Les Mées (Alpes-de-Haute-Provence)
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| Les Mées | |
|---|---|
Village des Mées |
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Détail |
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| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Provence-Alpes-Côte d'Azur |
| Département | Alpes-de-Haute-Provence |
| Arrondissement | Digne-les-Bains |
| Canton | Les Mées |
| Code commune | 04116 |
| Code postal | 04190 |
| Maire Mandat en cours |
Raymond Philippe 2008-2014 |
| Intercommunalité | Pays Durance-Provence |
| Démographie | |
| Population | 3 671 hab. (2009) |
| Densité | 56 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | |
| Altitudes | mini. 348 m — maxi. 824 m |
| Superficie | 65,4 km2 |
Les Mées, en provençal Lei Meas, est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Méens.
Sommaire |
Le village est situé à 410 m d’altitude[1]. La commune est traversée par la Durance.
Cette commune comporte de nombreux hameaux et lieux-dits, dans sa partie en aval sur la vallée de la Durance. Dabisse est le hameau le plus important, et possède une école ainsi qu'une salle municipale. Les Pourcelles, hameau plus excentré, possède une salle municipale mais n'a plus d'école depuis une trentaine d'années.
| Mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | 0 | 0,5 | 3 | 5,4 | 9,1 | 12,7 | 15,4 | 15,3 | 12 | 8,2 | 3,7 | 1,1 | 7,2 |
| Température moyenne (°C) | 4,3 | 5,6 | 8,7 | 11,2 | 15,3 | 19,2 | 22,4 | 22,1 | 18 | 13,4 | 8,2 | 5,2 | 12,8 |
| Température maximale moyenne (°C) | 8,6 | 10,8 | 14,4 | 16,9 | 21,4 | 25,7 | 29,2 | 28,9 | 24 | 18,5 | 12,6 | 9,3 | 18,4 |
| Précipitations (mm) | 26,9 | 24,3 | 23,8 | 44 | 40 | 27,9 | 20,9 | 32,7 | 45,9 | 53,5 | 52,4 | 30,7 | 423 |
| Diagramme climatique | |||||||||||
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
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26.9
8.6
0
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24.3
10.8
0.5
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23.8
14.4
3
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44
16.9
5.4
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40
21.4
9.1
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27.9
25.7
12.7
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20.9
29.2
15.4
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32.7
28.9
15.3
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45.9
24
12
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53.5
18.5
8.2
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52.4
12.6
3.7
|
30.7
9.3
1.1
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| Temp. moyennes maxi et mini (°C) • Précipitations (mm) | |||||||||||
Le nom du village, tel qu’il apparaît pour la première fois dans les textes au XIe siècle (Metas), est interprété de différentes manières[1],[3] :
La localité apparaît pour la première fois dans les chartes au XIe siècle : Metas et Las Medas en 1098[4].
Une place forte se constitue au Moyen Âge. Elle a ses syndics au XIIIe siècle. Les Mées sont intégrées à la vicomté de Valernes en 1353 ; puis, du XIVe au XVIe siècle, le fief est partagé entre Montfort et Beaufort[4]. Un consulat lui est accordé en 1560[réf. nécessaire].
Un bac permettant de traverser la Durance est attesté en 1348[5]. Également à la fin du Moyen Âge, un péage est prélevé sur la route allant vers la vallée de la Bléone et Digne[6].
En 1348, la reine Jeanne, chassée de son royaume de Naples, dut se réfugier en Provence. Pour reconquérir ses États napolitains, elle vendit Avignon au pape pour 80 000 florins, et obtint au passage l'absolution pontificale qui la lavait de tout soupçon dans le meurtre de son premier époux André de Hongrie. Reconnaissante, elle offrit à Guillaume II Roger, frère du pape, le fief de Valernes, qui fut érigé en vicomté par lettres patentes en 1350[7]. La nouvelle vicomté comprenait les communautés de Bayons, Vaumeilh, la Motte, Bellaffaire, Gigors, Lauzet, les Mées, Mézel, Entrevennes et le Castellet, avec leurs juridictions et dépendances[8].
La famille Beaufort-Canillac, qui possédait la seigneurie des Mées, vivait en Auvergne. Elle déléguait un intendant très sévère, d’où une lutte ancienne du village pour racheter des droits au seigneur, et ainsi diminuer la pression fiscale :
Les terres du bord de la Durance et de la Bléone appartenaient à l’Église (plusieurs centaines d’hectares) et étaient irriguées. Afin de maintenir son influence, elle entretient jusqu’à 18 prêtres dans le village. La Réforme connaît un certain succès aux Mées et une partie des habitants se convertissent. Malgré les guerres de religion, une communauté protestante se maintient au XVIIe siècle autour de son temple, grâce à l’édit de Nantes (1598). Mais les pressions de toutes sortes, venues du Parlement et de l’évêque, entraînèrent sa disparition avant le début du règne personnel de Louis XIV (1660)[11]. En 1649, lors de la Fronde, le village se révolte en soutien au parlement de Provence ; il est maté par un régiment de cavalerie de Digne et paie 6000 livres d’amende[12]. Une foire s’y tenait au XVIIIe siècle[13].
