Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international (SI). Il est défini, depuis 1983, comme la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1⁄299 792 458 seconde[1].
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En 1668, le philosophe anglais John Wilkins publie la description d'une mesure universelle, d'unités décimales et qui serait la dix-millionième partie d'un quart de méridien terrestre, et dont la longueur fondamentale est de 38 pouces de Prusse (1 pouce prussien = 26,15 mm), soit de 993,7 mm. Sept ans plus tard, le savant italien Tito Livio Burattini publie Misura Universale, ouvrage dans lequel il renomme la mesure universelle de Wilkins en mètre (metro cattolico) et la redéfinit comme étant la longueur d'un pendule qui oscille avec une demi-période d'une seconde, soit environ 993,9 mm actuels. Louis XVI en France va concrétiser une longue série de tentatives en signant le 8 mai 1790 le projet d'unification des poids et mesures du Royaume de France, proposé par Talleyrand. Suite au rapport du 19 mars 1791 de l'Académie des sciences et sur proposition du Chevalier Jean-Charles de Borda, le « mètre » de Burattini est adopté comme unité de longueur. Auparavant, les longueurs étaient mesurées en référence à l'humain (le pouce, le pied, la toise) ; comme chaque être humain est différent, on prenait souvent comme référence le roi, ce qui était un symbole monarchique fort. En pleine période révolutionnaire, il fut donc décidé de supprimer toute référence à un homme particulier, de choisir un étalon non humain unique et d'utiliser des multiples et sous-multiples de 10. Fini ainsi le pied qui valait douze pouces.
Le mètre fut officiellement défini pour la première fois le 26 mars 1791 par l'Académie des sciences comme étant la dix-millionième partie d'un quart de méridien terrestre, ou d'un quart de grand cercle passant par les pôles. Si ce n'est le corps humain, la nature restait donc la référence. Il fut adopté par la France le 7 avril 1795 comme mesure de longueur officielle. Quelques années plus tard, en 1799, un mètre-étalon en platine fut créé à partir de cette définition et devint la référence. De février 1796 à décembre 1797, seize mètres-étalons gravés dans du marbre furent placés dans Paris, pour familiariser la population avec la nouvelle mesure. Aujourd'hui, il n'en subsiste que quatre : l'un est au 36 de la rue de Vaugirard, à droite de l'entrée ; le deuxième, replacé en 1848, est au 13 de la place Vendôme, à gauche de l'entrée du ministère de la Justice, le troisième est à Croissy-sur-Seine (Yvelines), dans un mur de la rue au Mètre[3], et le quatrième à Sceaux (Hauts-de-Seine).
En juin 1792, Jean-Baptiste Joseph Delambre fut chargé de mesurer la distance entre Dunkerque et Rodez pendant que Pierre Méchain mesura celle de Barcelone à Rodez. Ils devaient se retrouver à Rodez. Cela permit d'établir précisément la valeur du mètre. En 1793, à Montjuïc à Barcelone, Méchain détecta une incohérence entre les longueurs relevées et le relevé astronomique de la position des étoiles. La guerre franco-espagnole l'empêcha de réitérer ses mesures. Cet écart, qui n'était en fait pas dû à une erreur de manipulation mais à l'incertitude des instruments utilisés, le plongea dans un profond trouble et il mit tout en œuvre pour éviter de devoir rendre compte de ses travaux à Paris. En 1799, il se résigna à se rendre à une conférence internationale qui salua son œuvre scientifique. Il maquilla alors ses résultats, ce qui rendra le mètre trop court de 0,2 mm. La « fraude » ne sera découverte par Delambre qu'en 1806, année où il réétudiera l'ensemble des résultats lors de la rédaction de Base du système métrique.
En 1889, le Bureau des poids et mesures redéfinit le mètre comme étant la distance entre deux points sur une barre d'un alliage de platine et d'iridium. Cette barre est toujours conservée au Pavillon de Breteuil à Sèvres.
