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| Nouveau Parti anticapitaliste | |
|---|---|
| Présentation | |
| Porte-parole | Myriam Martin Christine Poupin |
| Fondation | 5 février 2009 |
| Siège | 2, rue Richard-Lenoir 93100 Montreuil |
| Idéologie | Anticapitalisme, socialisme, internationalisme, écologisme, écosocialisme, communisme, antiproductivisme, démocratisme, féminisme[1]. |
| Affiliation européenne | Gauche anticapitaliste européenne |
| Couleurs | rouge |
| Site web | www.npa2009.org |
| Représentation du parti | |
| Députés | Le parti n'est actuellement pas représenté à l'Assemblée nationale[2]. |
| Sénateurs | Le parti n'est actuellement pas représenté au Sénat[3]. |
| Députés européens | Le parti n'est actuellement pas représenté au Parlement européen[4]. |
Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) est un parti politique français d'extrême gauche, fondé en février 2009 à l'issue d'un processus de fondation initié par la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) immédiatement après l'élection présidentielle de 2007[5].
Le NPA revendique 4 500 adhérents en octobre 2011[6].
Sommaire |
À l'issue de l'élection présidentielle de 2007 où Olivier Besancenot a réuni sur son nom 1 498 581 voix, la LCR a annoncé la volonté de créer « un nouveau parti anticapitaliste » implanté dans la jeunesse, les entreprises, les services publics, les quartiers populaires. Elle propose ainsi à tous les « anticapitalistes » de se rassembler pour construire les mobilisations qui, pour elle, doivent préparer un changement radical, révolutionnaire, de la société.
La LCR estime que ce nouveau parti doit :
À partir de septembre 2007, des réunions publiques ont été organisées dans les villes, entreprises et universités de la France afin de discuter des modalités de ce nouveau parti avec tous ceux, individuels, équipes militantes, courants politiques, pouvant être intéressés.
Les échéances de la constitution de ce parti ont été fixées lors de la réunion de juin 2007 de la Direction nationale de la LCR. Ce projet se distingue sur la plupart des points de celui du « parti anticapitaliste stratégiquement non délimité » des années 1990. Le moteur principal de la construction de ce parti est la Ligue communiste révolutionnaire.
Lors du congrès national de janvier 2008 de la LCR, trois plates-formes (A, B et C) se sont exprimées sur ce projet.
Celui-ci entérine avec 83 % des voix l'orientation de la plate-forme A, pour qui le nouveau parti anticapitaliste doit être lancé par un processus de réunions locales aboutissant à la création de « comités pour un nouveau parti », pour être centralisés au niveau national en juin, lors d'une rencontre nationale rassemblant les délégués de ces comités.
La rencontre nationale permettant de mettre en place un « comité d'animation » autonome par rapport à la LCR, pour animer le processus constituant jusqu'au congrès de fondation.
Les comités sont constitués de tout individu, équipe militante, courant politique, pouvant être intéressé par ce nouveau parti et ses trois délimitations fixées, notamment l’indépendance stricte vis-à-vis du social-libéralisme du Parti socialiste. Ils ont pour objectif de discuter du programme, du fonctionnement et de l’orientation du nouveau parti.
Pour les plates-formes B et C (respectivement 14 % et 3 %), le nouveau parti ne doit pas se définir comme anticapitaliste et révolutionnaire, et doit s'adresser à l'ensemble des courants antilibéraux — les révolutionnaires devraient se satisfaire de constituer un des courants dans le nouveau parti. Pour ces plates-formes, il faut donc plutôt chercher à négocier un accord « par le haut » avec les directions d'autres courants constitués de la gauche antilibérale par exemple des courants du PCF ou des courants minoritaires du PS comme PRS[7] pour la B, ou les collectifs antilibéraux pour la C. Cependant un certain nombre de ces courants antilibéraux ne posent pas comme une de leurs priorités la question d'indépendance vis-à-vis du Parti socialiste.
Au cours des mois suivants, des comités pour la construction du nouveau parti sont mis en place dans de nombreuses villes, conformément à l'orientation de la plate-forme A.
Lors de la réunion nationale des comités du 28 et 29 juin 2008, 300 comités, dont 50 « comités jeunes », ont été représentés par 900 à 1 000 délégués venus de tout le pays. Les comités regroupent à ce moment-là environ 10 000 militants, dépassant largement les 3 500 revendiqués de la LCR et des JCR[8].
