Gaz à effet de serre
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Les gaz à effet de serre (GES) sont des composants gazeux qui absorbent le rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre contribuant à l'effet de serre. L'augmentation de leur concentration dans l'atmosphère terrestre est un facteur soupçonné d'être à l'origine du récent réchauffement climatique.
Un gaz ne peut absorber les infrarouges qu'à partir de trois atomes par molécule, ou à partir de deux si ce sont deux atomes différents.
Les principaux gaz à effet de serre qui existent naturellement dans l'atmosphère sont :
Les gaz à effet de serre industriels incluent, outre les principaux gaz déjà cités ci-dessus, des gaz fluorés comme :
Notes :
Sommaire |
Sous l'effet des gaz à effet de serre, l'atmosphère terrestre se comporte en partie comme la vitre d'une serre, laissant entrer une grosse partie du rayonnement solaire, mais retenant le rayonnement infrarouge réémis[2]. Mais dans une serre il y a, en plus, l'absence de convection qui accentue l'échauffement de l'air.
La transparence de l'atmosphère (dans le visible) permet au rayonnement solaire d'atteindre le sol. L'énergie ainsi apportée s'y transforme en chaleur. Comme tout corps chaud, la surface de la Terre rayonne sa chaleur vers le fond du Ciel. Mais les GES et les nuages sont opaques aux rayons infrarouges émis par la Terre. En absorbant ces rayonnements, ils emprisonnent l'énergie thermique près de la surface du globe, où elle réchauffe l'atmosphère basse. Les nuages qui sont des particules de glace (ou d'eau liquide) réfléchissent le rayonnement solaire vers l'espace et le rayonnement terrestre vers elle sans changer leur longueur d'onde [3][réf. nécessaire]. Les nuages ont un effet sur le climat mal connu au début du XXIe siècle car ils atténuent le rayonnement infrarouge reçu à la surface de la Terre ; mais ils participent à la réflexion vers la Terre du rayonnement infrarouge.
L'effet de serre, principalement dû à la vapeur d'eau[4] (0,3 % en volume, 55 % de l'effet de serre) et aux nuages (17 % de l'effet de serre) soit environ 72 % pour H20[1], porte la température moyenne à la surface de la Terre de -18 °C (ce qu'elle serait en son absence) à +15 °C. Une faible minorité affirme que seuls les nuages et non la vapeur d'eau H2O ont un effet sur la température du globe[5].
Les concentrations en gaz à effet de serre dans l'atmosphère augmentent depuis le XIXe siècle[6]. Le phénomène est probablement dû aux activités humaines, comme :
Les combustibles fossiles sont :
Le Protocole de Kyoto s'était donné comme objectif de stabiliser puis réduire les émissions de GES afin de limiter le réchauffement climatique[11].
| gaz à effet de serre | formule | concentration préindustrielle |
concentration actuelle |
durée de séjour (ans) |
PRG à 100 ans |
|---|---|---|---|---|---|
| vapeur d'eau | H2O | 3‰ | 3‰ | ~0,02 (1-2 semaines) | 8 |
| dioxyde de carbone | CO2 | 278 ppm | 387 ppm[13] | 15[14] - 200 | 1 |
| méthane | CH4 | 0,7 ppm | 1,7 ppm | 4[15] | 23 |
| protoxyde d'azote | N2O | 0,275 ppm | 0,311 ppm | 120 | 310 |
| dichlorodifluorométhane (CFC-12) | CCl2F2 | 0 | 0,503 ppb | 130[16] | 6 200 - 7 100 |
| chlorodifluorométhane (HCFC-22) | CHClF2 | 0 | 0,105 ppb | 12 | 1 300 - 1 400 |
| tétrafluorométhane[17] | CF4 | 0 | 0,070 ppb | 50 000 | 6 500 |
| hexafluorure de soufre | SF6 | 0 | 0,032 ppb | 3 200 | 22 800[18] |
Chaque GES a un effet différent sur le réchauffement global. Par exemple, sur une période de 100 ans, un kilo de méthane à un impact sur l'effet de serre 25 fois plus fort qu'un kilo de CO2[19]. Alors pour comparer les émissions de chaque gaz, en fonction de leur impact sur les changements climatiques on préfère utiliser des unités communes : l'équivalent CO2 ou bien l'équivalent carbone; plutôt que de mesurer les émissions de chaque gaz.
L'équivalent CO2 est aussi appelé potentiel de réchauffement global (PRG). Il vaut 1 pour le dioxyde de carbone qui sert de référence. Le potentiel de réchauffement global d'un gaz est la masse de CO2 qui produirait un impact équivalent sur l'effet de serre. Par exemple, le méthane a un PRG de 25, ce qui signifie qu'il a un pouvoir de réchauffement 25 fois supérieur au dioxyde de carbone[19].
