| Italien Italiano |
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|---|---|
| Parlée en | 25 autres pays |
| Nombre de locuteurs | 65 à 80 millions |
| Typologie | SVO syllabique |
| Classification par famille | |
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| Statut officiel | |
| Langue officielle de | |
| Régi par | Accademia della Crusca (non officiellement) |
| Codes de langue | |
| ISO 639-1 | it |
| ISO 639-2 | ita |
| ISO 639-3 | ita |
| Linguasphere | 51-AAA-q |
| IETF | it |
| Échantillon | |
| article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (voir le texte en français) Articolo 1 |
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L'italien est une langue appartenant au groupe des langues romanes de la famille indo-européenne. Il existe un très grand nombre de dialectes italo-romans.
Dante a donné à l'italien le surnom de langue de sì en le comparant à la langue d'oc (occitan) et à la langue d'oïl (français), selon la manière de dire « oui » dans ces trois langues.
Comme beaucoup de langues nationales, l'italien moderne est un dialecte qui a « réussi » en s'imposant comme langue propre à une région beaucoup plus vaste que sa région dialectale originelle. En l'occurrence, c'est le dialecte toscan, de Florence, Pise et Sienne, qui s'est imposé, quoique dans sa forme illustre (koinè littéraire à base florentine enrichie par des apports siciliens, latins et d'autres régions italiennes) non pas pour des raisons politiques comme c'est souvent le cas, mais en raison du prestige culturel qu'il véhiculait. Le toscan est en effet la langue dans laquelle ont écrit Dante Alighieri, Pétrarque et Boccace, considérés comme les trois plus grands écrivains italiens de la fin du Moyen Âge. C'est aussi la langue de la ville de Florence, réputée pour sa beauté architecturale et son histoire prospère. C'est donc sans surprise que l'italien fut pendant longtemps la langue internationale de la culture et des arts, et que le vocabulaire de toutes les langues européennes conserve jusqu'à nos jours un grand nombre de termes italiens sont utilisés en musique, lesquels sont même repris dans d'autres langues, comme le japonais.
Les normes générales de grammaire italienne ne furent pourtant fixées que dans la Renaissance, avec la réforme linguistique de Pietro Bembo, érudit vénitien collaborateur d'Alde Manuce, qui en exposa les idées fondamentales dans Gli Asolani.
Avant le développement de la République romaine, c'est l'étrusque qui était parlé en Toscane et dans le nord du Latium. Si la langue étrusque n'a pas survécu à l'immense influence qu'eut par la suite le latin, elle a peut-être influencé le toscan (en tant que substrat). Cependant, trop de faits (date de dernière attestation de l'utilisation de l'étrusque contre celle d'une langue romane en Toscane, par exemple) rendent difficile la confirmation de cette hypothèse. En revanche, l'étrusque a influencé le latin en tant qu'adstrat : l'alphabet étrusque a servi de base à l'alphabet latin et de nombreux mots usuels sont d'origine étrusque (comme le mot « lettre »).
Pendant la conquête romaine, la vie de l'Italie — comme celle de la plus grande partie de l'Europe occidentale et centrale — s'exprimait alors en latin. Étant donné la durée de la domination romaine, le latin a constitué la souche de nombreuses langues européennes, les langues romanes et influencé fortement les autres. Après la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, la Toscane vit arriver les Ostrogoths et les Lombards (Ve et VIe siècles), des populations germaniques originaires de l'est et du nord de l'Europe. Ils n'influencèrent que très peu la langue (superstrats). Les premières traces d’écriture en langue italienne remontent à la fin du dixième siècle, mais ce ne fut que quatre siècles plus tard que la langue fut formalisée.
On estime que dans le monde environ 70 millions de personnes parlent ou étudient l'italien[réf. nécessaire]. L'italien est parlé essentiellement en Italie (et à Saint-Marin), où il est langue nationale, mais aussi en Suisse essentiellement dans le sud (Tessin et Grisons) langue nationale (il représente environ 6,8 % des locuteurs suisses). Au Vatican, il est seconde langue officielle avec le latin.
En outre, il y a nombreuses communautés italophones en Croatie (Istrie et Dalmatie), en Slovénie et en ex-Yougoslavie. En Slovénie, il est langue officielle dans certaines villes, notamment Capodistria/Koper, en Croatie elle est officielle en Istrie, en particulier dans les villes de Parenzo/Poreč, Pola/Pula, Umago/Umag et Rovigno/Rovinj.
Il est aussi parlé en France (en Corse, le corse, langue Ausbau, étant fortement apparenté au toscan ; à Nice, à Menton et le royasque de la vallée de la Roya, à Monaco), à Malte (où elle a été langue officielle jusqu'à 1934), en Albanie, aux États-Unis (environ 4 millions de locuteurs, surtout dans les grandes villes), en Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Uruguay notamment), en Éthiopie, en Érythrée, en Libye (elle y est la langue commerciale avec l'anglais), et en Somalie (elle y a été langue universitaire jusqu'en 1991).
