Nantes
| Nantes | |||
|---|---|---|---|
Le Marité amarré au quai Ernest Renaud, à proximité du quai de la Fosse, avec le dôme de l'église Notre-Dame de Bon-Port, la tour Bretagne et le clocher de la basilique Saint-Nicolas à l'arrière-plan. |
|||
|
|||
| Administration | |||
| Pays | France | ||
| Région | Pays de la Loire (préfecture) | ||
| Département | Loire-Atlantique (préfecture) | ||
| Arrondissement | Arrondissement de Nantes (chef-lieu) |
||
| Canton | Chef-lieu de onze cantons : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11 |
||
| Code commune | 44109 | ||
| Code postal | 44000, 44100, 44200, 44300 | ||
| Maire Mandat en cours |
Jean-Marc Ayrault 2008-2014 |
||
| Intercommunalité | Nantes Métropole (Siège) | ||
| Site web | http://www.nantes.fr/ | ||
| Démographie | |||
| Population | 283 288 hab. (2008) | ||
| Densité | 4 346 hab./km2 | ||
| Aire urbaine | 854 807 hab. (2008) | ||
| Gentilé | Nantais | ||
| Géographie | |||
| Coordonnées | |||
| Altitudes | mini. 2 m — maxi. 52 m | ||
| Superficie | 65,19 km2 | ||
Nantes (prononcer [nɑ̃t]
) est une commune française de l'ouest de la France, située au sud du massif armoricain, qui s'étend sur les rives de la Loire, à 50 km de l'océan Atlantique. Chef-lieu du département de la Loire-Atlantique et préfecture de région des Pays de la Loire, elle est l'élément central de la communauté urbaine Nantes Métropole forte de près de 600 000 habitants. Associée à l’agglomération de Saint-Nazaire, son avant-port sur l'estuaire de la Loire, celle-ci constitue aujourd'hui la métropole du Grand Ouest français. Labellisée ville d'art et d'histoire, Nantes est en 2008 la sixième commune la plus peuplée de France avec ses 283 288 habitants, et la première commune, en termes d'habitants, tant de la région Pays de la Loire que de l'Ouest[1].
Du point de vue historique, après avoir été un site portuaire important de l'Âge des métaux, Nantes devient la capitale de la cité gallo-romaine des Namnètes, le siège d’un évêché au Ve siècle, puis le chef-lieu d’un comté franc, illustré par la personnalité semi-légendaire de Roland. Point d’appui du royaume franc face à la poussée des Bretons, Nantes est conquise en 851 par Nominoé. S'ouvre alors l'histoire bretonne de la ville, dont subsiste le château, principale résidence ducale au XVe siècle, époque où Nantes est véritablement la capitale du duché de Bretagne et où commence la construction de sa cathédrale actuelle. Nantes perd sa prééminence politique en Bretagne au profit de Rennes avec l'intégration, au début du XVIe siècle, du duché dans le royaume de France. Les trois siècles suivants sont marqués par l'importance du rôle de Nantes dans le commerce international, c'est-à-dire, en grande partie, dans la traite négrière, qui connaît son apogée au XVIIIe siècle et permet un enrichissement considérable du paysage urbain monumental.
Pendant la Révolution, la défense de Nantes est un enjeu essentiel de la guerre de Vendée (siège de 1793). Après cette période difficile, la ville ne connaît pas de retour à la prospérité antérieure ; mais, au cours du XIXe et au début du XXe siècle, son développement industriel est remarquable dans la France de l'Ouest. Au XXe siècle, le paysage urbain est marqué par le comblement de nombreux cours d'eau qui divisaient la ville, puis par les bombardements lors de la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1950-1960, la classe ouvrière nantaise joue un rôle notable dans le mouvement social français (1955, 1968). Depuis la fin du XXe siècle, la ville a subi la désindustrialisation, mais est devenue un pôle du secteur tertiaire. Elle est ville universitaire depuis 1962. Les infrastructures portuaires de Nantes sont toujours un élément important du port autonome de Nantes-Saint-Nazaire, un des grands ports français.
Sommaire
|
Nantes est située à proximité de l'océan Atlantique, au début de l'estuaire de la Loire et au point de confluence de l'Erdre et de la Loire (). À l'échelle planétaire, la localisation de Nantes coïncide presque exactement avec celle du pôle de l'hémisphère continental, situé en 1945 selon le géographe américain Samuel W. Boggs, dans les environs de Nantes (vers ).
À l'échelle nationale, Nantes se trouve à 342 km au sud-ouest de Paris, 340 km au nord de Bordeaux, 100 km au sud de Rennes, 255 km au sud-est de Brest (distance orthodromique)[2]. À l'échelle régionale, Nantes se trouve à 157 km au sud-ouest du Mans et 80 km à l'ouest d'Angers[2]. À l'échelle départementale, Nantes se trouve à 51 km à l'est de Saint-Nazaire, 62 km à l'est de La Baule-Escoublac, 43 km au nord-est de Pornic[2].
Les communes limitrophes de Nantes sont : Bouguenais, Carquefou, La Chapelle-sur-Erdre, Orvault, Rezé, Saint-Herblain, Saint-Sébastien-sur-Loire, Sainte-Luce-sur-Loire, Treillières et Vertou. De toutes ces communes, Treillières est la seule commune rurale et la seule à ne pas faire partie de la communauté urbaine de Nantes Métropole.
Selon les classements établis par l’Insee[3], sur des critères géographiques et économiques, Nantes est la commune centre de l’unité urbaine de Nantes (couramment : agglomération nantaise) dont la banlieue inclut 19 communes ; elle est aussi le centre de l’aire urbaine de Nantes (82 communes), qui fait partie de l’espace urbain de Nantes-Saint-Nazaire (153 communes).
La communauté urbaine de Nantes Métropole comprend 24 communes pour un territoire de 523 km2 (52 336 hectares)[4]. L'aire métropolitaine de la métropole Nantes-Saint-Nazaire s'étend sur 2 209 km2 (220 900 hectares) le long de l'estuaire de la Loire. La commune s'étend sur 66 km2 (13e commune du département pour la superficie), soit 6 600 hectares, dont 1 100 hectares d'espaces verts et jardins publics[5].
Nantes[6] se trouve au sud du massif armoricain, qui fait partie du domaine hercynien. La ville s’étend sur les deux rives de la Loire, principalement sur la rive droite (au nord) ainsi que sur l'île de Nantes.
Au sud de la Loire, le territoire communal de Nantes est grossièrement délimité à l’ouest par la Sèvre nantaise. Entre la Sèvre et la Loire, se trouvent quatre quartiers anciens de Nantes : Dos d’Âne (ou Pirmil), Saint-Jacques, Grèneraie et Sèvres.
Le quartier Dos d’Âne correspond à la confluence Sèvre-Loire et le relief est plan.
Les quartiers Saint-Jacques (avec le Clos Toreau) et Grèneraie, en revanche, se trouvent sur l'extrémité du plateau du vignoble nantais d'une altitude un peu plus élevée. La dénivellation est sensible rue Saint-Jacques, route de Saint-Sébastien et rue de la Fonderie, les trois rues qui aboutissent à la Loire. Le coteau est plus marqué au-delà du pont Clemenceau, le long de la côte Saint-Sébastien.
Ces deux quartiers sont séparés par le ruisseau du Douet, qui prend sa source à Saint-Sébastien. Il coule dans un vallonnement assez marqué en canalisation souterraine. Il n'est visible qu'à Saint-Sébastien, dans une tranchée maçonnée, de l'extrémité de la rue Bonne Garde jusqu'à la rue de la Grèneraie, près de l'entrée de la résidence du Val Joli ; il continue ensuite sous l'hôpital Saint-Jacques.
Le quartier Sèvres (avec ceux de la Gilarderie et des Bourdonnières) se trouve un peu au sud près de la Sèvre (pont de la Morinière).
L'île de Nantes, d'une superficie de 337 hectares[7], est reliée aux rives nord et sud par dix ponts routiers (six côté nord et quatre côté sud). On compte aussi une passerelle piétonne (au nord) et deux lignes ferroviaires enjambant l'île. Il est envisagé de construire un pont supplémentaire à l'ouest de l'île de Nantes à l'horizon 2025[8]
L'île de Nantes résulte de l'unification progressive de plusieurs îles antérieurement séparées par des bras de la Loire[9] : île Beaulieu, îles de la Prairie au Duc, de Grande Biesse et de Petite Biesse, de Vertais (qui portait, autrefois, la Prairie d'amont et la Prairie d'aval). Le relief est plan. On doit noter que plusieurs des anciennes îles ont été rattachées à la rive nord lors des comblements : près du centre, l'île Feydeau, l'île de la Madeleine et l'île Gloriette ; un peu à l'est, la prairie de Mauves (quartiers gare d'Orléans et Malakoff).
À l'exception des anciennes îles, les quartiers situés au nord de la Loire sont dans l'ensemble vallonnés. Les principaux éléments du relief sont la vallée de l'Erdre et le sillon de Bretagne.
L'Erdre traverse la ville du nord au sud pour se jeter dans la Loire par un canal souterrain substitué depuis les années 1930 au parcours ancien (l'actuel cours des 50 Otages). Le cœur historique, rive droite, s'est développé au point de confluence de l'Erdre et de la Loire, d'abord sur la rive gauche de l'Erdre (colline de la cathédrale) puis sur la rive droite (place Royale, au niveau du fleuve et colline de la place Graslin). Il subsiste une île sur le cours de l'Erdre : l'île de Versailles. La largeur de l'Erdre est de 300 m au nord du pont de la Beaujoire (ce plan d'eau est utilisé pour les activités nautiques) et encore de 125 m au niveau de la Houssinière.
Le Sillon de Bretagne, une ligne de fracture orientée nord-ouest/sud-est[10], liée à un plissement hercynien, se trouve à l'ouest de l'Erdre. La vallée de la Loire le coupe au niveau de la butte Sainte-Anne, à l'abrupt très marqué (altitude 38 m contre 16 m place Mellinet), à une distance de 2 km de l'ancien confluent de l'Erdre. L'altitude du sillon s'élève vers le nord-ouest : 55 m aux Hauts Moulins, à 3,5 km de la butte Sainte-Anne.
La Chézine, petit affluent de la Loire venant de Saint-Herblain, coule au nord et en contrebas du Sillon de Bretagne, à l'air libre jusqu'à la rue de Gigant, puis en souterrain, se jetant dans la Loire à l'extrémité ouest du quai de la Fosse. Sa vallée est marquée par une coulée verte, notamment avec le parc de Procé.
Le Cens, affluent de rive droite (ouest) de l'Erdre venant d'Orvault, coule parallèlement 2,5 km plus au nord. Sa vallée est parfois très profonde, notamment au niveau de la route de Rennes (quartier du Pont du Cens, à la limite d'Orvault). Il passe ensuite au sud de l'hippodrome et se jette dans l'Erdre entre les collines du Tertre (facultés de Lettres et de Droit) et de la Houssinière (rectorat), face au Port-Boyer. La vallée du Cens constitue aussi une coulée verte (avec ici le parc de la Gaudinière).
À 1,5 km au nord du Cens, le Gesvres, autre affluent de la rive droite de l'Erdre, marque en gros la limite avec la Chapelle-sur-Erdre. Le confluent se trouve au nord du quartier de la Jonelière, près du pont de la Beaujoire.
À l'est de l'Erdre (routes de Sainte-Luce, de Paris, de Saint-Joseph-de-Porterie), le relief est un peu moins vallonné qu'à l'ouest. Le seul cours d'eau est le ruisseau de l'Aubinière, affluent de la Loire venant de Sainte-Luce-sur-Loire, à 6 km à l'est du confluent de l'Erdre (non loin de l'échangeur de Bellevue).
Le réseau hydrographique nantais a subi des transformations spectaculaires au XIXe et surtout au XXe siècles. Du fait de sa position de confluent et des nombreuses îles et canaux qu'on y trouvait (île Beaulieu, île Sainte-Anne, île Feydeau, île Gloriette, etc.), Nantes a d'ailleurs longtemps été surnommée la Venise de l'Ouest[11]. La plupart des canaux et rivières de la rive nord ont été comblés ou recouverts au début du XXe siècle, les opérations les plus importantes étant, à partir de 1929, le comblement des bras nord de la Loire[12] :
La Loire traverse désormais l'agglomération nantaise par les deux bras qui enserrent l'île de Nantes : le bras de « la Madeleine » (au nord) et celui de « Pirmil » (au sud).
La ville est également arrosée par deux rivières importantes : l'Erdre au nord et la Sèvre nantaise au sud, et par trois petites rivières : la Chézine, le Cens et le Gesvres, toutes trois au nord. On trouve aussi plusieurs ruisseaux, généralement canalisés et souterrains, mais dont certains sont remis en valeur dans le cadre de l'aménagement de nombreux parcs, tels que le ruisseau des Gohards dans le futur quartier de la Bottière-Chénaie.
Le contrôle du fleuve en amont rend les inondations rares. Les hautes eaux d'hiver peuvent recouvrir les îles situées juste en amont de Nantes, à Saint-Sébastien-sur-Loire, qui sont inondables et non constructibles, ainsi que l'extrémité est de l'île de Nantes. La dernière inondation plus conséquente date de janvier 1995[13] (l'eau recouvrit alors le Boulevard des Pas Enchantés à Saint-Sébastien).
La Loire subit l'influence des marées dans tout l'estuaire et même au-delà, jusque vers Oudon, non loin d'Ancenis. Le phénomène de la marée est donc encore très sensible à Nantes, les courants de jusant faisant apparaître des estrans boueux notables à certains endroits (au confluent Loire-Sèvre par exemple).
La Sèvre nantaise et l'Erdre sont chacune protégées des marées par une écluse.
