A la recherche d'informations sur Légion d'honneur ? Vous êtes ici : recherche >> Encyclopédie » Légion d'honneur
| Ordre national de la Légion d’honneur | |
|---|---|
| Croix de chevalier de la Légion d’honneur | |
| Décerné par |
|
| Type | Distinction civile et militaire comportant 3 grades et 2 dignités |
| Éligibilité | Militaires ou civils |
| Décerné pour | Conduite civile irréprochable et méritante ou faits de guerre exceptionnels après enquête officielle |
| Statut | Encore décernée de nos jours |
| Chiffres | |
| Total d'intronisés | Nombre de titulaires au 15 juillet 2010 : Chevaliers : 74 834 Officiers : 17 032 Commandeurs : 3 009 Grands officiers : 314 Grands-croix : 67 Grand maître : 1 |
| Suivant (supérieur) | Aucune |
| Suivant (inférieur) | Ordre de la Libération |
Grand-croix Grand Officier Commandeur Officier Chevalier |
|
| Barrettes portées sur les uniformes | |
L’ordre national de la Légion d’honneur est l'institution qui, sous l'égide du grand chancelier de l'ordre et du grand maître, est chargée de décerner la plus haute décoration honorifique française. Elle a été instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte. Elle récompense depuis ses origines les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation.
Romaine par son nom (inspirée par la Legio honoratorum conscripta de l’Antiquité), par son symbolisme (les aigles) et son organisation (seize cohortes pour la France), la Légion d’honneur rompt avec la tradition des ordres d’Ancien Régime en étant ouverte à tous, et non plus seulement aux officiers.
Comme certains y voyaient une atteinte au principe de l’égalité civique, Bonaparte, en conseil d’État justifie cette institution : « Je vous défie de me montrer une république, ancienne ou moderne, qui savait se faire sans distinctions. Vous les appelez les hochets, eh bien c’est avec des hochets que l’on mène les hommes. »
La Révolution française avait en effet aboli toutes les décorations de l’Ancien Régime : L’Assemblée Constituante avait créé la Décoration militaire, bientôt elle aussi supprimée. Sous la Convention, les généraux avaient pris pour habitude d’attribuer des armes d’honneur (fusil d’honneur, sabre d’honneur, ou encore tambour d’honneur) pour récompenser les actes de bravoure.
Le projet de loi[1] fut discuté devant le Conseil d'État à partir du 14 floréal an X (4 mai 1802) : Bonaparte y intervint personnellement et pesa de tout son poids pour soutenir la nécessité de distinctions, pour repousser la création d'un ordre strictement militaire et pour réfuter les accusations de retour à l'Ancien Régime. Le projet fut adopté[2]. Saisi du projet le 17 mai, le Tribunat, qui avait nommé Lucien Bonaparte rapporteur, approuva[3], malgré l'opposition jacobine qui craignait la restauration d'une nouvelle aristocratie et une entorse au principe révolutionnaire d'égalité. Enfin, Lucien Bonaparte, Pierre-Louis Roederer, Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont et Mathieu Dumas défendirent, tant et si bien, le texte de loi qu'il fut adopté[4] le 19 mai 1802, par le Corps législatif. La loi ne fut signée et scellée par le Premier Consul que le 9 prairial an X (29 mai 1802)[5].
Le 15 juillet 1804[6] eut lieu en la chapelle des Invalides la toute première remise de Légion d’honneur par Napoléon Bonaparte aux officiers méritants au cours d’une fastueuse cérémonie officielle.
Un décret du 10 pluviôse An XIII (30 janvier 1805) ajoute la Grande Décoration dont les titulaires furent par la suite nommés « grand aigle », puis « grand cordon » (ordonnance du 19 juillet 1814) et enfin « grand-croix » (ordonnance du 26 mars 1816). À cette date, les appellations furent modifiées comme suit, les commandants devinrent des commandeurs, et les légionnaires des chevaliers[7].
