| الجمهوريّة اللبنانيّة (ar) | |||||
| Al Jumhuriya Al Lubnaniya (ar) | |||||
| République libanaise (fr) | |||||
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| Langue officielle | Arabe[1] | ||||
| Capitale | Beyrouth 33° 52'48. N, 35° 29'60 E |
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| Plus grande ville | Beyrouth | ||||
| Forme de l’État | République parlementaire | ||||
| - Président de la République - Président du Conseil |
Michel Sleiman Najib Mikati |
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| Superficie - Totale - Eau (%) |
Classé 159e 10 452 km2 3 % |
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| Population - Totale (juillet 2010) - Densité |
Classé 123e 4 125 247 (est.)[2] hab. 373 hab./km2 |
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| Indépendance - Date |
de la France 22 novembre 1943 |
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| Gentilé | libanaise, libanais | ||||
| PIB (PPA) (2010) | 58 65 milliards USD[2] (87e) | ||||
| PIB (nominal) (2010) | 39 15 milliards USD[2] (83e) | ||||
| Monnaie | livre libanaise (LBP) |
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| Fuseau horaire | UTC +2 | ||||
| Hymne national | Koullouna Lilouatan | ||||
| Code ISO 3166-1 | LBN, LB | ||||
| Domaine internet | .lb | ||||
| Indicatif téléphonique |
+961
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Le Liban, en forme longue la République libanaise[1], en arabe Lubnān, لبنان et Al Jumhuriya Al Lubnaniya, الجمهوريّة اللبنانيّة, est un État du Proche-Orient, en grande partie montagneux[3]. Il partage ses frontières avec deux États, la Syrie au nord et à l'est sur 376 km et Israël au sud sur 79 km. Il est bordé à l'ouest par le bassin Levantin, la partie orientale de la mer Méditerranée, avec 220 km de côtes. Beyrouth en est la capitale.
La langue officielle est l'arabe et la monnaie nationale, la livre libanaise.
Du fait de sa composition pluriconfessionnelle, le Liban est doté d'un système politique fondé sur une répartition du pouvoir plus ou moins proportionnelle au poids de chaque communauté religieuse, c'est le confessionalisme[4].
Comme entité géopolitique et tel qu'il existe dans ses frontières actuelles, l'État libanais est créé sous le nom de Grand Liban en 1920 par la France (haut commissaire français au Liban à cette époque général Gouraud) par division du territoire ottoman dit de la « Grande Syrie », sur la base de l'entité autonome du 'Mont-Liban' complétée principalement par Beyrouth et la plaine de la Bekaa (voir Histoire du Liban). La France avait été alors, à la suite du démantèlement de l'empire ottoman, mandatée par la Société des Nations pour développer et moderniser certains territoires ex-ottomans. En 1926, le pays adopte sa première constitution, devient officiellement une République, prend le nom de République libanaise et crée les postes de Président de la République et de Président du Conseil des ministres.
Son histoire, son système politique et la variété de sa culture, de sa démographie religieuse et de sa géographie en font un pays à part et original du Proche-Orient. Le Liban a été occupé au cours des siècles par diverses civilisations. Il est aussi réputé dans le monde pour sa gastronomie et, dans le monde arabe, pour sa musique. Entre son indépendance et le début de la guerre civile qui le ravagea de 1975 à 1990, le pays connut une période de relative prospérité économique et de stabilité politique, permises par la forte croissance des secteurs du tourisme, de l'agriculture ainsi que du secteur des finances et des services (banque, assurances...)[5]. Le pays était de ce fait considéré comme le coffre-fort du Levant, et était connu comme « La Suisse du Moyen-Orient », en raison de son poids et de sa puissance financière. Le Liban a attiré de nombreux touristes, en grande partie parce que Beyrouth, la capitale, était connue comme le « Paris du Moyen-Orient ». Beyrouth a d'ailleurs été classée par le New York Times comme la première ville à visiter pour l'année 2009.