Lors de cette réunion, les délégués des comités rédigent un appel national[9] précisant les contours du nouveau parti, qu'ils souhaitent « anticapitaliste, internationaliste, antiraciste, écologiste, féministe, révolté par toutes les discriminations ».
Ils désignent également un « Comité d'animation national » (CAN) d'environ 70 personnes, dont 20 issues de la LCR. Ce comité devant servir à piloter le passage au nouveau parti et permettre aux comités de prendre leur indépendance vis-à-vis de la direction de la LCR.
Le comité d'animation comprend également des représentants des deux autres groupes nationalement constitués participant au processus en tant qu'observateurs : la fraction l'Étincelle de Lutte ouvrière (LO) et la Gauche révolutionnaire.
Les 8 et 9 novembre 2008 a eu lieu la deuxième rencontre nationale des comités, regroupant des représentants des différents comités locaux afin de travailler sur les textes du congrès de fondation.
Elle est précédée par une réunion nationale des comités « Jeunes » les 18 et 19 octobre 2008.
Le congrès de fondation du NPA prévu initialement au dernier week-end de janvier 2009 a été repoussé aux 6-8 février, en raison de l'appel intersyndical à manifester lancé pour le 29 janvier 2009[10].
Il revendique alors 9 123 cartes de membres fondateurs[11], soit trois fois les effectifs de la LCR[12].
Lors de ce congrès de fondation, le nom de « Nouveau Parti anticapitaliste » (NPA) a été définitivement adopté au second tour par 53 % des 595 délégués présents, qui l'ont préféré à « Parti anticapitaliste révolutionnaire » (PAR)[13]. Au premier tour, ils avaient écarté « Parti de la gauche anticapitaliste » (PGA), « Parti anticapitaliste » (PA) et Agir (Alliance ou Alternative de la gauche internationaliste et révolutionnaire). Malgré cela, l'option révolutionnaire reste d'actualité selon Olivier Besancenot : « Le NPA n’est pas trotskiste uniquement. Il reprend toutes les traditions révolutionnaires, marxistes mais aussi libertaires[14] ».
Dès le début de la grève générale des Antilles[15], le NPA a affirmé son soutien au LKP, le présentant comme « un exemple à suivre et à méditer », et préconisant l'émergence de collectifs autonomes locaux « partout en France[16] ». Dans une interview accordé au JDD, Olivier Besancenot qualifie Élie Domota, porte-parole du LKP, de « grande figure », qui « a fait un sans-faute ». « Au-delà de l'histoire coloniale, tout le monde a un point commun avec eux, c'est la spoliation, la profitation comme ils disent [...] Il faudrait faire des collectifs contre la profitation partout en France[16] ». Olivier Besancenot se rend en Guadeloupe au plus fort de la grève, sur invitation du LKP, et à nouveau lors de manifestations du 1er mai 2009[17].
Lors de son congrès de fondation, le NPA se déclare « favorable à un accord durable de toutes les forces qui se réclament de l'anticapitalisme » autour de trois axes :
Les discussions sont entamées sur ces bases avec plusieurs organisations d'extrême gauche et de la gauche antilibérale, sans pour autant aboutir à des listes d'alliance.
Avec le PG et le PCF, elles achoppent sur la question de l'indépendance vis-à-vis du PS[19]. Le conseil politique national (CPN) du NPA décide alors par 183 voix contre 7 le choix de ne pas rejoindre le Front de gauche le 8 mars 2009[20]. Le même jour, Christian Picquet, animateur de l'association Unir qui a soutenu l'amendement minoritaire sur les européennes (16 %) puis le texte favorable à une participation au Front de gauche (3,7 %), annonce lors du premier meeting du Front de gauche qu'il fonde un nouveau mouvement, la Gauche unitaire, qui rejoint immédiatement le « front ». Après un vote de leurs militants, Les Alternatifs décident, quant à eux, de ne pas prendre part aux européennes par 55 % contre 41 % favorables à une alliance avec le NPA[21].
Le NPA présente ainsi ses propres listes dans chacune des sept circonscriptions de France métropolitaine. Parmi les têtes de listes présentées à ces élections, deux sont issues du bureau politique de l'ex-LCR (Christine Poupin dans le Nord-Ouest, et Myriam Martin dans le Sud-Ouest), deux autres sont issues de la LCR hors exécutif (Omar Slaouti en Île-de-France et Christian N'Guyen dans le Centre), et les trois autres têtes de listes ne sont pas issues de la LCR (Laurence Debouard dans l'Ouest, Yvan Zimmerman dans l'Est, et Raoul Marc Jennar dans le Sud-Est).
