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| Lourdes | |
|---|---|
Pèlerinage de Lourdes en été avec vue des sanctuaires à droite, du château fort en fond et du gave de Pau. |
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| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Midi-Pyrénées |
| Département | Hautes-Pyrénées |
| Arrondissement | Argelès-Gazost |
| Canton | Chef-lieu de 2 cantons |
| Code commune | 65286 |
| Code postal | 65100 |
| Maire Mandat en cours |
Jean-Pierre Artiganave (UMP) 2008-2014 |
| Intercommunalité | Communauté de communes du Pays de Lourdes |
| Site web | http://www.lourdes.fr |
| Démographie | |
| Population | 15 127 hab. (2009) |
| Densité | 410 hab./km2 |
| Gentilé | Lourdais, Lourdaise |
| Géographie | |
| Coordonnées | |
| Altitudes | mini. 343 m m — maxi. 960 m m |
| Superficie | 36,94 km2 |
Lourdes (Lorda en occitan) est une commune française d'environ 16 000 habitants située dans le département des Hautes-Pyrénées dans la région Midi-Pyrénées.
Centre de pèlerinage catholique depuis 1858, elle accueille chaque année 6 millions de pèlerins ou visiteurs venus du monde entier selon le secrétariat général des sanctuaires[1], dont environ 60 000 malades et invalides. C'est le troisième lieu de pèlerinage catholique en termes de fréquentation après le Vatican et la basilique Notre-Dame de Guadalupe de Mexico.[réf. nécessaire]
Elle est également en 2011, ce qui est moins connu, deuxième ville hôtelière de France, juste derrière Paris et devant Nice[2]. La même source signale qu'on y trouve en fin de compte moins de boutiques de souvenirs qu'à Paris ou au Mont Saint-Michel.
Lourdes se situe au pied des Pyrénées, dans la région historique de Bigorre, sur le gave de Pau, au sud-ouest de Tarbes. Le sanctuaire se situe à la sortie de la ville en suivant le gave de Pau.
La ville s'est bâtie autour d'un piton rocheux sur lequel a été construit le château et dans une cuvette glaciaire issue du creusement opéré par le glacier dit d'Argelès ou du gave de Pau, lors de la dernière phase de la glaciation de Wurm (50 000 à 12 000 BP), puis par le gave lui-même après la fonte du glacier. Le sud de la cuvette est dominé par les massifs calcaires karstiques, à dolines et cavités, du Pic du Jer et du Béout, séparés par la vallée du gave.
Le centre-ville, dominé par l'éperon calcaire du château fort, offre en plusieurs endroits les marques des anciennes carrières de pierre de Lourdes. Les grottes des Sarrazins (800 m de développement), et les grottes du Loup dans le massif qui domine les sanctuaires témoignent de cet état karstique soumis aux influences glaciaires[3]. Au nord, on trouve des traces de l'expansion maximale de ce glacier qui divergea en plusieurs langues autour du site de Lourdes après s'être heurté à des reliefs préglaciaires[4] : le lac de Lourdes en particulier avec sa zone humide classée Natura 2000[5] mais aussi la tourbière dite de Biscaye ou de Poueyferré et celle du Monge, qui ont été le support de travaux fondateurs de palynologie glaciaire[6], ainsi que des arcs morainiques périphériques qui offrent des dépôts rocheux visibles, vers Peyrouse à l'ouest, Bartrès au nord-ouest, et au-dessus de la lande de Sarsan qui domine la ville au nord-est, vers Bourréac, face à la chaîne de montagne.
Cet ancien bassin glaciaire est aujourd'hui très largement occupé par la ville tout en constituant un carrefour de communication entre les différentes vallées qui y débouchent. Par son creusement, le gave a contribué au partage de cet espace en deux étages, celui de la ville basse qui est celle des sanctuaires, des hôtels et des commerces qui les entourent, et celui de la ville haute dont la vie est celle d'une ville moyenne, la deuxième en nombre d'habitants au niveau départemental, marquée par un flux touristique et de passage important.
Lourdes est à la fois un important centre de destination et la porte d'entrée qui donne l'accès aux sept vallées du Lavedan et, en particulier, aux grands pôles touristiques pyrénéens de Cauterets-Pont d'Espagne, Luz-Saint-Sauveur-Gavarnie, Argelès-Gazost-Val d'Azun.