Nantes est située au point de convergence de l'Erdre, de la Sèvre et de la Loire en un endroit où la vallée de cette dernière se resserre en raison de l'affleurement du Sillon de Bretagne, axe granitique s'étendant sur une grande partie du massif armoricain. La ville a donc pour assise un socle cristallin dont les fractures hercyniennes (330 à 240 millions d’années avant l’époque actuelle) favorisent l'écoulement de rivières dont le lit est fortement incisé au niveau des confluences.
Les cours d'eau partagent le plateau au nord de la commune en trois secteurs qui convergent vers le centre historique Le fond des vallées est marécageux et cache un remblaiement de vase raccordé à la plaine flandrienne de la Loire masquant une couche de 25 m à 27 m composée de sables fins, vases et tourbes. Les interfluves sont plats, la granulométrie de leur sol est très fine. Le sol plus aéré des versants des cours d'eau favorise la variété de la végétation.
Le sous-sol du centre historique a pour caractéristique les parties remblayées afin de créer des fosses protégeant les murailles, de gagner des terres sur les cours d'eau ou de détourner les rivières. À titre d'exemple, le sous-sol de la place du Commerce est composé de 10 m d'épaisseur de terres déplacées au XIVe siècle dans le cadre de la création des quais du port[14].
Le climat nantais, et plus généralement de la Loire-Atlantique, est de type tempéré océanique. L'influence de ce climat est largement facilitée par l'estuaire de la Loire et l'absence de relief notable[15]. Les hivers sont doux (min --5 °C / max 10 °C) et pluvieux. Quoique relativement beaux et doux également (min 17 °C / max 35 °C), les étés connaissent chaque année au moins un épisode caniculaire de quelques jours accompagné de sécheresse. Sur l'ensemble de l'année, les pluies sont fréquentes mais peu intenses. Les précipitations annuelles sont d'environ 820 mm[16] et peuvent fortement varier d'une année à l'autre. Comme l'essentiel de la bordure atlantique française, Nantes connaît de nombreux épisodes venteux, sans que ceux-ci soient particulièrement violents. Les chutes de neige y sont rares.
Ce climat est très favorable à la végétation comme en témoignent les nombreux parcs et jardins nantais. Nantes est sous les vents de dominante ouest liés aux dépressions cyclonales de l'Atlantique. Leur direction est généralement de nord, nord-ouest et d'ouest. Les vents de sud-ouest et nord-est sont plutôt rares. Par ailleurs, on note la présence de brumes matinales dans le fond des vallées.
| Mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | 3,3 | 4,9 | 5,2 | 8,6 | 9,7 | 12,3 | 12,8 | 14,1 | 12,8 | 9,6 | 9,0 | 5,0 | 8,9 |
| Température moyenne (°C) | 5,9 | 8,4 | 9,8 | 14,7 | 15,7 | 17,3 | 17,9 | 18,6 | 17,9 | 14,3 | 12,5 | 8,5 | 13,4 |
| Température maximale moyenne (°C) | 8,4 | 11,9 | 14,4 | 20,8 | 21,7 | 22,3 | 22,9 | 23,1 | 22,9 | 19,0 | 15,9 | 12,0 | 17,9 |
| Précipitations (mm) | 86,6 | 70,2 | 69,1 | 49,9 | 64,1 | 45 | 46,4 | 44,8 | 62,2 | 79,2 | 86,9 | 84,1 | 788,5 |
Le tableau suivant permet de comparer la fréquence de phénomènes climatiques régnant à Nantes avec celles de quelques grandes villes françaises aux climats distincts et caractéristiques[17].
| Ville | Ensoleillement | Pluie | Neige | Orage | Brouillard |
|---|---|---|---|---|---|
| Brest | 1 749 h/an | 1 109 mm/an | 9 j/an | 11 j/an | 74 j/an |
| Paris | 1 797 h/an | 642 mm/an | 15 j/an | 19 j/an | 13 j/an |
| Nice | 2 694 h/an | 767 mm/an | 1 j/an | 31 j/an | 1 j/an |
| Strasbourg | 1 637 h/an | 610 mm/an | 30 j/an | 29 j/an | 65 j/an |
| Biarritz | 2 000 h/an | 1 483 mm/an | 3 j/an | 34 j/an | 30 j/an |
| Nantes | 1 975 h/an | 650 mm/an | 3 j/an | 14 j/an | 30 j/an |
| Moyenne nationale | 1 973 h/an | 770 mm/an | 14 j/an | 22 j/an | 40 j/an |
Nantes se trouve sur l'Autoroute des Estuaires (des Flandres au Pays basque).
La présence de l'estuaire de la Loire oblige les flux routiers à transiter par le boulevard périphérique de Nantes, via le pont de Cheviré où transitent 90 000 véhicules chaque jour[18].
Le périphérique joue une fonction importante dans la fluidification des trafics routiers urbains et périurbains. Sa réalisation est achevée par la construction du pont de Cheviré au-dessus de la Loire. Avec 43 km, le boulevard périphérique de Nantes est le deuxième plus grand en France après celui de Bordeaux[19]. Il permet ainsi de contourner la ville par le nord et par le sud, il porte deux noms : au nord, c'est l'autoroute A844, pour le reste, la RN844[20].
La pénétrante, constituée de l'autoroute A811, permet de relier l'échangeur numéro 22 de l'A11 à l'échangeur numéro 42 du périphérique (porte d'Anjou). Plusieurs autoroutes permettent d'accéder au périphérique nantais : l'autoroute A11 vers Angers et Paris, l'autoroute A83 vers Niort, Bordeaux, Poitiers et Limoges, la RN165 (future autoroute A82) vers Quimper et Brest et la RN137 (future autoroute A84) vers Rennes et Caen.
Par ailleurs, Nantes a été dotée, en 2008, d'un système d'autopartage baptisé Marguerite en partenariat de la ville de Nantes, des réseaux de transport en commun et de vélo partage.
L'agglomération nantaise possède un important réseau de transports en commun organisé et financé par la communauté urbaine Nantes Métropole, et dont l'exploitation est déléguée à la Semitan. Celui-ci est constitué notamment par le réseau nantais de tramway (3 lignes) qui en 2010, avec ses 43,5 km, est le plus fréquenté de France (266 300 usagers en moyenne par jour sur l'année)[21].
Ce réseau est réputé pour avoir été le premier à réintroduire en France le tramway, avec la création de la Ligne 1 le 7 janvier 1985, au-delà des trois villes qui ne l'avaient jamais abandonné (Lille, Marseille et Saint-Étienne).
En 2009, le réseau est constitué par[22] :
La Semitan a assuré en 2009 114,5 millions de voyages (dont 60 % en tramway)[22]. Son réseau de transports en commun a valu à Nantes Métropole de se voir décerner le prix Civitas award 2009[26].
Nantes est reliée par le réseau de la SNCF au reste de la France. La gare de Nantes est une destination des TGV Atlantique en provenance de Paris, mais aussi de Lyon, Marseille, Lille ou Strasbourg. La gare dispose de deux accès. Le plus ancien est l'accès nord, l'accès sud a quant à lui été inauguré en 1989, lors de l'arrivée du TGV dans la cité des Ducs. Les deux sont reliés par deux tunnels souterrains, par lesquels on accède aux 15 voies qui composent la gare.
Le trajet Paris-Montparnasse-Nantes est l'une des lignes ferroviaires les plus fréquentées de France avec plus de trente millions de voyageurs depuis l'inauguration en 1989 du service du TGV sur cette ligne, qui dessert également les villes du Mans et d'Angers. Les deux autres lignes principales conduisent vers le sud (Vendée, Bordeaux, etc…) et vers l'ouest (La Baule et la région Bretagne). Cette dernière passe sous le centre-ville, en tranchée couverte. Par cette section de 3 094 mètres transitent 800 000 tonnes d'hydrocarbures par an, ce qui présente une dangerosité importante accentuée par les difficultés d'intervention éventuelle ; ce tunnel était classé en 1999 parmi les trente-et-un tunnels les plus dangereux de France[27].
Le trafic de fret ferroviaire est concentré essentiellement sur l'ancienne gare de l'État.
Les onze gares SNCF de l'agglomération nantaise[24] sont desservies par le TER de l'agglomération nantaise et sont accessibles avec la tarification des transports urbains TAN.
Les dessertes tram-train concernent deux lignes :
L'atelier de maintenance des trams-trains est implanté à Doulon[30].
L'agglomération nantaise possède un réseau cyclable de 376 km[24] dont l'expansion est l'un des objectifs du plan de déplacements urbains 2000-2010 de Nantes Métropole. La ville est reliée à l'itinéraire inter-régional de la Loire à vélo, qui constitue une portion de l'EuroVelo 6 (ou EV6). Cette dernière, également connue sous le nom d'« Eurovéloroute des Fleuves », est une véloroute de type EuroVelo qui relie Nantes à Bucarest et, par extension, Saint-Nazaire à Constanţa[31]. C'est la plus célèbre des véloroutes européennes, longue de 3 653 km, elle traverse l'Europe d'Ouest en Est, de l'Océan Atlantique à la Mer Noire en passant par dix pays. Elle suit l'itinéraire de trois des plus grands fleuves européens : la Loire, le Rhin et le Danube.
Par ailleurs, Nantes a été dotée, en mai 2008, d'un système de vélopartage baptisé Bicloo et géré par JCDecaux pour le compte de la communauté urbaine Nantes Métropole, comprenant plus de 790 vélos répartis en 102 stations[32].
Le réaménagement de nombreux espaces publics du centre-ville, qu'il s'agisse des abords de l'île Feydeau, du cours des 50-Otages ou de la place Royale, accroît la taille des zones piétonnes.
L’aéroport Nantes Atlantique est situé au sud-ouest de l’agglomération, à cheval sur le territoire des communes de Bouguenais et Saint-Aignan-Grandlieu. En 2010, le trafic a fortement augmenté avec 3 031 510 passagers[33]. En 2009, le trafic s'était établi à 2,561 millions de passagers[34] (2,662 millions en 2008[35]). La capacité de traitement du site était estimée en 2010 à 3,5 millions de passagers par an[36].
Le 10 février 2008, un décret d'utilité publique a été signé pour l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, sous réserve que cet aéroport soit de haute qualité environnementale. Selon le Syndicat Mixte d'Études de l'Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les travaux pourraient débuter en 2014, pour une ouverture prévue en 2017[37]. Ce projet soulève de nombreuses protestations[38]. L’appel d’offres a été lancé et la concession accordée au groupe Vinci[39].
Nantes a été présentée en 2004 comme « la ville la plus agréable d'Europe » par le magazine Time, pour ses espaces verts et les nombreux cours d’eau traversant la ville[40]. Selon le magazine, elle a su attirer de nouveaux habitants par son dynamisme, sa culture et sa créativité. Nantes est également la capitale verte européenne de 2013.
Les premiers aménagements urbains encore visibles de nos jours remontent à l'époque médiévale, les constructions datant du Haut Empire romain ayant été recouvertes par des aménagements postérieurs[41]. La ville médiévale fortifiée d'autrefois correspond au quartier du Bouffay. Il subsiste également la porte Saint-Pierre, le château des ducs de Bretagne, ainsi que quelques maisons à colombage et hôtels particuliers datant pour l'essentiel du XVe siècle.
La première grande expansion de la ville a eu lieu au XVIIIe siècle. C'est à cette époque que sont tracées par l'architecte Mathurin Crucy les places Royale et Graslin, que sont édifiés le théâtre et le cours Cambronne et qu'est lotie l'île Feydeau. Le centre actuel s'articule autour d'une colonne vertébrale qui est l'axe est-ouest : partant de la cathédrale traversant rues de Verdun, de la Marne, d'Orléans, Crébillon et finissant place Graslin[42].
Un arc formé par de grands boulevards a longtemps défini les limites de la ville avant que certaines communes alentour y soient rattachées. Sur le plan des strates historiques, on distingue quelques ensembles typiques[43].
C'est la strate la moins lisible, elle a souffert des bouleversements du XVIIIe siècle à nos jours mais aussi des bombardements de 1943 qui ont particulièrement affecté la ville. Les rues de la Juiverie, Sainte-Croix, de la Baclerie sont parmi les exemples les mieux conservés et on retrouve également quelques modèles d'architecture à colombages apparents rue de Verdun, rue Bossuet ou encore place du Change[44]. Le château des ducs de Bretagne ainsi que son périmètre immédiat forment l'ensemble le plus caractéristique de cette époque.
À l'est, les cours Saint-Pierre et Saint-André, articulés autour de la place du Maréchal-Foch, constituent un ensemble résidentiel caractéristique de l'époque. À l'ouest autour des places Royale-Commerce-Graslin, ensemble de style néoclassique, s'est développée la ville commerçante en lien avec les activités du port. Le cours Cambronne est le pendant résidentiel du quartier. L'île Feydeau quant à elle rassemble les demeures parmi les plus richement décorées du secteur. Quelques beaux immeubles situés anciennement place de la Bourse et au début du quai de la Fosse échappent à l'ordonnancement voulu par l'architecte Crucy.
Porte Saint-Pierre, vestige de l'ancienne enceinte de la ville.
Le port vu de l’île Gloriette au XVIIIe siècle.
La rue Crébillon, typique du XIXe siècle.
De grands boulevards rectilignes et bordés d'immeubles apparaissent avec notamment la rue de Strasbourg : percée « haussmannienne ». Ce cas mis à part, le centre s'est étendu concentriquement, au XIXe siècle. Autour du Jardin des plantes et du Musée des Beaux-arts à l'est se forme l'ensemble Saint-Clément/Dalby/Saint-Donatien, autour de l'ancien palais de justice au nord se développent les quartiers Hauts-pavés/Viarme/Saint-Félix, pour le secteur du musée Dobrée et de l'église Notre-Dame de Bon-Port à l'ouest ce sont les quartiers Canclaux et Mellinet notamment, quant au quai de la Fosse, il s'étire vers la butte Saint-Anne et le village de Chantenay. Le quartier de la Madeleine, enclavé jusqu'aux comblements de la Loire dans les années 1930, a gardé son aspect de « faubourg ».