Selon le journal Le Monde, après ce premier conseil politique national (CPN), des membres du Collectif L'Appel et la pioche protestent contre des têtes de listes désignées majoritairement par l'ancienne direction de la LCR sans appel à candidatures[22]. La diffusion dans la presse de propos issus d'échanges internes est immédiatement dénoncée par Leila Chaibi, animatrice de L'Appel et la pioche estimant que ce genre d'échange est « entièrement normal » dans un parti en construction et que l'absence de débat serait au contraire une marque de « stalinisme[23] ».
Le NPA participe à une campagne commune avec la Gauche anticapitaliste européenne, et son porte-parole Olivier Besancenot participe à plusieurs meetings à l'étranger : au Portugal en soutien du Bloc de gauche, à Madrid et Barcelone en soutien d'Izquierda anticapitalista, ainsi qu'en Pologne en soutien du Parti polonais du travail et en Belgique en soutien de la liste unitaire LCR-PSL[24]. Le slogan développé lors de cette campagne est « Partout en Europe, pas question de payer leur crise » autour de l'objectif d'une « Europe sociale écologique démocratique anti-impérialiste et solidaire » et de mesures phares comme l'interdiction des licenciements, en réponse à la crise économique et sociale.
Les listes du NPA obtiennent finalement 840 713 voix, soit 4,88 % des suffrages exprimés (4,98 % en métropole[25]), et aucun élu. Interprétant ce score comme un « bon départ »[26], Olivier Besancenot prévient le soir de l'élection qu'il faudra maintenant « faire avec la gauche anticapitaliste dans ce pays »[27].
Selon le journal Le Monde, des militants sont déçus du résultat et quatre membres du conseil politique national choisissent de démissionner, alors que des membres de l'ancienne minorité de la LCR critiquent le fonctionnement du NPA, et dénoncent une baisse des effectifs[28].
Après cinq mois de discussions autour d'accords électoraux pour les élections régionales de 2010, les militants se positionnent sur trois positions différentes lors d'une consultation interne début décembre : la poursuite des négociations sur la base « majoritaire » de la direction (position A, 36,3 %); une option souhaitant pousser plus loin les concessions afin d'obtenir un accord avec le PCF et le PG (position C, 31,5 %) ; une option souhaitant acter la rupture avec le « Front de gauche » et démarrer sa propre campagne (position B, 28,5 %)[29]. Ce résultat est considéré par certains comme un revers pour la direction nationale[30].
Chargé de faire la synthèse, le conseil politique national du parti réuni à Pantin le 13 décembre acte à 70 % des voix l'impossibilité de parvenir à un accord national avec les autres forces de la « gauche radicale », tout en poursuivant les discussions unitaires avec le PG, dans les cinq régions où le PS et le PCF font liste commune (Bretagne, Champagne-Ardenne, Lorraine, Bourgogne et Basse-Normandie). Le texte adopté confirme les « fusions techniques » de deuxième tour avec les partis de gauche, sans participation aux exécutifs[31].
La candidature de la jeune trésorière du NPA de Vaucluse, Ilham Moussaïd, qui porte un foulard a suscité un vif débat dans la classe politique. La direction nationale du NPA a annoncé la tenue d'un débat sur cette question pour son congrès de novembre 2010[32].
Le score global des 21 listes présentées ou soutenues par le NPA s'établit à 3,4 % et est analysé par le NPA comme n'étant « pas bon »[33].
Les quinze listes « autonomes »[34] du NPA obtiennent « 2,85 % contre 4,98 % de moyenne nationale lors des européennes de 2009 »[33] et aucune d'entre elle ne parvient au seuil des 5 % nécessaires pour une éventuelle fusion au deuxième tour. Le porte-parole Olivier Besancenot candidat en Ile-de-France obtient 3,13 % des voix.
Les listes alliées au PG dans trois régions obtiennent des scores compris entre 4 % et 5 % (notamment 4,99 % en Basse-Normandie).