Immédiatement après la fin de la guerre civile, de grands efforts ont été faits pour reconstruire le pays, par le biais d'investissements colossaux du gouvernement. Grâce à ces efforts, l'IDH du Liban est passé de 0,677 en 1990 à 0,803 en 2008. En outre, au début 2006, le pays a atteint un niveau de stabilité relativement élevé et la reconstruction de Beyrouth est entrée dans sa phase intensive[6]. Cette année-là, un nombre toujours croissant de touristes a été enregistré. Cependant, la guerre israélo-libanaise de 2006 a mis un terme à l'afflux touristique et a causé des dommages estimés à environ 3 milliards en dollars américains sans compter le ralentissement économique qui s'en est suivi[7].
Sommaire |
Liban vient de la racine sémitique Lubnan signifiant blanc ou lait, en référence au manteau neigeux qui recouvre les montagnes libanaises en hiver, un paysage plus que singulier dans cette région aride et déficitaire en eau qu'est le Proche-Orient. Le nom du pays est mentionné dans trois des douze tablettes de l'Épopée de Gilgamesh (2900 av. J.-C.), dans des textes de la bibliothèque d'Ebla (2400 av. J.-C.), ainsi que 71 fois dans l'Ancien Testament[8],[9].
Le drapeau du Liban est composé de trois bandes horizontales, deux rouges (en haut et en bas), représentant le sacrifice pour l'indépendance, et une blanche faisant le double d'une bande rouge représentant la neige qui couvre ses montagnes, la pureté et la paix.[réf. nécessaire] Le tout frappé en son centre par un cèdre vert.
L’emblème du pays, qui figure sur son drapeau, est le cèdre du Liban, (Cedrus libani Pinacées). Son bois, imputrescible et très léger, aurait servi entre autres à la construction du Temple de Salomon à Jérusalem. Les Phéniciens s'en servaient également pour la construction de leurs légendaires navires. Ce drapeau tel qu'il est date de 1943[1].
En bordure de la mer Méditerranée, le Liban fut dès l'époque phénicienne un carrefour culturel et commercial. Sur son territoire, des communautés de confessions diverses ont coexisté dès les premiers siècles de l'ère chrétienne. Au Proche-Orient, le Liban présentait ainsi un visage original d'un État pluriconfessionnel, dont le développement fut longtemps assuré par un système bancaire parmi les plus performants au monde, ce qui lui valut le titre de Suisse du Proche-Orient après la seconde guerre mondiale. Néanmoins, le Liban a connu plusieurs guerres civiles et régionales, notamment entre 1975 et 1990 où notamment Israël et la Syrie ont essayé de tirer profit de la situation intercommunautaire désastreuse en s'ingérant dans les affaires internes du pays.
Les premières traces de peuplement du Liban remontent à plus de 7000 ans, à 5000 av. J.-C. Le territoire est décrit dans la Bible comme « la terre du lait et du miel», et c'est donc en raison de l'abondance de ces richesses que le pays a toujours attiré les conquérants tout au long des siècles. Les archéologues ont découvert à Byblos, qui est considérée comme étant « le plus vieux village du monde »[10], des restes de huttes préhistoriques, des armes primitives, ainsi que plusieurs jarres d'argile, qui semblent dater des époques Néolithique et Chalcolithique, durant lesquelles vivaient, sur les bordures de la Méditerranée, plusieurs communautés de pêcheurs[11].
Le Liban fut la mère patrie des Phéniciens, ce peuple marin aventureux, rameau du peuple Cananéen, qui a dominé pendant des siècles le commerce méditerranéen et fondé des comptoirs et des cités sur tout le pourtour de la Méditerranée dont Carthage, Palerme, Cadix, Tanger, etc. Il s'ensuivit l'avènement de Cyrus II le Grand, un grand empereur perse[12]. Après 200 ans de domination perse, les Grecs, sous l'égide d'Alexandre le Grand, attaquent et assiègent Tyr en 332 av. J.-C., alors la plus grande ville phénicienne, durant sept mois[13],[14]. Depuis ce temps, et jusqu'à son indépendance en 1943, le pays fut sous la domination de plusieurs grandes puissances étrangères, qui marquèrent plus ou moins durablement le pays : les Perses, les Assyriens, les Grecs (Macédoniens), les Romains, les Grecs byzantins, les Arabes, les Croisés, les Mamelouks, l'Empire ottoman, et enfin la France.
