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| Homme et femme sur la plaque de Pioneer | |||
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| Classification | |||
| Règne | Animalia | ||
| Embranchement | Chordata | ||
| Sous-embr. | Vertebrata | ||
| Classe | Mammalia | ||
| Sous-classe | Theria | ||
| Infra-classe | Eutheria | ||
| Ordre | Primates | ||
| Sous-ordre | Haplorrhini | ||
| Infra-ordre | Simiiformes | ||
| Micro-ordre | Catarrhini | ||
| Super-famille | Hominoidea | ||
| Famille | Hominidae | ||
| Sous-famille | Homininae | ||
| Tribu | Hominini | ||
| Genre | Homo | ||
| Nom binominal | |||
| Homo sapiens Linnaeus, 1758 |
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| Statut de conservation UICN : |
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| Répartition géographique | |||
Densité de population humaine dans le monde en 1994 |
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Homo sapiens[1], qui signifie « Homme savant » en latin ou Homme moderne, est une espèce de la famille des hominidés appartenant à l'ordre des primates. Plus communément appelé « homme », « humain », ou encore « être humain », il est le seul représentant actuel du genre Homo, les autres espèces, une quinzaine en l’état actuel des connaissances paléoanthropologiques, étant éteintes.
Parmi les hominidés actuels, il se distingue d’un point de vue physiologique par sa bipédie quasi-exclusive, son cerveau plus volumineux et son système pileux moins développé[2],[3].
D'un point de vue éthologique, le genre Homo se distingue par la complexité de ses relations sociales, l'utilisation d'un langage articulé élaboré transmis par apprentissage, la fabrication d'outils, la maîtrise du feu, la domestication de nombreuses espèces végétales et animales, ainsi que l'aptitude de son système cognitif à l'abstraction et à l'introspection.
Plus généralement, il se distingue de toute autre espèce animale actuelle par la complexité de ses réalisations techniques et artistiques, l'importance de l'apprentissage et de l'apport culturel dans le développement de l'individu, mais aussi par l'ampleur des transformations qu'il opère sur les écosystèmes[4].
Il est le dernier et seul descendant actuel de la lignée humaine et possède tous les caractères qui la définissent.
La science qui étudie l'homme sous tous ses aspects est l'anthropologie. Celle qui étudie son histoire évolutive est la paléoanthropologie.
Sommaire |
La dénomination binominale complète de l'espèce humaine est : Homo sapiens, Linné 1758.
Jusqu'en 2003, l'espèce Homo sapiens était subdivisée en deux groupes distincts, considérés comme deux sous-espèces, dont l'une était l'espèce humaine actuelle, et l'autre, une espèce cousine éteinte, celle de l'homme de Néandertal. Comme pour toute sous-espèce du règne animal la conséquence terminologique a été de créer des noms trinomiaux en rajoutant un adjectif, toujours latin (et en italique), après le nom d'espèce. C'est ainsi que l'espèce humaine était appelée Homo sapiens sapiens, et son cousin était appelé Homo sapiens neanderthalensis.
Depuis 2003, la majorité des scientifiques considèrent deux espèces séparées : Homo sapiens et Homo neanderthalensis.
Le mot français « homme » est une évolution du latin hominem, accusatif de homo, et se réfère avant toute chose à l'espèce Homo sapiens dans son ensemble (le nominatif homo a donné en français le pronom indéfini on[5]).
Le mot « homme », dans une deuxième acception, désigne aussi le mâle adulte, plus prosaïquement qualifié d'individu de sexe masculin (le latin classique utilisait, en ce sens, le mot vir, d'où dérivent les mots français « viril », « virilité »). Le terme « femme » pour sa part désigne la femelle adulte.
Les termes « garçon » et « fille » désignent respectivement le mâle et la femelle à leur stade infantile ou pubère. Ils renvoient aussi à l'individu adulte lorsque l'accent est mis sur la filiation.
On emploie aussi le terme « Humanité », au singulier et avec une majuscule, pour parler de l'espèce humaine dans son ensemble, ou pour désigner l'ensemble de la population humaine.
Certaines langues font la distinction entre l'homme « être humain » et l'homme « individu mâle » : par exemple le latin (homo = être humain et vir = être humain mâle), l'allemand (Mensch = être humain et Mann = être humain mâle) et le tchèque (člověk = être humain et muž = être humain mâle). En français, certains dialectes (dont celui de France) utilisent indistinctement le terme « homme » tantôt pour parler du mâle, tantôt pour parler de l'espèce, alors que d'autres (comme celui du Québec) préféreront les termes génériques « personne » et « humain » pour désigner un membre de l'espèce et réserveront la dénomination « homme » pour parler du mâle humain adulte. Les droits de l'Homme, par exemple, sont dénommés ainsi dans de nombreux pays francophones, mais, au Québec, on parle plutôt de « droits de la personne ».
Enfin, on peut mentionner l'emploi de la majuscule (Homme) pour distinguer l'espèce Homo sapiens de l'être humain mâle (homme).
Les recherches en paléoanthropologie, ainsi que des études en génétique consistant en des comparaisons de l'ADN mitochondrial et du chromosome Y entre différentes populations humaines actuelles[6] aboutissent à l'idée que la population humaine originelle se situait en Afrique, il y a approximativement 200 000 ans.