Il n'y a pas de PRG pour la vapeur d'eau : la vapeur d'eau en excès réside moins de 2 semaines dans l'atmosphère, dont elle est éliminée par précipitation. Sa contribution au réchauffement sur 100 ans est négligeable.
Pour l'équivalent carbone, on part du fait qu'un kg de CO2 contient 0,2727 kg de carbone. L'émission d'un kg de CO2 vaut donc 0,2727 kg d'équivalent carbone. Pour les autres gaz, l'équivalent carbone vaut :
On peut noter que la combustion d'une tonne de carbone correspond bien à l'émission d'une tonne équivalent carbone de CO2, car le rapport est de 1:1 (il y a un atome de carbone C dans une molécule de CO2).
Cette unité de mesure, utile pour comparer les émissions produites, est utilisée dans la suite de cet article.
| source de carbone | masse de carbone émise par an |
puits de carbone | masse de carbone absorbée par an |
|---|---|---|---|
| carbone fossile | env. 5 Gt/an | absorption par les océans | 2,5 Gt/an |
| déforestation | 2 Gt/an | reforestation | |
| autres dégradations de matière organique | env. 110 Gt/an | photosynthèse | env. 110 Gt/an |
Le 3 novembre 2006, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) confirmait que les concentrations mondiales de CO2, loin de diminuer, et en dépit du protocole de Kyoto, continuent d'augmenter[réf. nécessaire] :
Depuis 2006, la Chine a dépassé les États-Unis pour les émissions de gaz à effet de serre. Les émissions de dioxyde de carbone de la Chine sont de 1,8 milliard de Tonnes Équivalent Carbone, contre 1,59 milliard de tonnes pour les États-Unis, 432 millions de tonnes pour la Russie et 430 millions de tonnes pour l’Inde[22].
| Pays | Évolution des émissions de GES (1990-2005) |
|---|---|
| Russie | -28,7 % |
| Canada | 27 % |
| États-Unis | 16,3 % |
| Italie | 12,1 % |
| Japon | 8 % |
En France, les émissions ont diminué de 2 % entre 2006 et 2007 (103 millions de Tonnes Équivalent Carbone), mais surtout grâce au progrès dans le secteur résidentiel/tertiaire (- 7,8 %) et grâce à une météo particulièrement clémente[réf. insuffisante][24].
Hormis la vapeur d'eau, qui est évacuée en quelques jours[réf. nécessaire], les gaz à effet de serre mettent très longtemps à s'éliminer de l'atmosphère. Étant donné la complexité du système atmosphérique, il est difficile de préciser la durée exacte de leur séjour[25]. Ils peuvent en être réduits de plusieurs manières :
Voici quelques estimations de la durée de séjour des gaz, c'est-à-dire le temps nécessaire pour que leur concentration diminue de moitié.
| gaz à effet de serre | formule | durée de séjour (ans) |
PRG à 100 ans |
|---|---|---|---|
| vapeur d'eau | H2O | < 1 | 8 |
| dioxyde de carbone | CO2 | 15[14] - 200 | 1 |
| méthane | CH4 | 12[26] | 23 |
| protoxyde d'azote | N2O | 120 | 310 |
| dichlorodifluorométhane (CFC-12) | CCl2F2 | 130 | 6 200 - 7 100 |
| chlorodifluorométhane (HCFC-22) | CHClF2 | 12 | 1 300 - 1 400 |
| tétrafluorométhane[17] | CF4 | 50 000 | 6 500 |
| hexafluorure de soufre | SF6 | 3 200 | 22 800[18] |
Les émissions de CO2 dans le monde ont augmenté de 33,4 % entre 1990 et 2006. Entre 2005 et 2006, elles ont augmenté de 3,2 %.
La situation est très contrastée selon les zones géographiques. En 2006, les deux pays plus gros émetteurs de CO2 étaient les États-Unis (20,3 % des émissions mondiales), suivis de très près par la Chine (20,2 %). Toutefois, étant donné le fort taux d'augmentation annuel de la Chine, celle-ci est devenue depuis 2006 le plus gros émetteur mondial de CO2. Dans l'Union européenne, la France est l'un des plus faibles émetteurs, par rapport à sa population, ce qui est dû à une très forte proportion de production d'électricité d'origine nucléaire et hydraulique.
