant ses performances exceptionnelles, puis en se vulgarisant, le GPS a modifiĂ© la perception du positionnement et de la navigation au sein mĂŞme de la sociĂ©tĂ©. De ce fait, l'opinion publique, les institutions et les pouvoirs publics admettent de plus en plus difficilement qu’il soit possible de « ne pas savoir oĂą l’on est Â» et dans les applications tant professionnelles que pour les loisirs, il est si facile Ă  exploiter qu’il semble pouvoir dĂ©charger complètement les pratiquants des tâches de positionnement et navigation.

C’est peut-ĂŞtre le principal danger du GPS. Son usage est aux risques et pĂ©rils de l'utilisateur ; il n'offre, a priori, aucune garantie et aucune responsabilitĂ© en cas d'incident.

En effet, en dĂ©pit de sa fiabilitĂ© et de sa prĂ©cision, un tel système ne peut ĂŞtre fiable Ă  100 %. En outre, sa prĂ©cision peut ĂŞtre mise en dĂ©faut car la continuitĂ© du calcul reste fragile et peut ĂŞtre interrompue ou perturbĂ©e par :

  • une cause extĂ©rieure de mauvaise rĂ©ception : parasite, orage, forte humiditĂ© ;
  • un brouillage radioĂ©lectrique volontaire ou non ;
  • une manĹ“uvre au cours de laquelle la rĂ©ception est temporairement masquĂ©e ;
  • l’alignement momentanĂ© de quelques satellites qui empĂŞche le calcul prĂ©cis (incertitude gĂ©omĂ©trique temporaire) ;
  • un incident dans un satellite.

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses des accidents de l'Aviation civile française a réalisé une étude sur les accidents et incidents pour lesquels l'usage du GPS est identifié comme facteur déclenchant ou contributif de l'évènement et il s'avère que dans nombre de cas, c'est une trop grande confiance en cet outil qui a participé à l'accident ou incident. Ainsi, il est fortement suggéré que les usagers des GPS et en particulier les professionnels l'utilisant, soient clairement informés des limites de cet outil qui ne doit être qu'une aide et non un moyen de navigation primaire[9].

[modifier] Référence géodésique ou cartographique

Des problèmes cartographiques peuvent également entrer en jeu, car la position calculée par un récepteur GPS se réfère au système géodésique WGS 84, qui n'est pas généralement le système de référence pour les cartes terrestres nationales.

La légende de chaque carte signale toujours le système géodésique de référence utilisé et la majorité des récepteurs GPS modernes peuvent être programmés pour exprimer la position calculée dans un système géodésique différent du WGS 84, et éventuellement dans la projection cartographique souhaitée (par exemple UTM ou Lambert), plutôt qu'en coordonnées géographiques.

[modifier] GPS et surveillance

Dans l'esprit du grand public, un lien direct est effectuĂ© entre GPS et surveillance, le terme familier pĂ©joratif de « flicage Â» est gĂ©nĂ©ralement employĂ© par les dĂ©tracteurs de tels systèmes. Toutefois, ces outils de surveillance qui, parce qu'ils touchent Ă  des questions de vie privĂ©e occasionnent des dĂ©bats de sociĂ©tĂ©, n'incorporent le GPS que comme l'une des briques technologiques nĂ©cessaires Ă  son fonctionnement.

Le dispositif de localisation GPS en lui-même est un système passif qui se contente de recevoir les signaux des satellites et d'en déduire une position. Le réseau des satellites GPS ne reçoit donc aucune information d'éventuels systèmes de surveillance au sol (ou embarqués dans un aéronef ou un navire) et demeure techniquement incapable d'effectuer la surveillance d'un territoire d'une quelconque façon.

En revanche, notamment dans le domaine des transports, des systèmes dĂ©ployĂ©s dans les vĂ©hicules adjoignent un dispositif de transmission de l'information obtenue avec le GPS. Ce dispositif peut fonctionner en temps rĂ©el, il s'agit alors bien souvent d'une liaison de tĂ©lĂ©phonie mobile data ; ou fonctionner en temps diffĂ©rĂ©, les donnĂ©es sont alors dĂ©chargĂ©es a posteriori par un système physique ou de radio Ă  courte portĂ©e.