Les premiers représentants du genre Homo seraient apparus il y a environ 2,5 Ma.
L'un des éléments caractérisant le processus évolutif ayant accompagné l'émergence d’Homo sapiens serait la néoténie, c'est-à-dire une modification héréditaire du phénotype consistant en une persistance de caractères juvéniles à l'âge adulte. Certaines caractéristiques de la physiologie et de l'éthologie humaine actuelles seraient directement liées à la néoténie[2].
Pour les paléoanthropologues, les ossements fossiles d'hominidés peuvent être attribués à Homo sapiens s'ils présentent un certain nombre de critères distinctifs. Pour le crâne, ces critères comprennent une face réduite (angle facial entre 82 et 88 °), l'absence de bourrelet sus-orbitaire et un menton saillant.
De plus, ces caractères propres doivent être combinés à d'autres caractères comme un volume cérébral important, compris entre 1 400 cm3 et 1 600 cm3. Le fossile de l'homme de Florès n'a pas été attribué à Homo sapiens notamment en raison d'un volume cérébral de seulement 400 cm3.
Parmi les plus vieux ossements d’Homo sapiens connus pourraient figurer : 8 dents retrouvées dans la grotte de Quessem, à proximité de Tel Aviv, dont les plus vieilles seraient datées d'environ -400 000, hypothèse étudiée par M. Gopher et son équipe[7]. Figurent également deux crânes datés de -195 000 ans, et appelés Omo 1 et Omo 2. Viennent ensuite ceux de l'homme d'Herto, encore appelé Homo sapiens idaltu, datés d'environ -154 000 ans, puis les ossements de Qafzeh et Skhul en Israël/Palestine, datés respectivement de -97 000 et -80 000 ans. Parmi les fossiles célèbres, on compte celui de l'homme de Cro-Magnon, datés de -35 000 ans et découverts en France.
Un autre représentant du genre Homo, Homo neanderthalensis, a fait son apparition en Europe il y a 250 000 ans et a été contemporain d’Homo sapiens jusqu'à sa disparition, il y a environ 28 000 ans. On ignore presque tout de la nature de leurs relations.
L'homme moderne et ses ancêtres immédiats ne sont plus considérés comme des Homo sapiens sapiens, selon l'ancienne dénomination trinomiale, mais comme des Homo sapiens, dont ils sont les seuls représentants. Les êtres humains actuels appartiennent à cette seule espèce, et sa subdivision en races est considérée comme non pertinente d'un point de vue biologique.
D'un point de vue scientifique, l'apparition de l'homme résulte d'une évolution biologique à partir d'espèces ancêtres, d'abord des eucaryotes, puis des vertébrés, des tétrapodes et des mammifères arboricoles présentant une allure générale évoquant certains singes actuels. Cette évolution depuis notre ancêtre commun le plus récent avec les chimpanzés est relativement bien documentée grâce aux fossiles, bien que des lacunes existent, en particulier pour la lignée évolutive qui mena aux chimpanzés. Le fait que les deux espèces de chimpanzé, Pan troglodytes et Pan paniscus, soient considérés comme les espèces vivantes les plus proches de l'Homme est aussi établie par la phylogénétique.
Les séparations des lignées ayant mené aux différentes espèces de primates actuels, dont le genre Homo, se sont produites de manière successive. La séparation la plus récente entre la lignée humaine et celle d'une autre espèce de primate a été la bifurcation des Homininés en Hominines (lignée humaine) et Panines (lignée des chimpanzés). Selon une équipe de la Harvard Medical School à Boston, cette séparation s'est faite il y a moins de 6,3 Ma[8]. Toutefois, ces travaux indiquent également que cette séparation a été progressive car la comparaison des séquences des chromosomes X d’Homo sapiens et du chimpanzé montre des similitudes qui semblent refléter une période de réhybridation entre des Hominines et des Panines. Une hybridation significative entre au moins une espèce de chimpanzé d'une part, des espèces d'australopithèque et probablement des espèces d'homme d'autre part, conduisant à des échanges de gènes entre les deux tribus, a dû exister pendant peut-être quatre millions d'années selon les auteurs de ces travaux.
Les mécanismes orientant cette évolution ne sont pas encore entièrement compris mais la sélection naturelle semble avoir joué un rôle important : l'environnement aurait guidé notre évolution récente bien que les facteurs environnementaux responsables n'ont pas encore tous été identifiés.
Les théories scientifiques se sont d'abord centrées sur l'évolution de la taille du cerveau qui aurait précédé chronologiquement les autres évolutions adaptatives de l'être humain (théorie du singe au gros cerveau). Toutefois, la découverte de Lucy qui avait une démarche déjà bipède mais un cerveau de faible volume vint infirmer cette hypothèse, la bipédie étant de loin plus ancienne que l'augmentation du volume cérébral. Des empreintes de pas fossilisées datant de 3,75 Ma, trouvées à Laetoli en Tanzanie, montrent une bipédie archaïque. Des empreintes comparables aux nôtres et datant de 1,51 à 1,52 Ma ont été trouvées au Kenya à Ileret[9].
