Jérusalem
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| Jérusalem | |||
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| Administration | |||
| Noms en langue étrangère | (he) יְרוּשָׁלַיִם , littéralement Yeroushalayim (ar) القدس ou اورشليم |
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| Pays | Israël - Jérusalem-Est revendiquée par l'Autorité palestinienne ? | ||
| Maire Mandat en cours |
Nir Barkat (selon la loi israélienne) 2008 - courant jusqu'à 2013 |
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| Démographie | |||
| Population | 769 400 hab. (2009) | ||
| Densité | 3 847 hab./km² | ||
| Gentilé | hiérosolymitain(e)s | ||
| Géographie | |||
| Latitude Longitude |
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| Altitudes | mini. 570 m — maxi. 857 m | ||
| Superficie | 200 km² | ||
Jérusalem (ʒe.ry.za.lɛm) (ou Salem, également nommée Hiérosolyme ou Solyme en ancien français ; יְרוּשָׁלַיִם Yerushaláyim en hébreu [dénomination israélienne officielle] ; arabe : القدس al Quds ou اورشليم Ûrshalîm [dénomination israélienne officielle en arabe]) est une ville du Proche-Orient qui tient une place prépondérante dans les religions juive, chrétienne et musulmane, et dans le sentiment national palestinien et israélien. L’État d’Israël a proclamé Jérusalem comme étant sa « capitale éternelle » dès 1949, désignation qui n’est reconnue par aucun membre de la communauté internationale. L'Autorité palestinienne souhaite quant à elle faire de Jérusalem-Est (considérée par l'ONU comme un territoire occupé) la capitale d'un futur Etat palestinien.
Jérusalem est située sur les monts de Judée (dont le mont Sion), à 745 m d’altitude moyenne, avec de fortes variations entre monts et vallées (de 700 à 800 m environ). Le mont Scopus culmine à 826 m et la vallée du Cédron descend sous les 600 m. Le point le plus élevé est le mont Herzl avec 834 m [note 1]. La ville s’étend, début 2005, sur 200 km2 pour une population de 760 800 habitants[1]. La ville, chef-lieu du District de Jérusalem, est très hétérogène : s’y mêlent de nombreuses religions, peuples, groupes socio-économiques. La partie nommée « vieille ville », entourée de remparts, est constituée de deux quartiers à dominante arabe, dits quartier chrétien et quartier musulman, ainsi que d’un quartier à dominante arménienne et d’un quartier à dominante juive.
Sommaire |
Jérusalem est mentionnée pour la première fois dans les textes égyptiens dits « d'exécration[2],[3] » (XXe et XIXe siècles av. J.‑C., à la période où l'Égypte a vassalisé Canaan) sous le nom de Rushalimu. La prononciation exacte du nom égyptien ne ressort pas clairement des hiéroglyphes (on trouve aussi Urushalimu ou d'autres variantes[4],[2]). On peut supposer que le nom de la ville reflète le culte du dieu Shalem (en) ou Shalimu car il était courant alors d'appeler les cités du nom du dieu local[4],[2]. Le nom de Jérusalem se réfère donc au culte du dieu des Cananéens, Shalem était un dieu populaire dans le panthéon ouest sémitique, divinité de la création, de l'exhaustivité, et du soleil couchant. Comme la première syllabe de Jérusalem vient de uru, qui signifie « fondation » ou « ville fondée par », le sens du nom primitif est donc « fondée par Shalem », ou « sous la protection de Shalem ».
Une étymologie détaillée est donnée par Sander et Trenel. Le nom de « Shalem » provient de deux racines chaldéennes : YeRu (« ville », « demeure »[note 2]) et ShLM, qui a donné les mots salaam en arabe et shalom en hébreu. Cette racine ShLM signifie aujourd'hui « paix », mais le sens initial est celui de la complétude, de l'achèvement[5], d'où dérive ultérieurement la notion de paix[2].
La Frise chronologique ci-dessous présente les principales périodes historiques de Jérusalem.

Jérusalem est localisée à , sur l'extrémité d'un plateau à 800 m d'altitude entre la mer Méditerranée et la mer Morte et couvre 126 km2.