La ville est desservie par des TGV (vers Paris et vers Tarbes), des trains Corail et TER, et reçoit également de nombreux trains de pèlerins.
L'aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées (anciennement « aéroport d'Ossun ») est situé à peu près à mi-chemin entre Tarbes et Lourdes et offre, entre autres, des vols vers Paris-Orly, Londres-Stansted, Manchester, Figari et Bruxelles.
Pour ce qui est de la desserte routière, une route express à deux fois deux voies assure la liaison vers le sud avec Argelès-Gazost (ancienne route nationale 21, maintenant RD 821). Au nord, la RN 21 est en cours de mise à deux fois deux voies entre Tarbes et Lourdes, distants de vingt kilomètres ; les travaux devraient être achevés dans quelques années. De fait un enjeu du développement dans le futur résidera dans l'élargissement de la rocade (boulevard du Centenaire et boulevard d'Espagne qui contourne la ville par l'est sur l'axe nord-sud)[7]
Certains logiciels de gestion d'itinéraire font sortir au péage de Soumoulou les véhicules venant de Toulouse et désirant se rendre à la Grotte. La fermeture en juillet 2009, sur décision préfectorale, de la traversée de la voie ferrée (passage à niveau PN 181), à l'entrée de la ville, à la hauteur du point de rencontre des deux routes menant à Lourdes par Bétharram (route de Pau) et par Soumoulou (avenue Antoine Béguère), conduit à déconseiller fortement cet itinéraire. On retiendra donc la sortie normale au péage de Tarbes ouest.
Certaines voies du centre de Lourdes sont à sens unique alterné, en particulier la rue de la Grotte et le boulevard de la Grotte : le sens de circulation dans ces voies change tous les quinze jours.
Lourdes et le carré du Pays de Lourdes bénéficient d'une excellente définition en photographie aérienne[8].
Lourdes et ses environs bénéficient d'une excellente couverture OpenStreetMap. Le travail de mapping a été effectué par un contributeur local sur la base du cadastre, qu'OpenStreetMap est autorisé à réutiliser.
Lourdes tirerait son nom ainsi que son blason du temps de Charlemagne : un Sarrasin du nom de Mirat aurait pris la ville puis y aurait subi un siège de la part de l’empereur en 778.
Un jour un aigle volant au-dessus du château et tenant dans ses serres une énorme truite argentée, la fit soudain tomber au milieu des Maures assiégés. Mirat jeta la truite par-dessus les remparts. Charlemagne crut alors que les Sarrasins avaient assez de vivres pour soutenir encore longtemps le siège et décida de lever le camp. Toutefois Turpin, l'évêque du Puy-en-Velay, proposa alors un marché à Mirat : il pourrait garder la ville à condition de rendre les armes à la Vierge. Mirat accepta et, en posant les armes devant la vierge noire du Puy-en-Velay, il décida de prendre le nom de Louerda (la rose en arabe), en l'honneur de la vierge aux roses[9].
Le Dictionnaire toponymique des communes des Hautes Pyrénées de Michel Grosclaude et Jean-François Le Nail[10] livre des informations détaillées dont certaines sont reproduites ci-après.
Les auteurs Dauzat et Rostaing envisagent une origine latine possible dans Lurida (villa) rattachée au cognomen latin Luridus[11], toutefois pour Grosclaude et Le Nail le toponyme est d'origine inconnue, vraisemblablement prélatin.
La forme Lourde, sans s, est la forme courante jusqu'au début du XIXe siècle puisque sur une carte de Cassini établie sous le premier Empire[12] le nom de la ville figure sous cette forme (de même que Tarbes sous la forme Tarbe). Voir l'image ci-contre. L'adjonction du s final est donc récente.
Dénominations historiques de la ville :
La prononciation locale figurée est ['lourdo].
À noter l'existence d'un village dénommé Lourde, sans s final, dans le département de la Haute-Garonne, également situé en Midi-Pyrénées.
Le surnom des Lourdais était Ets peirers (les tailleurs de pierre)[14], à cause des nombreuses carrières qui s'y trouvaient et qui donnaient une forme particulière de marbre gris appelée pierre de Lourdes.
En France et internationalement, Lourdes est la cité mariale par excellence. C'est un centre mondial de pèlerinages dont l'histoire a commencé en février 1858.
