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Le Chaffaut-Saint-Jurson

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44° 02′ 20″ N 6° 09′ 03″ E / 44.0388888889, 6.15083333333

Le Chaffaut-Saint-Jurson
Armoiries
Détail
Administration
Pays France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Digne-les-Bains
Canton Digne-les-Bains-Ouest
Code commune 04046
Code postal 04510
Maire
Mandat en cours
Jean-Pierre Feraud
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes de Duyes et Bléone
Démographie
Population 731 hab. (2009)
Densité 20 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 02′ 20″ Nord
       6° 09′ 03″ Est
/ 44.0388888889, 6.15083333333
Altitudes mini. 470 m — maxi. 960 m
Superficie 36,2 km2

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Le Chaffaut-Saint-Jurson est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Chaffaudiers.

Sommaire

[modifier] Géographie

Le village est situé à 584 m d’altitude[1], dans la vallée de la Bléone.

[modifier] Économie

Les principales activités de la commune sont l’agriculture et ses installations éducatives (lycée agricole de Carmejane et centre de formation professionnelle agricole).

[modifier] Histoire

[modifier] Préhistoire

D’assez nombreuses traces d’occupation préhistoriques ont été retrouvées sur le territoire de Saint-Jurson, jusqu’à l’époque néolithique[2], ainsi que des anneaux de bronze de l’époque de Hallstatt au col de Saint-Jurson[3].

[modifier] Du Moyen Âge à la Révolution française

Les Galbert étaient seigneurs du Chaffaut ; le fief fut ensuite partagé entre divers seigneurs, dont la ville de Digne au XVe siècle[4].

Espinouse (Spinosa, au XIIIe siècle), compte 63 feux en 1315, puis 36 en 1471 après la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans). En 1765, le village compte 228 habitants[5]. Lagremuse comptait 80 habitants la même année[4].

Saint-Jurson apparaît au XIIIe siècle dans les chartes : Sanctus Georgius de Sargano. La communauté comptait 15 feux en 1315, est complètement dépeuplée par la crise du XIVe siècle. En 1765, le village, qui relève de l’abbaye de Lérins, a 46 habitants[6].

Le fief d’Espinouse est érigé en marquisat en 1651[7].

Durant la Révolution, le Chaffaut et Lagremuse comptent toutes deux une société patriotique, toutes deux créées après la fin de 1792[8], de même qu’Espinouse. Bien que la section de la commune ne soit pas activement pro-fédéraliste et n’ait pas particulièrement fait la propagande des idées des Girondins, la répression de l’insurrection fédéraliste en juillet 1793 aboutit à une condamnation à mort au Chaffaut[9].

[modifier] Fusion des communes

La commune actuelle est formée par la fusion de Le Chaffaut et de Lagremuse en 1887 (Le Chaffaut-Lagremuse), puis de cette nouvelle commune avec Saint-Jurson en 1962 (sous son nom actuel), puis enfin avec Espinouse en 1973[10].

[modifier] Toponymie

La localité du Chaffaut apparaît pour la première fois dans les textes vers 1064-1079 (in Kadalfucho). Le terme vient d’un terme nord-occitan traduisant cadalfac, désignant une maison à escalier extérieur et balcon[11].

[modifier] Héraldique

Blason Le Chaffaut Saint Jurson.svg

Blasonnement :
D'azur à une tour d'or sur quatre piliers du même.[12]

[modifier] Administration

[modifier] Municipalité

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2001 réélu en 2008[13] Jean-Pierre Feraud[14],[15] Divers gauche  

[modifier] Enseignement

La commune est dotée d’une école primaire[16].

[modifier] Démographie

Évolution démographique du Chaffaut
1471 1765 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846
- 208 216 215 246 244 231 256 262 275
1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
274 295 295 288 234 242 300 336 296 247
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
265 224 230 210 206 212 184 166 157 168
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009 - - -
178 229 346 510 674 711 731 - - -
Population sans doubles comptes de 1962 à 1999 ; population municipale depuis 2006
Sources : Base Cassini de l'EHESS jusqu'en 1962[17], base Insee à partir de 1968[18],[19],[20].
Courbe d'évolution démographique du Chaffaut depuis 1765

[modifier] Lieux et monuments

Grange dont les murs ont des jours destinés à la ventilation du grenier, élément typique de l’architecture vernaculaire de la région.