La ville est entourée de toutes parts de plusieurs vallées, parmi lesquelles celles au nord sont moins prononcées que celles situées dans les autres directions. Les deux principales se trouvent au nord-ouest de la ville actuelle.
Jérusalem possède un climat méditerranéen, marqué par une forte chaleur et une forte aridité en été. Seuls quelques mois en hiver sont humides, en particulier février, où tombe plus de la moitié des précipitations totales annuelles. La neige tombe une année sur trois, particulièrement en février ; certaines tempêtes ont fait beaucoup de dégâts, notamment en janvier 1992, avec 50 cm de neige, et en 1920, avec 97 cm[6].
| Mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | 6,4 | 6,4 | 8,4 | 12,6 | 15,7 | 17,8 | 19,4 | 19,5 | 18,6 | 16,6 | 12,3 | 8,4 | 13,5 |
| Température moyenne (°C) | 9,1 | 9,5 | 11,9 | 17,1 | 20,5 | 22,7 | 24,2 | 24,5 | 23,4 | 20,7 | 15,6 | 11,2 | 17,5 |
| Température maximale moyenne (°C) | 11,8 | 12,6 | 15,4 | 21,5 | 25,3 | 27,6 | 29,0 | 29,4 | 28,2 | 24,7 | 18,8 | 14,0 | 21,5 |
| Précipitations (mm) | 133,2 | 118,3 | 92,7 | 24,5 | 3,2 | 0 | 0 | 0 | 0,3 | 15,4 | 60,8 | 105,7 | 554,1 |
| Nombre de jours avec pluie | 12,9 | 11,7 | 9,6 | 4,4 | 1,3 | 0 | 0 | 0 | 0,3 | 3,6 | 7,3 | 10,9 | 62 |
| Record de froid (°C) | -6,7 | -2,4 | -0,3 | 0,8 | 7,6 | 11 | 14,6 | 15,5 | 13,2 | 9,8 | 1,8 | 0,2 | -6,7 |
| Record de chaleur (°C) | 23,4 | 25,3 | 27,6 | 35,3 | 37,2 | 36,8 | 40,6 | 44,4 | 37,8 | 33,8 | 29,4 | 26 | 44,4 |
| Diagramme climatique | |||||||||||
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
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133.2
11.8
6.4
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118.3
12.6
6.4
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92.7
15.4
8.4
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24.5
21.5
12.6
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3.2
25.3
15.7
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0
27.6
17.8
|
0
29.0
19.4
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0
29.4
19.5
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0.3
28.2
18.6
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15.4
24.7
16.6
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60.8
18.8
12.3
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105.7
14.0
8.4
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| Temp. moyennes maxi et mini (°C) • Précipitations (mm) | |||||||||||
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Cet article provoque une controverse de neutralité (voir la discussion).
Considérez-le avec précaution. (Questions courantes)
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Depuis 1967, les gouvernements israéliens successifs, quel que soit le parti au pouvoir, ont continuellement travaillé à transformer la physionomie de Jérusalem. Il existe une volonté politique de modifier l'écart démographique à l’Est, peuplé essentiellement par les Palestiniens (55 000 environ en 1967). L'État d'Israël a toujours refusé catégoriquement toute politique d’expulsion des Arabes. Outre des raisons juridiques, il s'agit toujours de mettre en avant une quête de reconnaissance internationale. À la place de cette politique primaire, Israël a établi un projet d’agrandissement de la ville par la construction de quartiers juifs. Le politologue Frédéric Encel le comprend comme une façon de « détruire l’influence palestinienne en modifiant l’équilibre géographique de la ville ».
L'ambition consiste à encercler les quartiers arabes par une politique d’expropriation des terrains entourant les limites municipales de 1967. Jérusalem-Est faisait 38 km2 en 1967. Et par l'effet de cette politique, 108 km2 par la construction de quartiers juifs. Cet état de fait est accentué par le tracé du projet de barrière de séparation[9] qui devrait entourer les colonies de peuplement d'Adounim à 11 km à l'est de Jérusalem et destiné, selon Israël, à diminuer le nombre d'attentats terroristes palestiniens. De plus, selon la Commission internationale de juristes et son affiliée palestinienne LAW dans un rapport publié en 1999, « Israël continue à appliquer des mesures arbitraires et incompatibles avec le droit international pour chasser les Palestiniens de Jérusalem et les remplacer par des colons juifs, de façon à cimenter son autorité sur la ville. Cette politique revêt des formes diverses : confiscation des cartes d'identité, retrait des permis de résidence, système fiscal injuste, refus du permis de construire, destruction d'habitations »[10].