Une étude, publiée en 2008 dans la revue Science, a été réalisée sur l'ADN de près d'un millier d'individus : la comparaison de 650 000 nucléotides chez 938 individus appartenant à 51 ethnies a montré que le génome des humains est identique à 99,9 %, soit une similitude qui ne se retrouve chez aucune autre espèce de mammifère. Elle est explicable par l'extrême jeunesse de l'espèce humaine car 60 000 ans ne sont pas suffisants pour permettre des grandes variations génétiques. Il existerait toutefois une variabilité très faible esquissée après la scission des populations ancestrales africaines en 7 branches isolés par des barrières géographiques. Ainsi une légère divergence génétique existerait entre les africains subsahariens, les européens, les habitants du Moyen-Orient, les asiatiques de l'Est, les asiatiques de l'Ouest, les océaniens et les indiens d'Amérique mais ces différences ne sont pas significatives puisqu'elles ne tiennent compte que d'un nombre relativement faible de nucléotides, les autres nucléotides pouvant grandement diverger, même au sein de l'un de ces « groupes ». Les mouvements de populations accélérés au sein de la société moderne vont probablement atténuer rapidement les quelques variantes génétiques apparues au cours de l'évolution de l'espèce humaine[10].
Les espèces actuellement les plus proches de l'humain sont les deux espèces de chimpanzé : Pan troglodytes (le chimpanzé commun) et Pan paniscus (le bonobo). Par leur proximité phylogénétique avec l’homme, viennent ensuite le gorille et l'orang-outan. Le génome des humains (d'une longueur approximative de 3,2 milliards de paires de nucléotides) ne diffère que de 0,27 % de celui des chimpanzés et de 0,65 % de celui des gorilles. Ces chiffres conduisent à estimer que notre lignée s'est séparée de celle des chimpanzés il y a environ cinq millions d'années, et des gorilles il y a environ sept millions d'années.
La démarche phylogénétique part de l'idée que la vie évolue des formes les plus simples aux plus organisées, avec acquisition de plus en plus de caractéristiques nouvelles, même si des pertes secondaires de caractères peuvent se produire au sein des lignées. Ainsi, l'espèce humaine fait partie, comme toute autre espèce du vivant, de plusieurs groupes emboîtés dont chacun est caractérisé par un caractère nouveau, qui se rajoute à ceux déjà accumulés. L'espèce des homo sapiens est classée dans :
Dans le groupe des primates, Homo sapiens fait partie[11] des :
Homo sapiens appartient au genre Homo au même titre qu’Homo habilis, Homo erectus, l'homme de Néandertal ou l'homme de Flores (éteints).
Bien que le terme de race chez les humains soit encore employé, et que les notions de sous-espèce ou de variété soient utilisées dans le monde vivant, il n'existe aucune subdivision biologique à l'intérieur de l'espèce humaine.
L'évolution vers Homo sapiens se caractérise par les éléments suivants :
Les liens entre ces éléments, leur valeur adaptative, et leur rôle dans l'organisation sociale est sujet à débat parmi les anthropologues. La taille moyenne des hommes, en 2010, en France, est de 1,75 m, et celle des femmes de 1,62 m, pour des masses respectives moyennes de 75 et 61 kg. Les données individuelles sont très variables autour de ces moyennes, avec une forte influence de facteurs environnementaux, des comportements et des régimes nutritionnels. Les moyennes elles-mêmes varient beaucoup selon les populations et les époques.
| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 3 | 2 | 1 | 2 | 2 | 1 | 2 | 3 |
| 3 | 2 | 1 | 2 | 2 | 1 | 2 | 3 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 32 | |||||||
| Dentition permanente humaine | |||||||
Les jeunes naissent avec une masse autour de 3 kg, et une taille d'environ 50 à 60 cm, après une gestation de neuf mois. Totalement dépendants à la naissance, leur croissance dure plusieurs années. La maturité sexuelle survient entre 12 et 15 ans. La croissance des garçons continue souvent jusque vers 18 ans (la croissance se termine vers 21-25 ans avec la solidification de la clavicule). L'espérance de vie est très dépendante des conditions matérielles et de la disponibilité de soins médicaux. L'espérance de vie se situe aujourd'hui autour de 75 ans dans les pays les plus riches, et est inférieure à 40 ans dans les plus pauvres. Des cas isolés de longévité approchent 120 ans, et la personne ayant vécu le plus longtemps sans doute possible sur son âge est la Française Jeanne Calment, qui a vécu plus de 122 ans.
L'être humain possède 23 paires de chromosomes.
Tout comme la plupart des primates, l'être humain se caractérise par ses deux jambes, et ses deux bras. Contrairement à la majorité des primates, les bras sont nettement plus courts que les jambes (les bras mesurent généralement les 3 quarts de la longueur des jambes), et ne sont pas habitués à la marche. On remarque la présence d'une voûte plantaire. Les jambes quant à elles sont plus longues que la hauteur du torse, et adaptées à la bipédie permanente.
Homo sapiens est un primate dont la caractéristique physique la plus manifeste est sa station debout : la colonne vertébrale est redressée et les membres antérieurs ne s'appuient pas sur le sol.
La hauteur d'un individu adulte est généralement comprise entre 1,40 et 2 m. Cet écart peut néanmoins s'étendre d'environ 70 cm à environ 2,70 m, dans les deux extrêmes du nanisme et du gigantisme. Le poids moyen est d'environ 80 kg.