Bien qu’aucune source n’atteste de façon incontestable l’existence d’une loge maçonnique aux Mées avant la Révolution, il existait une « chambrée » réunissant la bonne société[14].
Durant la Révolution, la société patriotique de la commune y est créée pendant l’été 1792[15]. Elle accueille la première assemblée générale des sociétés populaires du département les 14 et 15 juillet 1792[16]. En mars 1793, vingt volontaires sont envoyés à l’armée : la commune donne 500 livres à chacun. En 1792-1793, la section des Mées est contrôlée par les fédéraliste. En relations avec la section de Marseille, elle diffuse les idées des Girondins, jusqu’à leur proscription le 31 mai 1793 et l’écrasement de l’insurrection fédéraliste en juillet[17].Le conseil municipal est dissous en 1798.
De ce passé autonome et progressiste, la ville tire une solide tradition républicaine, et résiste au coup d'État du 2 décembre 1851. Lors des opérations militaires de la résistance au coup d’État, Aillaud de Volx choisit d’affronter les troupes de Bonaparte aux Mées, certain du soutien de ses habitants[18], et y remporte une victoire le 8 décembre, après laquelle les insurgés se dispersent[19].
Durant la Seconde Guerre mondiale, Jehan Dienne et sa femme Marie-Jeanne, avec sa belle-mère Elizabeth Roubinet, sauvent des Juifs de la déportation, et ont été pour cette raison distingués comme Justes parmi les Nations[20],[21],[22].
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Blasonnement : |
Armes parlantes : La lettre M capitale est l'initiale du nom de la ville. Les trois roses et les trois fleurs de lis rappellent la devise : De rosis ad lilia (des roses aux lis). Au XVIe siècle, la ville racheta peu à peu ses droits au seigneur, la famille Beaufort-Canillac dont les trois roses étaient l'emblème puis elle fit don de ces droits au royaume de France représenté par les trois fleurs de lis[23].
Au siècle dernier, les habitants de la région prononçaient les Mès (avec un s sonore). L'amuissement de la finale, amorcé dès les années 1960, domine nettement aujourd'hui (2004) : on dit actuellement les Mé.
Sur la commune des Mées se trouve une conformation géologique très particulière, nommée les Pénitents (site classé). Ce nom provient de la forme d'une masse rocheuse très découpée, à côté du village, qui évoque un groupe de moines coiffés de capuches pointues. Celle-ci est le résultat de l'érosion sur le substrat rocheux, qui possède des irrégularités de cohésion, et conduit donc à des zones proéminentes et à d'autres surcreusées. Ce substrat est la « formation de Valensole », conglomérat formé par une accumulation de débris subalpins au cours de la fin du Miocène et du Pliocène, épais de plusieurs centaines de mètres. Bien que la façade des Pénitents évoque des formes rocheuses plus ou moins coniques, il s'agit d'un ensemble de crêtes et de minuscules canyons, s'interrompant simulanément sur un plan vertical. Cette formation s'étire sur environ un kilomètre, et la falaise la plus haute atteint 114 mètres.
On les appelle les Pénitents des Mées en raison de leur silhouette ; d'après la légende, ils représentent les moines de la Montagne de Lure qui ont été pétrifiés (au sens propre) par saint Donat au temps des invasions sarrasines pour s'être épris de belles jeunes femmes Mauresques qu'un seigneur avait ramenées d'une croisade. Les rochers ressemblent effectivement à une procession de moines capuchés de leur cagoule pointue que l'on devine alors honteux de leurs désirs si l'on connaît la légende...
Un seul sentier permet de traverser cette barre rocheuse. Il rejoint le sentier des crêtes qui part du village et longe par le haut cet ensemble, puis le traverse à une extrémité, et le longe par le pied. Les autres canyons sont d'accès difficile et très dangereux à cause des chutes de pierres fréquentes. La pratique de l'escalade n'y est pas possible, la roche n'ayant pas la cohésion appropriée.
On trouve, dans cette masse rocheuse sculptée deux grottes d'accès facile (la Grotte des Loups et la Grotte du Magicien), ainsi qu'une cavité à l'accès extrêmement difficile, dans laquelle se trouve deux poutres entrecroisées ("La Croix"), dont l'âge et l'origine sont mystérieux. En outre, il a été observé dans ce labyrinthe rocheux des marques d'installations anciennes dans un endroit stratégique (entailles dans la roche pour installer des poutres), mais ces vestiges ne sont pas datables.
