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Jacques surnommé le Juste par Hégésippe et Clément d'Alexandrie (hé: Ya'akov haTsadik יעקב הצדיק ), frère du Seigneur par Paul et frère de Jésus par Flavius Josèphe, mort en 62, est un juif de Galilée, et l'un des quatre frères de Jésus de Nazareth cités dans les évangiles. Après la mort de Jésus vers 30-33, et l'annonce de sa résurrection par ses disciples, il a été le premier chef de la communauté de Jérusalem des membres du « mouvement de Jésus » (qui ne s'appelaient pas encore chrétiens et constituaient une secte parmi d'autres dans le judaïsme diversifié du Ier siècle).
Son personnage a été relativement occulté par la tradition chrétienne, notamment dans l'Église latine d'occident, parce que son état de frère de Jésus devenait incompatible avec la doctrine de la virginité perpétuelle de Marie de Nazareth, la mère de Jésus. Il a alors été considéré comme un demi-frère (par Joseph) ou un cousin de Jésus. Il a également parfois été identifié à l'un des douze apôtres, Jacques le mineur.
La tradition lui a attribué une lettre du Nouveau Testament : l’Épître de Jacques
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Quatre Jacques apparaissent fréquemment dans les écrits néotestamentaires, dont deux Jacques dans les listes « des douze » des trois évangiles synoptiques (Mc 3. 16-19 et ses parallèles Mt 10. 2-4 et Lc 6. 13-16, l'évangile selon Jean ne donne pas de liste, et ne cite aucun Jacques[1] :
L'auteur de l'évangile selon Luc et des actes, précise par ailleurs que le père d'un des douze, Jude, s'appelait également Jacques (Lc 6. 16 et Ac 1. 13. Il « est inconnu par ailleurs et la tradition [chrétienne] ne s'y est pas intéressé »[1]
La liste des apôtres est reprise au début des Actes des Apôtres Ac 1. 13. Jacques n'apparaît jamais individuellement dans les évangiles canoniques, mais Paul de Tarse raconte dans l'épître aux Galates sa rencontre avec Jacques, « le frère du Seigneur », à Jérusalem. Il apparaît comme un personnage important dans les Actes des Apôtres où il intervient dans la réunion appelée par la suite « concile de Jérusalem »[6].
Il fut un personnage important de l’Église primitive[7] qui a dirigé la première communauté chrétienne de Jérusalem.
Jacques est également cité dans l'Évangile selon Thomas, retrouvé en 1946 en Égypte. Il est mentionné ainsi au verset 12 : « Les disciples dirent à Jésus : nous savons que tu nous quitteras ; qui se fera grand sur nous ? Jésus leur dit : Au point où vous en serez, vous irez vers Jacques le Juste : Ce qui concerne le ciel et la terre lui revient ».
Selon une tradition ancienne interprétant Paul (I Co 15:7), il serait le compagnon anonyme de Cléophas qui, le soir de la Résurrection, en quittant Jérusalem fut rejoint sur la route par Jésus. Témoin de la Cène dite d'Emmaüs il fut investi, de fait, d'un rôle particulier au sein de la première assemblée.
Il était fortement ancré dans le judaïsme de son temps et restait fidèle à la loi de Moïse, s'opposant au point de vue de Paul qui pensait nécessaire de propager auprès des non-juifs la foi en la messianité de Jésus.
Flavius Josèphe (Antiquités judaïques, XX, 197-203) et Hégésippe ont rapporté deux versions de la mort de Jacques, en 62, décidée par le grand-prêtre Anan le Jeune, inflexible en matière de respect de la loi juive. Anan profita de la vacance du poste de procurateur romain pour traduire Jacques devant le Sanhédrin, l'accusant d'avoir transgressé la loi. Jacques fut condamné et lapidé.
Il fut remplacé dans sa charge de chef de la communauté de Jérusalem par Siméon, fils de Clopas, cousin de Jésus (Eusèbe de Césarée, 3, 11, 32).
Pour les chrétiens orthodoxes, Jacques « frère du Christ » compte au nombre des Septante disciples (Luc, X, 1).
Sur ses liens de parenté avec Jésus (il s'agit d'un sujet à fortes polémiques théologiques, sémantiques et idéologiques). Au IVe siècle, trois hypothèses sont en présence :
Paul, dans Ga 2. 9, décrit Jacques ainsi : « ... Jacques, Cephas, et Jean, qui apparaissaient comme des piliers... ». Il est décrit dans le Nouveau Testament comme un « frère de Jésus » et « dans la liturgie de saint Jacques, le frère de Jésus est élevé à la dignité du frère de Dieu lui-même (Adelphotheos) » (Philip Schaff : History of the Christian Church, chapitre 4, section 29). Jacques est cité par Matthieu | Mt 13. 55, par Marc | Mc 6. 3 et Mc 15. 40, par l'Épître de Jude (1), par Flavius Josèphe.
Dans son Épître aux Galates | Ga 1. 19, Paul de Tarse signale que Jacques est un apôtre, ce qui explique l'identification parfois proposée avec Jacques fils d'Alphée[réf. souhaitée].
Voici ce que dit à son propos le sanctoral de la Conférence des évêques de France : « Les exégètes distinguent plusieurs Jacques autour du Seigneur. Jacques le Majeur, fils de Zébédée et frère de Jean. Jacques fils d'Alphée dont on sait seulement qu'il fut apôtre, et celui-ci, Jacques, frère du Seigneur, de sa parenté et originaire de Nazareth. » La notion de frère devrait être comprise au sens large sans doute utilisé à l'époque. Celle-ci pouvait signifier une parenté plus éloignée, comme celle de cousin germain, ou bien indiquer une double parenté (des deux souches).