Par rapport aux autres espèces de primates, sa pilosité est beaucoup moins importante[2] ; celle-ci est essentiellement limitée à certaines parties du corps, notamment le cuir chevelu, les aisselles, et le pubis.
La couleur de la peau humaine présente une grande variété (noire, marron, beige ou rosée), liée à la présence plus ou moins abondante d'un même pigment brun, la mélanine. Les couleurs les moins sombres correspondent aux populations non originaires de la zone intertropicale. Elles constituent une adaptation génétique à une insolation moins importante[12],[13]. En Afrique, les albinos sont sujets à des cancers de la peau de manière plus fréquente que les individus ayant une production de mélanine normale[14]. L’homme a un besoin vital de soleil pour assurer sa survie. Plus il s’est trouvé sous des latitudes de faible ensoleillement, plus sa peau s’est éclaircie pour lui permettre de recevoir la dose de soleil salutaire à sa survie. C’est la quantité de mélanine (filtre UV naturel) qui donne sa couleur à la peau. La peau noire a un très haut pouvoir filtrant, mais la dépigmentation régressive de l’homme noir à l’homme blanc a suivi la migration climatique des nouveaux espaces[12].
La peau humaine se ride, s’amincit et perd son élasticité avec l’âge. Le phénomène de perte de l’élasticité de la peau peut être observé par le test consistant à pincer et à tirer légèrement la peau du dessus de la main et à mesurer le temps qu'elle met pour reprendre son aspect normal une fois relâchée. L’écart entre un sujet jeune et un sujet âgé est d’environ une seconde. Certaines pratiques à visée ornementale ou rituelle peuvent modifier l'aspect de la peau et y faire apparaître des motifs divers[15].
Les humains présentent plusieurs caractères sexuels secondaires. La femme montre une pilosité moins abondante sur le corps, à l'exception notable du cuir chevelu. En effet le cycle de croissance des cheveux est de cinq ans chez la femme, et de trois ans chez l'homme. Les cheveux poussent aussi plus rapidement chez la femme, ce qui, combiné à des facteurs culturels, peut expliquer que sa chevelure est souvent plus longue que celle de l'homme. La femme a des seins proéminents en-dehors même des périodes de gestation et d’allaitement, une tessiture vocale haute, un bassin plus large et un rapport taille-hanche inférieur. Chez l'adulte de sexe masculin, la pilosité est en général plus abondante, le bassin est étroit, la musculature plus puissante, la voix plus grave, etc. Toute considération ethnique mise à part, la couleur de la peau est plus sombre chez l'homme que chez la femme. Cette différence serait due à l'influence de certains œstrogènes sur la sécrétion de mélanine[16]. Chez la femme, la position des mamelles peut devenir handicapante et géner la station debout: cet inconvénient naturel est corrigé par le port du soutien-gorge.
L’humain porte généralement des vêtements, recouvrant presque toujours au moins les parties génitales. Cet usage de vêtements ou de peaux d’animaux pour dissimuler les parties génitales est très ancien[2]. Des outils et accessoires divers, comme des lunettes ou une canne, sont aussi parfois utilisés.
Contrairement à la plupart des autres primates, l'être humain n'est que peu apte à la brachiation. Seul un individu jeune et en bonne santé peut, après entraînement, effectuer ce type de locomotion. L'anatomie humaine conserve cependant les caractéristiques associées que sont la flexibilité des épaules permettant de lever les bras au-dessus du corps, ainsi que les mains préhensiles.
L’homme est par contre spécialisé dans la bipédie, dont il maîtrise parfaitement les deux allures : la marche et la course. Sa marche est plantigrade, mais sa course peut être digitigrade aux allures les plus rapides. Il marche à une vitesse de quelques km/h, et court à des vitesses comprises entre 6 et 30 km/h. Après entraînement, certains individus sont capables, départ arrêté, de parcourir cent mètres en moins de dix secondes[17].
La marche sur de longues distances est favorisée par l'absence de pelage, qui contribue à la thermorégulation en favorisant la sudation. Cette aptitude à la marche, déjà présente chez Homo erectus, a très certainement contribué aux premières colonisations des différents continents[réf. nécessaire]. Les ossements d’Homo erectus comptent en effet parmi les plus anciens restes d'Homininés découverts hors du continent africain.
L’homme est capable, de manière occasionnelle et selon les situations, de ramper, grimper, sauter, nager.
Les aptitudes physiques de l’être humain présentent un dimorphisme sexuel, la puissance musculaire et l’endurance des femmes étant inférieures à celles des hommes. À titre indicatif, l'actuel record du monde de l'épreuve féminine du 100 mètres est de 10 s 49, contre 9 s 58 pour l'épreuve masculine.
De tous les animaux à système nerveux central, l’homme est probablement celui qui a le cerveau le plus développé et performant. Ses seuls rivaux dans ce domaine sont certains cétacés. Les capacités de l'esprit humain notamment en termes de mémoire, d'imagination et d'abstraction sont probablement ce qui explique le mieux le succès évolutif de l'espèce.
L’homme est capable d’appréhender les règles qui organisent le monde qui l’entoure, de près comme de loin : du mouvement des astres aux lois qui structurent la matière, en passant par les règles qui organisent l’espace et les principes nécessaires à l’induction.