Le centre historique est parsemé d'immeubles modernes qui ont pris la place de constructions démolies par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Échappent à la règle la place Royale reconstruite à l'identique ou l'église Saint-Nicolas et la Bourse qui furent restaurées. En revanche la rue du Calvaire a été élargie et reconstruite selon les canons modernes de l'après-guerre : avec la place des Volontaires-de-la-Défense-Passive, elle constitue un exemple intéressant d'urbanisme des années 1950 en centre-ville. Au nord de cette rue l'ancien faubourg du Marchix a été rasé pour laisser place au quartier Bretagne, œuvre de l'architecte Michel Roux-Spitz.
À Nantes il n'est donc pas rare de voir des bâtiments très anciens en côtoyer à l'architecture typique de l'époque de la reconstruction : par exemple l'Hôtel-Dieu, un imposant édifice en béton, fait face à l'île Feydeau.
Au-delà des grands boulevards ceinturant le centre se trouvent les quartiers populaires et historiquement ouvriers comme Chantenay ou Doulon et d'autres plus huppés tels que les bords de l'Erdre, Canclaux ou Mellinet. En se rapprochant du périphérique on retrouve entre autres les quartiers HLM des années 1960-70. Des zones urbaines sensibles ont été définies dans la commune de Nantes : le grand ensemble de collectifs de Bellevue partagé avec Saint-Herblain ayant reçu un statut de zone franche urbaine forme les quartiers ouest avec celui des Dervallières, ainsi qu'un autre quartier formé au Nord-ouest de l'hippodrome (la Boissière, le Chêne des Anglais) et enfin, les tours et les barres de Malakoff en bord de Loire. Le Nantes bourgeois lui, s'étend en éventail à partir du centre-ville entre l'Erdre et la Chézine (mis à part la zone sensible nord) tandis que les quartiers populaires sont surtout au sud de la Loire et à l'ouest.
L’étalement urbain de Nantes est assez important, et se caractérise comme ailleurs par le développement en périphérie de quartiers résidentiels avec des constructions relativement basses mais aussi beaucoup de centres commerciaux, de quartiers tertiaires et d'espaces verts. Malgré une faible densité, la ville est dominée par quelques immeubles de grande hauteur tels que la tour Bretagne, en centre-ville, haute de 144 m qui est le troisième plus haut building de province.
L'un des plus grands projets d’urbanisme que la ville ait connu est la création du quartier Beaulieu dans les années 1970. Une partie seulement du projet initial a été réalisée, faisant du quartier une zone principalement résidentielle. Le Tripode, l'un des grands immeubles de bureaux du quartier, a été détruit le 27 février 2005, notamment à cause du fort taux d’amiante présent dans sa structure[45].
Dans les années 2000, les projets de grands ensembles et les promoteurs immobiliers se sont multipliés à Nantes, soutenus par les délocalisations de grandes entreprises parisiennes (Bouygues Telecom, SNCF DSIV, La Poste), l’épannelage décidé par Nantes Métropole sur les grands boulevards et les dispositifs fiscaux avantageux (Besson, puis Robien, Robien recentré, Borloo populaire et Scellier). De 2004 à 2009, 11 000 logements sont mis en chantier, avec à la clef un doublement du prix du mètre carré neuf de 1999 à 2007 et de gros stocks d’invendus en 2009. Malgré le taux de 25 % de logements sociaux exigés par les pouvoirs publics, les effets sur les locataires modestes et démunis comme sur l’étalement urbain sont imperceptibles[46].
L'île de Nantes fait actuellement l’objet d’une vaste opération de rénovation urbaine qui doit s'étaler jusqu’en 2023, avec un objectif de 3 100 logements construits en 2012 et 7 500 en 2023[46]. La maîtrise d'ouvrage est assurée par la SAMOA (société d'aménagement de la métropole ouest atlantique), société d'économie mixte, et la maîtrise d'œuvre est gérée par l’association de l'urbaniste belge Marcel Smets et du bureau Uaps dirigée par Anne Mie Depuyt [47]. La disparition progressive des friches industrielles (entrepôts, usines) permet de rendre ces quartiers attractifs et d’étendre le centre-ville[46].
Auprès des récents palais de justice et école d'architecture, sont aménagés des espaces de loisirs. Les Machines de l'île occupent les anciennes nefs des ex-chantiers navals et à la pointe ouest de l'île le hangar à bananes, longé par les Anneaux de Buren, héberge des restaurants, bars de nuits et discothèques. Le projet inclut la création d'un pôle des arts graphiques[48] ainsi que la Fabrique, un espace dédié aux musiques contemporaines[49]. Il est également envisagé le creusement d'un bassin à flot destiné à accueillir des bateaux de plaisance[50].
L’emplacement de l'ancien Tripode est également amené à subir des transformations notables. Sur ce secteur naît un quartier mixte comprenant logements, commerces et hôtels de luxe avec des immeubles de bureaux, le tout érigé autour d'une succession de bassins[51].
Le quartier de la gare est également en rénovation : c’est le Grand projet de ville (GPV) appelé Malakoff-Pré Gauchet (pour le côté logements) ou Euronantes (pour le côté quartier d’affaires), conduit Nantes métropole en convention avec l’ANRU. Les zones construite s'étendent sur 400 000 m2 en incluant l'emplacement du Tripode sur l'île de Nantes[52].
La partie logements du programme se répartit entre le Vieux Malakoff et le Pré Gauchet (300 et 1 300 logements), classés en zone urbaine sensible. Sont intégrés au quartier un centre socio-culturel, un collège, gymnase et piscine, l'ensemble devant respecter le label Qualitel. Dans l'opération 140 logements sociaux sont supprimés[52].
Le quartier Euronantes, quartier d'affaires européen, s’implante dans les quartiers de la gare et l’île de Nantes (emplacement du Tripode). Huit mille nouveaux emplois sont attendus[52]. Y sont prévus un hôtel de grand luxe, des bureaux, des équipements sportifs et de loisirs. Ils s’ajoutent à la future gare TGV, au siège social de la banque CIO, à la Cité des congrès et au siège de la Communauté urbaine de Nantes Métropole déjà existants[53].
En 1999 l'Insee dénombrait 142 445 logements sur Nantes dont 964 résidences secondaires, 1 843 logements occasionnels et 9 056 logements vacants. Le nombre de résidences principales s'élevait donc à 130 582 logements[54].
Les logements individuels représentaient 22,9 % du parc immobilier tandis que la proportion de logements collectifs évoluait à la hausse entre 1990 et 1999 (de 76 500 à 96 658 soit une progression de 20,9 %) avec une part de 74,9 %. Par ailleurs, conformément à la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU) qui fixe un objectif de 20 % dans les villes des agglomérations de plus de 50 000 habitants[55], on dénombrait environ 22,7 % de logements sociaux[54].
En 1999 les Nantais étaient majoritairement locataires de leur logement, la répartition du statut d'occupation des résidences principales étant la suivante : propriétaires 36,5 % ; locataires 61,1 % ; logés gratuitement 2,4 %. Nantes était alors parmi les cinq villes françaises ayant entre 200 000 et 300 000 habitants celle qui présentait la plus forte proportion de propriétaires. La part de logements HLM était au-dessus de la moyenne, de même que la part des maisons individuelles[54].
Nantes comptabilisait, en 1999, 2 personnes par logement, 3,21 pièces par logement et 0,62 personne par pièce. Il y avait 23,38 % d'immeubles comptant 1 logement, 5,57 % de 2 à 4 logements, 18,62 % de 5 à 9 logements, 29,16 % de 10 à 19 logements et 23,26 % plus de 20 logements[54].
Nantes est désignée comme une métropole d’équilibre (1963-1982). Son rôle de métropole est de plus en plus pensé en lui ajoutant Saint-Nazaire : les politiques d’aménagement sont ainsi souvent pensées non à l’échelle communale ou de l’agglomération, mais à l’échelle de cet espace urbain par l’État, le département et les divers aménageurs. Le SDAAM est ainsi doublé par un Schéma de cohérence territoriale (SCOT) plus réduit. Les orientations définies sont la maîtrise de l’étalement urbain et la requalification de friches urbaines (voir plus haut)[56]. La coopération se développe également au-delà de la métropole, avec les agglomérations voisines d’Angers, Rennes et Brest (aéroport Notre-Dame-des-Landes, Angers Nantes Opéra, barreau sud-Essonne du TGV)[56].
Dans l'Antiquité, le peuple gaulois des Namnètes s'installe sur la rive nord de la Loire, au confluent avec la rivière Erdre et crée une agglomération dont le nom initial n'est connu que par la Géographie de Claude Ptolémée : Κονδηούινϰον (Kondēoúinkon), variante Κονδιούινϰον (Kondioúinkon)[57], qu'il faut peut-être lire Κονδηούιϰον (Kondēoúikon)[58]. À l'époque gallo-romaine, ce nom fut adapté et latinisé sous différentes formes : Condevincum (la forme la plus courante), Condevicnum[59],[60], Condivicnum[61], Condivincum[62], etc. Plusieurs auteurs tardifs citent également les formes apparemment évoluées (et partiellement altérées ?) Cantigvine, Cantivic, Cantwic, Cantguic, etc.[63].
Ce nom semble en rapport (un dérivé ou un composé)[64] avec le mot gaulois condate, désignant un confluent. Cet appellatif est à l'origine du fréquent toponyme français Condé, variantes Condat, Candé, etc.; on sait par ailleurs qu'il a existé de nombreux autres lieux appelés Condate en gaulois, qui ont changé d'appellation par la suite : ainsi, Rennes est un ancien Condate[64].
À la fin de l’Empire romain, la ville est couramment appelée Portus Namnetum « le port des Namnètes », d'après le nom du peuple dont sont issus ses premiers habitants[65], ou encore civitas Namnetum « cité des Namnètes » au IVe siècle[64]. Ce phénomène (l'abandon de l'ancien nom gaulois et l'adoption d'une nouvelle appellation évoquant le nom des habitants) affecte vers le IVe siècle la plupart des anciennes cités gauloises de la moitié nord de la France : ainsi, Paris, ancien Lutetia, vient du nom des Parisii ; Vannes, ancien Darioritum, de celui des Veneti[66], etc. Le nom actuel, qui semble bien reposer sur *Namnetas[N 1], la forme latinisée (à l'accusatif) d'une variante de l'ethnonyme gaulois[64], est transcrit Nametis en latin médiéval à l'époque mérovingienne[67],[68]. À la Renaissance, à l'époque de l'Ordonnance de Villers-Cotterêts, Nantes prend son nom définitif.
En gallo, la forme de ce toponyme est Naunnt ou Nantt[69], et son nom breton est Naoned ou An Naoned (La Nantes). L'orthographe Nantes est conservée dans la majorité des langues utilisant les caractères latins, mais les langues celtiques comme le gallois ou le gaélique privilégient la forme bretonne Naoned, tandis que l’espéranto la nomme Nanto.
L'époque préhistorique a laissé peu de traces dans le pays nantais : quelques bifaces et des haches polies ont été découverts (à Grillaud et la Trémissinière), mais on ne trouve pas ici de monuments du Néolithique (mégalithes), alors qu'ils sont nombreux sur la côte sud de la Bretagne.
Le peuplement est sans doute lié à l'activité métallurgique et à la présence de métaux (cassitérite, fer) sur le site de la ville actuelle et plus au nord (Abbaretz, Nozay) ; on note l'installation d'hommes venus de la péninsule ibérique vers 2000 avant J.-C. Plusieurs ateliers métallurgiques datant des VIIIe et VIIe siècles av. J.‑C. ont été découverts sur les sites des actuels Chantenay, Jardin des plantes et de la Prairie de Mauves[P 1].
À l'époque gauloise, le site appartient au territoire des Namnètes, vaincus par César en 56 av. J.-C. Les Romains latinisent son nom gaulois en Condevincum ou Condevicnum et en font le chef-lieu de la cité des Namnètes. Elle est alors moins importante que la cité implantée sur l'autre rive de la Loire, Ratiatum (actuelle Rezé), qui appartient aux Pictons. Ce n'est qu'au IIe siècle que Nantes supplante sa voisine[P 2].
Au IIIe siècle, l’agglomération prend le nom de Portus Namnetum. Aux IIIe et IVe siècles, confrontée aux troubles des invasions, la ville se fortifie ; c'est aussi l'époque où elle se christianise (c'est le temps du martyr de saint Donatien et saint Rogatien). Les premiers évêques de Nantes apparaissent après la conversion de l'empereur Constantin Ier[P 3].
Après la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, la cité de Nantes passe rapidement sous le contrôle du royaume franc de Clovis malgré la résistance des Arborhycains et des soldats bretons installés par l'empire romain depuis 280 environ. Durant la période franque, la ville joue un rôle essentiel dans la défense contre l'expansion bretonne dans la péninsule armoricaine. Elle devient la capitale de la marche de Bretagne à l'époque de Charlemagne, la marche étant au départ dirigée par le comte Roland avec le titre de préfet de la marche de Bretagne[73].
Après la mort de Charlemagne, l'expansion bretonne reprend. En 850, la région est conquise par le breton Nominoë. Celui-ci envahit notamment les villes de Nantes et de Rennes[74]. L'année suivante, après la bataille de Jengland, la marche de Bretagne dont Nantes est la capitale est intégrée à la Bretagne par le traité d'Angers. Cependant, les quatre-vingt années suivantes sont extrêmement pénibles en raison des luttes incessantes entre chefs bretons[P 4], qui favorisèrent les incursions des Vikings, la plus spectaculaire ayant lieu avant le 24 juin 843, jour où l'évêque Gohard trouve la mort[75]. À partir de 919, la ville est administrée par les Vikings. Ils en sont chassés en 937 par Alain Barbetorte[76],[N 4].