Le Liban est une république parlementaire (à démocratie confessionnelle), régie par la constitution du 23 mai 1926, qui a été modifiée six fois depuis, la modification la plus importante étant les accords de Taef qui réorganisent le partage du pouvoir entre les différentes communautés religieuses.
La constitution énonce que le Président, obligatoirement chrétien maronite, est élu par le Parlement (Majlis Al Nuwab ou Chambre des députés) à la majorité des deux-tiers et pour six ans. Il n'est pas directement rééligible (sauf si l'article 49 de la Constitution venait à être modifié). Ses pouvoirs ont été réduits au profit du Premier ministre par les accords de Taef. Celui-ci doit être musulman sunnite et il est responsable devant les députés ainsi que le président de l'Assemblée nationale, qui lui doit être musulman chiite. L'Assemblée nationale comporte 128 sièges, répartis entre chrétiens et musulmans, qui sont élus au suffrage universel direct selon un système électoral complexe et « segmenté par la religion ». C'est le confessionalisme.
Dans ses mémoires[15], le président français Jacques Chirac a admis avoir proposé à Damas cinq noms pour que la Syrie choisisse l'un d'eux comme chef de l'État libanais : ce fut, en 1998, Émile Lahoud. Ceci illustre la permanence, au travers de la diplomatie, de l'influence des deux puissances tutélaires sur le Liban.
Les composantes de la classe politique libanaise sont étroitement liées aux influences régionales qui profitent de la porosité et des divisions confessionnelles du Liban. Les dirigeants libanais sont issus de grandes familles qui règnent depuis des décennies sur la scène politique libanaise, et qui tiennent plus à leurs alliances à l'extérieur qu'à leurs positionnements programmatiques. La division en deux camps est avant tout celle des élites engagées dans une lutte effrénée pour le pouvoir et les avantages qu'il procure.
La classe politique libanaise est aujourd'hui divisée principalement entre l'Alliance du 14 Mars et la majorité présidée par Najib Mikati. L'Alliance du 14 Mars représente la minorité parlementaire appuyée par l'Occident ; elle comprend le Courant du futur, dirigé par le député sunnite Saad Hariri, le parti des Forces Libanises dirigé par Samir Geagea, chrétien maronite, ainsi que les Phalanges libanaises (Kataeb) dirigées par Amine Gemayel, chrétien maronite. La majorité actuelle est regroupée autour du Bloc de la réforme et du changement (10 ministres et 27 députés) présidé par le général Michel Aoun, du tandem Hezbollah-Amal (6 ministres et 28 députés) et de la coalition Mikati-Sleiman-Joumblatt (12 ministres et autant de députés).
Aux prémices de la guerre civile en 1975, 40% des plus hauts officiels du gouvernement étaient maronites contre 27% de sunnites, et 3,2% de chiites. Comprendre la répartition du pouvoir politique, administratif et économique est essentiel pour comprendre la guerre civile et la période d’après-guerre.
La question de la naturalisation des réfugiés palestiniens au Liban est une des sources majeures des tensions intercommunautaires. Avec l’importation au Liban de toute leur infrastructure politique, militaire, culturelle et publicitaire, les Palestiniens mettraient la vie politique et l’identité libanaise en danger. Si la nationalité libanaise était donnée aux réfugiés palestiniens majoritairement sunnites, cela créerait un brutal déséquilibre démographique et politique entre chrétiens, sunnites, et chiites. De plus, les Libanais de la diaspora qui sont majoritairement chrétiens, n’ont pas le droit de vote. C'est pourquoi chrétiens et chiites se sont toujours opposés à la naturalisation des Palestiniens, qui sont répartis dans une quarantaine de camps et vivent dans des conditions très précaires. Or, dès que les réfugiés palestiniens sont arrivés au Liban après la création d’Israël, les libanais sunnites ont défendu la « cause » palestinienne et étaient favorables à leur naturalisation. C’est de cette divergence d’intérêts qu’est née la Guerre du Liban qui a opposé pendant 15 ans libanistes conservateurs chrétiens et arabo-palestino-progressistes-sunnites. Aujourd’hui, l'économie libanaise peinerait d’autant plus à absorber les réfugiés palestiniens qui sont au nombre de 455 000[16] sur un pays de 4 millions d'habitants. Le Liban redoute notamment de graves répercussions sur son économie, qui est déjà affectée par un taux de chômage élevé et une dette de 150% de son PIB en 2009.