Plus précisément, on peut dire que depuis le milieu du XXe siècle, Homo sapiens est capable d’appréhender toutes les règles qui régissent l’organisation du monde visible, à l’exception de celles qui sont à l’origine des forces subatomiques, et des raisons qui font que la matière courbe l’espace-temps. En effet selon le prix Nobel de physique Richard Feynman, ces deux domaines sont les seuls qui ne sont pas couverts par l’Électrodynamique quantique[18],[19].
Cette aptitude à comprendre le monde s'est traduite, au cours des deux derniers millénaires, par l'accumulation d'un ensemble de connaissances appelées « sciences » et le développement d'outils divers appelés « techniques ». L'attitude plus générale qui consiste à clarifier sa pensée et à chercher à comprendre le monde par-delà les seules considérations matérielles, est quant à elle appelée philosophie.
Cependant ces savoirs collectifs résultent de l'échange et de la spécialisation. La totalité des connaissances n'est jamais maîtrisée par un seul individu.
Comme d'autres mammifères supérieurs[réf. nécessaire], l'être humain met en jeu ses capacités cognitives dès le stade infantile, lors des apprentissages et à travers le jeu.
Les capacités cognitives de l'être humain lui permettent d'avoir conscience de lui-même. Comme quelques espèces animales, il réussit systématiquement le test du miroir.
Selon certains auteurs[20],[21], les capacités cognitives d’Homo sapiens présenteraient elles aussi un certain dimorphisme sexuel : les femmes seraient, en moyenne, plus aptes à maîtriser les subtilités du langage et auraient plus d’adresse manuelle, alors que les hommes seraient plus performants en matière d’orientation dans l’espace et de raisonnement logique.
Selon d'autres, comme Catherine Vidal (neurobiologiste)[22],[23] ou Guillaume Carnino[24], il n'y a pas de dimorphisme sexuel en ce qui concerne les capacités cognitives. Le cerveau humain étant extrêmement plastique, ce sont l'éducation ou la culture qui peuvent induire des différences de capacités cognitives entre les sexes.
Homo sapiens, bien que dépourvu de l'aptitude à digérer la cellulose, est omnivore ;[réf. nécessaire] ainsi, un humain végétarien, ou un humain zoophage, demeurent, au niveau strictement biologique, omnivore : l'alimentation humaine est donc un attitude culturelle avant tout, et l'humanité dans son ensemble n'est pas « omnivore » culturellement (le cannibalisme par exemple est une pratique très minoritaire au sein de l'humanité actuelle ; et même chez les humains pratiquant l'anthropophagie, des interdits alimentaires existent (l'animal totémique de la tribu n'était jamais tué, mais vénéré), comme de facto il y a des interdits alimentaires sur la consommation de viande de chiens et de chats en Occident).
Initialement chasseurs-cueilleurs, les humains forment depuis le Néolithique des sociétés de producteurs basées sur l'agriculture et l’élevage.[réf. nécessaire]
De nos jours, les hommes [Lesquels ?] consomment des aliments très diversifiés, qu'ils soient d'origine végétale ou animale. La base de leur alimentation est toutefois constituée de féculents, issus en particulier de trois céréales: le blé, le maïs et le riz. Cette propension à consommer des féculents semble être une spécialisation humaine: le taux d'amylase dans la salive humaine est en effet de six à huit fois plus élevé que dans la salive d'autres hominidés comme le chimpanzé[25].
Une particularité de l'alimentation humaine est que la plupart des aliments sont cuits, en particulier la viande. Outre la facilitation de la digestion, la cuisson améliore l'innocuité bactériologique des aliments.
L'humain possède une appétence prononcée pour certaines saveurs, notamment le salé et le sucré, que l'on retrouve normalement assez peu dans les aliments naturels.[réf. nécessaire]
Dès le Néolithique, la plupart des sociétés humaines ont fait fermenter des jus de fruits divers ou autres solutions végétales, afin d'en obtenir une boisson alcoolisée. L'alcool a en effet longtemps été le moyen le plus simple d'assurer l'asepsie des boissons et ainsi de permettre le transport de l'eau sur de longues distances, ou son stockage pendant de longues périodes.
L'ensemble des habitudes alimentaires de chaque culture est regroupé sous le terme de gastronomie.
Comme tous les mammifères placentaires, l'espèce humaine est vivipare. Les soins apportés aux jeunes sont importants.
La puberté se manifeste en moyenne vers l'âge de 12 à 15 ans. La ménarche intervient chez les jeunes filles vers l'âge de 11 ans (parfois dès l’âge de 8 ans)[réf. nécessaire]. Pour les garçons, la capacité à procréer est en théorie continue, de la puberté jusqu'à la fin de la vie. Chez la femme, cette capacité disparaît à la ménopause qui survient entre 40 et 50 ans (certaines femmes sont ménopausées dès l’âge de 35 ans). La ménopause n’existe chez aucune autre espèce de primate[26]. Chez les autres femelles de primates, la fécondité diminue avec l'âge, mais cela ne se produit pas de la façon soudaine ni avec les symptômes secondaires caractéristiques que l'on observe chez la femme (bouffées de chaleurs, sécheresse vaginale et cutanée, etc.)[26]. La ménopause pourrait être un avantage sélectif acquis au cours de l'hominisation[27]. L'andropause chez l'homme n'est pas l'équivalent de la ménopause chez la femme.