Dans la période suivante les ducs de Bretagne doivent lutter contre les comtes de Nantes. Ces querelles de succession font passer par moment la ville sous le giron de la maison d'Anjou. La plus longue de ces période s'ouvre en 1156, et dure 45 années qui sont une période de stabilité. En 1203 la Bretagne se place sous domination des Capétiens (époque de la dynastie de Dreux XIIIe ‑ XIVe siècle). Pierre Mauclerc provoque l'essor de Nantes lorsque celle-ci devient sa résidence principale[P 5].
La deuxième guerre de succession de Bretagne met aux prises les partisans du demi-frère du défunt duc Jean III, Jean de Montfort qui s'appuie sur les États de Bretagne convoqués à Nantes, et ceux de Charles de Blois, soutenu par le roi de France Philippe VI et reconnu duc de Bretagne par les pairs du royaume. La dynastie de Montfort (XIVe ‑ XVIe siècle) sort victorieuse du conflit. Elle fait de Nantes une véritable capitale ducale. Par ailleurs, au XVe siècle, la ville se développe, notamment grâce au commerce maritime et fluvial[P 6].
À la fin du XVe siècle, Nantes est un enjeu essentiel dans la guerre entre le roi de France et le duc de Bretagne, François II. Nantes est conquise en 1488 et la Bretagne est dès lors administrée par les rois de France. L'héritière, la duchesse Anne épouse Charles VIII en 1491, puis Louis XII en 1498, devenant reine de France. À sa mort, en 1514, elle lègue son cœur à la ville de Nantes (actuellement au musée Dobrée). Claude de France, fille aînée d'Anne de Bretagne, fait donation du duché à son mari François Ier, tandis que les États de Bretagne demandent eux-mêmes la réunion de la Bretagne à la France en échange du maintien de leurs privilèges, ouvrant la période suivante[P 6].
En 1532, le duché de Bretagne est réuni à la couronne de France par l'acte d'Union de la Bretagne à la France, édit d'union perpétuelle et indissoluble de la Bretagne à la France, promulgué le 13 août à Nantes[77]. Une réorganisation administrative en résulte un peu plus tard, qui accroît le rôle de Rennes, siège du Parlement de Bretagne (1560), Nantes conserve cependant la Chambre des Comptes de Bretagne.
Le port connait un essor relatif après son annexion au royaume de France. La ville passe de 15 000 habitants à la fin du XVe siècle à 25 000 à la fin du XVIe siècle. Les 2000 bateaux qui fréquentent le port exportent du vin, importent du sel et de la morue.
Pendant les guerres de religion, Nantes est une ville ligueuse qui soutient le gouverneur, le duc de Mercœur, dans sa lutte contre les protestants (présents à Blain, et dans d'autres villes plus petites). Elle est une des dernières grandes villes à reconnaître l'autorité d'Henri IV, de sorte que la promulgation de l'édit de Nantes en 1598 ne correspond pas à l'opinion des habitants[78].
En 1685, deux événements sont à retenir. L'édit de Nantes est révoqué par Louis XIV et le Code noir est promulgué par ce même roi[79]. Grâce à cette dernière loi, le port de Nantes prospère en devenant une plaque tournante du commerce de sucre, tabac, et des esclaves, avec les colonies[80].
Nantes se développe grâce à ses circuits commerciaux hérités du Moyen Âge ; puis, vient l'époque des colons et des « engagés blancs » qui vont développer l'économie coloniale aux Antilles[P 7]. Mais l'enrichissement de Nantes va venir avec le développement du commerce des esclaves noirs d'Afrique, dit commerce triangulaire. Si Nantes n'est pas le seul port français à avoir pratiqué la traite négrière (des expéditions sont parties de Bordeaux, Rouen, La Rochelle, mais aussi de Brest, Lorient, Vannes, etc.), elle en est la pionnière : entre 1707 et 1711, 75 % des navires négriers en partent. Les principaux armateurs nantais sont Michel, René et Jean Montaudoin, Luc Shiell, Mathurin Joubert, Jean Terrien et Sarrebouse d'Audeville. Dans la période de 1722 à 1744, la part nantaise du trafic est de 50 %, puis cette part croît de nouveau jusqu'en 1762, avant de décliner pour atteindre 32 % entre 1782 et 1792. Au total, au cours du XVIIIe siècle le port de Nantes a affrété des navires qui ont embarqué 450 000 Noirs, soit 42 % de la traite française. Enrichissant considérablement certains armateurs, ce commerce est à l'origine de constructions qui ornent aujourd'hui encore la ville (théâtre, bourse, places, hôtels particuliers, « folies »)[P 8]. Nantes sera la dernière place forte de la traite, celle-ci n'y prenant fin qu'en 1831 : entre 1814 et 1831, au moins 50 000 Noirs sont transportés par des bateaux nantais ou commandités depuis Nantes, malgré les interdictions successives[P 9].
Pendant la Révolution française, la ville tenue par les Républicains est en première ligne face à la révolte vendéenne et sa résistance est une des clefs du succès républicain : elle fournit une base arrière aux armées « bleues », et prive les Vendéens d'un port où recevoir de l'aide de l'Angleterre. En effet, le 29 juin 1793, a lieu la bataille de Nantes ; la ville est attaquée par l'Armée catholique et royale forte de 30 000 hommes. Devant la résistance des 12 000 soldats républicains et volontaires nantais menés par le maire Baco de La Chapelle, les insurgés doivent battre en retraite. Le général des armées vendéennes, Jacques Cathelineau est mortellement touché, place Viarme[80]. En 1796, un autre chef vendéen est exécuté sur cette même place : le lieutenant général de Charette[80].
D'octobre 1793 à février 1794, Carrier mène une Terreur impitoyable, 12 000 à 13 000 personnes, hommes, femmes et enfants, sont enfermées dans les prisons de Nantes[81], parmi celles-ci 8 000 à 11 000 décèdent[82] par la guillotine, les fusillades dans les carrières de Gigant, les épidémies de typhus et les noyades[83],[80].
Le 20 octobre 1799, 2 000 Chouans commandés par Châtillon et d'Andigné réussissent un raid sur Nantes qui est occupée pendant quelques heures.
Préfecture de la Loire-Inférieure, Nantes continue son développement au XIXe siècle, annexe les communes voisines de Chantenay-sur-Loire et Doulon, s’industrialise. Grâce à l'activité de son port, la production agricole régionale et sa forte réactivité commerciale, Nantes se positionne notamment dans l'industrie alimentaire — biscuiteries (Lefèvre-Utile (LU)), conserveries (Saupiquet) — mais aussi textile, raffinerie du sucre (Beghin Say), engrais phosphatés (AZF), l'armement[84]. Une image tenace reste de cette époque, avec le pont transbordeur (à nacelle) qui fut ouvert en 1903[85], et opérationnel jusqu'en 1958, pour faciliter la traversée du bras nord de la Loire, « la Madeleine », par le public et les entreprises du secteur, notamment les chantiers Dubigeon et la Fonderie Voruz. Puis ce fut un déclin dans un contexte de crise.
La première moitié du XXe siècle est ponctuée par de nombreuses crues. La plus marquante est sans doute celle de 1904. Outre les dégâts matériels, ces inondations ont des conséquences économiques avec la fermeture d'usines (Lefèvre-Utile, Manufacture des Tabacs, etc.) De 1911 à 1931, elles sont quasi-annuelles[86]. Dans les années 1930 des comblements sont entrepris, notamment ceux des bras de la Bourse et de l'Hôpital autour de l'île Feydeau, ainsi que celui de la portion de l'Erdre entre son embouchure sur la Loire et la Préfecture (cette partie est dénommée depuis 1944 « cours des 50-Otages »)[87]. Ces travaux sont réalisés d'une part pour désenclaver les usines telles Lefèvre-Utile et d'autre part pour maîtriser les inondations[86].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Nantes est occupée par l'armée allemande à partir de 1940.
Le 20 octobre 1941, le feltcommandant Hotz est abattu, rue du Roi Albert, à proximité de la cathédrale, par un jeune Parisien, Gilbert Brustlein, accompagné de son complice Guisco Spartaco. Les représailles après la mort de Karl Hotz sont immédiates. Le 21 octobre, les nazis annoncent l'exécution de cinquante otages. Vingt-sept sont exécutés le 22 octobre au camp de Choisel de Châteaubriant, à 70 km de Nantes. Parmi eux, il y a Guy Mocquet[88]. Le monument des cinquante otages de Nantes, à proximité de la préfecture évoque la mémoire des quarante-huit victimes.
L'année 1943 est marquée par deux bombardements par les forces Alliées particulièrement destructeurs et meurtriers. Les 16 et 23 septembre, les bombardiers lâchent entre 1 000 et 1 500 bombes sur la ville avec pour principal objectif la destruction des infrastructures portuaires et industrielles. Cependant les civils sont fortement touchés avec 1 463 morts et 2 500 blessés. (Tous les ans, le 16 septembre, la municipalité organise une célébration commémorative au cimetière de la Chauvinière où sont enterrées la plupart des victimes). De plus, 700 habitations sont détruites et près de 3 000 sont inhabitables[89]. Les Allemands quittent la ville le 12 août 1944[80].
Le rôle de Nantes dans la Résistance est honoré par la croix de la Libération[90].
La reconstruction de la ville est confiée à partir de 1945 à l'architecte Michel Roux-Spitz[91]. Détruite partiellement, l'industrie nantaise souffrait également de vétusté pour les parties intactes. Ce n'est qu'en 1962 que l'activité maritime de la région nantaise a retrouvé son niveau de 1937. Le moteur de la reconstruction économique dans les années 1950 est la construction navale. Depuis 1881 ce secteur d'activité bénéficiait d'aides étatiques, sous une forme ou une autre. Entre 1953 et 1959, un tiers des rentrées d'argent des chantiers venaient de l'État[P 10]. En 1955, en période de plein-emploi, les chantiers navals nantais connaissent de violentes et importantes grèves[80]. Les ouvriers de la métallurgie et du bâtiment revendiquent des augmentations de salaire. Le 19 août, cours des 50 otages, un ouvrier maçon de vingt-quatre ans, Jean Rigollet, est tué d'une balle par un CRS[N 5].
En 1958, le Pont transbordeur est démonté, alors que l'époque est marquée par une forme de rejet du passé breton par les acteurs économiques et politiques. Par exemple Abel Durand, porte-parole des milieux économiques nantais, appréciait en 1922 cette « race […] endurante […]. Elle sait se contenter de salaires modestes. ». Mais en 1956, le même rejette cette « région pauvre et sous-développée ». Principalement en raison d'intérêts économiques, Nantes devient capitale de la région nouvellement constituée des Pays de la Loire[P 11].
En 1960, la part des chantiers navals nantais est de 8 % contre 50 % (pour la basse-Loire) vingt ans plus tôt. L’État modifiant sa politique de subvention et face à la concurrence internationale, les chantiers commencent leur déclin[P 12]. En 1968, Sud-Aviation à Bouguenais est le point de départ de la grève générale qui paralyse la France, sans doute un symptôme du malaise social qui frappe Nantes[P 13]. Après la crise des années 1970, au milieu de restructurations qui voient les principales industries locales rachetées par de grands groupes internationaux, la ville subit ce que personne ne pouvait imaginer vingt ans auparavant, la fin de la construction navale à Nantes, en 1987[P 14].
En 1985, Nantes est la première ville française à se doter d'un réseau de tramway moderne. Le TGV arrive lui en 1989. Le pont de Cheviré franchit la Loire en 1991. Entre 1990 et 1999, Nantes est la métropole française qui a connu la plus forte croissance. Elle est devenue la troisième place financière de France, après Paris et Lyon. Le MIN de Nantes est le second après Rungis, tandis que le port Nantes-Saint-Nazaire est le cinquième port autonome français après ceux de Marseille, Le Havre, Dunkerque et Calais[P 15]. Parallèlement, renouvelé depuis la fin des années 1960, le mouvement revendiquant la « bretonnité » de Nantes s'installe : en 1994 l'Agence culturelle bretonne est créée par la mairie, en 2001 le conseil municipal reconnaît l'appartenance historique et culturelle de Nantes à la Bretagne, sans remettre en cause l'administration régionale existante[P 15]. Cette acceptation du passé a permis également de faire reculer le refoulement existant sur la mémoire de la Traite négrière[P 16]. L'image de Nantes est véhiculée par son dynamisme culturel, avec la Mi-Carême, dénommée désormais le Carnaval incluant deux grands défilés en centre-ville, le Royal de Luxe, le festival des Allumées, La Folle Journée, le Festival des 3 Continents, ainsi qu'une politique d'urbanisme alliant la rénovation et la mise en valeur du patrimoine à la création de quartiers modernes[P 17].
Depuis 1995, la municipalité nantaise a divisé la ville en onze quartiers, partagés à leur tour en « micro-quartiers », possédant chacun un « comité consultatif » et des élus référents, ainsi qu'une équipe de techniciens municipaux[92]. Ces quartiers sont :
| Quartier | Numéro de quartier | Population | Carte |
|---|---|---|---|
| Centre-ville | Nantes 1 |
|
|
| Bellevue-Chantenay | Nantes 2 |
|
|
| Dervallières-Zola | Nantes 3 |
|
|
| Hauts-Pavés-Saint-Félix | Nantes 4 |
|
|
| Malakoff-Saint-Donatien | Nantes 5 |
|
|
| Île de Nantes | Nantes 6 |
|
|
| Breil-Barberie | Nantes 7 |
|
|
| Nantes Nord | Nantes 8 |
|
|
| Nantes Erdre | Nantes 9 |
|
|
| Doulon-Bottière | Nantes 10 |
|
|
| Nantes-Sud | Nantes 11 |
|
|
| Sources des données : Insee[93] 2003 pour une population totale de 270 343 habitants | |||
Nantes forme, avec 23 communes voisines, la communauté urbaine Nantes Métropole.