Au XVIIIe siècle, une galerie de 200 m a été creusée au travers de la barre rocheuse afin de s'affranchir des eaux de ruissellement qui dévastaient le village lors des orages.
La chapelle Saint Roch est construite à quelques mètres de la base de la masse rocheuse, au-dessus du village. Son origine remonte au XIe siècle, elle a été largement modifiée ensuite).
Les Mées ne fait actuellement partie d'aucune communauté de communes. Mais devrai le 1er janvier 2013 faire partie de la communauté de communes de la Moyenne Durance[24].
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| Paul Bourelly | ||||
| Salvator | ||||
| 1921 | 1928 | Jean-Louis Chaix | ||
| Elie Richaud | ||||
| Jean Louis Guichard | ||||
| Charles Henri Jugy | ||||
| Bouvet | ||||
| 1983 (?) | réélu en 2008[25] | Raymond Philippe[26],[27] | PCF[28] | Conseiller général du Canton des Mées (1970-1982) |
La commune est dotée de trois écoles, une école maternelle et deux écoles primaires[29].

Des éléments de fortification subsistent, dont un passage voûté formant porte au bout de la rue d’En-Ville[35]. Les rues du village offrent quelques maisons de la fin du XVe et du début du XVIe siècle[36], du XVIIe siècle[37]. Rue Font-Neuve, se trouve une porte sculptée d’éléments architectoniques (mi XVIIe siècle[38]). L’Hôtel de Crose est inscrit aux monuments historiques[39]. L’ancienne mairie et tribunal possède une cheminée de gypserie ornée de motifs floraux[40]. L’hôtel Latil d’Entraigues, ou hôtel de Trimond, possédait des rosaces aux plafonds, des dessus-de-porte en gypserie, déposés ou cachés par une restauration[41].
Le premier pont suspendu sur la Durance est construit en 1841-1843, pour remplacer le bac du Loup, en face de Ganagobie. Concédé à une société privé, la Société du Pont, il est emporté en 1843 par une crue de la Durance le jour de son inauguration. Le bac est remis en service jusqu’en 1857 et la mise en service d’un nouveau pont sans péage, décidée en 1846. Il est alors constitué de deux travées de 82 m de long, supportant un tablier de 5 m de largeur, en mélèze. Il est testé à l’épreuve de 16 wagons remplis de pierre pesant 82,72 t. En 1878, la circulation est limitée à 1 voiture de moins de 3 t à la fois, puis il est renforcé de câbles supplémentaires en 1904, et restauré en 1941. Le bombardement par les alliés, les 15 et 16 août 1944, échoue, et fait 100 morts à Digne et Sisteron. La Résistance se charge alors de détruire une travée. Après la guerre, une passerelle piétonne provisoire est établie, avant la construction d’un nouveau pont-poutre métallique de type Waren, en 1952-1956. Ce pont, qui est l’actuel pont, est long de 172 m, avec une chaussée de 6 m de large et des trottoirs de 1 m[42],[43].
Le temple, d’époque Renaissance, subsiste encore : la façade est ornée d’un fronton, soutenu par deux colonnes baguées lisses et vermiculées[44].
La chapelle Saint-Roch est à la sortie de la combe à l'est du village[45]. La chapelle Saint-Honorat, près du village de Paillerols, a pu appartenir à l’abbaye de Boscodon, est romane. Le chœur est bordé de chapelles qui forment un faux transept. Elle est entièrement voûtée en berceau. Le tympan du portail occidental est monolithe. Elle est datable du XIIIe siècle[46]. En mauvais état, le clocher-mur est partiellement tombé ; la façade est ornée d’un œil-de-bœuf. Elle est classée monument historique[47].
L’église paroissiale Notre-Dame-de-l’Olivier, démolie en même temps que Saint-Félix (en 1562 par Paulon de Mauvans), est reconstruite en 1593. Le chœur est voûté d’ogives[48]. Sur le flanc nord, une chapelle de trois travées de longueur (peut-être un ancien collatéral) est composée de deux parties : une travée sous croisée d’ogives, dont les fines colonnettes sont ornées de feuillages, et les deux autres, également sous croisées d’ogives, mais plus anciennes et avec des colonnettes engagées. Difficilement datables, elles sont construites entre le XVIe siècle et 1651[49]. Le clocher massif, construit en galets en 1560, porte une horloge[50]. Son campanile de ferronnerie est composé de deux étages orné de volutes[51]. Dans son mobilier, se trouve un tableau de la Vierge, du XVIIIe siècle, attribué à Mignard ou Van Loo autrefois, puis à Michel Serre. Il est classé monument historique au titre objet[52],[53].
Au Plan, se trouve une chapelle Saint-Blaise[4].
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