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Laboratoire national de Los Alamos

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Le laboratoire de recherche en 1995

Le Laboratoire national de Los Alamos (Los Alamos National Laboratory (LANL) connu aussi sous les noms Los Alamos Laboratory et Los Alamos Scientific Laboratory) est un laboratoire du Département de l'Énergie des États-Unis, géré par l'Université de Californie, situé à Los Alamos, dans l'État du Nouveau-Mexique. Le laboratoire est une des plus grandes institutions multidisciplinaires du monde. Il est la plus grande institution et le plus gros employeur dans le nord du Nouveau-Mexique avec environ 10 000 employés de l'Université de Californie plus environ 3000 sous contrat.

Un tiers des membres de l'équipe technique sont des physiciens, un quart des ingénieurs, un sixième des chimistes , le reste travaillant en mathématiques, informatique, biologie, géologie et d'autres disciplines… Des scientifiques et des étudiants viennent aussi à Los Alamos comme visiteurs pour participer aux projets de recherche. L'équipe travaille à des recherches fondamentales et appliquées en partenariat avec des universités et l'industrie. Le budget annuel est environ 2 milliards de dollars.

Los Alamos est l'un des deux laboratoires américains avec le Laboratoire National de Lawrence Livermore où des recherches secrètes sur les armes nucléaires sont entreprises.

Sommaire

[modifier] Le Projet Manhattan

Le laboratoire a été fondé pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1943, comme un lieu secret pour centraliser les recherches scientifiques du Projet Manhattan, le projet américain de développement des premières armes nucléaires. En septembre 1942, au vu des difficultés créées par la dispersion à travers tous les États-Unis des universités conduisant des recherches préliminaires sur les armes nucléaires, il paraissait nécessaire de disposer d'un laboratoire dédié uniquement à ce projet. Le directeur scientifique du Projet Manhattan, Robert Oppenheimer, qui dans sa jeunesse avait passé beaucoup de temps au Nouveau Mexique, explora la région avec le Général Leslie Groves et le physicien Ernest Orlando Lawrence, et choisit comme lieu d'implantation une mesa qui accueillait auparavant la Los Alamos Ranch School. Oppenheimer devint le premier directeur du laboratoire.

Les premiers étapes d'une explosion du test nucléaire Trinity.

Durant le Projet Manhattan, le laboratoire portait le nom de Site Y et il accueillit secrètement des milliers d'employĂ©s (sa seule adresse Ă©tait une boĂ®te postale, numĂ©ro 1663, Ă  Santa Fe) parmi lesquels quatre Prix Nobel de physique (Niels Bohr, James Chadwick, Enrico Fermi et Isidor Isaac Rabi). Bien que son contrat avec l'UniversitĂ© de Californie fĂ»t initialement conçu comme temporaire, le lien fut conservĂ© bien après la guerre. Jusqu'aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, Robert Sproul, le prĂ©sident de l'UniversitĂ© de Californie, ignorait l'objectif du laboratoire et imaginait qu'il fabriquait un « rayon mortel Â» (death ray).[rĂ©f. nĂ©cessaire] Le seul membre de l'administration de l'UniversitĂ© de Californie qui connaissait son vĂ©ritable objectif ainsi que sa situation gĂ©ographique prĂ©cise Ă©tait le SecrĂ©taire-TrĂ©sorier Robert Underhill, chargĂ© des contrats militaires.

Les recherches du laboratoire aboutirent à la création de trois bombes atomiques. La première, une bombe au plutonium, fut testée le 16 juillet 1945 dans le désert près de Alamogordo dans l'État du Nouveau-Mexique. Les deux suivantes, l'une à l'uranium et l'autre au plutonium (appelées «Little Boy» et «Fat Man»), furent larguées respectivement sur les villes japonaises de Hiroshima le 6 août 1945 et Nagasaki le 9 août.

[modifier] Pendant la Guerre froide

À la fin de la guerre, Oppenheimer se retira de son poste de directeur et fut remplacé par Norris Bradbury, dont la première mission fut de permettre de produire en masse et d'utiliser la bombe atomique sans devoir recourir à des scientifiques de haut niveau. Beaucoup de ces derniers choisirent de quitter le laboratoire et certains devinrent même des opposants déclarés au développement de nouvelles armes nucléaires.