Le Syndicat mixte du schéma de cohérence territoriale de la métropole Nantes-Saint-Nazaire, dont le siège est à Nantes, est constitué de cinq intercommunalités : Nantes Métropole, la Communauté d'agglomération de la région nazairienne et de l'estuaire (CARENE), la communauté de communes Loire et Sillon, la communauté de communes Cœur d'Estuaire et la communauté de communes d'Erdre et Gesvres, totalisant 61 communes et 792 318 habitants en 2006. La communauté urbaine de Nantes désigne 49 des 113 représentants administrant cette institution[94]. Ces élus ont élaboré un schéma de cohérence territoriale (SCOT), document d'urbanisme qui orientera le développement de la métropole à l'horizon 2020[95].
Nantes est divisée en onze cantons[96]. Tous sont constitués exclusivement d'une partie de Nantes, sauf le 10e canton qui inclut également la commune de Saint-Sébastien-sur-Loire. Les 11 quartiers de la ville de Nantes ne correspondent pas à ce découpage cantonal[97]. Les cantons sont indiqués sur les plaques de rues par leur numéro d'arrondissement cantonal.
Nantes est la préfecture à la fois du département de Loire-Atlantique et de la région Pays de la Loire. L'hôtel de préfecture occupe notamment l'édifice de la Chambre des comptes de Bretagne, situé place Roger Salengro. La ville abrite le siège du conseil général de la Loire-Atlantique et celui du conseil régional des Pays de la Loire, situé sur l'Île de Nantes.
La question de l'appartenance administrative de Nantes — et plus généralement de la Loire-Atlantique — à la région Bretagne est régulièrement l'objet de débats, correspondant avec un renouveau marqué de la « bretonnité[98] » depuis la fin des années 1960[99].
Nantes est la plus grande ville de ce qui fut jadis le royaume, le duché, puis la province de Bretagne, appartenance qui est toujours un élément constitutif de son identité. Historiquement, les liens du pays nantais (Paeï de Nàntt en gallo, Bro Naoned en breton) et de la Bretagne sont nombreux : les ducs de Bretagne ont souvent fait de Nantes leur lieu de résidence principale (jusqu'au XVe siècle, comme en témoigne aujourd'hui encore la présence du château des ducs de Bretagne au cœur de la ville et le souvenir du château du Bouffay).
En 1790, la suppression des anciennes provinces et la création des départements découpe la Bretagne en cinq départements ; la Loire-Inférieure (aujourd'hui Loire-Atlantique) est l'un de ces derniers. En 1848, la Bretagne est brièvement recomposée par le mandat de commissaire général de la Bretagne qu'obtient le Nantais Michel Rocher, avec autorité sur les commissaires généraux (appellation qui venait de remplacer celle de préfet) des quatre autres départements bretons[100].
Au XXe siècle, les regroupements départementaux successifs (régions économiques « Clémentel » et régions touristiques créées en 1919, régions économiques créées en 1941 par le régime de Vichy, régions de programme de 1955 transformées ultérieurement en régions administratives) séparèrent à chaque fois la Loire-Atlantique des autres départements bretons. Nantes est à l'heure actuelle administrativement en région Pays de la Loire mais le débat persiste.
Certains découpages correspondent à la Bretagne historique et culturelle à cinq départements comme celui judiciaire, Nantes dépendant de la cour d'appel de Rennes, et religieux, le diocèse de Nantes suffragant de l'archevêché de Rennes ; et bien d'autres, administratifs ou commerciaux.
La question linguistique est également complexe. Didier Guyvarc'h[99] affirme que la ville « n'a jamais été bretonnante. » Dans l'Est de la Bretagne, appelé Bretagne Gallèse ou Haute-Bretagne, les langues d'oïl, le gallo et le français, furent largement majoritaires. Le gallo était surtout utilisé dans les campagnes, le français dans les grandes villes.
Dans celles-ci, et particulièrement à Nantes et à Rennes, la langue bretonne était très peu présente et essentiellement parlée par les immigrants venus de Basse-Bretagne comme l'attestent des voyageurs du Moyen Âge ou bien Jules Verne (de père parisien et de mère bretonne comme il l'écrivit dans un descriptif du département de la Loire-Atlantique). Dans le quartier de Chantenay, où l'immigration bretonnante fut importante, il y avait une procession où l'on chantait des cantiques en breton jusque dans les années 1950.
Aujourd'hui, la langue bretonne reste implantée à Nantes via, notamment, l'école Diwan qui propose depuis 1978 un enseignement entièrement en breton, une école publique (les Marsauderies) et une école privée (Sainte-Madeleine) accueillent depuis 1998 les enfants dans un cadre bilingue. Le gallo est menacé de disparition.
Les premières traces liées à l'administration de Nantes se trouvent dans des archives remontant à l'an 1333 avec l'organisation de réunions du conseil des bourgeois de la ville. Le conseil comprend cinq ou six bourgeois, il a pour but d'arrêter, avec le capitaine de ville, plusieurs mesures relatives à la cité. En 1411, le duc de Bretagne Jean V donne aux Nantais le pouvoir d'élire un procureur des bourgeois et, en 1420, étend les libertés communales[101]. En 1559, le roi de France François II crée par lettres patentes la mairie de Nantes[P 18]. Mais les Nantais n'auront une véritable mairie, avec maire et échevins, qu'en 1564[101], le nombre initial d'échevins passe de dix en 1559 à six en 1582[P 18]. L'hôtel de ville central existe depuis 1574. Il se situe entre les rues de l'Hôtel de ville, Saint-Léonard, Garde-Dieu et de Strasbourg[101].
À Nantes, le conseil municipal est composé de 65 membres (y compris le maire), 25 adjoints et 39 conseillers municipaux[102]. Depuis 1989, la municipalité se situe politiquement à gauche.
Composition du conseil municipal de Nantes[103] :
| Groupe | Président | Effectif | Statut | ||
|---|---|---|---|---|---|
| PS | Jean Marc Ayrault | 53 | majorité | ||
| UMP | Sophie Jozan | 9 | opposition | ||
| Modem | Benoit Blineau | 3 | opposition |
Le 133e et actuel maire de Nantes est le socialiste Jean-Marc Ayrault. Élu pour la première fois en 1989, il a été réélu en 1995, 2001 et 2008.
Depuis 1945, six maires se sont succédé à Nantes :
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | |
|---|---|---|---|---|
| 1945 | 1947 | Jean Philippot | PCF | … |
| 1947 | 1965 | Henry Orrion | CNI | Député |
| 1965 | 1977 | André Morice | CR | Sénateur |
| 1977 | 1983 | Alain Chénard | PS | Député |
| 1983 | 1989 | Michel Chauty | RPR | Sénateur |
| 1989 | En cours | Jean-Marc Ayrault | PS | Député |
Nantes dispose d'un commissariat central de la police nationale, place Waldeck-Rousseau et d'un commissariat subdivisionnaire situé cours Olivier-de-Clisson. Cinq bureaux de police complètent le dispositif (Beaujoire Nantes Erdre, Bellamy, Bellevue, Chantenay, Nantes Nord). La ville dispose également d'une police municipale[104].
Les dernières unités de la gendarmerie nationale ont, elles, quittées Nantes en 2011[105],[106].
Concernant les chiffres de la délinquance en 2008, selon l'Insee, la circonscription de sécurité publique de Nantes affiche un taux de criminalité de 90,16 actes pour 1 000 habitants[107]. Ce taux largement supérieur à la moyenne nationale (57,51 ‰) positionne Nantes au sixième rang des circonscriptions de plus de 250 000 habitants derrière Lyon (93,13 ‰) et devant Bordeaux (89,02 ‰).
Nantes dépend judiciairement de la cour d'appel de Rennes pour l'ordre judiciaire dont les instances sont les tribunaux instance et de grande instance ayant pour ressort l'est de la Loire-Atlantique. Ceux-ci siègent dans un nouveau palais de justice construit en 2000 par Jean Nouvel, édifice qui abrite également le tribunal de commerce. Tandis que le Conseil de prud'hommes se trouve boulevard Vincent Gâche sur l'île de Nantes[108],[109].
Nantes est aussi le siège d'une Cour administrative d'appel se trouvant place de l'Édit de Nantes, dont dépend un tribunal administratif siégeant sur l'île Gloriette.
Le centre pénitentiaire de Nantes est organisé en quatre établissements répartis sur trois sites :
Depuis 1966, la gestion du Casier judiciaire national (direction des affaires criminelles et des grâces) est centralisée à Nantes, rue du Landreau[113]. On trouve également au même endroit le centre d’exploitation statistique du ministère de la Justice (CES)[114].
En 2006, un sixième de la surface de Nantes est géré par le service espaces verts et environnement (SEVE) de la commune. La ville dispose de cent parcs et jardins qui couvrent au total 215 hectares. Les jardins familiaux s'ajoutent au patrimoine végétal nantais : 850 parcelles sont actives, réparties sur 15 sites. Au total, en 2006, en ajoutant les jardins privés, 5 % du territoire est constitué d'espaces verts. En 1993 le plan d'occupation des sols avait initié une action de préservation des arbres. En 2006, 100 000 arbres ont été recensés sur le territoire de la commune, dont 20 000 d'alignement sur les voies publiques et 422 labellisés arbres remarquables[115].
Un des axes de la politique environnementale de la municipalité est la préservation des cours d'eau. Trois plans successifs baptisés Neptune 1, 2 et 3 ont visé à restaurer les berges, entretenir les fonds et améliorer le traitement des eaux usées[116].
En 2008 la Ville a édité un cahier de recommandations environnementales à destination des services de la ville et des acteurs de l'aménagement urbain[116].
En la classant numéro un en matière d'accessibilité, l’Association des paralysés de France a considéré en 2010 que Nantes est la ville française qui présente la meilleure prise en compte du handicap. Prenant la succession d’une commission extra-municipale, le Conseil nantais des personnes handicapées (CNPH) œuvre depuis 2009. Il rassemble élus, techniciens, citoyens et responsables d'association. Réalisation emblématique, le château des ducs de Bretagne, datant dans sa forme actuelle du XVe siècle, a été doté de trois ascenseurs, l'un d'eux menant jusqu'aux remparts. De plus le musée interactif que le château héberge est doté d'équipements sensoriels. Ces avancées ne peuvent masquer les difficultés qui subsistent : les salles de concerts restant inaccessibles, le commerce de proximité n'est pas adapté, les stations ne sont pas annoncées pour les mal-voyants dans les bus, etc. Un des chantiers en développement en 2010 est l'accueil des enfants handicapés dans les crèches[117].
Au 13 septembre 2010, Nantes est jumelée avec sept villes[118] :
Elle entretient également des relations régulières avec douze autres villes.
D’après le recensement Insee de 2009, Nantes compte 282 047 (population municipale)[126] habitants (soit une augmentation de 4 % par rapport à 1999). La commune occupe le sixième rang au niveau national, identique à celui de 1999, et le 1er au niveau départemental sur 221 communes. C'est en 2008 que la ville a atteint son maximum de population, 283 288 habitants[127].
Selon le recensement de 2008, la population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (17,6 %) est en effet inférieur au taux national (22,1 %) et au taux départemental (20,4 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (52,6 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %)[127],[128].
Nantes est la principale commune de la communauté urbaine Nantes Métropole, peuplée de 580 839 habitants en 2008 selon le recensement effectué par Insee[129], et qui, selon l'« Agence d'Urbanisme de l'Agglomération Nantaise » (AURAN) a dépassé les 590 000 habitants en 2010 et devrait atteindre les 600 000 habitants en 2012[130]. Elle est également le centre d'une aire urbaine de 854 807 habitants[131], la huitième de France. Cette aire urbaine compte 114 communes en 2010[132], alors qu'elle était constituée de 44 communes en 1982. Elle est centrée sur un pôle urbain (ou unité urbaine, c'est-à-dire l'agglomération au sens de l'Insee) de 584 683 habitants en 2008[133]. Désignée en 1964 comme métropole d'équilibre, l'aire métropolitaine Nantes-Saint-Nazaire, dont le périmètre est défini depuis 1970 par le schéma directeur d'aménagement de l'aire métropolitaine (SDAAM), est estimée en 2008 à 925 000 habitants et sa population a progressé de 8,9 % entre 1990 et 1999 soit un gain de 69 360 habitants[134],[135]. Positionnant ainsi l'ensemble Nantes-Saint-Nazaire au cinquième rang national derrière Paris, Lyon, Marseille-Aix et Lille, et au trente-sixième rang européen, avec des perspectives de forte croissance démographique[134].
La population de l'espace urbain de Nantes-Saint-Nazaire étalé sur les départements d'Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Morbihan et Vendée, était estimée en 1999 à 1 006 246 habitants. Il est le neuvième espace urbain français[136].
Les établissements d'enseignement de la ville de Nantes relèvent de l'académie de Nantes et dont elle abrite le rectorat. La ville compte plus de 200 établissements d'enseignement, dont 141 écoles primaires, 32 collèges, 26 lycées d'enseignement général, 16 lycées d'enseignement professionnel, une université, ainsi que des établissements publics d'enseignements supérieurs et des organismes de recherche. Le nombre d'écoles publiques est nettement supérieur dans le primaire, tandis que les établissement privés sont quantitativement majoritaires dans l'enseignement secondaire et supérieur (ceci ne prend pas en compte le nombre d'élèves).