« Pourtant, avant 1858, il y a un autre Lourdes »[15]. Le site de Lourdes, au carrefour de plusieurs vallées, surnommé le "verrou du Lavedan", a en effet une histoire largement documentée, couvrant toutes les époques du Paléolithique à nos jours, et dont la connaissance est essentielle à celle de ce secteur pyrénéen.
Le nouveau Lourdes est né avec les pèlerinages. Tant sur les plans religieux que sociétal et économique, le sujet est majeur. L'histoire de Lourdes fait donc l'objet d'un article détaillé auquel le lecteur est invité à se reporter, dans lequel ont été reproduits les éléments d'histoire contenus dans le présent article et dans lequel ils sont maintenus, provisoirement et dans leur version initiale.
Favorablement situé entre plusieurs vallées, le site de Lourdes est habité depuis la préhistoire : des traces d'occupation (dont des outils, des bijoux, des tessons de céramique et des sépultures) ont été découvertes, entre autres, dans la grotte des Espélugues[16]. Le musée d'archéologie nationale date le « cheval de Lourdes », une figurine de 7,3 cm de long taillée dans de l'ivoire de mammouth, de 13 000 ans avant notre ère, soit la période du Magdalénien au Paléolithique supérieur[17].
Dans les grottes Arrouza, les traces d'occupation sont datées du Néolithique et de l'Âge du Bronze[18].
Des fouilles plus importantes permettraient probablement de mettre au jour des traces conséquentes de l'habitat protohistorique sur le territoire de Lourdes[19].
L'histoire ancienne de Lourdes reste peu connue en raison du faible nombre de fouilles entreprises sur le site de la ville jusqu'à récemment. En effet, les travaux d'urbanisme déclenchés par le pèlerinage n'ont pas toujours été précédés de fouilles préventives, ce qui a probablement causé la destruction de nombreux vestiges[20].
L'oppidum du château est vraisemblablement occupé dès le Ier siècle av. J.‑C.[21]. Des pans de murailles romaines ont d'ailleurs été découverts lors des travaux effectués par le génie militaire au château au XIXe siècle. À cette occasion, plusieurs fragments lapidaires (morceaux de statue, fragments d'autel) ont été mis au jour[20]. De même, à l'est de l'oppidum, la place Peyramale a livré des vestiges antiques à deux occasions.
Entre 1904 et 1907, lors de la démolition de l'ancienne église paroissiale Saint-Pierre, des substructions appartenant à un temple dédié aux Tutelles (divinités des eaux) ont été découvertes, accompagnées de fragments de céramiques et de trois autels votifs remployés dans les fondations de l'ancienne abside[22]. Cet édifice avait été ensuite remplacé par une église paléochrétienne (au Ve siècle) détruite par un incendie, comme l'atteste la calcination des pièces découvertes[23]. Une nécropole, dont l'étendue n'a pas pu être mesurée, entourait le lieu de culte. Des traces de celle-ci ont été dégagées au pied du château, ce qui fait penser qu'elle s'étendait jusqu'au pied de l'oppidum[23]. Les sarcophages, dont la datation et la chronologie sont délicates à établir, ont pour partie été entreposés à l'entrée du château[24].
En 1990, l'aménagement du parking de la place a, de nouveau, nécessité des fouilles préventives. Une voie urbaine datée du Ier siècle av. J.‑C. ou du début du Ier siècle (as de Nîmes découvert sur place) et orientée nord-sud a été dégagée. Des traces d'ornières croisant cette trajectoire ont été mises au jour, laissant penser à la présence d'une autre voie, perpendiculaire (est-ouest), ce qui a amené les spécialistes à se demander si Lourdes ne s'était pas développée au croisement de deux itinéraires antiques. Certains attribuent d'ailleurs Lourdes à l'Oppidum Novum mentionné dans l'Itinéraire d'Antonin, mais les preuves archéologiques manquent. De plus, les données toponymiques accusant la présence de deux axes respectivement est-ouest et nord-sud, de même que la découverte de ce temple des Tutelles, montrent bien que Lourdes s'est développée autour d'un carrefour routier[25].
Au Moyen Âge, Lourdes et son château sont le siège du comte de Bigorre[26]. Avec la Croisade des Albigeois, le château, considéré comme un des verrous de la province, est disputé entre différentes factions. Il passe sous la domination des comtes de Champagne, également rois de Navarre, puis entre les mains des rois de France sous Philippe le Bel, pour être ensuite livré aux Anglais en 1360 pendant la Guerre de Cent Ans, et ce jusqu'au début du XVe siècle. Ils surent d'ailleurs profiter de la situation stratégique de la ville et de son marché[27].
