Louis-Joseph Jay
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Louis-Joseph Jay est un professeur de dessin né à Saint-Hilaire-de-la-Côte (Isère) le 18 mars 1755 et mort à Vienne (Isère) le 7 juillet 1836. Toute sa vie a été consacrée aux beaux-arts et son œuvre principale est la création du Musée de Grenoble, notifiée par un arrêté départemental du 16 février 1798[1].
Issu d'une famille de huit enfants[2], il devient dans sa jeunesse l'ami de Romain Colomb, qui n'est autre que le cousin de Stendhal. De nature enthousiaste, familier des auteurs grecs et latins, Louis-Joseph Jay fait ses débuts dans la carrière artistique à Montpellier où il va y demeurer douze ans et s'y marier. Suite à un concours, il intègre l'Académie des Arts de la ville, où il fait figure d'artiste républicain durant huit ans. Il y fait également connaissance du peintre Jacques Augustin Catherine Pajou qui va lui peindre son portrait. Le 6 mars 1796, il est nommé[3] professeur de dessin à l'École centrale[4] de Grenoble.
Sa vocation de professeur s'affirme et se révèle, il obtient des crédits afin d'acheter du matériel. À l'École Centrale, il a 3 classes de dessin en 1797, et 7 classes deux ans plus tard, l'effectif des élèves passe de 105 à 180[5]. Il enflamme les élèves par son emphase et parmi ceux-ci, figure un jeune garçon de 14 ans, un certain Stendhal. Le cours d'histoire de l'art comporte un aspect moral non négligeable, il doit former le goût, mais aussi le caractère des élèves. Jay veut fonder une école de dessin mais aussi ce qui pourrait être un complément de son école, un musée de peinture. Il souhaite également former des artisans dans une école de gravure et de peinture sur émail. Il entend alors parler d'une idée de museum à Grenoble qui circule dans les conversations depuis l'arrêté du citoyen Dupuis en juin 1795.
Le 27 janvier 1796, Louis-Joseph jay est nommé commissaire chargé d'inventorier les objets d'art du dépôt de La Tour-du-Pin. Fin février, il se rend à Paris et arpente les ministères durant trois mois pour obtenir du gouvernement le plus grand nombre de moulages de plâtres, il achète également des dessins originaux pour son École centrale. La notion de modèle à partir d'un original est fondamental dans l'enseignement de Jay d'où sa volonté dans la recherche d'originaux. Ce premier voyage permet à l'école de posséder une collection non négligeable d'objets d'art. Puis c'est en Italie qu'il part acheter tableaux et dessins. Dans ses voyages, il emporte des bouteilles de ratafia de Teisseire pouvant servir de monnaie d'échange contre des objets d'art. En 1797, il milite activement en faveur de la création d'un museum à Grenoble[6]. En compagnie de quelques personnalités, il lance deux pétitions, le 25 mai et le 30 juin, en faveur de la création d'un museum recueillant en tout 107 signatures, puis lance une première souscription publique. Le 17 novembre, un arrêté départemental le charge de transférer à Grenoble les objets d'art du dépôt de Saint-Antoine-l'Abbaye.
Le 16 février 1798, un arrêté détaille la création du museum en nommant Louis-Joseph Jay conservateur de ce museum. De mai 1798 à avril 1800, le ministre de l'intérieur annule la création du musée puis l'autorise provisoirement et enfin définitivement. Dès 1799, Jay entreprend de collecter les œuvres d'art des communautés religieuses du département de l'Isère, comme celles de l'abbaye de Saint-Antoine-l'Abbaye, et fait une deuxième souscription publique le 5 avril. La plupart des souscripteurs sont des notables, des avocats, des hommes de lois, très nombreux à l'époque sur Grenoble. Il en établi une liste et la fait parvenir au préfet à son installation[7]. Durant l'hiver de l'An VII, il se rend une seconde fois à Paris.
Le 31 décembre 1800, il inaugure le premier local du musée dans l'ancien évêché situé rue Très-Cloître. Installé dans quatre salles du premier étage portant chacune un nom, 298 objets d'art dont 177 tableaux, 80 dessins, 45 sculptures. Mais dès le mois de juin 1801, il rencontre des difficultés avec le préfet Gabriel Ricard qui lui reproche son Jacobinisme et des dépenses exagérées pour ses travaux d'aménagement du jardin dans l'ancien évêché. Au milieu de ces débats, le préfet Ricard meurt le 1er février 1802 mettant fin provisoirement à ses ennuis. Le successeur, Joseph Fourier, est beaucoup plus compréhensif.
Évincé de l'ancien évêché suite à la signature du Concordat de 1801 par Napoléon Bonaparte, Louis-Joseph Jay installe le musée au deuxième étage de l'École centrale où il enseigne encore le dessin. L'inauguration dans ce nouveau bâtiment a lieu le 14 juillet 1802 et met le musée d'art en contact avec une autre institution qui partage le local, la bibliothèque de Grenoble.
En 1804, il perd son poste de professeur de dessin qu'il avait depuis janvier 1800, mais obtient celui de receveur principal des droits réunis par le biais de son ami François de Nantes, représentant du peuple au Conseil des Cinq-Cents. En 1809, de nouvelles tracasseries administratives lui sont faites dans la gestion de son musée. En 1811, il est envoyé en mission en Italie grâce à François de Nantes. Le 8 août 1814, il devient membre correspondant de l'Institut de France, puis de l'Académie des Arcades de Rome, et de celle des Beaux-Arts de Pérouse. Destitué de son poste de conservateur du musée[8] en 1815, il quitte Grenoble et c'est le bibliothécaire qui assure l'intérim jusqu'en 1817. Cette même année, c'est à Paris qu'il publie une traduction d'un recueil de lettres originales des plus grands maîtres de la peinture, de la sculpture, et de l'architecture, publié par Giovanni Gaetano Bottari en 1759, puis il revient vivre en Isère à Crémieu et enfin à Vienne où il meurt en 1836 à l'âge de 81 ans.
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