Parmi les lycées les plus célèbres de Nantes, on compte le Lycée Georges-Clemenceau, ouvert en 1808, où furent créées les premières classes préparatoires en 1824[137]. De nombreuses personnalités ont effectué une partie de leur scolarité dans cet établissement : Jules Verne, Julien Gracq, René Guy Cadou, Georges Clemenceau, Aristide Briand, Édouard Herriot ou encore Robert Badinter[138].
Le Centre hospitalier universitaire de Nantes est le principal établissement médical de la ville, il est réparti sur plusieurs sites, cinq d'entre eux se trouvent sur le territoire de la commune[139] :
Deux sites se trouvent dans d'autres communes :
Un projet d'implantation sur l'île de Nantes est actuellement à l'étude, pour une nouvelle implantation en 2025[140].
Dans le domaine privé on recense les cliniques dont la clinique Jules-Verne à l’est de Nantes ainsi que les Nouvelles cliniques nantaises, une polyclinique située sur les communes de Nantes et Rezé au sud.
Le sport à Nantes est représenté par 370 associations sportives (dont 30 clubs de haut niveau) couvrant 80 disciplines pratiquées par 60 000 licenciés (dont 16 000 scolaires et universitaires)[141].
Le football est le sport collectif qui a eu le plus de succès à Nantes, avec le club du Football Club de Nantes (FCN), qui compte huit titres de championnat de France et trois coupes de France, l'un des plus beaux palmarès du football français[142]. Ont évolué dans ce club Philippe Gondet, Henri Michel, Maxime Bossis, Didier Deschamps, Marcel Desailly, Claude Makélélé, Mickaël Landreau ou encore Fabien Barthez et Christian Karembeu.
Le hockey sur glace est représenté par le club des Corsaires de Nantes qui évolue dans le championnat de France division 2. Il existe plusieurs équipes de différents niveaux et d'age, homme et femme. La Patinoire du Petit Port sert de lieu d'entraînement et de compétitions aux hockeyeurs.
Le basket-ball est présent dans le sport professionnel avec l'équipe féminine du Nantes-Rezé Basket 44, qui évolue en Ligue féminine de basket ; l'équipe masculine de l'Hermine de Nantes Atlantique dispute la Pro B.
Depuis 2008, le handball nantais est également dans l'élite avec le Handball Club de Nantes en Division 1.
Le volley-ball est représenté dans les deux divisions professionnelles masculines et féminines suite aux montées conjointes à la suite de la saison 2009-2010 de l'UGS Nantes Rezé (hommes) et de l'UGSE Nantes (femmes).
Dans d'autres disciplines, des sportifs nantais brillent, d'origine ou d'adoption. Le cyclisme nantais est représenté par Jean-Cyril Robin, Patrice Halgand et Jérôme Pineau. La voile possède quelques skippers de renom avec notamment Éric Tabarly et Loïck Peyron.
La ville accueille régulièrement des manifestations internationales : des matchs du Championnat d'Europe de football 1984, de la Coupe du monde de football de 1998, du Championnat du monde de handball masculin 2001, du Championnat du monde de handball féminin 2007 ou de la Coupe du monde de rugby à XV 2007. Nantes a été plusieurs fois ville-étape du Tour de France[141].
La presse écrite locale est principalement dominée par le groupe Ouest-France et ses éditions Ouest-France et Presse-Océan. Des journaux locaux dont la diffusion est plus modeste sont également publiés. On peut citer l'hebdomadaire gratuit Wik, Pulsomatic (agenda des sorties), La Lettre à Lulu (satirique nantais) et le magazine mensuel Terra Eco diffusé dans toute la France, qui est édité à Nantes. 20 minutes et Metro possède également leurs éditions locales. En décembre 2011 un nouveau magazine à base de QR code, le Qweekr est distribué à 3000 exemplaires.
Nantes possède une chaîne TV locale : Télénantes qui à l'origine partageaient un même canal de diffusion avec Nantes 7. Suite à la faillite de cette dernière en 2009, leur fusion en Septembre 2011 a créé une chaîne unique.
Pour les informations locales, la chaîne France 3 émet un décrochage local avec France 3 Ouest, qui propose des émissions régionales France 3 Pays de la Loire (journaux télévisés 12/13 et 19/20, émissions telles La Voix est libre, etc.) et une édition Estuaire.
Il existe plusieurs radios locales basées à Nantes et dans sa région[143] :
Les Nantais disposent de lieux de culte des principales religions : christianisme, islam, judaïsme, bouddhisme.
La ville de Nantes et les différentes communautés musulmanes ont engagé en 2009 une politique de construction de mosquées. La mairie facilite cette construction par des baux emphytéotiques aux loyers modérés[150]. Deux grandes mosquées ont ainsi été construites : la mosquée Arrahma[151] et la mosquée dite « des Turcs », à l'architecture traditionnelle avec un minaret haut de 18 mètres. Fin 2010, une troisième, la mosquée Assalam[152] est en cours de construction. D'une surface d'environ 3 100 m2, elle adopte un style moderne, avec un minaret éclairé.
Jusqu'en juin 2010, les unités militaires stationnées à Nantes étaient la 9e brigade légère blindée de marine et le 22e bataillon d’infanterie de marine, depuis le 1er juillet 1999. À cette date a été créé l'État-major force 2 (EMF2) basé au quartier Richemont[155]. Suite à une réorganisation de l'Armée française, le 22e bataillon d’infanterie de marine est dissous le 30 juin 2010[156], tandis que la 9e brigade légère blindée de marine est déplacée à Poitiers en juillet 2010[157]. Il reste une centaine de militaires basés à Nantes, logés dans la caserne Richemont (quartier Mitrie). Les bâtiments rendus libres à cette date sont susceptibles d'être mis en vente : l'hôtel du 11e corps d'armée place Foch et le Cercle de la visitation rue Gambetta (ce dernier étant le centre d'un projet d'hôtel de luxe). La mairie de Nantes projette l'acquisition de la caserne Lamoricière (rue du général Buat) pour un projet d'écoquartier[156].
La gendarmerie est répartie dans la Légion départementale des Pays de la Loire, le Groupement de gendarmerie départemental de Loire-Atlantique (le commandement du groupement de gendarmerie est à Saint-Herblain, la compagnie de gendarmerie de Nantes est basée à la caserne Lafayette), et la légion de gendarmerie départementale des Pays de la Loire (qui relève de la région de gendarmerie ouest de Rennes) dénommée groupement III/3 de gendarmerie en Loire-Atlantique (avant la récente réorganisation de l'armée le commandement était basé caserne Lamoricière où se trouvait l'escadron de gendarmerie mobile 31/3, l'escadron 31/5 se trouvant Quartier général Bourgeois)[155].
À ceci s'ajoutent la Délégation militaire départementale de la Loire-Atlantique, et les services spécialisés : Centre de télécommunication et de l'informatique no2, le Bureau postal des armées, le Service médical, le Centre du Service national, le Centre de ravitaillement des essences et la Direction générale pour l'armement[155].
L'économie nantaise a d'abord été liée à la Loire, puis à l'océan Atlantique. Après son essor économique lié au trafic maritime - principalement la traite des esclaves - au XVIIe siècle, Nantes a connu une forte industrialisation au XIXe siècle. L'expansion des zones d'habitation et la désindustrialisation générale sur le territoire de la France ont conduit à la prédominance du secteur tertiaire dans l'économie de la commune, même si le secteur industriel n'est pas pour autant délaissé puisque l'agglomération se situe au 1er rang français pour l’agroalimentaire[158], le 2e pôle aéronautique national[159], ainsi que la 2e place financière en région[160]. Par ailleurs elle constitue un lieu stratégique pour la filière bois et les matériaux[161].
Quatre pôles de compétitivité impliquant directement la métropole Nantes Saint-Nazaire ont été labellisés par l'État, mettant en synergie industriels, laboratoires et écoles :
L'objectif est de développer leur compétitivité et leur visibilité internationale en valorisant leurs atouts respectifs, notamment en matière d'innovation et de recherche.
Le tourisme est une activité importante de Nantes, septième ville touristique française avec deux millions de visiteurs qui y passent au moins une journée chaque année[162].
Les terminaux nantais de Cheviré (produits forestiers, sucre, engrais, ferraille, sable) et de Roche-Maurice (céréales, engrais, fonte), représentent 10 % du total du trafic du Grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire[163].
L'Insee dénombre 19 340 établissements actifs sur le territoire de la commune de Nantes au 31 décembre 2008[127].
| Secteur d'activité | Nantes | France |
|---|---|---|
| Administration, enseignement, santé, social | 14,9 % | 12,6 % |
| Commerce, transports, services | 74,4 % | 66,7 % |
| Industrie | 4,8 % | 7,0 % |
| Construction | 6,0 % | 13,6 % |
En 2008, le revenu fiscal médian par ménage était de 18 856,50 €, ce qui plaçait Nantes au 9 447e rang parmi les 31 604 communes de plus de 50 ménages en métropole[165].
Nantes appartient au réseau des Villes et pays d'art et d'histoire, animé par le ministère de la Culture et les collectivités territoriales, et qui rassemblent les villes soucieuses de préserver et de promouvoir leur patrimoine. Ainsi, dès 1972, la ville a délimité un secteur sauvegardé compris entre le quai de la Fosse et les cours Saint-Pierre et Saint-André et incluant notamment le château, la cathédrale, le quartier du Bouffay, l'île Feydeau, la place Royale et le quartier Graslin[166]. Avec 126 hectares, il est l'un des secteurs sauvegardés les plus importants de France[167]. Par ailleurs, Nantes est riche d'un patrimoine statuaire important disséminé dans la ville ainsi que de quatre fontaines Wallace[168]. Le maire, Jean-Marc Ayrault, souhaite faire inscrire la ville et l'estuaire de la Loire au patrimoine mondial de l'UNESCO[169].
Le château des ducs de Bretagne est situé sur la rive droite de la Loire dans le centre-ville de Nantes. Il était la résidence principale des ducs de Bretagne du XIIIe au XVe siècle. C'est une forteresse constituée de sept tours reliées par des courtines. La cour possède plusieurs bâtiments datant des XVe, XVIe et XVIIIe siècles dont la résidence ducale construite en pierre de tuffeau[170].
Le quartier médiéval du Bouffay, proche du château et de la cathédrale, à l'intérieur des limites de l'ancienne enceinte, date du XVe siècle. Il abrite un ensemble de maisons aux façades à pans de bois, à colombages et à encorbellements, ou reconstruites en pierre au XVIIIe siècle dans le parcellaire médiéval[171].
Les bâtiments datant du XVIIIe siècle, dont les architectes sont Jean-Baptiste Ceineray et Mathurin Crucy, se situent dans les quartiers du cœur de la ville. On y retrouve plusieurs places comme la place Graslin avec le théâtre ; la place Royale, dont la fontaine représentant la Loire et ses affluents, les sols, les façades et les éclairages ont été rénovés en 2007 ; la place du Commerce, la plus animée du centre-ville et la place du Maréchal-Foch avec sa colonne servant de piédestal à l'une des rares statues de Louis XVI existant en France. Ces places sont reliées par de larges perspectives comme le cours Cambronne ou le Cours Saint-Pierre et Saint-André. Ces quartiers regroupent aussi l'ancien palais de Justice, situé place Aristide-Briand et dessiné par Chenantais, la préfecture de la Loire-Atlantique (ancienne chambre des comptes de Bretagne), le palais de la Bourse qui abrita l'Office de tourisme puis aujourd'hui la Fnac et enfin l'île Feydeau (rue Kervégan, Temple du Goût, cour Ovale), urbanisée en un seul ensemble, comparable à l'île Saint-Louis à Paris. Le quai de la Fosse et les rues qui y descendent, où se trouvaient les maisons de filles à matelots, constituent l'ancien port de Nantes.
Inaugurée en 1976, la tour Bretagne domine la ville du haut de ses 144 mètres. La maison des Compagnons du Devoir au sud de la gare, est pourvue d'un clocher tors. L'immeuble CGA date des années 1930, et a reçu le label « Patrimoine du XXe siècle », tandis que le Blockhaus DY10 témoigne de la période d'occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale. Jean Nouvel est l'architecte du Palais de justice de Nantes sur l'île de Nantes.
Le comblement à partir de 1929 des bras nord de la Loire et de l'Erdre canalisée (devenue le Cours des 50-Otages) a grandement transformé le caractère de la ville ancienne. Le château des Ducs, la place du Commerce, les façades de l'île Feydeau et du quai de la Fosse se trouvaient à l'origine en arrière des quais, au bord de l'eau. Une figuration de quais a été reconstruite le long de la face sud de l'île Feydeau (conçu par l'urbaniste Bruno Fortier).
La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, de style gothique, est située sur la place Saint-Pierre. L’édifice voit le jour sous l'impulsion du duc de Bretagne Jean V et de l’évêque Jean de Malestroit en 1434. Sa construction s'est déroulée jusqu'en 1891 (457 ans)[172]. Cette cathédrale fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862[173].
La basilique Saint-Nicolas est l'un des premiers projets néogothiques de France datant du XIXe siècle. L'édifice se situe dans le centre ville de Nantes. Cette église est construite par Jean-Baptiste-Antoine Lassus. Érigée en basilique le 28 octobre 1882,elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862[174].
L'église Notre-Dame de Bon-Port est construite en 1852 par les architectes Saint-Félix Seheult et Joseph-Fleury Chenantais. Elle est coiffée d'un dôme faisant référence à celui des Invalides de Paris. Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1975[175].
Deux grandes mosquées ont été construites en 2009. La mosquée Arrahma de Nantes[151] est située dans le nord de la ville. La mosquée dite mosquée des Turcs est située boulevard du Bâtonnier Cholet[152].
Le temple de Nantes, lieu de culte protestant place Édouard-Normand, inauguré en 1958, est conçu par l'architecte Victoire Durand-Gasselin. Il remplace un bâtiment plus ancien, construit en 1855, et détruit par un bombardement lors de la Seconde Guerre mondiale.