Ainsi, la mosaïque confessionnelle, spécifique au Liban, gêne-t-elle Israël, puisqu'elle est un frein à la naturalisation des réfugiés palestiniens.[réf. nécessaire]
Dès le début des années 1980, le Sud-Liban est envahi par l’armée israélienne (opération « Litani ») dans le but de miner l’assise territoriale de l’Organisation de libération de la Palestine. Mais l’intérêt israélien pour le Liban est aussi dicté par l’importance des ressources hydrauliques du pays et la présence syrienne. Les chiites qui étaient majoritaires dans cette région, furent les principales victimes de l’occupation déguisée et des conflits. Or, l'État libanais les a longtemps laissés en marge du développement et n'a pas cherché à les protéger de cette occupation, l'essentiel du pouvoir étant partagé entre les chrétiens et les sunnites en vertu du pacte national de 1943. L’histoire d’un chiite du Sud est radicalement différente d’un chrétien ou sunnite du Nord du Liban. Israël est un acteur central dans l’histoire de la communauté chiite du Sud-Liban. La plupart des familles du Sud ont eu au moins un blessé lors de conflits avec Israël[réf. nécessaire]. Ainsi, dès le début des années 1980, les chiites ont adopté une conscience politique qui leur est propre : la lutte contre le manque de développement, incarné par le parti Amal, et la lutte pour la résistance à Israël, fer de lance du Hezbollah. Aujourd’hui, la milice du Hezbollah est considérée comme la meilleure défense de cette communauté, surtout depuis le retrait israélien en 2000 après 22 ans d’occupation, et la guerre de 2006. Aujourd’hui, il n’existe pas, pour la communauté chiite, d’alternative politique au Amal et au Hezbollah pour défendre leurs intérêts, les chiites craignant qu'on les fasse retomber à leur statut social bas.
Par ailleurs, l'armement du Hezbollah et celui de plus faible envergure d'Amal suscitent des craintes chez certains[réf. nécessaire] des musulmans sunnites, des druzes et des chrétiens. Ces tensions se sont manifestées pendant les incidents du 7 mai 2008 qui ont opposé d'une part le Hezbollah, Amal et le Parti social nationaliste syrien (PSNS), et d'autre part des sunnites de Beyrouth, majoritairement partisans du Courant du Futur, et les druzes de Walid Joumblatt. Toutefois, le Courant patriotique libre, un parti chrétien, a signé un protocole d'entente mutuelle avec le Hezbollah le 6 fevrier 2006. Le Hezbollah justifie son armement par la nécessité de pouvoir riposter aux agressions israéliennes contre le Liban, faire pression pour demander le retrait israélien du secteur des fermes de Chebaa, le retour des libanais prisonniers en Israël et le droit au retour des réfugiés palestiniens. Les partisans du désarmement du Hezbollah craignent qu'il importe d’Iran au Liban l’idéologie islamique de la révolution iranienne pour former un croissant chiite dans la région, tel que revendiqué par le Hezbollah lors de sa création. Téhéran ne revendique toutefois qu'une partie de ce soutien et compare ses relations avec le Hezbollah à celles qu'entretiennent les États-Unis avec Israël et les partis pro-occidentaux. Aujourd’hui, le Hezbollah se démarque de sa filiation originelle, et affirme qu’il s’est “libanisé” puisqu’il se veut coopératif avec l’ensemble des institutions libanaises.
Par ailleurs, la composition de la diaspora libanaise dans le monde est en corrélation entre la destination et la religion : les chrétiens ont majoritairement émigré vers l’Europe, les États-Unis, ou le Brésil, les musulmans se regroupant plutôt en Afrique. En revanche, tous se retrouvent dans les pays du Golfe. Quant à l’influence politique des émigrés sur leur pays d’accueil, elle est contrastée, au Brésil les libanais occupent de nombreux postes politiques très haut placés. Aux États-Unis, il n’y a qu’un seul député d’origine libanaise, et il était plutôt favorable à George W. Bush.