Une autre hypothèse est avancée par l'historien James Tabor dans son livre "La véritable vie de Jésus; une enquête scientifique" qui dit que Jacques est le "frère" par alliance : Jacques serait le fils du deuxième mariage de Marie (mère de Jésus) Joseph étant décédé, celle-ci se serait mariée avec Clopas, le frère de Joseph, coutume courante chez les juifs de l'époque. De cette union seraient aussi nés Simon, Joseph et Jude (Matthieu 13,55-56 Marc 6,3 ). Cette hypothèse n'est justifiée par aucun texte et même est contradictoire avec celui de Jn 19. 25 dans lequel la mère de Jésus et Marie de Clopas sont deux personnes différentes qui se trouvaient toutes deux près de la croix.
Le Nouveau Testament, en Mc 6,3 nous rapporte la réaction étonnée des nazaréens ayant entendu Jésus leur enseigner dans la synagogue: "N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, Joset, Jude et Simon? et ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous?". Il y a désaccord sur ce qu'il faut entendre par ces mots selon qu'on les prend au sens étroit d'enfants de même père et mère ou au sens plus large de proches parents, comme cela se fait en de nombreux pays orientaux où cousins et cousines vivant ensemble sont appelés 'frères' et 'sœurs'.
Les versets Jean 19, 26-27 fournissent un exemple de polyvalence des titres parentaux dans les textes évangéliques. On y voit Jésus dire à Marie, en lui confiant l'Apôtre Jean : « Femme, voici ton fils », puis, s'adressant à Jean : « Voici ta mère » . Cependant, on voit bien dans l'exemple choisi que les mots "fils" et "mère" ont un sens métaphorique transparent pour l'auteur et pour le lecteur. Rien n'indique un usage métaphorique en Mc 6,3. Pour les protestants, Marie était vierge avant la naissance de Jésus mais a eu ensuite d'autres enfants.
D'après la tradition orthodoxe qui suit le Protévangile de Jacques, ils seraient en fait des demi-frères, fils d'une précédente union de Joseph :
« Joseph protesta, disant : « J’ai des fils, et je suis un vieillard. tandis qu’elle est une jeune fille. Je serai sans doute la risée des fils d’Israël.» »
Selon la tradition catholique, ils seraient des cousins (c'est un même mot qui désigne le frère et le cousin dans les langues hébraïque et araméenne) : deux d'entre eux sont, en effet, signalés comme fils d'une « Marie, mère de Jacques et de Joset » en Mc 15, 40 et Mt 27 56 qu'il faut identifier à Marie, femme de Clopas d'après Jn 19, 25, le troisième Jude est le frère de Jacques (Ju 1) et le quatrième Simon est clairement désigné comme un cousin germain, fils de Clopas le frère de Joseph, dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée qui affirme aussi que « frère du Seigneur » n'est pour Jacques qu'une appellation.
De leur côté, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur indiquent :
« en hébreu et en araméen [...] il n'y a pas de mot précis pour distinguer les frères des cousins germains. On utilise hà dans les deux cas. [Cependant, les] textes du nouveau testament [...ont] été écrits en grec, langue dans laquelle est faite la distinction entre « frère », adelphos et « cousin », anepsios. La tradition la plus primitive en porte un témoignage dépourvu de toute ambiguïté. Dans sa première épître aux Corinthiens, vers 55, Paul s'indigne : « N'avons-nous pas le droit d'emmener avec nous une épouse croyante, comme les autres apôtres et les frères du seigneur ? »(1 Co 9,5). Paul utilise en grec le mot adelphos, « frère », qui désigne les frères biologiques. Et quand il parle des « frères » du seigneur, ce n'est jamais un synonyme pour désigner les apôtres[9]. »
Pour une étude plus approfondie de cette question, voir l'article Frères de Jésus
En octobre 2002, l'épigraphiste français André Lemaire découvre sur le flanc d’un ossuaire en calcaire du premier siècle de notre ère, une inscription en araméen, la langue courante de la Palestine à l'époque de Jésus. L’ossuaire est une petite urne de pierre, couramment utilisée par les Juifs de l'époque pour conserver les ossements d’un défunt, un an après sa mort, lorsque les chairs ont disparu, et que les os ont été purifiés par la terre d'Israël. De tels ossuaires ont été utilisés du Ier siècle av. J.‑C. au IIe siècle. L’ossuaire en question a été découvert dans le village arabe de Silwan, près de Jérusalem, et comportait l'inscription suivante : « Ya'akiv bar Yosef akhui di Yeshua » ce qui signifie « Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus ». Même si les noms de Jacques, Joseph et Jésus étaient très courant à l'époque, un simple calcul permet d'évaluer à une vingtaine le nombre d'habitants de Palestine, qui au premier siècle pouvaient s'appeler Jacques, avoir un père nommé Joseph et un Jésus pour frère. Par contre, il était très inhabituel de mentionner le nom d'un frère sur un ossuaire après celui du père (il n’existe qu’un seul autre cas de cette pratique). En juin 2003, le département des antiquités israéliennes, à la suite d'une analyse au microscope électronique, déclare l’urne authentique, mais les inscriptions récentes. Le propriétaire de l'objet, l'antiquaire Oded Golan, est accusé d'escroquerie, et arrêté par la police israélienne. L’antiquaire fut relâché, sans publicité, dès le 24 juillet et sans qu'aucune charge soit retenue, ni aucune poursuite engagée contre lui. Lors de la perquisition, on aurait également trouvé dans son atelier un deuxième ossuaire en cours de gravure.
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