Musique populaire
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La musique populaire désigne les genres de musique ayant un large public[1] et est généralement distribué à de larges audiences via l'industrie musicale. Elle est opposée à la musique savante[2],[3],[4] et la musique traditionnelle, qui sont généralement diffusés scolairement ou oralement, à de petites audiences[2],[3],[4]. Il ne faut pas confondre la musique populaire avec la musique pop, qui est uniquement un genre de musique populaire.
Sommaire |
Dès le début du XIXe siècle, les orphéons fédèrent les masses. Au tout départ, il s'agit de chorales d'enfants puis d'ouvriers. Quelques noms : Wilhem, pédagogue et fondateur du premier orphéon en 1833. Delaporte qui contribuera dans la seconde partie du XIXe siècle à donner une ampleur nationale au mouvement. À partir des années 1850, le terme « Orphéon » désigne les chorales, les fanfares et les orchestres d'harmonie qui ont connu un essor dû au développement de l'industrie des instruments de musique. Les héritiers actuels du mouvement sont le mouvement À Cœur Joie (chorales) l'UFF (fanfares) la CFBF (batterie-fanfare), la CMF (orchestres d'harmonie, orchestres à plectre)[5].
Au XIXe siècle, des centaines de goguettes rassemblent à Paris, dans sa banlieue et aux alentours des dizaines de milliers d'ouvriers ou journaliers, hommes ou femmes. Il en existe encore au siècle suivant. La goguette de la Muse rouge disparaît seulement en 1939.
Le chanteur de rue est une personne (homme ou femme) qui chante sur la voie publique dans l'espoir de recueillir quelque argent de la part de ses auditeurs. Le principe est de captiver le maximum d'auditoire en un temps très court. Pour ce faire, le chanteur s'appuie sur une musique mélodieuse et/ou un texte accrocheur. Très populaires avant l'invention des média modernes (radio, télévision, enregistrement sonore), ils ont largement contribué à la diffusion d'idées ou d'informations au même titre que les journaux. En effet, en dehors de quelques grands standards de la musique populaire, leur répertoire s'inspirait souvent de faits majeurs ou de faits divers remarquables, assurant une publicité à ces évènements.
Habitués à se mettre en public dans des conditions difficiles, les chanteurs de rue avaient souvent une personnalité originale et extravertie.
Au nombre de ceux-ci le célèbre Aubert (né vers 1769, attesté en vie en 1848), doyen des chanteurs des rues de Paris fut nommé par ses confrères « Syndic des chanteurs des rues » de Paris.
En 1848 il parle au nom de la délégation de 800 chanteurs, musiciens et mendiants des rues de Paris venus rendre hommage à l'Élysée au chansonnier Béranger membre de la commission des secours.
L'augmentation du volume sonore lié à la vie moderne, la difficulté d'occuper la voie publique, l'accusation de mendicité et surtout la banalisation des enregistrements sonores ont réduit la présence des chanteurs de rue. Il en reste malgré tout, y compris officiellement[6].
Une profession connexe était celle de marchand de musique sur feuilles volantes, profession aujourd'hui disparue en Europe. Il s'agit de personnes qui vendaient des partitions de chant en entonnant elles-mêmes la musique. Ils parcouraient les rues des villes ou se déplaçaient de foire en foire. Ils proposaient leurs chansons sous forme de feuille volante, souvent grossièrement imprimée, à des personnes qui ne savaient globalement pas lire la musique mais qui étaient intéressées soit par la mélodie, soit par le texte de la chanson. Il arrive aussi que ces feuilles volantes soient très élégamment illustrées par des gravures œuvres d'illustrateurs connus et sont très intéressantes du point de vue artistique et iconographique. Certains marchands de musique ne savaient eux-mêmes pas déchiffrer une partition, mais avaient une bonne mémoire des airs. Leurs feuilles volantes sont une mine d'information sur les idées, les coutumes et les centres d'intérêt des Européens au XIXe et au début du XXe siècle.
On peut aussi noter la fête de la musique en France, le 21 juin, où chaque musicien peut utiliser librement l'espace public pour faire connaître ses talents de compositeurs ou d'interprète. Créée en 1982 à l'initiative du ministre de la Culture de l'époque, cette fête jouit d'une grande popularité parmi les gens de tous âges et de toutes classes sociales. L'idée a depuis été reprise par plus de 100 pays.
La musique populaire se base sur quelques standards musicaux et commerciaux. Elle est aussi à l'origine d'un certain vocabulaire.
Il est notable que l'aspect commercial et promotionnel soit une caractéristique dominante de la musique populaire depuis la deuxième moitié du XXe siècle : première en termes de part de marché dans le monde de la musique, la musique populaire est l'objet d'enjeux commerciaux énormes pour les producteurs de musique, ce qui justifie l'emploi de méthodes commerciales poussées, identiques à celles utilisées pour les produits de consommation courante : méthodes dites des « grands lessiviers » : Procter & Gamble, Henkel, etc. C'est ainsi qu'une musique fait l'objet d'une « politique de lancement » pour toucher une « cible privilégiée », qu'on « fait la promotion » d'un nouveau chanteur en espérant que ses ventes « décollent », ou qu'on résilie le contrat d'un chanteur qui ne « se vend plus assez » ou dont le genre « arrive en fin de vie », quitte à le rappeler s'il « rebondit ». Les droits d'exploitation des musiques les plus populaires représentent une source importante de revenus que l'on ne cède pas facilement.
La principale production de musique populaire est donc le résultat d'une politique visant à générer des profits. Ces enjeux commerciaux sont surtout le fait des grandes majors du disque (Universal, EMI, Sony, BMG). Les maisons de disques indépendantes (comme par exemple Tôt ou Tard, Naïve Records) à la diffusion plus limitée semblent être moins à la recherche de profits. Certains musiciens ne trouvant pas de maisons de disques « s'autoproduisent » mais ils bénéficient alors d'une distribution « classique » (vente de CD en magasins) et d'une visibilité réduites, bien que le développement d'internet ait changé la donne au cours des dernières années ; on voit notamment des sites permettant de participer à la production d'artistes inconnus du grand public[8] et des outils de diffusion comme MySpace ou autres[9],[10].
Si l'enregistrement de musique en studio fait toujours appel à des professionnels, la musique populaire est la musique la plus jouée par des amateurs.
De nombreux « groupes de garage » se créent dans le but de reprendre leurs musiques préférées à partir des enregistrements de leurs vedettes. Les plus talentueux et les plus constants pourront même arriver à jouer en public (soirées privées, clubs d'étudiants, bals…). Ce type de ré-interprétation à partir des disques a remplacé le modèle de la musique traditionnelle basé en grande partie sur la transmission par le jeu. De nombreux groupes de rock, de pop ou de jazz ont commencé par faire de la musique sous cette forme. Parmi les plus célèbres on peut citer les Beatles et les Rolling Stones.
Le karaoké est également une forme de réinterprétation devenue courante : à partir d'un enregistrement de l'arrangement musical « réputé exact », un soliste au micro chante la mélodie. Très utilisé dans les soirées conviviales et exclusivement basé sur des chansons à succès, le karaoké laisse une part d'interprétation au soliste.
Aujourd'hui, les musiciens amateurs peuvent profiter de la vulgarisation des outils d'enregistrement et de reproduction (stations de mixage, samplers, logiciels de mixage, graveurs de CD, etc.) pour autoproduire leur musique et n'hésitent plus à la diffuser, par internet notamment.
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