Suite aux nombreux conflits qui se sont succédé après 1948, les différentes communautés religieuses qui existaient au Liban et au Proche-Orient ont donc eu tendance à se cantonner, sous l'effet de la peur et de la méfiance de ceux qui ne sont pas de la même confession.
La “Laïque Pride”, une manifestation civile organisée via des blogs de Facebook et Twitter, a eu lieu le 25 avril 2010 à Beyrouth, et a rassemblé environ 4000 personnes pour défendre l’égalité des droits, le mariage civil, le droit pour les femmes de transmettre la citoyenneté libanaise à leurs enfants, et dénoncer le confessionalisme politique. Les slogans énoncés furent : « Garde ta religion et crois en ce que tu veux », «On veut le mariage civil, pas la guerre civile », «Ni française, ni turque, vive la laïcité à la libanaise!». Cette revendication, en dehors des circuits politiques et confessionnels, a bénéficié du soutien de Libanais aux quatre coins du monde, mais a été en revanche beaucoup moins appréciée des politiciens : la manifestation a été stoppée à 200 m du Parlement.
Le 21 juin 2010, une centaine de personnes ont manifesté pour défendre le droit des femmes libanaises à transmettre la nationalité à leur mari étranger et à leurs enfants. En effet, les enfants nés de mère libanaise et d’un père étranger sont discriminés, car ils ne peuvent pas exercer certaines professions, telles qu’avocats ou médecins, et ne peuvent accéder au système de sécurité sociale ou de santé, même s’ils ont toujours vécu au Liban. Le gouvernement refuse de changer la loi de 1925, dans le but principal d’empêcher la naturalisation des réfugiés palestiniens et de préserver le système politique libanais, basé sur une distribution des sièges selon les cultes dominants. En 2009, 22% des femmes libanaises mariées à un étranger le sont à un Palestinien.
Le politologue libanais K.Karam a publié un livre “Le mouvement civil au Liban”, dans lequel il s’interroge sur le développement de nouveaux rapports de force non-violents, qui ne seraient pas fondés sur les divisions politiques et communautaires traditionnelles. Son étude accorde une attention particulière aux associations civiles et à leurs acteurs qui se sont formées au cours des dernières décennies, et qui se poseraient en alternative aux divisions politiques stérilisantes.
Il existe un ensemble de traits structurants communs pour les libanais : l’arabité linguistique, la phénicité, l’autonomie politique et la francophonie. L’entité libanaise trouve par ailleurs toute sa raison d’être à travers l’expérience du dialogue des religions, et peut offrir à l’heure de la mondialisation, un lieu privilégié de rencontre entre l’Occident et l’Orient, et de pluralisme culturel constituant un patrimoine commun. La quête millénaire de l’identité libanaise doit donc transcender des éléments disparates relevant d’un même ensemble cohérent pour assurer cette fonction d’être un espace de communication, d’autonomie, d’ouverture, de rayonnement, de solidarité et de «résistance culturelle». L’écrivain libanais, Amin Maalouf, a d’ailleurs fait de l“identité” le thème de prédilection de son essai “Les Identités meurtrières” où il décrit l’identité comme une panthère qu’il faut apprivoiser par le principe de réciprocité. Enfin, il relate les dangers du “vote identitaire” dans une démocratie, qui ne ferait qu’encourager la ségrégation entre races et communautés, et invite les citoyens et politiciens à faire coexister pacifiquement les identités dans un contexte riche et un patrimoine commun.
Les Libanais de l'étranger ont, quelle que soit leur confession, davantage conscience des liens qui les unissent et de leur identité commune. La diaspora, active et influente, conserve des liens privilégiés avec ses origines en injectant de l’argent et leur savoir-faire, et sont avides de culture libanaise.
Depuis 2003, le Liban est divisé en huit mohafazat (gouvernorats, régions), elles-mêmes constituées de 25 cada'a (subdivisions, districts)[17].