[modifier] Résidences civiles

[modifier] Château de Chaffaut

Le château du Chaffaut, encadré de trois grosses tours carrées (quatre à l’origine), de style Louis XIII, est achevé en 1634[21]. Il est classé monument historique[22].

Le « château » de Carmejane est une bastide attestée[23].

Aux Chaffaut, deux maisons sont datées de 1681 et 1717[24]. Une ferme ancienne possède un séchoir à prunes (fabrication des pistoles)[25].

On peut encore apercevoir les ruines de châteaux à Espinouse et à Lagremuse (ce dernier perché sur trois sommets).

[modifier] Château de Gremuse

Le château de Gremuse ou Lagremuse a été construit au XVe siècle, dont il a gardé une magnifique porte “cloutée”. Il appartient aujourd’hui à un membre de la noblesse qui accepte les visiteurs quand il est présent au village.

[modifier] Art religieux

L’église paroissiale Saint-Barthélemy, au Chaffaut, est datée en partie de 1671. Elle est cependant reconstruite en 1864 en appareil limousin : la nef est plafonnée, les fonts baptismaux sont placés dans une chapelle latérale. Les cloches sont placées dans une tour[26].

L’église Saint-Jacques (milieu ou fin du XVIIe siècle) à Espinouse : le portail est encadré de bossages à refends. Les trois travées sont voûtées d’ogives, que Raymond Collier considère comme plaquées sur des voûtes d’arêtes[27]. Elle abrite deux bustes de saint Mathieu et saint Jacques, en bois du XVIIe[28].

L’église de Lagremuse est construite en 1867 et placée sous le vocable de Sainte-Agathe[4].

Dans la chapelle Saint-Georges (XIIe) à Saint-Jurson, se trouvent trois objets classés monuments historiques :

  • une croix de procession en cuivre argenté, de la fin du XVIIIe siècle[29] ;
  • un ostensoir d’argent, de la fin du XVIIIe siècle ou du début du XIXe[30] ;
  • une toile représentant la Vierge à l’enfant et saint Georges, avec le donateur, datant du XVIIe siècle[31].

[modifier] Le pont de Débaste-Saume

Sur le territoire de l’ancienne Saint-Jurson, se trouve un pont franchissant le ravin de Débaste-Saume, en ruines mais assez exceptionnel. Ce nom, venant du provençal "debasto saumo" signifierait « endroit où l’on débâte le chargement de l’ânesse" (sans doute à cause de la difficulté du terrain), ou encore serait le rappel d’un accident. Sur certaines cartes on trouve l'indication "ravin du pas de l'ânesse" ce qui est partiellement juste et faux, le mot "pas" semblant une déformation de "bât". Un petit pont existait déjà plus en aval[32].

Il est construit pour que la route royale de Digne à Aix par le col de l'Orme franchisse le ravin du bât de l’ânesse (entre Digne-les-Bains et Châteauredon).

La construction est commencée en 1670 (les moitié des travaux prévus ayant déjà été exécutés à cette date[33]). Il est achevé en 1780[33].

Il franchit le ravin en son point le plus étroit, grâce à plusieurs niveaux d’arches (cas unique dans le département), atteignant une hauteur de douze mètres[34]. Le premier niveau comporte une seule arche, le niveau supérieur en compte trois de 5 à 6 m, pour un tablier long de 50 m. La pierre de taille n’a été utilisée que pour le radier et les voussoirs de tête, tout le reste est construit en moellons[35]. Du côté aval, il est soutenu par de puissants contreforts.

Des réparations sont nécessaires en 1712, 1745, 1762, 1771, et 1795 (le radier ayant été emporté par une crue qui emporte aussi la route sur 50 mètres de long, et son soubassement sur deux mètres d’épaisseur[32]. D’autres réparations ont lieu en 1801[36]. Il est interdit à la circulation des voitures en 1810, et des tirants sont posés en 1812 pour le stabiliser[36],[37]. Enfin, il est définitivement fermé en 1844, lorsque la route royale 85 change de tracé (passage par la clue de Chabrières)[36],[34]. En 1894, la propriété est transférée aux Eaux et forêts[38].

Les contreforts avals s’effondrent au début du XXe siècle[37].