En 1960, la 11e Conférence générale des poids et mesures (CGPM) redéfinit le mètre comme 1 650 763,73 longueurs d'onde d'une radiation orangée émise par l'isotope 86 du krypton[4].
Enfin, la conférence de 1983 fixe définitivement la vitesse de la lumière à 299 792 458 m/s et redéfinit donc le mètre comme étant la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1⁄299 792 458 seconde[1]. La vitesse de la lumière dans le vide étant la même en tout point (résultat établi par la relativité restreinte), c'est une définition plus précise car la seconde est l'unité du Système international (SI) qui est mesurée avec la plus faible incertitude[4],[1].
Il existe une relation entre l'unité de mesure (mètre), l'unité de masse (kilogramme), les unités de surface (mètre carré) et les unités de volume (mètre cube et litre, souvent utilisés pour désigner des volumes ou des quantités de liquides) :
Dans certains métiers, on parle de mètre linéaire (ml). Il s'agit d'un pléonasme, puisque le mètre désigne précisément une longueur de ligne. Dans le vocabulaire des professions concernées, cela permet entre autres de faire la différence
Le mètre correspond à :
| 10 N | Nom préfixé | Symbole | Nombre en français | Nombre en mètres |
|---|---|---|---|---|
| 1024 | yottamètre |
|
Quadrillion | 1 000 000 000 000 000 000 000 000 |
| 1021 | zettamètre |
|
Trilliard | 1 000 000 000 000 000 000 000 |
| 1018 | examètre |
|
Trillion | 1 000 000 000 000 000 000 |
| 1015 | pétamètre |
|
Billiard | 1 000 000 000 000 000 |
| 1012 | téramètre |
|
Billion | 1 000 000 000 000 |
| 109 | gigamètre |
|
Milliard | 1 000 000 000 |
| 106 | mégamètre |
|
Million | 1 000 000 |
| 10³ | kilomètre |
|
Mille | 1 000 |
| 10² | hectomètre |
|
Cent | 100 |
| 101 | décamètre |
|
Dix | 10 |
| 100 | mètre |
|
Un | 1 |
| 10-1 | décimètre |
|
Dixième | 0,1 |
| 10-2 | centimètre |
|
Centième | 0,01 |
| 10-3 | millimètre |
|
Millième | 0,001 |
| 10-6 | micromètre |
|
Millionième | 0,000 001 |
| 10-9 | nanomètre |
|
Milliardième | 0,000 000 001 |
| 10-12 | picomètre |
|
Billionième | 0,000 000 000 001 |
| 10-15 | femtomètre |
|
Billiardième | 0,000 000 000 000 001 |
| 10-18 | attomètre |
|
Trillionième | 0,000 000 000 000 000 001 |
| 10-21 | zeptomètre |
|
Trilliardième | 0,000 000 000 000 000 000 001 |
| 10-24 | yoctomètre |
|
Quadrillionième | 0,000 000 000 000 000 000 000 001 |
| 10 N | Préfixe | Symbole | Nombre en français | Nombre en chiffre |
|---|---|---|---|---|
| 104 | myriamètre |
|
Dix mille | 10 000 |
| 10-4 | myriomètre |
|
Dix-millième |
0,000 1 |
De fait, au-delà du milliard de kilomètres on utilise rarement l'unité standard : on lui préfère l'ua, unité astronomique, d'où est déduite l'unité dérivée, le parsec : ceci était nécessaire pour ne pas dénaturer les mesures précises de distance de parallaxe par une réévaluation de l'ua, liée à la valeur de la constante gravitationnelle G. Cette situation peu œcuménique a été levée par les mesures directes par écho radar sur les planètes.
Le nanomètre est utilisé pour mesurer les longueurs d'ondes comprises entre l'infrarouge et l'ultraviolet, et la finesse de gravure d'un Microprocesseur. La limite théorique qui fait la frontière entre le micro-électronique et la nanoélectronique est une finesse de gravure de 100 nm. Il est aussi l'unité de mesure traditionnelle de la rugosité, contrôle de l'état de surface (métrologie dimensionnelle)
m = 0,000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 016 m.
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