| Latin lingua latīna |
|
|---|---|
| Langues filles | langues romanes |
| Parlée au | Vatican |
| Typologie | SOV flexionnelle |
| Classification par famille | |
| Statut officiel | |
| Langue officielle du | |
| Codes de langue | |
| ISO 639-1 | la |
| ISO 639-2 | lat |
| ISO 639-3 | lat |
| IETF | la |
| Échantillon | |
Article 1
|
|
| modifier |
|
Le latin (en latin : lingua latīna) est une langue italique de la famille des langues indo-européennes, parlée à l'origine dans le Latium et la Rome Antique. Bien qu'il soit souvent considéré comme une langue morte depuis l'époque de la Révolution française[réf. nécessaire], terminologie qui n'est d'ailleurs pas acceptée de tous[note 1], un certain nombre d'universitaires et de membres du clergé le parlent couramment, et de nombreuses écoles et universités continuent à l'enseigner[1],[note 2]. Le latin est toujours utilisé pour la production de nouveaux mots dans de nombreuses familles de langues. Le latin et ses langues-filles, les langues romanes, sont la seule branche des langues italiques à avoir survécu. Les autres branches sont attestées dans des documents datant de l'Italie préromaine, mais ont été assimilées durant la période républicaine.
Langue flexionnelle, elle comporte sept cas, deux nombres et trois genres. Son alphabet — qui, enrichi de lettres supplémentaires et de signes diacritiques, est utilisé aujourd'hui par de nombreuses langues vivantes — comportait à l'époque classique 23 lettres, dont 4 voyelles, 2 semi-voyelles et 17 consonnes.
Sommaire |
| Histoire du latin | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| 75 av. J.-C. | 75 av. J.-C. – Ier siècle | IIe – VIIIe siècle | IXe – XVe siècle | XVe – XVIe siècle | XVIIe – XIXe siècle | XXe – XXIe siècle |
| latin archaïque | latin classique | bas latin | latin médiéval | latin humaniste (en) | néolatin | latin contemporain |
Les langues italiques forment une sous-famille centum des langues indo-européennes, qui inclut les langues romanes (notamment l'italien, le roumain, le moldave, le valaque, le français, le catalan, l'espagnol, le portugais, etc.) ainsi qu'un certain nombre de langues éteintes (comme le dalmate ou le mozarabe). Le latin était donc dans l'Antiquité une langue d'origine indo-européenne parlée par la population du Latium en Italie centrale (les Latins), entourée par d'autres parlers indo-européens (comme l'ombrien), et par la langue étrusque dont elle subit l'influence.
On appelle latin archaïque (prisca latinitas) l'état du latin en usage de l'origine jusqu'au tout début du Ier siècle av. J.‑C..
L'expansion territoriale de la Rome antique assure au latin une diffusion de plus en plus large à partir du IIIe siècle av. J.‑C.. Langue officielle de l'Empire romain[réf. nécessaire], elle se répand dans la majeure partie de l'Europe occidentale, de l'Afrique du nord, de l'Asie Mineure et des régions danubiennes. Sous l'Empire, le latin est la langue du droit, de l'administration romaine et de l'armée et des nombreuses colonies romaines, coexistant avec le grec et les parlers locaux.
Lors de la chute de l'Empire d'Occident au Ve siècle, les envahisseurs adoptent le mode de pensée romain et la langue latine afin d'asseoir leur légitimité. Tout au long du haut Moyen Âge, bien qu'il ne soit pas une langue vernaculaire, le latin reste la langue des actes officiels, de la diplomatie, de la liturgie et de la littérature savante (théologie, philosophie, sciences).
Durant la suite du Moyen Âge, les langues locales s'affirment au plan littéraire et intérieur, et tandis qu'il donne naissance à de nombreuses langues vernaculaires dérivées (les langues romanes) et que des langues non romanes (comme l'anglais ou le gotique) lui empruntent du vocabulaire, le latin reste influent aux plans diplomatique, juridique, scientifique et philosophique.
Le latin est réformé vers 800 puis au XIe siècle sur le modèle du latin classique, afin d'éviter une dérive vers les langues vernaculaires qui en étaient issues.
À la Renaissance, la fonction scientifique et philosophique de la langue latine commence à décliner, tout comme sa fonction diplomatique (Ordonnance de Villers-Cotterêts, 1539). Cela n'empêchera pas Érasme de publier une quantité de textes en un latin redevenu classique et très riche ; de même, René Descartes (1596-1650) écrit volontiers en latin... surtout lorsqu'il est pressé (même s'il publie son Discours d'abord en français pour des raisons particulières ; les ouvrages de son époque sont souvent imprimés en latin pour être diffusés dans toute l'Europe). Dans la partie germanique de l'Europe (où le droit romain reste en vigueur jusqu'à la fin de l'Empire), le latin restera plus longtemps la langue des publications importantes ou scientifiques, tandis que du côté français, d'énormes efforts sont accomplis (surtout avec Louis XIV) pour le remplacer par un français châtié et remanié. Le latin reste toutefois la langue liturgique et officielle du catholicisme (textes doctrinaux ou disciplinaires, droit, etc.).