Le laboratoire fut chargé de développer la bombe H, ainsi que d'autres variantes de l'arme nucléaire. En 1952, le Laboratoire National de Lawrence Livermore fut fondé afin de concurrencer le Laboratoire national de Los Alamos, dans l'espoir de favoriser l'innovation dans ce domaine. Les deux laboratoires développèrent tout l'arsenal nucléaire des États-Unis. D'autres travaux de recherche fondamentale portaient sur le développement d'accélérateurs de particules ou la fusion nucléaire (dans le cadre du Project Sherwood).

[modifier] Après la Guerre froide

À la fin de la Guerre froide, les deux laboratoires traversèrent une période d'intense diversification de leurs programmes de recherche afin de s'adapter aux nouvelles conditions politiques et à la baisse des crédits en matière d'armement nucléaire. Aujourd'hui, les recherches du Laboratoire national de Los Alamos sont principalement orientées vers la simulation informatique, les énergies renouvelables (géothermie, énergie solaire)[1], l'astrophysique et le stockpile stewardship.

Le laboratoire a connu de nombreux scandales. En 1999, Wen Ho Lee, scientifique travaillant à Los Alamos, fut accusé d'avoir à 59 reprises copié des données secrètes utilisées pour la simulation informatique de tests nucléaires et de les avoir sorties du laboratoire. Après dix mois d'emprisonnement, Lee plaida coupable pour un seul des chefs d'inculpation et les 58 autres furent rejetés. Le juge James Park s'excusa pour son incarcération. Lee fut un temps suspecté d'avoir communiqué des secrets nucléaires à la Chine, mais l'enquête démontra le contraire. En 2000, deux disques durs contenant des données classifiées furent déclarés manquants d'une zone sécurisée du laboratoire avant d'être retrouvés derrière un photocopieur. Pendant les années 2001 et 2002, 22 ordinateurs portables ne purent être retrouvés[2]. En 2003, le directeur du laboratoire John C. Browne et son adjoint démissionnèrent à la suite d'accusations selon lesquelles ils avaient renvoyé deux employés qui avaient averti de vols répétés dans le laboratoire.

Ces scandales conduisirent en 2003 le Département de l'Énergie des États-Unis à remettre en cause son contrat avec l'Université de Californie et à lancer un appel d'offre. C'était la première fois que l'université devait concourir pour gérer le laboratoire. Elle a fait une offre pour gérer le laboratoire en partenariat avec Bechtel. L'Université du Texas a fait une offre concurrente en partenariat avec Lockheed-Martin.

En juillet 2004, un inventaire des données classifiées concernant les armes nucléaires révéla que quatre disques durs avaient disparu. Il s'avéra par la suite que deux d'entre eux avaient été déplacés par erreur dans un autre bâtiment, mais les deux autres restèrent introuvables. Le directeur du laboratoire Peter Nanos ferma une grande partie du laboratoire et reprocha publiquement aux scientifiques qui y travaillaient leur laxisme vis-à-vis des procédures de sécurité. Cependant, un rapport rendu public en janvier 2005 révéla que les deux disques durs manquants étaient en fait un artefact dû à un système d'inventaire défaillant et n'avaient jamais existé. Cet incident contribua à discréditer l'équipe dirigeante du laboratoire. En mars 2005, Nanos démissionna.

Au début de février 2009, les responsables du laboratoire ont avoué avoir perdu 67 ordinateurs, 13 ayant disparus au cours de l'année 2008[3].

[modifier] Directeurs du laboratoire

[modifier] Références

  1. ↑ Dossier : l'AmĂ©rique des dĂ©serts, Grands Reportages, n°125, juin 1992, p.117
  2. ↑ (en) Patricia Daukantas, « Energy IG pans notebook lapses at Los Alamos Â», dans Government Computer News, 1er mai 2003 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 14 fĂ©vrier 2009)] 
  3. ↑ (en) Sylvie Barak, « U.S. nuclear weapons lab loses 67 computers Â», dans iTnews Australia, 13 fĂ©vrier 2009 [texte intĂ©gral (page consultĂ©e le 13 fĂ©vrier 2009)] 

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes




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