Leur application est généralement réservée aux professionnels pour suivre une flotte de camions, véhicules de transports de passagers (y compris les taxis), de véhicules de commerciaux, de dépannage ou d'intervention. Les objectifs de ces outils de suivi de flotte sont pour un employeur de s'assurer que son salarié effectue effectivement ce qu'il est censé faire sur le terrain ou que le véhicule n'a pas été détourné, mais aussi d'améliorer la gestion d'une flotte de véhicules, notamment dans les transports.

Dans les applications de sĂ©curisation de personne en cas d'urgence ou dĂ©sorientation, il existe deux mĂ©thodes de collecte d’informations :

  • le tracking ;
  • la localisation sous demande.

La première va identifier et remonter l’information à une période constante, par exemple toutes les deux ou cinq minutes. Tandis que la localisation sous demande consiste à n'envoyer l'information qu'en cas de demande du porteur du terminal ou de l'aidant. Dans tous les cas, le porteur du terminal doit être informé et d'accord sur la fonctionnalité de géolocalisation.

Les systèmes de localisation automatique de sécurité, comme l'AIS en navigation maritime et aérienne, combinent un récepteur GPS et un émetteur, améliorant la sécurité anti-collision et la recherche des naufragés. L'APRS utilise le même principe, il est géré par des radioamateurs bénévoles.

[modifier] Autres systèmes de positionnement par satellites

Il existe d'autres systèmes de positionnement par satellite opĂ©rationnels, sans atteindre cependant la couverture ou la prĂ©cision du GPS :

  • GLONASS est le système russe, qui n'est pas pleinement opĂ©rationnel ;
  • Beidou est le système de positionnement créé par la RĂ©publique populaire de Chine ; il est opĂ©rationnel uniquement sur le territoire chinois et les rĂ©gions limitrophes (il utilise des satellites gĂ©ostationnaires, au nombre de quatre actuellement) ;
  • l'Inde prĂ©pare Ă©galement son système de positionnement ;
  • Galileo est le système civil de l'Union europĂ©enne en cours de test depuis 2004. Ă€ terme, il est destinĂ© Ă  ĂŞtre au moins Ă©quivalent au GPS en termes de couverture et de prĂ©cision.

[modifier] Notes et références

[modifier] Notes

  1. ↑ Les signaux L1 et L2 de ce satellite sont en 2010 inutilisables à cause d'une interférence entre ces signaux et la charge utile L5.

[modifier] Références

  1. ↑ (en) Annual Report to the President and the Congress, U.S. Government Printing Office Superintendent of Documents, 1971
  2. ↑ Philippe BĂ©guyot, Bruno Chevalier et Hana Rothova, Le GPS en agriculture : Principes, applications et essais comparatifs, Educagri, 2004, 135 p. (ISBN 2-84444-310-9), p. 19-26 
  3. ↑ (en) Bill Clinton, « President Clinton: Improving the Civilian Global Positioning System (GPS) Â», 1 mai 2000, NARA
  4. ↑ (en) EGM96 - The NASA GSFC and NIMA Joint Geopotential Model, 18 novembre 2004, NASA. Consulté le 5 juin 2010
  5. ↑ (en) NGA EGM96 Geoid Calculator, 16 juin 2006, NGA. Consulté le 5 juin 2010
  6. ↑ a, b et c Paul Correia, Guide pratique du GPS, Eyrolles, 2006
  7. ↑ Air et Cosmos no 2126, 23 mai 2008
  8. ↑ Au cĹ“ur de l'innovation : la mĂ©thode des ambiguĂŻtĂ©s entières non diffĂ©renciĂ©es, dans CNESMAG, avril 2010
  9. ↑ [pdf] Étude sur les Ă©vĂ©nements GPS, aoĂ»t 2005, Bureau d'enquĂŞtes et d'analyses pour la sĂ©curitĂ© de l'aviation civile, p. 19-20. ConsultĂ© le 5 juin 2010

[modifier] Annexes

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[modifier] Bibliographie

  • F. Duquenne et al., GPS localisation et navigation par satellites, 2e Ă©dition revue et augmentĂ©e, Hermes, 2005
  • P. Correia, Guide pratique du GPS, Eyrolles, 2006
  • SHOM, GPS et Navigation Maritime, 1996
  • (en) GPS Modernization sur U.S. Coast Guard Navigation Center

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

Système de positionnement par satellites
OpĂ©rationnels : États-Unis d'AmĂ©rique GPS | URSS / Russie GLONASS
En dĂ©veloppement : UE Galileo | Chine Beidou | Inde IRNSS
Hors service : États-Unis d'AmĂ©rique Transit
Voir aussi : EGNOS | WAAS | LAAS

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