Deux des trois listes d'union avec le Front de gauche dépassent les 5 % (8,59 % en Languedoc-Roussillon et 13,13 % en Limousin). Dans cette dernière région la liste PS refuse de fusionner avec elle pour le deuxième tour du fait de la présence du NPA. La liste appelée « Limousin Terre de Gauche » (composée du PCF, du PG, des Alternatifs et du NPA) est conduite à se maintenir au second tour, où elle obtient 19,10 % des voix, donnant ses deux seuls élus régionaux au NPA, Véronique Momenteau et Stéphane Lajaumont.
Pour le deuxième tour, le NPA appelle nationalement à « infliger la défaite la plus importante possible aux listes soutenues par Sarkozy et l’UMP », tout en appelant à un « troisième tour social » autour de la mobilisation sur les retraites[35].
Le NPA s'est peu investi dans ce scrutin jugé peu stratégique, ne soutenant des candidats - certains membres du NPA et d'autres soutenus par des accords locaux - que dans 10% des cantons, avec des résultats faibles[36], à l'exception notable du Limousin où, dans la continuité de l'alliance Limousin Terre de Gauche (PCF, PG, NPA et Alternatifs) les résultats ont été supérieurs, en moyenne, à 15%, avec des résultats en progrès. Le NPA a été aussi médiatisé pour la présentation par le Front national[37] d'un syndicaliste ex-candidat du NPA aux régionales[38].
Après avoir été plusieurs fois repoussé, notamment à cause du mouvement contre la réforme des retraites, le premier congrès du parti se tient finalement le 11 février 2011.
Pour ce congrès, quatre positions différentes sont défendues dans le cadre du débat d'orientation. Le résultat du vote lors des Assemblées générales électives conduit à une absence de majorité absolue au sein du parti, la position 1[Quoi ?] défendue par la direction sortante rassemblant 40,83 % des voix, la position 2 opposée à toute alliance électorale avec la gauche institutionnelle 28,29 %, la position 3 favorable à un rapprochement électoral avec le Front de gauche 27,20 % et la position 4[Quoi ?] soutenue essentiellement par la tendance CLAIRE 3,40 %[6]. Le congrès permet également de constater la baisse du nombre d'adhérents, passé de 9 123 au moment du congrès de fondation à environ 6 000 deux ans plus tard. La participation tombe également à 3 550 participants[6] contre environs 4 500 lors du vote sur les élections régionales[29].
Le vote des délégués lors du congrès donne des résultats à peu près similaires : 41,8 % pour la P1, 27,8 % pour la P2, 26,4 % pour la P3 et 3,7 % pour la P4[39]. Chaque position a reçu un nombre de représentants au CPN proportionnellement équivalent à ces résultats. À l'issue du congrès, sept membres de l'ancien CPN favorables à un rapprochement avec le Front de gauche annoncent leur départ du NPA dans une tribune commune[40].
Olivier Besancenot ayant annoncé qu'il renonçait à être candidat à l'élection présidentielle française de 2012, le NPA doit fixer sa stratégie pour proposer soit un candidat issu de ses rangs, soit une personnalité du mouvement social[41]. La conférence nationale du NPA, s'étant réunie du 25 au 26 juin 2011, a désigné Philippe Poutou, ouvrier dans l'automobile, pour représenter le parti à la présidentielle[42].
Toutefois, l'ancienne majorité s'est divisée et 41 % des voix vont à la plate-forme minoritaire prônant un rapprochement avec le Front de gauche, cette nouvelle minorité étant animée notamment par Pierre-François Grond, Frédéric Borras et la co-porte-parole Myriam Martin. Le troisième texte, prônant une alliance avec Lutte ouvrière, atteint 5,75 %[43].
Le NPA se veut un parti des luttes sociales et écologistes, refusant le réformisme.
Dès la rencontre de juin 2008, il déclare vouloir incarner une « gauche qui ne renonce pas, une gauche de combat, anticapitaliste, internationaliste, antiraciste, écologiste, féministe, révoltée par toutes les discriminations » et viser une « transformation révolutionnaire de la société », afin d'élaborer « une nouvelle perspective socialiste démocratique pour le xxie siècle » en mettant fin à l'économie de marché[9].
Il ne revendique pas une adhésion formelle à un des courants du marxisme — trotskisme, guévarisme, etc. — même s'il y a dans ce parti des militants de ces courants, ainsi que des militants issus de l'anarchisme ou de l'altermondialisme.