Cette politique de construction se traduit dans le plan qui a été proposé par Benjamin Netanyahou et approuvé le 21 juin 1998 par la Knesset sous le nom de « Grand Jérusalem », bien que le 13 juillet 1998, les Nations unies ont demandé à Israël de renoncer à ce plan.
Il faut ajouter à cela la mise en place d'une ceinture de blocs de colonies de peuplement juif autour de la ville au nord (Giv'at Zeev), au sud (Goush Etzion) et à l’est (Ma'ale Adoumim) qui augmente la taille de Jérusalem à 440 km2. La superficie totale de la métropole de Jérusalem en comptant Jérusalem-Est, Jérusalem-Ouest et la ceinture de colonies de peuplement est donc égale à environ 900 km2, c'est « le Très Grand Jérusalem » qui est relié administrativement et par structure de conurbation des infrastructures (transports, autoroutes). Mais la population arabe est désormais enclavée. Ainsi, l'extension de Jérusalem a eu pour effet d'édifier une ceinture urbaine disjoignant les quartiers arabes de Jérusalem-Est du reste de la Cisjordanie. Le « Grand Jérusalem » ne repose pas totalement sur des territoires accordés par le droit international à l’État d’Israël et la construction de la barrière de séparation impose de fait des frontières non reconnues à l’est de Jérusalem.
On appelle hiérosolymitain(e)s les habitants de Jérusalem.
En 1947, il y avait 205 000 habitants dont 100 000 Juifs (49 %) et 105 000 Arabes et autres (51 %) dans le territoire incluant Jérusalem et les villes et villages proches dont Ein Kerem, Abu Dir, Bethléem et Shuafat (en)[11].
En 1967, il y avait 263 307 habitants dont 195 700 Juifs (74 %) et 54 963 Arabes (21 %).
En 2004, on comptait 706 000 habitants dont 458 000 Juifs (65 %) (dont 200 000 à l’Est) et 225 000 Arabes (32 %).
Au sein de la population juive, les ultra-orthodoxes (haredim) pèsent pour près du tiers, les orthodoxes non haredim sont environ 10 %, et les 60 % restant sont des traditionalistes (pratique religieuse partielle) ou des laïcs[12].
La population arabe a augmenté en proportion depuis 1967[13], passant de 20 % en 1967 à 32 % en 2004 pour l'ensemble de Jérusalem. Toutefois le Sénat français a constaté que « l'équilibre démographique à Jérusalem Est a progressivement évolué au profit des Israéliens »[14].
Ces évolutions démographiques sont dues notamment au taux de natalité plus élevé des Arabes. Cependant, depuis 2005, les indices conjoncturels de fécondité des populations juives et arabes de Jérusalem sont au même niveau de 3,9 enfants par femme — conséquence de la baisse significative de la natalité arabe enregistrée depuis quelques années[15].
L'autre raison majeure est le déficit migratoire de la ville, puisque chaque année, les habitants quittant la ville sont de 6 000 ou 7 000 plus nombreux que ceux qui viennent s'y installer. La majorité part habiter dans la proche banlieue de Jérusalem où les coûts du logement sont nettement inférieurs. La politique de permis de construire, que le Conseil économique et social des Nations unies et Amnesty International jugent discriminatoire envers les Palestiniens, et la destruction de maisons appartenant à des Palestiniens affectent également la population arabe de Jérusalem-Est[10],[16].