L'église orthodoxe qui se situe boulevard de la Beaujoire porte le nom de Saint-Basile-et-Saint-Alexis.
Le passé industriel de la ville lui a légué un patrimoine important, notamment la biscuiterie LU devenue Le Lieu unique[176].
L'ancienne Manufacture des tabacs, dessinée par Chenantais en 1861 d'après un prototype strasbourgeois et composée de cinq bâtiments, avec deux cours intérieures[177], fut réhabilitée dans les années 1980 afin d'accueillir services municipaux et logements et ainsi donner forme à un petit quartier proche du centre-ville[177].
La raffinerie de sucre Béghin-Say sur l'île Sainte-Anne, construite en 1936, a bénéficié en 1993 d'une rénovation la laissant apparaître en bleu et blanc[177].
L'usine des Batignolles a été fondée en 1919 par une entreprise spécialisée dans la mécanique pour chemin de fer[178].
Les anciens bureaux des Ateliers et chantiers de Nantes sont des vestiges des établissements de la construction navale à Nantes. Non loin de là se dressent deux grues Titan. La première mesure 34 mètres de haut, et a été montée par les ateliers Joseph Paris en 1954[179]. La seconde grue monumentale, classée monument historique, est un modèle Titan 01. Cette grue a été mise en service en 1966-1967 et a fonctionné jusqu'en 2002[180].
Le passage Pommeraye est une galerie marchande du centre ville. Construit de 1841 à 1843, ce passage mixte constitué de commerces et d'habitats est construit sur trois niveaux. Il s’organise autour d’un escalier central monumental et est orné de médaillons et statues, œuvres de Guillaume Grootaërs et Jean Debay[181]. Le passage a été classé monument historique en 1976[182].
Créé par Jules-César Decré vers la fin des années 1860, le bazar qui porte son nom est la première étape de ce qui deviendra plus tard l'empire Decré[183]. Touché par les bombardements de 1943, l'établissement est reconstruit[183].
La brasserie La Cigale a ouvert ses portes le 1er avril 1895. C'est une brasserie Belle Époque d'inspiration Art Nouveau[184]. Elle a été classée monument historique en 1964[185].
Nantes a obtenu quatre fleurs avec distinction Grand Prix aux palmarès 2006 et 2007 du concours des villes et villages fleuris[186]. Le Service des espaces verts et de l'environnement de la Ville de Nantes (SEVE) recense 95 parcs, jardins, cours, places et squares sous sa responsabilité[187].
Créé en 1807 et ouvert au public en 1865[188], le Jardin des plantes de Nantes est conçu selon les critères en vogue au XIXe siècle. La tradition de la mosaïculture y est maintenue, la décoration florale est agrémentée d'un grand nombre de cascades et pièces d'eau. On trouve dans ce parc de 73 280 m2, appelé officiellement jardin botanique, une collection d'épiphytes, une autre de cactées et succulentes, une présentation de la flore du Massif armoricain, une collection de camélias, et enfin le plus vieil arbre du jardin, le magnolia d'Hectot, planté en 1807 à l'âge de seize ans[189].
Le jardin japonais de l'Île de Versailles offre un paysage de rocailles, de cascades, de plans d'eau, entourés de bambous, cerisiers du Japon, rhododendrons, camélias et cyprès chauves[190].
Plus classique, le parc de Procé était à l'origine le domaine entourant un manoir bâti en 1789. Le patrimoine végétal du parc s'est peu à peu enrichi avec des rhododendrons, magnolias, fuchsias, dahlias et bruyères. Le parc héberge un des plus vieux tulipiers de Virginie (Liriodendron tulipifera) de France[191].
Le parc Floral de la Beaujoire, créé à l'occasion des Floralies de 1971, contient une des plus grandes fontaine monumentale d'Europe. La partie nord est dédiée à l'horticulture, principalement axée sur la rose, à laquelle trente-et-un sites sont consacrés et permettent l'exposition de 25 000 rosiers de 1 500 espèces différentes[192].
La Petite Amazonie, seul site classé Natura 2000 en milieu urbain, est un marécage sauvage situé au nord du quartier Malakoff et au sud de la gare. Le site est interdit au public mais des visites guidées sont organisées par la Ligue pour la protection des oiseaux[193].
Actuellement, la société d'économie mixte Nantes Gestion Équipements sous l'insigne Les 3 ports, gère trois zones principales d'accueil des bateaux de plaisance, dont une est à Nantes. Cette zone comprend deux sites en centre-ville : l'Erdre (bassin Ceineray et bassin Malakoff) et la Loire (ponton Anne-de-Bretagne et ponton des chantiers).
Le ponton des chantiers, installé en 2007 sur l'île de Nantes au quai Wilson, est réservé en priorité aux navires à passagers. Il peut accueillir des paquebots ayant un tirant d'eau inférieur à 8 mètres et n’excédant pas 180 mètres. Toutefois, des « dérogations » sont obtenues jusqu'à 200 mètres. Dans le cadre du grand projet urbain de l'Île de Nantes, il est prévu depuis le départ le creusement d'un bassin à flot de 600 mètres de long par 65 mètres de large à l'emplacement des voies de l'actuelle gare de l'État. Relié à la Loire par une double écluse juste au nord du Hangar à bananes, ce bassin doit abriter 300 places de port au sein même d'un futur quartier.
Le ponton Anne-de-Bretagne, installé en 2009 le long du quai de la Fosse (au pied du pont Anne-de-Bretagne), est attenant au nouveau ponton du trois-mâts barque Belem.
La ville dispose de quinze cimetières, qui sont ouverts tous les jours. Ils ont pour noms Bouteillerie, Chauvinière, Cimetière parc paysager, Miséricorde, Pont-du-Cens, Sainte-Anne ancien, Sainte-Anne nouveau, Saint-Clair, Saint-Donatien, Saint-Jacques, Saint-Joseph de Porterie, Saint-Martin nouveau, Saint-Martin ancien, Toutes-Aides et Vieux-Doulon[194].
Le plus ancien d'entre eux est le cimetière Saint-Donatien, qui jouxte la façade est de l'église du même nom. Il abrite la chapelle Saint-Étienne (anciennement chapelle Saint-Georges ou Saint-Agapit), le plus ancien édifice religieux du diocèse de Nantes[195].
Le cimetière Miséricorde est surnommé « le Père-Lachaise nantais ». Le long d'une allée bordée de cyprès et de tilleuls sont alignés une soixantaine de mausolées de style néogothique, qui abritent les défunts des « grandes familles » nantaises. La partie la plus ancienne accueille les cimetières juif et protestant[196]. Jusque dans les années 1870, le carré juif était enclavé dans la partie réservée aux protestants[197].
Plusieurs musées consacrés à des domaines très variés sont implantés à Nantes. Parmi eux le Musée d'histoire, à l'intérieur du château des ducs de Bretagne, offre au public une rétrospective des activités nantaises au fil des siècles ainsi qu'une vaste ouverture au monde contemporain. Il abrite notamment le reliquaire du cœur d'Anne de Bretagne. Le musée des Beaux-Arts de Nantes dispose d'une importante réserve artistique composée essentiellement de peintures, ce qui lui permet de proposer un panorama complet de la peinture occidentale du XIIIe siècle à nos jours[198]. Le musée Dobrée abrite une riche collection d'œuvres du Moyen Âge jusqu'au XXe siècle. Il rassemble aussi un très large éventail d’objets archéologiques allant de l'ère glaciaire jusqu'à la période carolingienne[199].
Le Musée Jules-Verne est entièrement consacré à la vie et l'œuvre de l'écrivain né à Nantes en 1828[200]. Dans un tout autre registre, le muséum d'histoire naturelle de Nantes présente des collections de sciences naturelles et abrite différentes collections de zoologie générale, de faune régionale, de minéralogie ainsi qu'un vivarium présentant reptiles et batraciens de toutes origines[201]. Dans le domaine de l’astronomie, le planétarium de Nantes propose sous un dôme de 8 mètres de diamètre, des projections représentant le système solaire et les différentes constellations. Il est également équipé d'un planétaire numérique[202].
Enfin, le premier mémorial à l’abolition de l'esclavage d’Europe devrait voir le jour à l’été 2011 le long du quai de la Fosse, entre le pont Anne-de-Bretagne et la passerelle Victor Schoelcher[203].
Nantes dispose de plusieurs équipements dédiés à la culture et aux loisirs. La Cité, Nantes Events Center (baptisée jusqu'en 2010 Cité internationale des congrès), centre d'affaires, de conférences, de congrès et de spectacles, fut édifiée de 1986 à 1992 d'après les plans de l'architecte Yves Lion. Dédié aux foires-expositions et salons événementiels, le Parc des Expositions de la Beaujoire est un complexe situé sur les bords de l'Erdre. Il accueille notamment les Floralies internationales de Nantes. Le théâtre Graslin est une salle d'opéra. Il a été conçu par l'architecte Mathurin Crucy en 1788 et est situé sur la place du même nom. Le Lieu unique est un ancien bâtiment de la biscuiterie LU situé quai Baco, dû à l'architecte Auguste Bluysen. Une partie fut transformée par l'architecte Patrick Bouchain en un centre culturel. Les autres lieux culturels importants sont le Pannonica, Stéréolux/La Fabrique, la Bouche d'air ou la salle Paul Fort pour la musique ; la compagnie du Café-théâtre, le théâtre du Sphinx, le TNT (Terrain neutre théâtre), le théâtre Beaulieu-Sémaphore, le TU (Théâtre universitaire), le théâtre de Poche Graslin, le Grand T (anciennement Maison de la culture de Loire-Atlantique), le théâtre du Cyclope et la salle Vasse (dont la direction artistique a été confiée à la compagnie Science 89) pour la comédie et l'art dramatique[204]. La salle de l'Olympic est fermée depuis le mois de juin 2011.
Le théâtre Graslin, dû à Mathurin Crucy, construit au XVIIIe siècle.
La Cité, Nantes Events Center vue des bords du canal Saint-Félix.
Pour les équipements dédiés au cinéma, quatre salles sont classées cinéma d'art et essai à Nantes : le Bonne Garde (quartier Saint-Jacques), Le Cinématographe près du château des ducs de Bretagne, le Concorde dans le quartier Zola et le Katorza près du théâtre Graslin[205],[206]. Nantes dispose aussi de complexes cinématographiques. Un seul se trouve dans la ville même, le Gaumont de la place du Commerce.
La bibliothèque municipale de Nantes est constituée de 7 médiathèques et bibliothèques réparties sur le territoire. Les médiathèques Jacques Demy (centre-ville), Luce Courville (nord) et Floresca Guépin (est). Les bibliothèques du Breil (nord-ouest), de la Halvêque (nord est), de la Manufacture (sud-est) et de Chantenay (sud-ouest). Une quatrième médiathèque est en projet avec ouverture en 2013 au sud-ouest de Nantes. La médiathèque principale, Jacques Demy, est le siège de plusieurs fonds : patrimonial et fonds particuliers (Jules Verne, Labouchère, Paul-Louis Rossi, Bermond-Boquié, René-Guy Cadou, ...).
Le Musée Jules-Verne est un établissement culturel également géré par le réseau de la Bibliothèque municipale. Riche d'un très important fonds de manuscrits et d'ouvrages originaux, il présente au public une exposition permanente, des évènements temporaires, l'accueil de groupes et des classes patrimoine.
À Nantes, la musique classique est représentée par différents orchestres. Il y a notamment l'Orchestre national des Pays de la Loire, dirigé par John Axelrod[207] qui propose une saison symphonique à Nantes et Angers (siège social et logistique depuis sa création en 1971). Les musiciens sont répartis équitablement entre les deux villes. Angers-Nantes Opéra officie à Nantes au Théâtre Graslin et à Angers au Grand Théâtre. La Philhar, orchestre d'harmonie de Nantes, est composée de musiciens amateurs (70 %) et professionnels (30 %) sous la direction musicale de Frédéric Oster[208]. Le Bagad de Nantes[209] représente la musique traditionnelle bretonne.
Le rock nantais tient aussi une place importante. Celui-ci connaît un essor dans les années 1980 avec notamment Elmer Food Beat puis c'est en 1990 qu'une seconde vague rock arrive avec tout d'abord Dominique A puis plusieurs groupes comme Dolly. Le groupe le plus emblématique de la ville reste cependant Tri Yann, toujours en activité plus de 40 ans après sa fondation.
Plusieurs chansons ont pour thème ou cadre la ville de Nantes. Dans les chansons traditionnelles se détache le célèbre Dans les prisons de Nantes remise au goût du jour par les Tri Yann dans les années 1970. La chanson de marins Jean-François de Nantes est également connue. La chanteuse Barbara écrit et interprète l'une de ses plus grandes chansons Nantes[210].
Nantes apparaît dans plusieurs œuvres littéraires. On cite souvent la phrase très favorable d'André Breton dans Nadja où il écrit : « Nantes : peut-être avec Paris, la seule ville de France où j'ai l'impression que peut m'arriver quelque chose qui en vaut la peine, où certains regards brûlent par eux-mêmes de trop de feux [...], où pour moi la cadence de la vie n'est pas la même qu'ailleurs, où un esprit d'aventure au-delà de toutes les aventures habite encore certains êtres, Nantes, d'où peuvent encore me venir des amis. »[211]
En revanche, Jules Verne, qui a passé son enfance et son adolescence à Nantes, n'en a pas gardé un bon souvenir, comme le montre un poème qu'il a écrit par la suite, La Sixième ville de France. Il s'agit d'un sonnet qui débute ainsi : Un quartier neuf et présentable/Entre bon nombre de hideux/Des sots bâtissant sur le sable/En affaires peu scrupuleux.... Le texte complet est disponible sur le site suivant : [1].