Le Liban, pays du Levant (Proche-Orient), est une étroite bande de terre bordée par la mer Méditerranée sur 240 km de côtes. Long de 250 km et large de 25 à 60 km, il s'étend entre la Syrie sur 376 km et Israël au Sud sur 79 km. Sa superficie est de 10 452 km2, soit l'équivalent du plus grand département français métropolitain, la Gironde. C'est le plus petit pays du Proche-Orient en superficie.
Le relief est très varié : sur les 65 km que fait le Liban, le relief va de 3 089 m d'altitude jusqu'au niveau de la mer. La montagne occupe la plus grande partie du territoire. On distingue, d'ouest en est, 4 zones successives, orientées parallèlement au rivage :
Étant donné la diversité topographique du Liban, le climat varie considérablement d'une région à l'autre. Le climat est de type méditerranéen, plus rude dans les montagnes, doux à chaud, humide sur la côte, semi-aride en montagne, désertique dans l’Anti-Liban et continental dans la plaine de la Békaa. Le Khamsin, vent brûlant et sablonneux du désert, venu de Syrie, souffle en mars, mais son passage est de courte durée. Des névés persistent toute l’année et la neige peut atteindre plusieurs mètres d’épaisseur sur les montagnes libanaises. Passé la première chaine de montagne, le climat devient sensiblement plus sec et acquiert un caractère steppique voire désertique dans le nord-est du pays. Les saisons intermédiaires sont douces. Cependant, des écarts de températures importants peuvent apparaître, selon la région et l’altitude. Les hivers sont humides. L’été est chaud et humide sur la côte mais sec en montagne. On peut alors trouver la fraîcheur dans les collines ou dans les contreforts des monts, plantés de cyprès et de cèdres. Il y a peu de précipitations de mai à octobre. La saison des pluies, hivernale, de novembre à mars, atteint son maximum en janvier, avec 191 mm, sous la forme de violents orages. La moyenne mensuelle des précipitations sur l’ensemble de l’année est de 75 mm environ.
Le climat, chaud en été et doux en hiver à Beyrouth, opposé au climat du Arez qui est frais en été et glaciale en hiver. Les températures de l'Arez ne dépassent que rarement 20°C en été et sont proches de -15 en hiver, de 14 au printemps et de 18 en automne.
Saisons les plus favorables : avril-juin et septembre-octobre, novembre. Température de la mer sont autour de 28°C en été et autour de 16 en hiver.
Sur la côte, on cultive les agrumes ; sur les pentes en terrasse des montagnes (Mont Liban...) poussent des arbres fruitiers, de la vigne, des forêts de pins. La Bekaa est le domaine des cultures irriguées. Suite aux coupes excessives, la garrigue et le pâture ont supplanté les forêts de cèdres.
Quinze années de guerre (1975-1990) ont ruiné le pays du cèdre, qui aujourd'hui doit importer 85 % des produits de première nécessité, vit d'une économie souterraine et doit supporter le fardeau d'une dette et d'un déficit budgétaire considérables.
La guerre de juillet 2006 a eu de lourdes conséquences sur l'économie libanaise, dont tous les chiffres ont dû être revus à la baisse. Le coût de la guerre et de la reconstruction a augmenté l'endettement du pays ; la croissance, qui aurait dû atteindre 6 % en 2006, devrait finalement être nulle ; le secteur touristique a de nouveau fléchi.
Dans une enquête du FMI classant 155 pays en termes d'attractivité, le Liban arrive en 95e position.
Le taux d’endettement du pays est passé de 180% à 149% de 2006 à 2009, notamment grâce à des taux de croissance de 8% et 9% entre 2008 et 2009. Malgré sa dette publique importante, le Liban a échappé à la crise économique de 2008 principalement grâce aux liquidités considérables et l'interdiction de la spéculation dans les banques commerciales libanaises. Paradoxalement, la crise aurait eu un effet bénéfique sur l’économie puisqu'un flux important de capitaux a eu lieu. En effet les banques étaient jugées saines, et peu affectées par des produits toxiques. La diaspora libanaise a joué aussi un rôle majeur grâce à l'afflux de ses capitaux rapatriés pour échapper à la crise, et ce après les avoir placé a l'étranger lors de la situation instable au Liban. Par ailleurs, l’année 2009 enregistre un flux record de touristes au Liban (estimé à 2 000 000).