La ville de Jérusalem est considérée comme « trois fois sainte » car elle contient les lieux les plus sacrés des religions juive et chrétienne et le troisième lieu saint de l'islam :
Jérusalem est un site privilégié :
Le statut de la ville, intégralement sous administration civile israélienne depuis la guerre des Six Jours, est contesté. La «ligne verte» séparait auparavant Jérusalem-Ouest (Israël) et Jérusalem-Est (territoire Jordanien occupé) depuis les Accords d'armistice israélo-arabes de 1949. Ces accords indiquent explicitement que la ligne d'armistice ne préjuge pas des revendications territoriales ultérieures. En particulier l'accord israélo-jordanien stipule dans son article VI.9: « Ces lignes de démarcation sont agréées par les parties sans préjudice d'accords ultérieurs ou d'accords frontaliers ultérieurs ou de revendication ultérieures des parties ». La tentative de confirmation de ces lignes d'armistice en frontières a échoué à la conférence de Lausanne de 1949 (27 Avril- 12 Septembre). Elle avait été convoquée par la commission de conciliation des Nations-Unies[18]. Finalement les accords d'armistice n'ont pas été enregistrés par les Nations-Unies qui ont néanmoins contribué à leur surveillance. Ils ont fait l'objet d'une garantie par les membres occidentaux du Conseil de sécurité des Nations unies (États-Unis, France, Royaume-Uni). C'est la déclaration tripartite du 29 mai 1950. Entre temps, la chambre des députés Jordanienne et la chambre des notables a voté le 24 avril 1950 l'annexion de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie. La loi fondamentale israélienne de 1980 entérine le statut de la ville en capitale « éternelle et indivisible ». La résolution 476 et La résolution 478 du Conseil de sécurité de l'ONU sont relatives à cette décision. Elles réaffirment que « l'acquisition de territoire par la force est inadmissible », qu'il doit être mis fin à l'occupation de Jérusalem et que « les dispositions législatives et administratives prises par Israël... n'ont aucune validité en droit et constituent une violation flagrante de la convention de Genève... ».
Le Conseil de sécurité mentionne dans ses attendus « la ville sainte de Jérusalem », en effet, la délimitation de la vieille ville est la seule internationalement établie. Le nom de Jérusalem représente des réalités différentes pour Israël, la Jordanie, les pays de la ligue arabe et les Palestiniens. Le droit sur le nom sera probablement une question à trancher indépendamment des délimitations géographiques. Selon le Plan de partage de la Palestine, il aurait dû y avoir trois entités distinctes : une sous contrôle israélien, une sous contrôle palestinien et une comprenant Jérusalem et ses faubourgs (dont Bethléem) sous contrôle international.
En 1988 (31 juillet), Le Roi Hussein de Jordanie déclare à la télévision qu'il abandonne ses revendications de souveraineté sur la Cisjordanie et Jérusalem-Est à l'Organisation de libération de la Palestine[19]. Cette déclaration n'a pas de valeur en droit international. Le 26 octobre 1994 le Traité de paix israélo-jordanien est signé. Les frontières internationales entre Israël et la Jordanie sont fixées. Mais, le statut des territoires « ...sous contrôle militaire israélien depuis 1967 », c'est-à-dire notamment Jérusalem-Est, est réservé[20]. Il est néanmoins précisé que « le rôle spécial » du Royaume de Jordanie sur les lieux de pélérinage musulmans de Jérusalem est reconnu. Une priorité sera accordé à ce rôle historique lors des négociations sur le futur statut permanent de la ville[21], ceci conformément à la Déclaration de Washington du 25 juillet 1994[22]. En 2000, l'Autorité palestinienne vote une loi établissant Jérusalem capitale d'un futur État, cette loi est ratifiée en 2002. Pour les parties en présence, le statut de Jérusalem reste une question clé de la résolution du conflit israélo-palestinien.
En décembre 2003, l'Initiative de Genève, plan de paix alternatif établi par les anciens partenaires des négociations de Taba, prévoit, dans le cadre d'un règlement global du conflit israélo-palestinien, le partage de la souveraineté sur Jérusalem qui serait la capitale des deux États, les quartiers arabes et l'Esplanade des mosquées étant sous souveraineté palestinienne.
La question de la légitimité de chacune des deux parties sur Jérusalem entraîne également des débats d'ordre archéologique. Les Israéliens ont entamé depuis 1967 des recherches pour apporter les preuves de l'existence du Temple de Jérusalem. Palestiniens et Israéliens s'accusent réciproquement de mener des travaux les uns pour détruire de nouvelles preuves de cette existence, les autres pour fragiliser les fondations des mosquées de la vieille ville. (D'après les experts israéliens, les fondations des mosquées ont été fragilisées par plusieurs tremblements de terre au cours des derniers siècles.) La discussion sur l'utilisation des expressions mont du Temple/esplanade des mosquées est significative par rapport aux soucis des deux parties de gagner la bataille de la légitimité sur Jérusalem.