Le cycle ovarien dure environ 28 jours et est marqué par les menstruations. Contrairement à la plupart des femelles primates, la femme ne manifeste pas de chaleurs et la période de meilleure fécondité n'est donc pas directement décelable par les mâles[2],[26]. Cependant, il est avéré que le comportement des femmes, en particulier lors de la recherche d'un partenaire sexuel, est sensiblement différent pendant l'œstrus[28]. L'homme quant à lui serait plus attiré par les femmes en période d'ovulation, en raison de modifications physiques de la femme[29].
Les hommes et les femmes, à l'instar des bonobos ou des chimpanzés[réf. nécessaire], peuvent pratiquer le coït de façon ludique ou sociale, ou avoir des pratiques sexuelles à visée non reproductive, comme l'homosexualité ou la sexualité orale. Le coït est souvent la manifestation d'un très fort attachement affectif et émotionnel. Il est le plus souvent nocturne et fait l'objet de préliminaires[2]. La masturbation est également pratiquée par les deux sexes et à tous âges.
Chez l'humain il n'existe pas à proprement parler de parade nuptiale et même si certaines occasions, différentes selon les cultures, peuvent s'avérer plus propice que d'autres à la formation de couples. Le coït peut s'effectuer selon diverses positions.
Du fait de sa station debout, les parties génitales de la femme sont invisibles. Selon certains auteurs, la femme parviendrait néanmoins à exciter sexuellement l'homme en exhibant sa poitrine et ses lèvres, dont les formes, inhabituelles pour une femelle primate, auraient évolué pour évoquer respectivement celles de ses fesses et de sa vulve[26]. Cette théorie reste toutefois controversée[réf. souhaitée].
Bien que le coït reste la principale méthode de fécondation, la femme peut avoir recours à des techniques de procréation médicale assistée, telles que l'insémination artificielle et la fécondation in vitro, que ce soit dans le cadre de la lutte contre la stérilité, ou pour les femmes célibataires ou en couple homosexuel. Inversement, les êtres humains ont la particularité de pouvoir contrôler et réduire consciemment leur fécondité en empêchant la fécondation lors du coït, par diverses méthodes dites de contraception.
Pour l'espèce humaine, la gestation est appelée grossesse et dure environ neuf mois. Elle est le plus souvent monoembryonnaire, même si une grossesse sur quarante[réf. nécessaire] est gémellaire. La parturition est appelée accouchement. Celui-ci s'effectue le plus souvent dans la douleur du fait des contractions utérines, de la dilatation cervicale et de la distension périnéale[30]. L'accouchement ne se fait pas toujours par voie basse : le recours à la césarienne, pratiquée depuis l'antiquité, représente parfois plus de 30% des naissances dans certains pays développés[31]. Par ailleurs, l'être humain est capable, à l'aide de dispositifs techniques divers, d'assurer la survie d'un enfant prématuré à partir d'un âge gestationnel d'environ vingt-cinq semaines[32].
À la naissance, le petit est complètement dépendant de sa mère. Cette dernière peut l'allaiter pendant plusieurs mois, parfois plus d'une année, et le garde à ses côtés au moins jusqu'à la puberté.
Même s'il existe des exceptions, Homo sapiens possède une très forte tendance monogame[2]. Les couples forment le plus souvent la base de la structure familiale et sociale, s'établissent dès la puberté et durent en général jusqu'à la mort. Cette tendance s'explique par le très fort investissement que nécessitent la protection et l'éducation des enfants, rendant nécessaire d'un point de vue évolutif la cohésion du couple. Il s'agit là encore d'un caractère distinguant l'Homme des autres hominidés. L'espèce humaine est une espèce à stratégie de reproduction de type K.
Cette tendance monogame est cependant contrariée par la discrétion de l'œstrus évoquée précédemment et par les différences mentionnées de comportements pendant cette période[26],[28]. Ces caractéristiques permettent en effet à la femme de diversifier l'apport en matériel génétique extérieur, tout en bénéficiant du soutien et de l'apport en ressources de l'homme avec lequel elle a établi un foyer[2],[33],[34].
L’homme est un animal diurne, même s’il peut se tenir éveillé la nuit. Son rythme circadien n'est d'ailleurs pas tout à fait ajusté à la durée du jour[réf. souhaitée].
Comme tous les hominidés[35], l’homme manifeste un comportement social complexe et dispose d'aptitudes à la communication telles qu'une expressivité faciale, accentuée chez lui par la mobilité des sourcils qu'offre l'absence de bourrelet sus-orbitaire[2]. Il est en plus capable de vocaliser un langage articulé complexe, appelé parole, et dont l'usage particulier, appelé langue[36], se transmet de façon culturelle[37].
L’homme dispose aussi d’un réflexe respiratoire et nerveux, appelé rire, qui permet d’exprimer la joie ou l’incongruité d’une situation. Le rire semble inné et propre à l’espèce, mais il existerait néanmoins sous une forme moins accentuée chez d’autres primates et même chez les rats. Le rire est doté d’un pouvoir communicatif et peut faire office de signal d’apaisement dans une situation éventuellement conflictuelle.