L’association des mérites militaires et civils (la répartition actuelle est environ 2/3 1/3), permet à l’Ordre de survivre à tous les régimes jusqu’à aujourd’hui, où on dénombre plus de 94 000 légionnaires.
Le général de corps d'armée Jean Vallette d'Osia (décoré en 1917 à l'âge de 19 ans) est celui qui aura appartenu à l'ordre le plus longtemps, 82 ans, et sera décoré du grand cordon en 1978 par Valéry Giscard d'Estaing.
L’admission et l’avancement dans l’ordre sont prononcés dans la limite de contingents fixés par décret du président de la République pour une période de trois ans. Ces contingents sont répartis entre le président et les différents ministres qui adressent leurs propositions au grand chancelier.
Depuis 2008, la nomination peut se faire par la procédure d'initiative citoyenne, sur proposition de 50 citoyens résidant dans le même département que la personne proposée.
L’accès à l’ordre ne peut se faire dans un grade supérieur à celui de chevalier, toutefois la nomination directe aux grades d'officier et de commandeur et à la dignité de grand officier peut intervenir afin de récompenser des carrières hors du commun[8]. En janvier 2009, Simone Veil[9] a été la première à bénéficier de cette disposition en étant directement élevée à la dignité de grand officier[10]. La nomination directe à un grade supérieur à celui de chevalier est également possible lorsqu'il s’agit d’honorer une personnalité étrangère : c’est alors en fonction du rang protocolaire des récipiendaires (ainsi le prince Albert de Monaco a-t-il été directement élevé à la dignité de grand officier de l’Ordre en 1984).
L’admission dans l’ordre (chevalier) comportait, à sa création, une rente annuelle insaisissable de deux cent cinquante francs or. En 2009, cette rente annuelle est de[11] :
L’attribution est presque automatique pour les anciens ministres, les préfets honoraires, les anciens députés ou sénateurs (les ministres et parlementaires en activité sont exclus du champ sauf pour faits de guerre), les hauts magistrats et les membres du corps diplomatique. L’obtention d’une médaille d’or aux Jeux olympiques fait l'objet d'une promotion spéciale. L’armée obtient cinquante pour cent des places et les autres professions bien représentées sont les policiers, les pompiers, les élus, les hauts fonctionnaires et les représentants des cultes. Depuis le décret du 21 novembre 2008[12], « la dignité de grand officier appartient de plein droit aux anciens Premiers ministres qui ont exercé leurs fonctions durant deux années au moins ».
La troisième génération successive de titulaires de la Légion d’honneur pouvait bénéficier de la noblesse héréditaire. Cette disposition, tombée en désuétude mais jamais abolie, provenait de l'ordonnance royale du 8 octobre 1814[13] qui dispose que : « lorsque l'aïeul, le fils et le petit-fils auront été successivement membres de la Légion d'honneur et auront obtenu des lettres patentes, le petit-fils sera noble de droit et transmettra sa noblesse à toute sa descendance ».
Selon le Code de la Légion d'honneur, le nombre maximum de « légionnaires » est fixé à :
Au 15 juillet 2010[14], il y a : chevaliers : 74 834 ; officiers : 17 032 ; commandeurs : 3 009 ; grands officiers : 314 ; grands-croix : 67.
L'ordre est très majoritairement masculin.
Le 30 décembre 2011, Hélène Carrère d'Encausse devient la dixième femme à obtenir la distinction suprême de grand-croix[15].
La nomination dans la Légion d’honneur n’est pas réservée aux seuls Français : elle est aussi attribuée (hors contingent) à des chefs d’État, Premiers ministres, membres de gouvernement, ambassadeurs, hommes d'affaires ou artistes étrangers lors de leur venue en France, et à quiconque a servi les intérêts de la France. Par exemple, le 19 février 1999, le président de la République Jacques Chirac a remis l’insigne à des anciens combattants américains de la Première Guerre mondiale. Ainsi une polémique a éclaté concernant la décoration en 2006 de Vladimir Poutine, président de la Fédération russe (2001-2008), comme grand-croix de la Légion d’honneur.