Après la Déclaration d'Indépendance de l'État d'Israël en 1948 et la guerre qui s'ensuit, la ville se retrouve divisée entre une partie occidentale annexée par Israël et une partie orientale (comprenant toute la vieille ville) annexée par la Jordanie, séparées par un no man's land. En 1949, Jérusalem-Ouest est proclamée capitale d'Israël.
En 1967, lors de la guerre des Six Jours, Tsahal conquiert Jérusalem-Est et Israël déclare Jérusalem « réunifié », sa capitale « éternelle et indivisible ». Toutefois, la quasi-totalité des États ont maintenu jusqu'à ce jour leur ambassade en Israël à Tel-Aviv car le droit international a jugé nulle cette modification du statut de la ville. Les Juifs ont alors accès à leurs lieux saints, tandis que l'accès à l'Esplanade des Mosquées et aux lieux saints musulmans est règlementé. La gestion de l'esplanade restait sous la juridiction d'un organisme composé de musulmans palestiniens, le Waqf[réf. nécessaire].
En 1980, dans une loi fondamentale israélienne, la Knesset déclare Jérusalem capitale « éternelle et indivisible » : c'est la Loi de Jérusalem. Les différents pouvoirs israéliens, législatif, exécutif, judiciaire et administratif, sont regroupés à Jérusalem.
En 2000 au sommet de Camp David II, Ehoud Barak propose de donner la souveraineté palestinienne sur certains quartiers de Jérusalem comme Abou Dis[23] (où se situe l'Université Al-Qods) ainsi qu'une « gestion autonome » des quartiers palestiniens. L'échec de ce sommet met fin à ces négociations. En 2005, la question du statut et de l'éventuel partage de Jérusalem reste au cœur du futur processus de paix mais aucune tentative de négociations n'a plus été entamée sur ce point depuis le sommet de Taba.
Dès le début du Mandat britannique et tout au long de leur combat nationaliste, les Palestiniens ont revendiqué le contrôle de l'ensemble de la Palestine, avec Jérusalem pour capitale mais sans pouvoir concrétiser ses revendications.
Lors de la proclamation d'un État palestinien par l'OLP en 1988, Jérusalem est choisie comme capitale[24],[25]. L'OLP de Yasser Arafat s'est souvent positionnée dans le sens de ces revendications refusant d'avoir une autre capitale que Jérusalem. L'OLP possédait à Jérusalem un siège officieux, la « Maison d'Orient », dirigée par Fayçal Husseini ; en 2001, cette institution a été fermée de force. Jérusalem est par ailleurs la ville d'origine de réfugiés palestiniens qui souhaitent revenir y vivre. La question du statut final de la ville est ainsi intimement liée à la question des réfugiés palestiniens.
Les chrétiens d'Orient n'ont plus émis de revendications sur Jérusalem depuis la fin du Royaume de Jérusalem. La plupart d'entre eux relèvent du patriarcat orthodoxe de Jérusalem; ceux relevant du patriarcat latin sont minoritaires. Les chrétiens ont toujours continué à vivre en Palestine, et à entretenir certains lieux de pèlerinage importants. Ils ont vécu la création de l'État d'Israël comme une rupture. C'est parmi les Arabes chrétiens mais aussi, selon le gouvernement français, au Vatican[26]que l'on trouve les plus fervents soutiens à une internationalisation de Jérusalem, comme proposé en 1947.
La position de l'ONU concernant Jérusalem est liée à la résolution 181 de l'Assemblée générale ainsi que les résolutions de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité qui en découlent.
Le Conseil de sécurité, dans ses résolutions 476 et 478, déclare que la loi israélienne établissant Jérusalem capitale « éternelle et indivisible » est nulle et non avenue, et constitue une violation du droit international. La résolution invite les États membres à retirer leur mission diplomatique de la ville.
À l'expiration du mandat britannique, le plan de partage de la Palestine de 1947 prévoyait que Jérusalem et Bethléem deviennent un Corpus Separatum sous contrôle international et indépendant de ce qui devaient devenir un État arabe et un État juif. Cette séparation devait ainsi garantir à tous les cultes le libre accès à tous les lieux saints en sécurité. Le Comité spécial sur la Palestine avait prévu qu'après un délai de dix ans de « Corpus Separatum », le statut définitif de Jérusalem serait fixé par la population consultée par référendum.