En effet, située au carrefour de deux axes de communication majeurs (vers l'Espagne au sud, vers Toulouse à l'est et l'Atlantique à l'ouest), la ville abrite un marché d'assez grande importance protégé par le comte (première mention au début du XIe siècle portant sur les revenus du sel). Ce marché fait encore référence au XIVe siècle, et reste donc une source de revenus importante pour celui qui se rend maître du château[28].
Pendant la Guerre de Cent ans, Pierre Arnaud de Béarn tient le château de Lourdes, ainsi que toute la Bigorre et le Lavedan, pour le roi d'Angleterre. Après 1374 son frère en devient le capitaine, mais son territoire est réduit à la zone montagneuse. Jean tiendra le château de Lourdes jusqu'en octobre 1407, où, après un dur siège du parti du roi de France et en l'absence de secours anglais, il vendra cher sa reddition et disparaîtra. Jean de Béarn fut un chef routier de grande réputation ; à partir de Lourdes il écumait le Sud-Ouest[29].
La ville médiévale se dresse à l'est du château et est ceinte de murailles (dont il ne reste que la Tour de Garnavie). Elle compte environ 150 feux vers le XIIIe siècle, et 243 au début du XVe siècle[28].
La ville va traverser les crises des XVIe siècle et XVIIe siècle. L'église paroissiale est détruite lors des Guerres de Religion[30], comme l'abbaye de Saint-Pé-de-Bigorre toute proche[31].
Cependant, Lourdes sait tirer profit de sa situation. Elle est, entre autres, une étape sur la « route des bains » de Barèges, dont les sources servent à soigner les soldats blessés et malades[32]. Le château reste un important lieu stratégique, « verrou du Lavedan »[33].
La population est en augmentation au XVIIIe siècle, malgré les famines et épidémies[34]. 2 315 habitants en 1696[34], 1 189 habitants en plus entre 1730 et 1772 par le plus grand nombre de naissances par rapport aux décès[35]. Mais les crises ramènent la population à 2 300 environ à l'aube de la Révolution[36].
Vers 1755, la population est composée d'environ 40 % d'agriculteurs, de 40 % d'artisans (secteur dominé par le textile) et 8,5 % de carriers (ardoise et tailleurs de pierres) et d'ouvriers du bâtiment, plus environ 13 % de services (marchands, santé, etc.)[37]. Dans les années qui suivent, l'agriculture va perdre de l'importance face aux « fonctions urbaines », qui bénéficient surtout à l'artisanat dont l'effectif augmente[38].
La paix signée avec l'Espagne entraîne la perte de l'intérêt stratégique du château, qui devient prison. En 1788 il est d'ailleurs question de supprimer la garnison du château, formée par des invalides, et qui sera défendue par une supplique envoyée à Louis XVI[33].
Durant la Révolution, la ville est tenue de fournir du matériel et des vivres à l'armée révolutionnaire du fait de sa position stratégique. Elle compte alors 2 741 habitants. Avec la création du département des Hautes-Pyrénées en 1790, Lourdes demande à être le siège du chef-lieu du nouveau district du Gave, l'un des cinq que compte le département. Cependant, Argelès-Gazost lui est préférée de par sa position stratégique à l'intérieur du Lavedan. Le reste des fonctions (dont le tribunal) sont installées à Lourdes[39]. La ville fournit ensuite de nombreux volontaires aux armées lors des guerres révolutionnaires[40]. Le danger est important en 1793 lors de la guerre avec l'Espagne et la menace d'invasion par le Lavedan, non avérée[41]. La paix est signée en 1795 et entraîne la démilitarisation du château, qui abrite de nouveau une garnison d'invalides à partir de 1797[42].
Durant la première moitié du XIXe siècle, la ville est un bourg agricole où se pratique l'élevage des porcs. Des carrières de pierre y sont exploitées. La population est évaluée à 4 000 habitants en 1843[43].
En 1858, Bernadette Soubirous dit qu'une Dame Blanche (qui bientôt se définira à elle par les mots « Que soy era Immaculada Councepciou » - « Je suis l'Immaculée Conception », ce que l'on considère comme une désignation de la Vierge identifiée à sa propre conception) lui serait apparue à plusieurs reprises dans la petite grotte de Massabielle, en bordure du gave de Pau à l'ouest de la ville[44].