L'italien semble avoir beaucoup influencé l'espagnol tel qu'il est parlé en Argentine où l'afflux de migrants italiens a été massif.
Constituée le 3 avril 1985, par une collaboration institutionnelle entre radiotélévision de service public-Rai, RSI, Rtv Koper-Capodistria, Radio Vatican et Saint-Marin Rtv, la Communauté italophone radiotélévisée naît comme instrument de valorisation de la langue italienne. Aujourd'hui sa structure articulée peut être illustrée par un schéma en trois cercles : le cercle premier est formé par les associés fondateurs ; la seconde comprend tous les médias "observatoires", inscrits ; finalement le troisième cercle inclut les "amis".[réf. nécessaire].
En France, l'italien est la quatrième langue étrangère apprise dans l'enseignement secondaire, après l'anglais, l'allemand et l'espagnol. De nombreuses universités comprennent un département d'italien.
La formation des professeurs est assurée par l'agrégation d'italien, fondée en 1900, et le CAPES d'italien.
L'italien utilise 21 lettres de l'alphabet latin. Les lettres j, k, w, x et y ne sont utilisées que dans les mots d’emprunt. On trouve toutefois le j (i lunga) ainsi que l’y (ipsilon ou i greca) et le w (doppia vu) dans certains toponymes et noms ou prénoms.
Les voyelles peuvent porter des accents aigus ou graves (le plus souvent) marquant des syllabes phonétiquement accentuées. Les mots ne portent normalement d’accents graphiques que sur la dernière syllabe, ou dans de rares cas sur d'autres syllabes afin d'éviter une homonymie (par exemple "la", article singulier féminin, et "là", adverbe de lieu). Il n'est jamais obligatoire de marquer l'accent graphique sur une syllabe qui n'est pas la dernière du mot. Les très nombreux prêts du français sont souvent écrits sans les accents ; il s'agit cependant d'une faute d'orthographe condamnée par les puristes de la langue italienne.
Il y a plusieurs conventions pour écrire les accents graphiques.
La plus simple, c'est de marquer des accents graves partout, quelle que soit la prononciation de la voyelle. Ainsi le nom de l'acteur Gian Maria Volontè peut aussi bien s'écrire "Volonté" — ce qui n'affecte nullement la prononciation.
La convention avancée par le poète Giosuè Carducci prévoit qu'on écrive l'accent aigu pour les voyelles dont la prononciation est toujours fermée (í, ú), l'accent grave pour le à dont la prononciation est toujours ouverte, et l'accent correspondant au degré d'ouverture de la prononciation pour le e et le o, c'est-à-dire è et é, ò et ó.
D'après la convention adoptée de facto par les publications en italien, on marque un accent grave partout sauf sur les é et ó correspondant à une prononciation fermée. Du moment qu'il n'y a aucun mot autochtone se terminant par le son ó, donc aucun mot où il serait obligatoire de marquer l'accent graphique, le ó ne sert finalement qu'à marquer quelques rares homographes, tels bótte, « tonneau », vs bòtte, « coups » ou articolatóri, pluriel d' articolatóre (« articulateur ») vs articolatòri, pluriel d' articolatòrio (« articulatoire »).
Il importe de souligner que la convention la plus simple n'est orthographiquement correcte que si elle est appliquée d'une façon rigoureuse, c'est-à-dire si l'on n'écrit d'accents aigus que sur les mots étrangers empruntés.
Marquer un accent aigu sur le a est toujours une faute d'orthographe, sauf dans un mot emprunté.
Comme le croate, l'espagnol, le tchèque, l'occitan et le roumain, l'italien présente une transparence presque sans faille dans la transcription grapho-phonémique. Selon Claude Piron, « En Suisse, les élèves de langue italienne écrivent correctement à la fin de la première année primaire, alors que les jeunes francophones n'écrivent pas encore correctement à l'âge de 12-13 ans. Pourquoi ? Parce que l'orthographe de l'italien est simple, cohérente, alors que celle du français contient un nombre impressionnant de formes arbitraires qu'il faut mémoriser avec le mot, sans qu'on puisse se fier à la manière dont il se prononce »[2].
L'alphabet phonétique international pour l'italien décrit tous les sons utilisés dans la langue italienne. Celle-ci doit sa sonorité à son vocalisme particulier (conservation des voyelles finales, même atones, et chute des consonnes finales) et à ses consonnes géminées (consonnes doubles). L'accent tonique, est le plus souvent placé sur l'avant dernière syllabe mais aussi très souvent sur l'antépénultième pour les mots de trois syllabes et plus. Dans un nombre de cas, très minoritaire, il se place sur la dernière syllabe : dans ce cas, la dernière lettre comporte obligatoirement un accent graphique grave ou aigu. Dans certaines formes verbales comme celles de la 3e personne du pluriel, l'accent tonique se place sur la syllabe située avant l'antépénultième : (abitano ['a:bitano]). Enfin, l'enclise des pronoms forme parfois des mots accentués sur la syllabe encore précédente : (evita + me + lo = evitamelo ['ɛ:vitamelo]).