Néanmoins, les étrangers ainsi nommés ne sont jamais reçus dans l'ordre de la légion d'honneur[16], ils ne font donc pas partie de la communauté, dotée de la personnalité morale, que constitue la Légion d'honneur.
L’insigne, dont le dessin s'inspire de la croix de l'Ordre du Saint-Esprit, est une étoile à cinq rayons doubles émaillés de blanc, les dix pointes boutonnées. L’étoile et les boutons sont en argent pour les chevaliers, en vermeil pour les officiers. Les rayons sont reliés par une couronne, d’argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (à droite) et de laurier (à gauche) et dont les extrémités inférieures, entrecroisées, sont attachées par un nœud. Le centre de l’étoile présente un médaillon en or avec une tête de Cérès de profil, symbolisant la République (de Napoléon Ier sous les deux empires, d'Henri IV sous la Restauration et la monarchie de juillet et de Bonaparte, Consul, sous la Deuxième République), entourée d’un cercle bleu, portant les mots : RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. L’étoile est suspendue à une couronne de feuilles (couronne impériale sous les deux empires et royale sous la Restauration et la monarchie de juillet), d’argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (cette fois-ci à gauche) et de laurier (cette fois-ci à droite). Au revers, le médaillon d’or porte deux drapeaux tricolores avec l’inscription Honneur et Patrie (devise inchangée depuis la création de l'ordre) en exergue ainsi que la date de création de l’ordre : 29 floréal An X.
L’insigne est suspendu à un ruban rouge, que certains estiment hérité de l’ordre militaire de Saint-Louis. Il comporte une rosette pour les officiers. La dimension de l’insigne en vermeil des commandeurs, suspendu à une cravate, est de moitié plus grande que celle des deux premiers grades. La cravate de commandeur se porte toujours seule autour du cou (ce qui n’est pas le cas des autres cravates de commandeurs français : Mérite national, maritime, agricole, etc., qui peuvent être portés ensemble). Les grands officiers portent la croix d’officier accompagnée d'une plaque (vulgairement appelée « crachat ») sur le côté droit de la poitrine. Les grands-croix portent la même plaque, mais en vermeil, sur le côté gauche de la poitrine. Leur croix de vermeil, presque du double de celle des deux premiers grades, se porte en écharpe, suspendue à un large ruban rouge qui passe sur l’épaule droite.
En tenue civile, les chevaliers portent à la boutonnière un ruban rouge, les officiers une rosette rouge, les commandeurs une rosette rouge sur demi-nœud en argent, les grands officiers une rosette rouge demi-nœud moitié argent moitié or, et les grands-croix une rosette rouge sur demi-nœud en or. Le demi-nœud est familièrement appelé « canapé ».
| Rubans portés sur les uniformes | ||||
|---|---|---|---|---|
| Chevalier | Officier | Commandeur | Grand officier | Grand-croix |
L'ordre de la Légion d'honneur, institué par la loi du 19 mai 1802 prise en application de l'article 87 de la Constitution de l'An VIII[17], est une communauté constituée de tous ses membres, dotée d'un nom, d'un sceau, d'un statut[18], d'un patrimoine, et d'une personnalité juridique de droit public.
Sa devise est Honneur et Patrie.
Le président de la République est le grand maître de l’ordre. Le grand collier de la Légion d'honneur (composé de 16 anneaux en or massif) est remis au président par le grand chancelier, le jour de son investiture. On le voit sur les photos officielles puis il est déposé au musée de la Légion d’honneur.