Une ferveur de plus en plus grande s'empare des habitants des environs qui viennent se recueillir devant la grotte qui, peu à peu, prend l'allure d'une chapelle, mais seule Bernadette dit « voir » la Vierge[45].
Devant l'afflux massif de fidèles et de curieux, le maire, Anselme Lacadé, interdit temporairement l'accès à la grotte en la fermant par une barrière en bois, retirée début octobre 1858 sous la pression populaire et l'intervention de l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III et fervente catholique. En 1862, les « apparitions » sont reconnues officiellement par Mgr Laurence, évêque de Tarbes[46].
Les travaux des sanctuaires débutent la même année. Une première chapelle est remplacée par la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, surmontée d'une deuxième église appelée la basilique de l'Immaculée-Conception[47]. Elles sont toutes deux situées au-dessus de la grotte. Une partie de la ville est déclarée « cité mariale » par l'Église, entre le gave, les sanctuaires et le château[48]. La municipalité de Lourdes, sous la pression des autorités religieuses et malgré l'opposition locale, élargit les rues de la ville médiévale et trace le boulevard de la Grotte (1879-1881) menant aux sanctuaires en contournant le château par le nord. Les terrains sont alors lotis, avec construction de boutiques et d'hôtels pour accueillir les pèlerins[49].
À la fin du XIXe siècle, Lourdes se dote d'une nouvelle église paroissiale. L'ancienne, dédiée à saint Pierre, est rasée en 1904. Son mobilier est transféré au château[50].
Aujourd'hui, Lourdes est l'un des plus grands pèlerinages catholiques du monde au même titre que Fátima, Rome, Czestochowa et Guadalupe. Le pape Jean-Paul II est venu deux fois en pèlerinage à Lourdes (en 1983 et 2004). Du 8 décembre 2007 au 8 décembre 2008, plus de 9 millions de pèlerins se sont rendus à Lourdes pour célébrer le jubilé du « 150e Anniversaire des Apparitions ». À cette occasion, le pape Benoît XVI s'est rendu dans les sanctuaires en septembre 2008.
Après la révolution française de 1789, le comté de Bigorre est incorporé dans le nouveau département des Hautes-Pyrénées, Lourdes devient donc chef-lieu de canton en 1790 mais pas sous-préfecture, fonction qui échouera à la commune d'Argelès-Gazost située plus en profondeur dans la vallée. Ce canton est ensuite partagé en 1973 entre les deux cantons de Lourdes-Est et de Lourdes-Ouest.
La ville est le siège de la communauté de communes du Pays de Lourdes. Elle est le pôle de l'aire urbaine et du pays de même nom.
En octobre 2007, la fermeture du tribunal de Lourdes est annoncée par la garde des sceaux[51].
En 2010, la commune de Lourdes a été récompensée par le label « Ville Internet @@ »[52].
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| février 2000 | 2014 | Jean-Pierre Artiganave | UMP | Commerçant |
| mars 1989 | février 2000 (démission) | Philippe Douste-Blazy | UDF | Cardiologue |
| 14 mars 1971 | mars 1989 | François Abadie | PRG | Mécanicien automobile |
| 14 mars 1965 | Justin Lacaze | Commerçant | ||
| 12 décembre 1960 | Noël Viron | |||
| 30 décembre 1952 | 23 octobre 1960 (décès) | Antoine Beguere | Entrepreneur du bâtiment | |
| janvier 1945 | 11 décembre 1952 (décès) | Georges Dupierris | Ancien enseignant | |
| août 1944 | Albert Borde | |||
| juillet 1941 | Auguste Brenjot | |||
| mai 1929 | Lucien Gazagne | |||
| octobre 1926 | Lucien Latapie | Avocat | ||
| mai 1925 | Justin Lacaze | |||
| 1919 | Laurent Bouriot | |||
| 1904 | Justin Lacaze | |||
| février 1901 | Cazaux-Moutou | |||
| 1900 | Nestor Lapeyre | |||
| février 1848 | 1866 | Anselme Lacadé | ||
| 14 septembre 1830 | Jean-Marie Latapie | |||
| février 1820 | Martin Latour | |||
| 5 mai 1816 | Bernard Joanas | |||
| 21 juin 1815 | Pascal Davezac | |||
| 15 octobre 1813 | Martin Latour | |||
| février 1808 | Pascal Davezac | |||
| 1803 | Jean Baptiste Francez | |||
| 16 mai 1800 | Martin Latour | |||
| 28 novembre 1795 | Lacay | |||
| 1794 | Dufo | |||
| 1790 | Normande | |||
| 1789 | Abadie | |||
| Toutes les données ne sont pas encore connues. | ||||
Un ouvrage "Les maires de Lourdes de 1694 à 1989", très documenté et riche en photographies, a été publié par Les Archives Municipales de la Ville de Lourdes en 2006. Il constitue aussi une base pour la connaissance de l'histoire de la ville[54].