[modifier] Personnalités liées à la commune

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles de Wikipédia

[modifier] Liens externes

[modifier] Sources

[modifier] Bibliographie

  • Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, 1986, 559 p.
  • Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Librairie Armand Colin, Paris, 1969
  • Roger Zérubia, « L’ancienne route départementale 2 de Braïsse à Châteauredon et le pont de Débaste-Saume », in Chroniques de Haute-Provence, Bulletin de la Société scientifique littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, tome LIII, no 295, 1983

[modifier] Notes

  1. Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 (non-paginé) p. (ISBN 978-2-7399-5004-7) 
  2. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, 1986, 559 p., p 7-8
  3. Raymond Collier, op. cit., p 11
  4. a, b et c Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Librairie Armand Colin, Paris, 1969, p. 170
  5. Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit., p. 174
  6. Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit., p. 196
  7. Édouard Baratier et Ernest Hildesheimer, « Les fiefs provençaux au XVIIIe siècle », carte 111 et commentaire in Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit.
  8. Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires», La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 296-298
  9. Michel Vovelle, « Diffusion et répression du mouvement fédéraliste en 1793 », carte 157 et commentaire, in Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit.
  10. Ehess, notice communale du Chaffaut sur la base de données Cassini, consultée le 31 décembre 2009
  11. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Collection Publications romanes et françaises, volume CVCIII. Volume III : Formations dialectales (suite) ; formations françaises § 25670, p 1402
  12. Louis de Bresc Armorial des communes de Provence 1866. Réédition - Marcel Petit CPM - Raphèle-lès-Arles 1994
  13. Site de la préfecture des AHP
  14. Jean-Pierre Feraud est l’un des 500 élus qui ont parrainé la candidature de Noël Mamère à l’élection présidentielle de 2002, cf Parrainages élection présidentielle 2002, consulté le 28 juillet 2010 et Liste des citoyens ayant présenté les candidats à l'élection du Président de la République de 2002
  15. Jean-Pierre Feraud est l’un des 500 élus qui ont parrainé la candidature de Ségolène Royal (PS) à l’élection présidentielle de 2007, cf Parrainages élection présidentielle 2007, consulté le 28 juillet 2010 et Liste des citoyens ayant présenté les candidats à l'élection du Président de la République de 2007
  16. Inspection académique des Alpes-de-Haute-Provence, Liste des écoles de la circonscription de Digne, publiée le 6 avril 2010, consultée le 31 octobre 2010
  17. base Cassini
  18. Résultats du recensement de la population - Le Chaffaut-Saint-Jurson sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
  19. Recensement de la population au 1er janvier 2006 sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
  20. Populations légales 2009 en vigueur le 1er janvier 2012 sur le site de l'Insee. Consulté le 1er janvier 2012.
  21. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, Imprimerie Louis Jean, 1986, 559 p., p 255
  22. Arrêté du 13 août 1990, Notice no PM00080366, sur la base Mérimée, ministère de la Culture, consultée le 29 octobre 2008
  23. Raymond Collier, op. cit., p 272
  24. Raymond Collier, op. cit., p 369
  25. Raymond Collier, op. cit., p 372
  26. Raymond Collier, op. cit., p 386
  27. Raymond Collier, op. cit., p 187
  28. Raymond Collier, op. cit., p 470
  29. Arrêté du 22 février 1979, Notice no PM04000071, sur la base Palissy, ministère de la Culture, consultée le 29 octobre 2008
  30. Arrêté du, Notice no PM04000070, sur la base Palissy, ministère de la Culture, consultée le 29 octobre 2008
  31. Arrêté du 22 février 1979, Modèle:PalissyPm, consultée le 29 octobre 2008
  32. a et b Roger Zérubia, op. cit., p 152
  33. a et b Raymond Collier, op. cit., p 422
  34. a et b Roger Zérubia, op. cit., p 145 et 150
  35. Roger Zérubia, op. cit., p 150
  36. a, b et c Notice qui lui est consacrée par Guy Barruol in Guy Barruol, Philippe Autran et Jacqueline Ursch, D'une rive à l'autre : les ponts de Haute-Provence de l’Antiquité à nos jours, Les Alpes de Lumière no 153, Forcalquier 2006, p 88-89
  37. a et b Roger Zérubia, op. cit., p 151
  38. Roger Zérubia, op. cit., p 146

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