Son emplacement géographique, sa richesse en eau, ses montagnes dominant le Proche-Orient, son ouverture sur la Méditerranée et son climat tempéré, lui donnent une importance stratégique, économique, politique et militaire. C’est pour cela qu’il a été le lieu d’un brassage d’une multitude de civilisations et de cultures.
La population du Liban est estimée à 4,14 millions d'habitants. Les chiffres qui circulent ne sont pas officiels (en effet, il n'y a pas eu de recensement depuis le mandat français en 1932). À l'époque, les maronites (catholiques du Liban) étaient majoritaires. Actuellement, on estime la répartition confessionnelle nationale à 39 % de chrétiens contre 59,7 % de musulmans. 17 sectes religieuses sont reconnues par l'État[2].
Selon le World Refugee Survey 2008[18] publié par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants, le Liban abritait environ 325 800 réfugiés et demandeurs d'asile en 2007. De ce nombre, 270 800 étaient Palestiniens arrivés après leur explusion d'Israël crée en 1948, 50 200 étaient irakiens ayant fui la violence en Irak et la situation d'insécurité en Syrie et 4 500 étaient Soudanais dont la plupart n'étaient pas reconnus.
L'emploi de la langue française est conditionné par l'article 11 de la Constitution du Liban du 9 septembre 1943 : « L'arabe est la langue nationale officielle. Une loi spéciale déterminera les cas où il sera fait usage de la langue française. »[1]. L’arabe parlé au Liban appartient à un groupe de dialectes appelé syro-libano-palestinien. Relativement proche de l’arabe standard moderne, il en diffère cependant par certains points, ayant reçu des influences diverses dont des différents dialectes arabes orientaux, du turc et du syriaque mais aussi du français. La loi autorise l’utilisation du français pour certains documents officiels.
Les influences régionales et les différentes occupations au cours des siècles pourraient expliquer pourquoi tant de langues différentes sont parlées au Liban. De plus, en raison de l’importante communauté libanaise expatriée et de la place du Liban dans le monde des affaires, la maîtrise de langues étrangères autres que l’arabe a toujours été de première importance. C'est pourquoi beaucoup de libanais parlent couramment le français et/ou l’anglais.
Jusqu’à la guerre civile, il était fréquent dans les communautés chrétiennes de refuser de parler l'arabe. L’explication la plus probable tient du fait que les chrétiens fréquentaient généralement les écoles et institutions d’enseignement supérieur françaises. Les communautés chrétiennes étaient donc majoritairement francophones. Les dernières décennies ont vu par ailleurs un développement significatif de l’anglais.
Première langue « étrangère » en usage au Liban[19], le français est à la fois langue de culture et de communication. 45 % de la population libanaise est entièrement ou partiellement francophone et 55 % des Libanais ignorent totalement cette langue[19]. Le Liban compte 30 % d’anglophones[19] donc le français a une longueur d’avance sur l’anglais car il est davantage pratiqué dans les classes aisées économiquement et, quand il touche toutes les classes de la population, il est généralement beaucoup plus présent chez les jeunes encore scolarisés et a tendance à décroître au fur et à mesure que l’on avance en âge. La connaissance et le niveau de français au Liban ne sont pas homogènes entre les différentes institutions scolaires. L’avenir de la langue française au Liban dépend du renforcement de beaucoup de facteurs plus particulièrement dans les domaines de l’audiovisuel, d'où il tend à disparaître en accord avec la politique des dirigeants en place depuis la fin de la Guerre civile, en 1990.[réf. nécessaire]
Considéré à une époque comme la Suisse du Moyen-Orient, le Liban partage avec celle-ci, outre ses montagnes et son activité bancaire intensive, le raffinement qui se développe ordinairement dans les pays servant de plaques tournantes culturelles et financières.
La raison en est entre autres historique : ceux des Croisés qui avaient pris goût au climat du Liban et y avaient fait souche apprirent vite que le Coran interdisait le prêt à intérêt. Le christianisme oriental ne s'y opposant pas de son côté, et les besoins de financement existant dans tous les pays du monde, ils développèrent donc des activités de banque et de finance.