Le rire possède une version atténuée se limitant à une expression faciale, appelée sourire, qui semble ne pas avoir d'équivalent non plus chez les autres hominidés à l'exception peut-être du chimpanzé[réf. nécessaire]. Contrairement au rire, le sourire peut être déclenché de façon consciente[2], ce qui lui fait jouer un rôle particulier dans les conventions sociales : le sourire est dans certaines cultures un élément de salutation requis par la politesse[38].
Les humains sont aussi capables de pleurer, surtout dans les premiers stades de leur vie.
Les humains forment des sociétés complexes et souvent hiérarchisées, dont le fonctionnement est essentiellement basé sur une répartition des activités qui peut prendre la forme de la division du travail. Au sein de ces sociétés, chaque individu peut avoir des moyens de subsistance extrêmement variés, qui dépendent du type de société dont il s’agit, et de la position hiérarchique qu’il y occupe[39]. Ces sociétés s'affrontent souvent dans des conflits appelés guerres, le plus souvent liés au partage des ressources ou à l'occupation territoriale.
Homo sapiens manifeste une activité culturelle variée, qui se présente notamment sous forme :
On admet qu'il existe des cultures simples chez les autres primates actuels (méthode de toilettage, outils à termites…)[40] mais ce n'est qu'au sein de l'espèce humaine que l'on constate une modification de la culture avec un aspect cumulatif, ce qui lui permet d'atteindre un haut niveau de complexité[41]. Cette dernière considération est néanmoins mis en abîme par la déconstruction, qui a mis au point une relativisation de ces schèmes vus comme métaphysiquement orientés (par le christianisme notamment) et digérés, assimilés, par les classifications scientifiques voulues pourtant objectives (et malgré tout représentatives de la subjectivité culturelle de ceux qui les ont créées) ; ainsi, le philosophe Jacques Derrida, concevant la question de l'« animal » comme une réponse à la question du propre de l'« homme », met en doute la capacité à ce dernier d'être en droit de se faire valoir culturellement toujours aux dépens de l'« animal », alors qu'il semble bien que ce réflexe conceptuel soit, par essence, un préjugé, et non le fruit d'un raisonnement philosophique garant de ce droit :
« Il ne s'agit pas seulement de demander si on a le droit de refuser tel ou tel pouvoir à l'animal (parole, raison, expérience de la mort, deuil, culture, institution, technique, vêtement, mensonge, feinte de la feinte, effacement de la trace, don, rire, pleur, respect, etc. – la liste est nécessairement indéfinie, et la plus puissante tradition philosophique dans laquelle nous vivons a refusé tout cela à l'« animal »), il s'agit aussi de se demander si ce qui s'appelle l'homme a le droit d'attribuer en toute rigueur à l'homme, de s'attribuer, donc, ce qu'il refuse à l'animal, et s'il en a jamais le concept pur, rigoureux, indivisible, en tant que tel. »
— L'Animal que donc je suis (p. 185), Jacques Derrida.
Un aspect important de la culture humaine [Laquelle ?], qui améliore à la fois sa transmission et son accumulation (mais aussi le dogmatisme), est l'existence de l'écriture.
La culture est hétérogène et différencie des groupes d'individus. L'étude de ces groupes appelés peuples et de leurs différentes caractéristiques est l'objet de l'ethnologie.
Les premières cultures techniques qui se sont traduites par la confection des premiers outils ou la maîtrise du feu sont bien antérieures à Homo sapiens. Les premiers rites funéraires sûrement liés à des croyances, les premiers objets artistiques ou décoratifs sont attribués à Homo neanderthalensis[42]. En revanche, l'art préhistorique, qu'il soit pariétal, rupestre ou mobilier, et les premières représentations humaines font leur apparition au début du Paléolithique supérieur, chez l'espèce humaine moderne.
Bien que les premières manifestations de préoccupations esthétiques ou symboliques soient attribuables à l'homme de Néandertal et datent du Paléolithique moyen, les plus anciennes représentations humaines sont le fait d’Homo sapiens et peuvent être datées du Paléolithique supérieur (vers 40 000 à 10 000 ans BP). Ainsi à l'Aurignacien (vers 40 000 à 28 000 ans BP), premier faciès culturel attribué à l'homme en Europe, sont associées les statuettes de Vogelherd, de Geissenklösterle et de Hohlenstein-Stadel qui restituent des figures en ronde bosse représentant des mammouths, des félins, des ours, des chevaux et des hommes. Dans l'art pariétal, la représentation de vulves féminines et d'individus mi-homme mi-animal est attestée, comme à la grotte Chauvet[43]. Au Gravettien (29 000 à 22 000 ans BP) sont sculptées des figures féminines dites « Vénus paléolithiques ». Au Magdalénien (19 000 à 10 000 ans BP), les représentations humaines sur paroi ou sur objet se font plus fréquentes.
Main négative de la Grotte du Pech Merle, -25 000 ans
Certains aspects de la culture humaine, notamment la médecine, et les connaissances scientiques et techniques, influencent les processus biologiques et reproductifs, et ont un impact sur l'espérance de vie ou la fécondité, et sur la démographie[44].