Il y a une forte disparité dans les taux d'augmentation des émissions entre 1990 et 2006 selon les zones géographiques dans le monde. La plus forte augmentation est au Moyen-Orient, avec un taux de + 119,6 %. Puis c'est l'Extrême-Orient avec + 108,6 %, mais il faut distinguer dans cet ensemble la Chine qui a une augmentation de + 151,7 %, et l'Inde de + 112,1 %. L'Amérique latine a vu ses émissions progresser de + 61,2 %, et l'Afrique de + 55,5 %, mais leurs émissions sont encore relativement faibles en valeur absolue (3,5 % du total mondial pour l'Amérique latine, et 3,1 % pour l'Afrique). L'Océanie a vu ses émissions progresser de + 53,4 %. L'Amérique du Nord a vu ses émissions progresser de + 19 %. La seule zone géographique qui a vu ses émissions baisser est l'Europe et l'ex-URSS avec - 14,8 %, chiffre dû surtout à la Russie et à l'Europe de l'Est, L'union européenne à 15 ayant augmenté de + 5,4 %.
Les émissions de la France étaient de 6,2 tonnes de CO2 par habitant en 2002, ce qui la plaçait en 50e position dans le monde, comme l'un des pays développés avec les plus faibles émissions par habitant[27], alors que les États-Unis avaient des émissions de 20,1 tonnes de CO2 par habitant, ce qui les plaçait en 7e position dans le monde[28].
| En millions de tonnes de CO2 (et non en T Eq.Carbone) | 1990 | 2005 | 2006 | 2007 | Part 2006 en % | Écart (%) 2005-2006 | Écart 1990-2006 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Amérique du Nord | 5588 | 6743 | 6654 | 6780 | 23,8 | -1,4 | +19,0 |
| Canada | 432 | 556 | 538 | 573 | 1,9 | -3,1 | +24,7 |
| États-Unis | 4863 | 5785 | 5697 | 5769 | 20,3 | -1,5 | +17,1 |
| Mexique | 293 | 402 | 416 | ? | 1,5 | +3,5 | +42,1 |
| Amérique latine | 603 | 932 | 978 | 1016 | 3,5 | +4,3 | +61,2 |
| Europe et ex-URSS | 7945 | 6654 | 6768 | 6747 | 24,2 | +1,7 | -14,8 |
| Union européenne à 27 | 4063 | 3979 | 3988 | 3926 | 14,2 | +0,1 | -2,0 |
| dont : Union européenne à 15 | 3091 | 3270 | 3264 | 3200 | 11,6 | -0,4 | +5,4 |
| Allemagne | 950 | 811 | 823 | 798 | 2,9 | +1,5 | -13,4 |
| Espagne | 206 | 339 | 332 | 345 | 1,2 | -3,5 | +59,2 |
| France | 352 | 387 | 378 | 369 | 1,3 | -2,4 | +7,2 |
| Italie | 398 | 454 | 455 | 438 | 1,6 | -1,3 | +12,6 |
| Pays-Bas | 157 | 183 | 178 | ? | 0,6 | -2,4 | +13,9 |
| Pologne | 344 | 294 | 306 | ? | 1,1 | +4,0 | -11,0 |
| Royaume-Uni | 553 | 535 | 536 | 523 | 1,9 | +0,2 | -3,0 |
| Autres pays hors UE à 27 | 3882 | 2675 | 2785 | ? | 9,9 | +4,1 | -28,3 |
| dont Russie | 2180 | 1531 | 1587 | 1587 | 5,7 | +3,7 | -27,2 |
| Afrique | 549 | 832 | 847 | 882 | 3,1 | +2,7 | +55,5 |
| Moyen-Orient | 588 | 1227 | 1309 | 1389 | 4,6 | +5,2 | +119,6 |
| Extrême-Orient | 4819 | 9395 | 10063 | 10695 | 35,9 | +7,0 | +108,6 |
| dont : Chine | 2244 | 5101 | 5645 | 6071 | 20,2 | +10,7 | +151,7 |
| Corée du Sud | 229 | 469 | 477 | 489 | 1,7 | +1,5 | +107,6 |
| Inde | 589 | 1161 | 1244 | 1324 | 4,5 | +7,7 | +112,1 |
| Japon | 1071 | 1228 | 1202 | 1236 | 4,3 | -1,2 | +13,2 |
| Océanie | 281 | 423 | 428 | 432 | 1,5 | +1,8 | +53,4 |
| dont : Australie | 260 | 387 | 394 | ? | 1,4 | +1,9 | +51,8 |
| Soutes internationales maritimes et aériennes | 613 | 940 | 980 | ? | 3,5 | +4,2 | +59,7 |
| Monde | 20988 | 27146 | 28003 | ? | 100,0 | +3,2 | +33,4 |
Jean-Marc Jancovici propose dans l'outil de bilan carbone proposé par l'ADEME trois démarches pour agréger les résultats de mesure[30] :
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