Les résolutions suivantes ont été adoptées par le conseil de sécurité des Nations unies. Elles concernent Jérusalem de manière tacite (résolution 252) ou explicite pour toutes les résolutions ultérieures :
Historiquement, l'économie de Jérusalem était centrée principalement sur les pèlerinages religieux[38] et maintenant plus généralement sur le tourisme, et les entreprises publiques de l'État d'Israël[note 3],[39].
Depuis la création de l’État d’Israël, le gouvernement est demeuré un acteur majeur dans l'économie de la ville. Il ne génère pas seulement un grand nombre d'emplois mais œuvre à offrir les conditions propices à la création d'entreprises[40].
Bien que Tel Aviv reste le centre financier d'Israël, un nombre grandissant de sociétés high tech quittent Tel Aviv pour Jérusalem. La zone industrielle Har Hatzvin située au nord de la ville accueille plusieurs grandes sociétés comme Intel, Teva Pharmaceutical Industries, et ECI Telecom[41].
Parmi les principales industries de Jérusalem, citons les fabriques de chaussures, le textile, l'industrie pharmaceutique, les produits de métaux, et les articles imprimés. Les usines sont situées surtout dans la zone industrielle d'Atarot au nord, le long de la route de Ramallah[39].
On trouve à Jérusalem un grand nombre de monuments religieux et historiques, comme le Mur occidental — appelé aussi Mur des lamentations —, la mosquée Al-Aqsa et le dôme du Rocher, l'église du Saint-Sépulcre. La Vieille Ville est complètement ceinturée de murailles qui datent du XVIe siècle.
C'est également le siège de plusieurs institutions gouvernementales israéliennes, comme la Knesset (l'assemblée nationale), la Cour suprême, ou d'institutions comme l'Université hébraïque, le Yad Vashem (le mémorial de la Shoah), le Yad Ben-Zvi ou l'École biblique et archéologique française.
De nombreux sites archéologiques existent à Jérusalem, notamment les Étables de Salomon, la Cité de David.
Jérusalem accueille de nombreuses universités prestigieuses offrant des cours en hébreu, arabe et en anglais. L'université hébraïque de Jérusalem a été fondée en 1925, elle fait depuis partie des 100 meilleures universités du monde[42]. Albert Einstein ou Sigmund Freud ont fait partie du conseil de ses gouverneurs[43]. L'université compte parmi ces anciens élèves quelques lauréats du prix Nobel dont les universitaires Avram Hershko[44], David Gross[45] et Daniel Kahneman[46] .
Le travail des étudiants et chercheurs est facilité par la bibliothèque nationale d'Israël, qui accueille près de 5 millions de volumes[43]. La bibliothèque a ouvert ses portes en 1892, près de trente ans avant la première université. C'est le site avec le plus de livres de thème hébraïque. Aujourd'hui, elle réunit la bibliothèque nationale et la bibliothèque universitaire[47]. L'université hébraïque de Jérusalem est composée de trois campus, l'un au mont Scopus, l'autre à Givat Ram, et le campus de médecine au centre médical Hadassah.
L'Université al-Qods a été fondée en 1984[48], elle accueille les universitaires palestiniens et ceux des pays arabes[49]. L'université al-Qods est située au sud-est de la ville sur près de 19 hectares[48]. D'autres instituts d'études supérieures dans Jérusalem sont l’Académie de musique et de danse de Jérusalem et l’École des Beaux-Arts de Bezalel[50] dont les bâtiments sont situés sur le campus de l'université hébraïque de Jérusalem.
La faculté des Technologies de Jérusalem a été fondée en 1969, offrant un enseignement d'ingénierie et de hautes technologies industrielles[51].