Le terme néolatin s'est répandu vers la fin des années 1890 parmi les linguistes et les scientifiques. Il sert aux spécialistes des lettres classiques pour désigner l'utilisation de la langue latine après la Renaissance, dans une but aussi bien scientifique que littéraire. Le début de la période est imprécis mais le développement de l'éducation chez les laïcs, l'acceptation des normes littéraires humanistes, ainsi que la grande disponibilité de textes latins qui a suivi l'invention de l'imprimerie, marquent une transition vers une ère nouvelle à la fin du XVe siècle. Au XIXe siècle, le latin est une langue privilégiée dans l'enseignement tant ouest-européen (heures de cours, rédaction des thèses) qu'est-européen, bien qu'il ne soit guère plus utilisé que par les commentateurs et éditeurs de textes antiques[réf. nécessaire]. En Belgique, l'usage de la langue vulgaire dans les universités n'a été toléré qu'à partir de 1835 environ. La fin de la période néo-latine est également indéterminée, mais l'usage normal du latin pour communiquer les idées est devenu rare après quelques décennies au XIXe siècle et, vers 1900, c'est dans le vocabulaire scientifique international de la cladistique et de la systématique qu'il survivait essentiellement.
Au XXe siècle, c'est avant tout une langue de culture, qui reste revendiquée par l'Église catholique romaine depuis l'époque de l'Empire romain, bien que seuls quelques cardinaux et théologiens la parlent réellement. C'est l'une des quatre langues officielles de l'État du Vatican, et partiellement langue d'enseignement dans les universités pontificales romaines. Des publications latines profanes sont également réalisées tout au long du XXe siècle, comme celles des communistes russes qui publient tous leurs ouvrages de botanique en latin pendant la période de la guerre froide[réf. nécessaire] ou, plus récemment, des traductions en latin des deux premiers tomes du best-seller Harry Potter.
De nos jours, de nombreux mouvements[Lesquels ?] prônent son maintien comme langue de communication européenne, et l'utilisent notamment lors de congrès : il s'agit de promouvoir le latin classique comme une véritable langue moderne grâce aux ajouts de vocabulaire. Dans Le Monde, Pierre Georges mentionne soixante mille mots ou expressions ajoutés au latin au cours du siècle écoulé, dont res inexplicata volans pour OVNI ou vis atomica pour puissance nucléaire[2]. Des revues et des sites Web sont édités en latin, tandis que la radio finlandaise émet en latin trois fois par semaine depuis plus de vingt ans[note 3]. La prononciation contemporaine qui semble s'imposer est la prononciation ancienne restituée.
L'interlingua propose quant à elle une synthèse des langues romanes. Ses partisans mettent en avant son identité latine et son vocabulaire directement accessible par les 900 millions de locuteurs romans. Un de ses courants, qui se dénomme « latin moderne », propose son emploi direct à destination du public roman de toutes langues, après quelques réformes (orthographe phonétique, élimination des mots antiques sans postérité, modernisation des formes lexicales), la compréhension serait alors immédiate, à condition d'avoir appris environ 50 mots sur un vocabulaire usuel de 5000.
En 2011, un appel à l'attention de l'UNESCO est lancé, demandant à ce que l'on fasse figurer le latin et le grec au patrimoine immatériel de l'humanité[3].
Le latin est toujours aujourd'hui la langue officielle de l'Église catholique. Par exemple, le Code de droit canonique de 1983 et même le Code des canons des Églises orientales (qui pourtant n'ont jamais utilisé le latin comme langue liturgique) de 1990 sont écrits en latin, et les spécialistes font constamment référence au texte latin[réf. nécessaire]. La langue officielle de la diplomatie du Vatican est quant à elle le français mais l'usage sur le territoire consacre, de facto, la domination de l'italien.
Les Romains sont les créateurs de l'alphabet latin qui comportait, à l'époque classique, les lettres suivantes :
| A | B | C | D | E | F | G | H | I | L | M | N | O | P | Q(V) | R | S | T | V | X |
| a | b | c | d | e | f | g | h | i | l | m | n | o | p | q(u) | r | s | t | u | x |
Les lettres k, y et z sont rares : k était initialement utilisé pour c devant a et les consonnes, mais était pratiquement éliminé au profit de c à l'époque classique ; y et z ont été ajoutées pour transcrire les mots grecs à partir de l'époque classique. Quintilien se plaint que cet enrichissement de l'alphabet permette de mieux transcrire les mots grecs que les mots latins[note 4].
On ne connaît pas avec une précision totale la prononciation du latin classique, malgré les nombreux témoignages laissés par les auteurs latins et les moyens mis en œuvre par la méthode comparatiste (cf. remarque de Quintilien ci-dessus).
L'une des modifications les plus importantes depuis l'indo-européen commun est le rhotacisme (passage de [s] à [r] dans certaines conditions ; principalement entre voyelles). La prononciation d'une langue n'étant pas figée, tant que le latin a été parlé, ses phonèmes ont évolué. Les évolutions les plus flagrantes ont été :
Chaque voyelle (a, e, i, o, u, y) peut être brève ou longue (distinguées aujourd'hui par le diacritique ˘ ou ¯). Le latin antique était une langue à accent de hauteur aussi dotée d'un accent d'intensité secondaire.