Quelques règles de prononciation déroutent les francophones. Il n'y a pas de voyelles nasales ; le n et m sont prononcés en toute position. En général, les voyelles italiennes sont moins fermées qu'en français. Il y a aussi des consonnes trompeuses : le c suivi de i ou e se prononce [ʧ], alors qu'il se prononce [k] lorsqu'il est suivi par a, o ou u. Pour avoir le son [k] devant les voyelles i et e, on ajoutera un h : chiamo se prononce donc [ˈkjaːmo]. Pour avoir le son [ʧ] devant les autres voyelles, on ajoutera un i : ciao se prononce donc [ˈʧa·o] (le i n'est pas prononcé). De la même façon, devant i ou e, g se prononce [ʤ] ; il se prononce [g] (comme dans gamme) devant les autres voyelles. Il en va de même pour le groupe sc, palatisé ([ʃ] ch français de chien, cher) si suivi de i ou e (it. scimmia, scena), vélaire si suivi d'autres voyelles ou d'un h (sk : it. scarto, schiena). On utilisera aussi le i ou le h après le g pour définir sa prononciation. Ainsi, giacca se prononce [ˈʤakːka]. Le groupe gli se prononce la plupart du temps [ʎ] (l mouillé), et le groupe gn se prononce [ɲ] (n mouillé).
Les voyelles accentuées sont prononcées comme des voyelles brèves dans une syllabe fermée ou dans la dernière syllabe d'un mot, comme des longues lorsqu'elles terminent la syllabe. Ce phénomène détermine la musicalité particulière de la langue.
| Bilabiales | Labio- dentales |
Dentales | Alvéolaires | Postalvéo- palatales |
Palatales | Vélaires | ||||||||
| Sonorité | - | + | - | + | - | + | - | + | - | + | - | + | - | + |
| Nasales | [m] | [ɱ] | [n̟] | [n] | [nʲ] | [ɲ] | [ŋ] | |||||||
| Occlusives | [p] | [b] | [t] | [d] | [k] | [ɡ] | ||||||||
| Constrictives | [f] | [v] | [s] | [z] | [ʃ] | ([ʒ]) | ||||||||
| Occlu-constrictives | [ʦ] | [ʣ] | [ʧ] | [ʤ] | ||||||||||
| Spirantes | [j] | [w] | ||||||||||||
| Latérales | [l̟] | [l] | [lʲ] | [ʎ] | ||||||||||
| Vibrantes | [r] | |||||||||||||
Notes
Les nombreux dialectes italo-romans peuvent être classés par leurs souches linguistiques communes. Ainsi, ils sont tous originaires du latin, mais les langues antérieures à la domination romaine, les substrats, sont différents en fonction des régions et ont souvent conditionné l'évolution des dialectes.
Les dialectes septentrionaux, parfois regroupés sous le nom d'italien septentrional[7] forment un groupe dialectal original dans l'ensemble italien[réf. nécessaire].
La linguistique romane traditionnelle considère les parlers de l'Italie septentrionale comme une partie de la langue italienne. Mais la différence entre italien septentrional et italien centro-méridional est marquée par une limite linguistique très nette : c'est un faisceau d'isoglosses important, la ligne Massa-Senigallia (appelée de manière moins exacte ligne La Spezia-Rimini), qui correspond à la coupure des langues romanes en deux grands groupes: la Romania occidentale et la Romania orientale.
Cela mène certains linguistes (minoritaires) à considérer que l'italien septentrional serait une langue indépendante de l’italien proprement dit. Certains mouvements culturels revendiquent même l'étiquette de langue pour chacun de ces dialectes, mais cette opinion a beaucoup moins d'écho parmi les linguistes (sauf peut-être pour le piémontais, qui a acquis une codification et un dynamisme culturel assez avancés par rapport aux autres variétés septentrionales[réf. nécessaire]).
Voici la classification dialectologique des parlers gallo-italiques :
Parfois classé à tort dans les parlers gallo-italiques, il est fortement italianisé et se distingue nettement de ceux-ci.
Dialectes centro-méridionaux ou italien centro-méridional
| Mot | Traduction | Prononciation standard |
|---|---|---|
| terre | terra | ˈtɛɾɾa |
| ciel | cielo | ˈʧɛlo |
| eau | acqua | ˈakkwa |
| feu | fuoco | ˈfwɔko |
| homme | uomo | ˈwɔmo |
| femme | donna | ˈdɔnna |
| manger | mangiare | manˈʤaɾe |
| boire | bere | ˈbeɾe |
| grand | grande | ˈɡɾande |
| petit | piccolo | ˈpikkolo |
| nuit | notte | ˈnɔtte |
| jour | giorno | ˈʤoɾno |
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