L'enseignement pour les Arabes de Jérusalem et d'Israël est critiqué pour sa moins bonne qualité que celui pour les Juifs[52]. De nombreuses écoles de l'est de Jérusalem sont remplies à leur capacité maximum, au point qu'on enregistre des plaintes contre la surpopulation. Cependant, la municipalité de Jérusalem est en train de construire plus d'une douzaine de nouvelles écoles dans les quartiers arabes de la ville[53]. Les écoles dans Ras el-Amud et Umm Lison ont ouvert en 2008[54] En mars 2007, le gouvernement israélien propose un plan sur 5 ans de construction de 8 000 nouvelles classes dans la ville, dont 40% dans le secteur arabe et 28% dans le secteur Haredi. Un budget de 4.6 milliards de shekels a été débloqué pour le projet[55] En 2008, un philanthrope britannique a fait un dont de 3 millions de dollars américains pour la construction d'écoles dans la partie arabe de l'est de Jérusalem[54]. Les lycéens arabes passent le Bagrut, comme examen, la majeure partie de leur programme d'études est identique à celui des autres écoles secondaires israéliennes et comprend certains sujets portant sur la culture juive[52].
Les deux sports les plus populaires sont le football et le basket-ball[56]. Le Betar Jérusalem, dans le championnat d'Israël de football, est le plus connu en Israël, ayant été vainqueur cinq fois de la coupe d'Israël de football[57]. Jérusalem compte une autre équipe de football, le Hapoel Katamon F.C., vainqueur une seule fois de la coupe d'Israël de football, qui est en troisième division, la liga Artzit.
En basket-ball, le Hapoel Jerusalem joue dans la top division. Le club a gagné le championnat d'Israël de basket-ball trois fois, et la coupe ULEB en 2004[58]. Inauguré en 1992, le stade Teddy Kollek est le plus grand stade de football de Jérusalem avec une capacité de 21 000 places[59].
L'aéroport le plus proche est celui d'Atarot, au nord de Jérusalem (), qui a été utilisé pour les vols domestiques israéliens jusqu'en octobre 2000 notamment pour les vols vers Eilat, et est désormais placé sous le contrôle de Tsahal en raison de sa proximité géographique avec les territoires autonomes palestiniens[60]. Depuis lors, les vols ont été transférés vers l'aéroport Ben Gourion, proche de Tel Aviv à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest.
La Coopérative d'autobus Egged, deuxième plus grande compagnie d'autobus dans le monde[61], dessert la plupart des localités autour de Jérusalem et gère les services d'autocars vers le reste du pays depuis la gare routière centrale sur la route de Jaffa, près de l'entrée ouest de Jérusalem.
Jérusalem est relié par le chemin de fer à Tel Aviv depuis 1892. Son service a été interrompu en 1998 en raison du mauvais état des infrastructures qui furent rénovées. Elle fut rouverte dans sa totalité en avril 2005, avec l'inauguration de la nouvelle gare de Jérusalem Malha, située dans le sud de la ville.
Une seconde liaison à grande vitesse en provenance de Tel Aviv, est en construction au nord de cette première ligne. Celle-ci sera électrifiée et utilisera plusieurs longs tunnels pour permettre le passage à grande vitesse des trains de la côte à la région montagneuse de Jérusalem. Dans un premier temps, elle atteindra une nouvelle gare souterraine de Binyanei HaUma située sous la gare routière centrale. Dans un deuxième temps, elle pourrait être prolongée de façon à être reliée à la ligne historique. Le trajet de Tel Aviv à Jérusalem prendra alors 28 minutes. La ligne devrait être terminée aux environs de 2011.
L'appel d'offres a eu lieu en 2000. Le tramway est en cours de construction et doit être livré en septembre 2010, cependant un délai de 9 mois supplémentaire a été demandé. Il devrait être capable de transporter quotidiennement près de deux cent mille personnes selon les estimations. Il est prévu 23 stations[62]. Alstom s'occupe de la construction des rames du tramway[62] et Veolia Environnement s'occupe de l'aménagement cependant le groupe pourrait quitter le projet[63].
« Et Muhammad voyait les prodiges entre le ciel et la terre, jusqu'à ce qu'il arrivât à Jérusalem (Bayt al-Maqdis) »
Pour prendre le temps de découvrir Jérusalem dans les moindres détails, et pas seulement la poignée de sites touristiques les plus visités.
Ce livre bénéficie d'une excellente critique. Il est à la fois distrayant et instructif. Il a été récompensé du "Fauve d'or du meilleur album" au Festival d'Angoulême le 29 janvier 2012.
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