Le grand chancelier de la Légion d’honneur est choisi parmi les grands-croix par le président de la République. Depuis 1969, il est nommé pour six ans. Depuis Lacépède, la plupart des chanceliers furent des militaires. Les responsabilités du grand chancelier sont assez étendues : il a la charge de tous les problèmes liés aux décorations en France. C’est notamment le grand chancelier qui accorde les autorisations de port des décorations étrangères. Il est également grand chancelier de l’ordre national du Mérite.
Le grand chancelier est assisté d’un conseil réunissant des membres divers de la Légion, civils et militaires, à partir du grade de commandeur.
La grande chancellerie est située à Paris dans le 7e arrondissement, dans l’hôtel de Salm, appelé aujourd’hui palais de la Légion d'honneur. Ce palais abrite aussi le musée de la Légion d’honneur.
La croix a été remise également à des régiments, des établissements d’enseignement (du supérieur comme l'École des Mines de Paris[19], l'École des Mines de Saint-Étienne[20], l’École Centrale Paris[21], l’École polytechnique, les Écoles nationales d’arts et métiers (aujourd’hui « Arts et Métiers ParisTech »), l'École des mines de Douai[22], l’École des chartes ou l’université de Nancy, ou du secondaire comme le lycée Lalande de Bourg-en-Bresse, l’École militaire préparatoire d'Autun, le lycée militaire d'Aix-en-Provence[23], ou le Prytanée national militaire de La Flèche), des communautés, des entreprises (dont la SNCF) et à une association (la Croix-Rouge française).
L'École coloniale d'agriculture de Tunis[24] est la seule école civile étrangère décorée de l'Ordre par décret signé par Vincent Auriol, président de la République, à Paris le 27 avril 1950 (J.O du 27 avril 1950).
La préfecture de police de Paris a été décorée de la Légion d'honneur par le général de Gaulle le 12 octobre 1944, suite à l'insurrection d'une partie de ses agents, le 19 août 1944, dans la caserne de la Cité. C'est la raison pour laquelle ses agents en tenue d'honneur portent la cordelière[25] rouge, à l'épaule gauche, les jours de cérémonie.
La hampe du drapeau ou de l’étendard des unités ou formations suivantes, a été décorée de la Croix de la Légion d’honneur[26] :
Dans le respect de l’ordre protocolaire de port des principales décorations officielles françaises[28].
La radiation de l’ordre peut intervenir comme sanction ultime en cas d’atteinte à l’honneur ou à la dignité, à la suite d’une procédure disciplinaire au cours de laquelle l’intéressé est appelé à faire valoir sa défense. Cette radiation, qui vaut retrait de la décoration, est automatique en cas de condamnation à une peine d’emprisonnement d’un an et plus pour crime ou en cas de déchéance de la nationalité française[46]. Ce fut le cas de Maurice Papon qui, bien que s’étant vu retirer cette décoration, a néanmoins tenu à être enterré avec[47]. Jean-Claude Labourdette a été également exclu de la Légion d'honneur après sa condamnation en 1994 pour un trafic d'armes au Liban.
En 1981, le général d’armée Alain de Boissieu, grand chancelier de la Légion d’honneur depuis 1975, démissionne avec fracas de la chancellerie pour ne pas avoir à remettre, comme cela est la tradition pour tout président élu, le collier de grand maître de l’ordre à François Mitterrand, parce que ce dernier avait par le passé traité Charles de Gaulle (dont le général de Boissieu était le gendre) de « dictateur »[48],[49].
Le contenu de cette page (Légion d'honneur) est un minuscule extrait de l'encyclopiédie gratuite en ligne WIKIPEDIA
le webmaster de ce site n'est pas l'auteur de cet article (Légion d'honneur). Vous pouvez retrouver l'original de cet article (Légion d'honneur) à cette adresse et la liste des auteurs
ici
Vous pouvez modifier ou compléter cet article mais également discuter de son contenu (Légion d'honneur) sur le site de WIKIPEDIA France - Contenu (Légion d'honneur) disponible sous GNU Free Documentation License.