Dans Antoine Bloyé (1933), Paul Nizan situe à Nantes les dernières années du personnage central : son installation après la retraite en 1924, sa mort en 1927 et ses funérailles au cimetière de Miséricorde. Il parle de Nantes dans une tonalité beaucoup plus terne qu'André Breton : « Nantes est une ville où le commerce de mer, les banques, les usines, les faces blanches des femmes dévotes, la mort et l'inquiétude sont les éléments mystérieux d'une vie que nulle autre ville française n'impose à ses habitants. Les gens de Nantes, accoutumés depuis leur enfance aux façons de leur ville, ne prennent plus garde à l'air qu'on respire sur les deux rives de la Loire. Cette ville était peut-être celle où Antoine pouvait le moins facilement trouver le repos qu'il cherchait, l'absence d'inquiétude qui doivent composer pour un homme au bout de sa tâche l'atmosphère morale de la vieillesse. [...] Nantes ne pouvait être pour lui que la ville où l'on s'installe pour attendre la mort, la ville d'où l'on ne déménagera plus. »[212]. Nantes est aussi évoquée dans son roman La Conspiration (1938) à travers le personnage d'André Simon, chartiste, fils d'un commerçant en soieries de la rue Crébillon.
Paul Guimard situe une bonne partie de son roman L'Ironie du sort (1961) à Nantes : « Il pleuvait lorsque le camion freina rue Mercœur, devant la porte d'Antoine, un de ces grains venus du golfe de Gascogne, qui remontent comme par erreur l'estuaire de la Loire mais qui, loin dans les terres, restent encore marins et crèvent sur la ville ainsi que sur un navire. »[213].
Julien Gracq quant à lui personnifie Nantes dans La Forme d'une ville (1985) « Ville du vin, et non du cidre, presque autant vendéenne que bretonne, mais solidement accrochée et retenue aux dernières pentes du Sillon de Bretagne, n'aventurant qu'un pied peureux vers les grèves déjà méridionales de la rive gauche, elle semble regarder les rivages de Saint-Sébastien et de Trentemoult comme les lisières d'un pays de Cocagne, pays où elle puise sa sève populaire, pays qui la séduit et qui l'attire, mais dont un fleuve difficile lui a mesuré chichement les accès. »[214]
Un certain nombre de films ont pour cadre la ville de Nantes. En 1946, Maurice Gleize y tourne en partie Le Bateau à soupe dans lequel un trois-mâts, le Duchesse Anne, sert de toile de fond à l'intrigue. En 1961, c'est Jacques Demy, nantais d'origine, qui réalise Lola, l'histoire d'une danseuse de cabaret qui retrouve un ami d'enfance au passage Pommeraye[215]. Un autre Nantais, Denys de La Patellière, prend la ville pour cadre en 1965 avec son film Le Tonnerre de Dieu.
Au début des années 1980, Michel Léviant tourne à Nantes La Gueule du loup, mettant en scène la ville portuaire. C'est aussi le cas de Jacques Demy qui revient dans sa ville d'origine pour réaliser Une chambre en ville en 1982[216]. Il dépeint les grèves des chantiers navals de 1955. En 1991 et 1993, le réalisateur Jean-Loup Hubert sort les films La Reine blanche et À cause d'elle, le premier ayant pour cadre Trentemoult, le village des cap-horniers nantais[217],[218]. C'est en 1991 qu'Agnès Varda, compagne de Jacques Demy, réalise le film qui retrace l'enfance nantaise de Demy, Jacquot de Nantes[219].
En 2001, Pascal Thomas y tourne Mercredi folle journée !...[220]. En 2004, c'est Claude Chabrol qui réalise La Demoiselle d'honneur dans la banlieue nantaise. Un baiser s'il vous plaît, le film d'Emmanuel Mouret est tourné à Nantes en 2007.
La Loire et son estuaire sont au cœur d'événements nautiques et culturels d'envergure.
En 2006 a été lancée la première édition des Rencontres du Fleuve. Cette manifestation a pour but de rassembler toutes sortes de navires fluviaux ou maritimes typiques d'hier ou d'aujourd'hui. « Ambulantes », ces Rencontres du Fleuve parcourent l'estuaire de la Loire d'Ancenis à Saint-Nazaire en faisant escale dans les diverses communes bordant le fleuve[221]. Proposée en juin, cette manifestation a lieu tous les deux ans durant deux semaines[222].
Le Maxi Banque Populaire V à l'occasion de son baptême.
Les bateaux de la Solidaire du Chocolat au mouillage.
En 2007, est lancée la biennale d'art contemporain Estuaire. Conçue en trois opus, cet événement a pour but de présenter diverses œuvres artistiques prenant pour la plupart place dans la nature ou le tissu urbain le long de l'estuaire de la Loire de Nantes à Saint-Nazaire.
En 2009, le skipper Damien Grimont, fondateur du Record SNSM, crée une nouvelle course transatlantique en double baptisée Solidaire du Chocolat. Cette course est unique en son genre puisqu'elle est entièrement dédiée aux monocoques Class40 et a pour but de financer des associations soutenant une œuvre d'intérêt général grâce à des mécènes[223],[224].
Née en 1979, une compagnie de théâtre de rue, le Royal de Luxe s'installe à Nantes dix ans plus tard. Le Royal y a notamment présenté La véritable histoire de France, Cargo 92, Les embouteillages, le Géant tombé du ciel, Le péplum, La maison dans les arbres, Retour d'Afrique, Petits contes nègres titre provisoire, La visite du sultan des Indes, La révolte des mannequins et, en 2010, La petite géante et le scaphandrier[225]. Par ailleurs, l'idée de l'éléphant de La visite du sultan des Indes est reprise et développée avec succès par Les Machines de l'île.
En mai 2011, la ville accueille le spectacle El Xolo de Royal De Luxe, contenant 3 géants : La petite géante, El campesino (son oncle), et El Xolo, le chien, qui dans la tradition aztèque accompagnait les morts dans l'au-delà (en référence à Xolotl). Mais la surprise était aussi dans le mystérieux mur qui est « tombé » du ciel, une fresque qui représente les évènements de l'histoire de Nantes.
Les autres événements majeurs concernent tous les domaines artistiques[226]. En musique, La Folle Journée[227] s'adresse aux amateurs de musique classique, tout comme le Printemps des arts, tandis que Tissé Métisse, HIP OPsession, Soy, Scopitone, Aux heures d'été et les Rendez-vous de l'Erdre[228] sont consacrés aux musiques actuelles et au jazz. Le cinéma est à l'honneur avec le festival des 3 Continents, les festivals des cinémas allemand, espagnol, britannique et italien, le festival La Semaine tout courts. Les évènements festifs traditionnels sont la fête foraine de Nantes[229] et le carnaval de Nantes. D’autres domaines ont leur manifestation spécifique, la science-fiction avec les Utopiales, l'art floral avec les Floralies internationales, enfin, les arts numériques durant le festival Scopitone. Pluridisciplinaire, le festival Voisinages rassemble des artistes de l'ensemble des Pays de la Loire. Le festival Juste pour rire a quitté Nantes en 2010.
La Folle Journée à la Cité des congrès de Nantes.
les Rendez-vous de l'Erdre, quai Ceineray.
Festival Aux heures d'été.
La gastronomie nantaise se compose de plusieurs produits typiques. La position de la région nantaise le long de la vallée de la Loire a favorisé le maraîchage. La région assure près de 85 % de la production nationale de mâche[230], salade cultivée depuis la Renaissance dans des sols sablonneux. Les maraîchers nantais du bassin de l’estuaire de la Loire la récoltent surtout en hiver.
Une des spécialités proposées au menu de quelques restaurants locaux est le lard nantais ; une préparation composée de couenne, de foie, de poumon et de côtelettes de porc dégustée de préférence avec du muscadet, se consomme aussi aux alentours de Nozay et Savenay[231].
Le beurre blanc également appelé beurre Nantais est une sauce typique de la région inventée par Clémence Lefeuvre[232], cuisinière du marquis de Goulaine, au début du XXe siècle. Il s'agit d'une réduction d'échalotes grises ciselées dans du vinaigre et du muscadet ensuite montée au beurre[233], qui accompagne les poissons de rivière (la sandre ou le brochet), comme les poissons marins (le lieu noir ou l'alose).
La région nantaise a son fromage traditionnel, le curé nantais, qui peut être affiné au muscadet. À base de lait de vache cru et entier, à pâte molle à croûte lavée, il est de forme carrée avec les bords arrondis. Créé en 1880 à Saint-Julien-de-Concelles, il est désormais produit à Pornic[234].
Du côté des desserts et confiseries, le berlingot nantais a été créé par des confiseurs locaux au XIXe siècle[235], profitant des arrivages de sucre des Antilles dans le port de commerce. Plus tendre que le berlingot, la rigolette, inventée en 1902, est une coque de sucre cuit renfermant de la pulpe de fruit[172]. Le « gâteau nantais » est un quatre-quarts fabriqué à base de poudre d'amandes et relevé de rhum[233]. Une autre pâtisserie du cru est la fouace nantaise[236] à l'origine fabriquée à La Haie-Fouassière ; elle accompagnait la dégustation de muscadet à l'automne. Il s'agit d'un pain enrichi en sucre et en beurre, aplati et façonné en forme d'étoile à six branches. On compte également des biscuiteries de renom ; LU et BN produisent respectivement le Petit beurre[237] et les biscuits fourrés[233].
Le vignoble nantais produit notamment deux vins blancs secs réputés. Le premier, le muscadet, est issu d'un cépage unique, le melon, dont l'aire de production se situe sur les coteaux de l'Est du département entre le lac de Grand-Lieu et la vallée de la Loire. Il est divisé en quatre sous-appellations labellisées AOC. Le second, le gros plant nantais, issu du cépage folle-blanche, est labellisé VDQS. Ce sont des vins très appréciés en accompagnement de fruits de mers et de coquillages.
Le Nantillais, autre boisson typiquement nantaise, est un sirop créé au XVIe siècle, composé de gingembre, de zestes d'orange douce, de citron jaune, de cassis ou de fleur d'hibiscus. Il est souvent servi avec du muscadet lors de l'apéritif.
Véritable Petit beurre de la marque LU.
En 2010, la région nantaise, leader européen du marché, concentre 90 % de la production nationale de muguet de mai. 60 millions de brins sont produits dans le pays nantais, pour un chiffre d'affaires de 12 millions d'euros. 7 000 contrats saisonniers sont générés au moment de la récolte qui se déroule principalement fin avril afin de fournir la demande massive du 1er mai[238].
| Blasonnement
De gueules au vaisseau équipé d'or, habillé d'hermine, voguant sur une mer de sinople mouvant de la pointe et ondée d'argent, au chef aussi d'hermine.
Commentaires : la nef d'or, symbole du commerce portuaire, vogue sur une mer de sinople, couleur symbolisant le fleuve qui se jette dans l'Océan Atlantique. L'hermine et sa moucheture typique évoque le blasonnement d'hermine plain de la Bretagne, rappelant l'appartenance passée de la ville au duché de Bretagne, dont Nantes a été l'une des capitales.
|
| Blasonnement
De gueules au vaisseau équipé d'or, habillé d'hermine, voguant sur une mer de sinople mouvant de la pointe et ondée d'argent, au chef aussi d'hermine ; l'écu timbré d'une couronne murale et entouré d'une cordelière.
Commentaires : la couronne murale est un symbole de l'autonomie de la cité (sous l'Ancien Régime). Ce symbole ne remplace la couronne comtale (des comtes de Nantes) qu'en 1754. La couronne murale a été remplacée par une couronne ducale depuis[239]. La cordelière est la représentation de l’ordre de la Cordelière fondé par la duchesse Anne de Bretagne en l'honneur de son père, le duc François II de Bretagne, dont le saint patron était François d'Assise, fondateur des franciscains, appelés Cordeliers en France. Nantes est faite Compagnon de la Libération le 11 novembre 1941[240] et reçoit la Croix de Guerre le 11 novembre 1948. Les deux décorations sont alors rajoutées et positionnées à la base du blason[90].
|
À l'origine, ces armoiries sont le sceau du conseil des bourgeois de Nantes en 1350. Confirmé par le roi de France Henri II en 1564, le blason conserva son chef d'hermine et la devise : Oculi Omnium In Te Sperant Domine (« Les yeux de tous se tournent vers toi et espèrent, Seigneur »). La mer était alors d'azur (bleue). En 1808, Napoléon Ier chargea le chef de Bretagne d'un comble de gueules à trois abeilles d'or et la mer devint de sinople. En 1815, le chef redevint d’hermine plain et la devise changea en : Favet Neptunus Eunti.
Armoiries en vigueur sous l'Ancien Régime
Armoiries en vigueur sous le Premier Empire
En 1986, la municipalité se dote d'un logo officiel pour représenter la ville. Des barres grises verticales formant un hexagone sur lequel est superposée une vague bleue rappelant la forme de l'estuaire. Depuis 2005, Nantes dispose d'un nouveau logo[90].
Depuis le XIVe siècle, la devise de la ville était Oculi Omnium In Te Sperant Domine (« Les yeux de tous se tournent vers toi et espèrent, Seigneur »)[241]. En 1814, Prosper de Barante, préfet de Loire-Inférieure, proposa une nouvelle devise[242] : Favet Neptunus Eunti, ce qui se traduit par « Neptune favorise ceux qui osent », « Neptune favorise sa marche », ou encore par « Que Neptune favorise le voyageur[241] ». Cette devise, positionnée au-dessus de l'écu, contrairement à l'usage, fut approuvée par lettres patentes du roi de France Louis XVIII le 3 février 1816. Celle-ci est toujours la devise en vigueur[90].
: Ouvrage utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Olivier Pétré-Grenouilleau, Nantes, histoire et géographie contemporaines, 2008 (voir en bibliographie)
Autres références