Le site de la ville de Lourdes permet d'accéder à un éventail large d'informations et à des formulaires en ligne[55].
L'économie lourdaise se partage entre deux grands secteurs, celui dédié au tourisme et au pèlerinage d'une part et celui consacré aux activités commerciales et industrielles que l'on peut trouver dans toute ville moyenne de cette importance.
L'essentiel de l'économie lourdaise repose sur l'activité touristique liée aux pèlerinages. L'affluence atteint son maximum en août, pour l'Assomption.
Chiffres clés 2009 fournis par l'office du tourisme de la ville de Lourdes[58] :
Lourdes accueille chaque année plus de 5 millions de visiteurs venus du monde entier dont 3 millions d’excursionnistes. En 2008, année exceptionnelle (150e anniversaire des Apparitions), on a dénombré environ 9 millions de visiteurs.
On compte environ une centaine de restaurants de cuisine locale et internationale.
Absent à l'intérieur du domaine clos de la Grotte où se trouvent les sanctuaires, le commerce de souvenirs religieux est très développé à l'extérieur, le long de la rue de la Grotte et du boulevard de la Grotte en particulier.
On dénombre 220 magasins de souvenirs soit un magasin pour 30 000 visiteurs (ce taux est inférieur à la moyenne de certains grands sites français comme Notre-Dame de Paris, le Mont Saint-Michel, la Cité de Carcassonne)[59].
Les commerces à caractère non touristique se situent, principalement, au niveau de la rue de la Grotte mais aussi, autour du Marcadal, de la halle et de la place Peyramale.
Une vaste zone commerciale se déploie également de long de la RN 21.
Quelques grandes surfaces se situent près du quartier de l'Ophite.
Parmi les activités industrielles présentes sur Lourdes on mentionnera plus particulièrement :
Pour affirmer cette ouverture sur les arts actuels, la médiathèque, dans le cadre de la loi du 1% artistique, a acquis une sculpture de l'artiste néerlandaise Madeleine Berkhemer présente au cœur même de la médiathèque.
Centre d'Étude des Langues International et Laboratoire de Langues, 4, chaussée du Bourg. Ce centre dépend de la CCI de Tarbes et des Hautes Pyrénées[64].
Le centre hospitalier de Lourdes.
Lourdes compte de nombreux musées, du secteur privé pour la plupart :
Le château fort de Lourdes, tour à tour résidence principale du comte de Bigorre aux XIe siècle et XIIe siècle, passant de mains en mains aux XIIIe siècle et XIVe siècle siècles, prison royale aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle puis Musée pyrénéen (arts et traditions populaires des Pyrénées) à partir de 1921.
Le vieux Lourdes se situe entre la Rue Saint-Pierre et le château. Les petites ruelles et placettes ont été rénovées ou sont en cours de rénovation. Les façades ont pour la plupart été joliment restaurées.
Vestige des fortifications, la tour de Garnavie (déformation de Gavarnie) se dresse sur une petite placette au sud est du château. Il s'agit d'une tour quadrangulaire surmontée d'une bretèche. Elle est généralement datée du XIVe siècle et constitue le dernier vestige visible de l'enceinte de la ville (inscription à l'inventaire des Monuments Historiques en 1946)[65].
On pourra également voir les différents bâtiments qui constituaient le patrimoine de la famille de Bernadette Soubirous : sa maison et le Moulin de Boly propriété des Soubirous jusqu'en 1854, transformés en musées.
