Jeux dangereux (film, 1942)
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Jeux dangereux
To Be or Not to Be
| Titre original | To Be or Not to Be |
|---|---|
| Réalisation | Ernst Lubitsch |
| Scénario | Melchior Lengyel Edwin Justus Mayer |
| Acteurs principaux | Carole Lombard Jack Benny Robert Stack Felix Bressart Sig Ruman |
| Sortie | 1942 |
| Durée | 99 min. |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Jeux dangereux[1](To Be or Not to Be)[2] est un film américain réalisé par Ernst Lubitsch et sorti en 1942.
Sommaire |
L'action se passe durant la Seconde Guerre mondiale et est traitée sur le ton de la comédie. Une troupe de théâtre polonaise répète laborieusement une pièce mettant en scène Hitler, alors que dans la réalité les troupes allemandes envahissent la Pologne. Le théâtre et ses acteurs se retrouvent au chômage. Mais un jeune pilote de bombardier réfugié à Londres est amoureux de l'actrice principale, Maria Tura. En essayant de la contacter depuis Londres, il découvre une opération d'espionnage visant le démantèlement de la résistance polonaise. Il est parachuté à Varsovie pour tenter de court-circuiter l'opération. Il retrouve Maria et la troupe, qui vont devoir mettre à profit leur talent pour sauver la résistance, et profitant des costumes de SS et d'un sosie d'Hitler, essayer d'abuser la Gestapo et sauver leur peau.
To Be or Not to Be est une comédie sur un sujet grave tournée alors qu'Hitler mettait l'Europe à feu et à sang et que l'issue de la guerre était encore incertaine. Le but du film était, d'une certaine façon, de ridiculiser le Führer et les nazis, et Lubitsch emploie à cet effet une manière d'une dérision comique époustouflante pour l'époque, multipliant les scènes à double sens. Lubitsch lui-même a tenu à dire, dans le New York Times du 29 mars 1942, que « ses » nazis n’étaient plus les tortionnaires sadiques que l’on montre communément, mais qu’ils avaient franchi ce cap : « Pour eux, les coups et la torture relèvent depuis longtemps de la routine. Ils en parlent comme des commerçants parlent de la vente d’un sac à main. Leur humour porte sur les camps de concentration et les souffrances de leurs victimes[3] ». On pense ici à la célèbre formule de la banalité du mal, forgée par Hannah Arendt en 1963 dans Eichmann à Jérusalem. Les nazis sont des êtres « normaux », à la différence près que leur travail consiste à répandre la mort. Tura, déguisé en Siletsky, le traître pronazi, interroge « Concentration-Camp-Ehrhardt » sur le « grand » acteur Tura et se voit répondre : « Ce qu’il faisait à Shakespeare, nous le faisons à la Pologne ». La comédie de Lubitsch joue sur une opposition que l’on trouve déjà dans Le Dictateur de Charlie Chaplin : l’univers uniformément mécanique et militarisé du monde « esclave » contraste avec la diversité et la normalité, parfois un peu médiocre, du monde « libre[4] ».
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