Par sa capacité à maîtriser des techniques lui permettant d'affronter des conditions climatiques difficiles, Homo sapiens prospère sur toutes les latitudes et sur tous les continents, à l'exception notable de l'Antarctique.
Il a tendance à se regrouper à l'intérieur de villes et de grandes cités de plusieurs millions d'habitants, situées le plus souvent en bordure d'un cours d'eau. Ailleurs, il occupe l'espace indirectement, notamment de par son activité agricole, qui façonne le paysage et influe énormément sur les écosystèmes.
Il ne connaît actuellement aucun prédateur[réf. nécessaire], à part peut-être lui-même, car il subsiste encore en zone intertropicale (bassin du Congo, Papouasie) des tribus traditionnellement anthropophages.
L'homme peut chasser n'importe quelle espèce animale, et est même capable de chasser des animaux normalement considérés comme des superprédateurs. Pour cette raison, l'homme est parfois considéré comme le superprédateur ultime.
L'effectif humain était estimé à 6,785 milliards d'individus au 21 septembre 2009[45]. Il a particulièrement augmenté au cours du vingtième siècle. À titre indicatif, il était inférieur à 2 milliards d'habitants en 1900[46].
On s'attend à ce que la population mondiale atteigne un pic aux alentours de 9 milliards d'individus en 2050, et qu'ensuite elle diminue sensiblement en raison du phénomène de transition démographique. On ignore à l'heure actuelle à quel niveau elle pourrait se stabiliser, ni même si elle se stabilisera[47]. L'éventualité d'un crash démographique est en effet envisagée.
Homo sapiens exerce un impact important sur son environnement, essentiellement du fait de ses activités agricoles et industrielles.
Son besoin [Pourquoi ?] en surfaces agricoles [Lesquelles ?] l'a amené et l'amène encore à déforester, ce qui a tendance à provoquer la réduction voire la destruction du milieu de vie de nombreuses espèces animales et végétales. Ce phénomène est notamment important au niveau des forêts tropicales et humides telles que celles d'Amérique du Sud et d'Indonésie. La disparition d'espèces animales et végétales qui en découle, est parfois appelée extinction de l'holocène.
Etant donné que depuis le XXe et XXIe siècle la consommation de viande progresse (a quintuplé en Europe en un siècle) chez les humains pratiquant la zoophagie (le végétarisme est une pratique qui ne progresse dans le monde qu'à titre individuel), et que cette hausse de la demande en viande signifie une industrialisation de l'élevage (zootechnie ou eugénisme, élevage concentrationnaire, etc.), la dégradation de la condition animale est un des signes les plus fondamentaux – bien qu'« invisibles » – de la dégradation générale de l'environnement, selon les philosophes de la déconstruction, ce que révèle dans son dernier ouvrage (questionnant notre humanité ou animalité) le philosophe Jacques Derrida, qui considère que :
« De quelque façon qu'on l'interprète, quelque conséquence pratique, technique, scientifique, juridique, éthique, ou politique qu'on en tire, personne aujourd'hui ne peut nier cet événement, à savoir les proportions sans précédent de cet assujettissement de l'animal. (...) Personne ne peut plus nier sérieusement et longtemps que les hommes font tout ce qu'ils peuvent pour dissimuler ou pour se dissimuler cette cruauté, pour organiser à l'échelle mondiale l'oubli ou la méconnaissance de cette violence que certains pourraient comparer aux pires génocides (il y a aussi des génocides d'animaux : le nombre des espèces en voie de disparition du fait de l'homme est à couper le souffle). De la figure du génocide il ne faudrait ni abuser ni s'acquitter trop vite. Car elle se complique ici : l'anéantissement des espèces, certes, serait à l'œuvre, mais il passerait par l'organisation et l'exploitation d'une survie artificielle, infernale, virtuellement interminable, dans des conditions que des hommes du passé auraient jugées monstrueuses, hors de toutes les normes supposées de la vie propre aux animaux ainsi exterminés dans leur survivance ou dans leur surpeuplement même. Comme si, par exemple, au lieu de jeter un peuple dans des fours crématoires et dans des chambres à gaz, des médecins ou des généticiens (par exemple nazis) avaient décidés d'organiser par insémination artificielle la surproduction et la surgénération de Juifs, de Tziganes et d'homosexuels qui, toujours plus nombreux et plus nourris, aurait été destinés, en nombre toujours croissant, au même enfer, celui de l'expérimentation génétique imposée, de l'extermination par le gaz et par le feu. Dans les mêmes abattoirs. (...) Si elles sont « pathétiques », ces images, c'est aussi qu'elles ouvrent pathétiquement l'immense question du pathos et du pathologique, justement, de la souffrance, de la pitié et de la compassion. Car ce qui arrive, depuis deux siècles, c'est une nouvelle épreuve de cette compassion. »
— Jacques Derrida, L'Animal que donc je suis.
L'agriculture moderne fait un usage intensif de pesticides et de désherbants, dont l'innocuité sur la qualité des sols ne fait pas l'unanimité[réf. nécessaire].
Le besoin croissant en énergie (industrie, chauffage, transports) pose essentiellement problème du fait de l'utilisation d'énergies fossiles, qui par leur combustion dégagent des gaz dits à effet de serre contribuant au réchauffement climatique.
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