Les principaux monuments et bâtiments publics de l'époque moderne se situent le long de l'axe qui traverse la ville, du rond point nord à l'entrée de la ville vers Tarbes, au rond point sud à la sortie vers Argelès, (avenue Alexandre Marqui, avenue Maransin, rue Saint Pierre et place Peyramale, place du Marcadal, rue Laffite, Place du Champ Commun, avenue du Maréchal Foch, avenue Francis Lagardère) :
Le Lourdes des sanctuaires, l'atmosphère religieuse, voire, pour certains, selon les cas, le mysticisme qui imprègne les lieux ou son contraire, les commerces qui s'y trouvent, n'ont pas manqué de susciter l'intérêt d'écrivains. Il y eut d'abord Henri Lasserre journaliste écrivain qui publia plusieurs ouvrages dès 1869. Traduits en plus d'une centaine de langues ils eurent eurent un énorme retentissement et contribuèrent à faire connaître rapidement le sanctuaire. On citera aussi ceux de deux grands représentants du naturalisme, Émile Zola et Joris-Karl Huysmans.
De passage à Lourdes en 1891, Émile Zola est saisi par la ferveur qui règne dans la cité mariale. L'année suivante, il revient à Lourdes et poursuit son reportage. De son enquête critique naîtra un livre, Lourdes[68],accessible en version électronique[69], qui s'inscrit dans la série des Trois Villes avec Rome et Paris.
À l'ouvrage de Zola, roman traditionnel dans sa forme, rationaliste et scientiste sur le fond, s'oppose en 1906 Les Foules de Lourdes de Joris-Karl Huysmans[70] qui, sur le même sujet, soutient une thèse adverse. Déjà malade, Joris-Karl Huysmans, converti à la foi catholique en 1895, tourne le dos au naturalisme et rédige un texte inclassable, une profession de foi, un journal, une hagiographie de Bernadette Soubirous, ainsi qu'une fervente défense du miracle et de l’idée d’intervention surnaturelle dans les guérisons miraculeuses de Lourdes. Ce livre est un mélange de ferveur ressentie dans cet « endroit inégalable » et de rejet violent de ceux qu’il appelle « les églisiers »[71].
Toujours dans le registre de l'expression romanesque autour du thème Lourdes et Bernadette, on citera aussi Le Chant de Bernadette de Franz Werfel, roman d'un écrivain juif autrichien, ami de Kafka, réfugié à Lourdes en 1940, et, de François Mauriac, Pèlerins de Lourdes qui est un dialogue entre un croyant et un incroyant.
Dans l'abondante historiographie consacrée à Lourdes et à Bernadette Soubirous, ainsi qu'au culte marial dans la religion catholique, dominent tout particulièrement les ouvrages de l'abbé René Laurentin qui font référence.
On peut retrouver groupées les œuvres citées de Franz Werfel, Émile Zola et François Mauriac, plus un texte de René Laurentin, Sens de Lourdes, dans un même ouvrage, Lourdes[72], paru en 1998.
Avant d'être le Lourdes que nous connaissons aujourd'hui, et longtemps après les transformations imposées par l'afflux de pèlerins venus du monde entier, Lourdes a été une bourgade rurale aux traditions paysannes. Lucien Latapie, ancien maire de Lourdes, est l'auteur d'un roman rural paru en 1927, Tu t'en vas ô mon pays[73], roman à thèse comme nombre de romans d'inspiration rurale. Aujourd'hui oublié, il fut en son temps un livre culte pour nombre de familles paysannes du pays rural lourdais. Au-delà des personnages, le sujet principal du roman est une "maison", "ua maïsoù" au sens pyrénéen. "Ribaroles", c'est son nom, est une ferme fictive située dans le hameau de Sarsan. L'auteur relate son déclin provoqué par une crise familiale surgie de la transformation de la société après la 1re guerre mondiale, une crise qui est celle de la famille souche et du système familial pyrénéen traditionnel.
On peut ajouter trois courts métrages : Lourdes l'hiver de Marie-Claude Treilhou (1982), Bernard ou les apparitions (1992) réalisé par deux lourdais, les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu et 1858, le film des Apparitions de Philippe Cabidoche (2008).
La circulation des rues commerçantes près des sanctuaires change de sens tous les 15 jours.
Le métier de « feutier » n'existe qu'à Lourdes[réf. nécessaire] : ils sont chargés de nettoyer les brûle-cierges tous les soirs. L'été, on manque de place pour brûler tous les cierges. Ils évacuent ainsi les déchets des 600 tonnes de cierges brûlés chaque année.
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