Certaines consonnes peuvent être géminées, c'est-à-dire doubles, et sonnent, à l'oreille, comme une suite de deux consonnes phonétiquement identiques ; ex : « siccus », « stella », « annus », « terra », « grossus », « littera », etc.
Le latin enseigné actuellement en France (et dans beaucoup de pays à travers le monde) correspond la plupart du temps à cette prononciation restituée du Ier siècle av. J.-C. : c'est cette prononciation qu'il faut pratiquer pour lire à peu près convenablement un texte latin et qui est presque généralisée actuellement dans les congrès internationaux qui choisissent cette langue.
Une autre prononciation du latin est celle du « latin ecclésiastique », ou « latin d'église », qui est assez proche de l'italien, avec quelques exceptions. Cette prononciation, qui n'est fondée sur aucune base philologique sérieuse, est celle définie par Érasme dans son ouvrage Dialogus de recta latini graecique sermonis pronuntatione écrit en 1528.
Voici quelques généralités sur la grammaire du latin classique.
La morphologie du latin est celle d'une langue hautement flexionnelle.
On compte dans le système nominal autant les noms que les adjectifs, qui suivent des flexions proches, sinon similaires. La flexion nominale comporte :
La conjugaison du verbe latin repose tout entière sur l'opposition de deux thèmes, celui du présent (infectum) et celui du parfait (perfectum)[5]. Le système verbal latin s'organise donc sur trois radicaux[6] :
La classification scolaire en 4 ou 5 conjugaisons, basée sur la voyelle finale du thème, n'est valable que pour la série de l'infectum, construite sur le radical du présent. À la série du perfectum, construite sur les radicaux du parfait et du supin, cette distinction est inappropriée[7],[8].
Le radical du présent s'obtient en enlevant à l'infinitif présent sa désinence -re[note 6].
Comme toute langue indo-européenne, le latin hérite d'un certain nombre de termes du lexique indo-européen commun. Ainsi, à agnus, « agneau », correspondent le vieux-slave агнѧ (agnę), le russe ягнёнок (iagnionok), le grec ancien ἀμνός/amnós, le breton oan, etc., qui descendent tous de l'étymon *h₂egʷʰno.
Le latin emprunte ensuite aux langues non italiques voisines :
Enfin, le latin emprunte aux langues italiques voisines : osque, ombrien.
Un mot latin peut avoir directement engendré un mot français ; c'est le cas pour ala /aile, amare /aimer, barba /barbe, carpa /carpe, etc.
Dans d'autres cas, la situation n'est pas si simple et le mot a évolué d'une manière moins linéaire : aqua, « eau », donne eau mais après une autre évolution phonétique, le même étymon aqua a donné le doublet ève, encore présent dans le doublet populaire évier de aquarium. Fagus, « hêtre », se voit évincé par un mot germanique et crus, « jambe », ne se retrouve qu'indirectement dans crural.
| Mot latin | Traduction | Prononciation classique (avec API) |
Dérivé savant français |
|---|---|---|---|
| aqua | eau | akwa ['a.kʷa] | aquarium |
| bibӗre | boire | bibéré ['bi.be.re] | imbiber |
| caelum | ciel | kaïloum ['kaɪ̯.lum] | céleste |
| diēs | jour | diyèèss ['dijɛːs] | diurne |
| ӗdӗre | manger | édéré ['e.de.re] | edible (anglais) |
| fēmĭna | femme | feemina ['feː.mi.na] | féminin |
| hŏmo | homme | omo ['o.mo] | hominidé |
| hŭmus | humus, terre, sol | oumouss [u.mus] | inhumer |
| ignis | feu | iignis ['iːŋ.nis] | ignifuge |
| magnus | grand | maagnouss ['maːŋ.nus] | magnanime |
| nox | nuit | noks [noks] | nocturne |
| parvus | petit | paarwouss ['paːr.wus] | |
| sōl | soleil | sool [soːl] | solaire |
| terra | terre (en tant qu'élément) |
terra [terːa] | terrestre |
| Histoire du latin | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| 75 av. J.-C. | 75 av. J.-C. – Ier siècle | IIe – VIIIe siècle | IXe – XVe siècle | XVe – XVIe siècle | XVIIe – XIXe siècle | XXe – XXIe siècle |
| latin archaïque | latin classique | bas latin | latin médiéval | latin humaniste (en) | néolatin | latin contemporain |
Le contenu de cette page (Latin) est un minuscule extrait de l'encyclopiédie gratuite en ligne WIKIPEDIA
le webmaster de ce site n'est pas l'auteur de cet article (Latin). Vous pouvez retrouver l'original de cet article (Latin) à cette adresse et la liste des auteurs
ici
Vous pouvez modifier ou compléter cet article mais également discuter de son contenu (Latin) sur le site de WIKIPEDIA France - Contenu (Latin) disponible sous GNU Free Documentation License.