L'Église maronite étant rattachée à Rome depuis le XIIe siècle, les maronites ont beaucoup contribué à l'importation de la culture occidentale au Liban. À partir de 1860, ils se sont établis dans les villes où sunnites et grecs orthodoxes cohabitaient déjà. La culture libanaise s'est ainsi enrichie, au gré du rapprochement géographique des communautés religieuses, des apports de l'immigration et des influences françaises et américaines. La clef de voûte de la culture libanaise a longtemps été le développement de villes cosmopolites et tolérantes.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1er janvier | Jour de l'an |
| 1er mai | Fête des travailleurs |
| 6 mai | Fête des Martyrs |
| 1er août | Fête de l'armée |
| 22 novembre | Indépendance du Liban (22 novembre 1943) |
La liberté de culte est reconnue pour toutes les religions.
Il est difficile et sensible d'établir des statistiques sur la répartition des religions. Le Liban compterait 59,7% de musulmans, 39% de chrétiens, et 1,3% d'autres confessions[2]. Un décret de 1994 a permis la naturalisation en masse de 200 000 musulmans mais a ensuite été annulé à la demande de la Ligue maronite. À ce jour, l'annulation n'a toujours pas pris effet. Plus de 80% des Libanais à l'étranger, évalués entre 12 et 15 millions, sont des chrétiens.
La population se compose de divers groupes religieux. L'État reconnaît officiellement 18 religions. La religion fusionne avec la référence ethnique.
Les confessions sont :
Beaucoup de chrétiens maronites ne s'identifient pas comme ethniquement arabes, mais comme des descendants des peuples autochtones présents avant l'invasion islamique de la Syrie antique: Phéniciens[20],[21], Cananéens (les Phéniciens sont en fait des Cananéens, peuple apparenté aux hébreux) Grecs, Juifs etc. Au Moyen Âge, beaucoup de chrétiens se seraient mélangés avec les croisés. Des historiens ont remis en question ou critiqué ces vues[22]. Des études génétiques récentes ont démontré que ces vues n'étaient pas infondées, mais qu'elles ne concernaient pas que les chrétiens mais l'ensemble des communautés libanaises. Ainsi des recherches scientifiques menées par le généticien libanais Pierre Zalloua en 2008, tendent à prouver qu'au moins 50 % des Libanais actuels, descendent de populations déjà présentes sur le sol libanais il y a 10 000 ans, et qu'au moins 30 % descendent bien des Phéniciens. Ces recherches se sont basées sur des tests ADN prélevés sur un échantillon de Libanais de toutes confessions et comparés à des prélèvements faits sur des dents de momie phénicienne. Ces taux se retrouvent chez tous les libanais sans distinction de religion. Ces tests ADN prouveraient aussi qu'il y a bien eu un mélange des populations locales avec les croisés, mais que l'on trouve des descendants de ceux-ci aussi bien chez les chiites que chez les maronites, ce qui tend à casser le mythe de la spécificité historique maronite[23].
Il reste au Liban une petite communauté juive composée d'environ 100 personnes ; la plupart des Libanais juifs ont choisi de quitter le pays en raison de la guerre civile[24].
Les chiites sont concentrés au Sud et au Nord-Est de la Bekaa, tandis que les plupart des sunnites sont à Beyrouth et au Nord. Les chrétiens sont éparpillés un peu partout au Liban, alors que les Druzes se partagent le Chouf avec les chrétiens, vers Beit-ed-Dine.
Les sports les plus pratiqués au Liban sont le football et le basket-ball. Le principal stade du pays se trouve à Beyrouth, il porte le nom de « Cité sportive - Camille Chamoun » (madinat Camille Chamoun al riyadia en arabe). L'équipe libanaise de taekwondo a remporté plusieurs championnats internationaux dont le championnat d'Asie et a participé aux Jeux olympiques. L'équipe nationale de basket-ball, emmené par sa vedette Fady El Khatib, a aussi gagné le championnat d'Asie en 2000, et a accédé au championnat du monde en 2000 et en 2006 et 2010.
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