Lors de son congrès de fondation, le NPA précise ses fondements idéologiques, expliquant en préambule que « la seule réponse à la crise globalisée du capitalisme, le combat dont dépend l’avenir de l’humanité, c’est le combat pour un socialisme du xxie siècle, démocratique, écologique et féministe[44] ».
Le NPA prône une orientation révolutionnaire visant le renversement de l'État, considérant qu'il « n’est pas possible de mettre l'État et les institutions actuelles au service d’une transformation politique et sociale » et que celles-ci « doivent être renversées pour fonder de nouvelles institutions au service et sous le contrôle des travailleurs et de la population ».
Il souhaite « en finir avec l'exploitation, donc avec la propriété privée des principaux moyens de production, d'échange et de communication », fondement du capitalisme, à laquelle il oppose « la démocratie des producteurs/trices associé-e-s décidant librement et souverainement quoi produire, comment et à quelles fins »[44].
Il s'oppose aux régimes de l'ex-Bloc soviétique, qu'il qualifie de « dictatures bureaucratiques », et soutient que « les libertés démocratiques qui ont pu être conquises sous le régime capitaliste seront consolidées et développées ».
Le NPA défend ainsi la perspective de « l'auto-organisation et l'autogestion démocratiques de la société », impliquant « les plus larges libertés d'organisation et d'expression politiques, syndicales et associatives »[44].
Sur la question écologique, il réfute l'idée de « capitalisme vert » et lui oppose l'écosocialisme. Fustigeant « toute forme de productivisme », il défend une « relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses, la décroissance de la consommation des ressources non renouvelables et la remise en cause de secteurs d’activité énergétivores, inutiles, polluants ou dangereux, en particulier le nucléaire »[44].
Parmi ses prises de position écologistes, le NPA s'oppose notamment à la culture des OGM en plein champ, et adhère au Réseau sortir du nucléaire.
C'est à partir de cette double perspective anticapitaliste et antiproductiviste que le NPA mène des campagnes communes avec des courants se réclamant de l'objection de croissance[45]. C'est ce qui le distingue notamment d'autres partis d'extrême gauche comme Lutte ouvrière[46].
Le NPA s'oppose à toute hiérarchisation des populations, considérant que « le socialisme implique la fin de toutes les oppressions, de tout racisme et de toute discrimination ; le respect des cultures, des langues, des orientations sexuelles, des opinions philosophiques, religieuses, de la laïcité des administrations et pouvoirs publics ».
Il considère également que les femmes sont victimes d'une « oppression spécifique » et que « la lutte des femmes contre leur oppression est un aspect essentiel de la lutte contre la domination capitaliste », en conséquence de quoi « il n'y aura pas de socialisme sans libération complète des femmes ».
Enfin, il s'oppose à l'impérialisme et au néocolonialisme, soutenant le « droit à l'autodétermination des peuples » ainsi que « les luttes de libération nationale »[44]. Ses militants souhaitent en faire la préfiguration d'un grand parti anticapitaliste au niveau européen[47]. Le NPA n'est pas membre d'une Internationale, mais conserve des liens avec la IVe Internationale, dont la LCR était la section française.
La structure de base du NPA est le comité, regroupement de militants sur des bases géographiques ou professionnelles, autour duquel s'organise l'activité militante.
Les orientations politiques du parti sont définis lors des différents congrès (locaux ou nationaux), le congrès étant « souverain en matière de programme, de fonctionnement et d’orientation nationale ». Le congrès sert également à élire les instances de direction, à parité hommes-femmes et à la proportionnelle « des orientations politiques contradictoires soumises au vote du congrès », et à en définir le mandat politique. Ces directions obéissent au principe de rotation des mandats et sont révocables[48].
L'instance de direction à l'échelle nationale est le conseil politique national (CPN). Celui-ci a pour règle d'être « représentatif du parti, de sa réalité géographique comme de ses commissions nationales, et de ses sensibilités politiques » et comporte environ 150 membres[49]. Le CPN se réunit au moins quatre fois par an.
Celui-ci élit en son sein le comité exécutif (CE), responsable de l'activité nationale : « représentation du NPA, animation nationale des campagnes, réaction à l’actualité politique et sociale française et internationale, collectif de porte-parole... ».
Le CE se dote d'un secrétariat et de permanents, obéissant à des règles strictes : limitation des permanentats dans le temps (rotation), permanentats à temps partiels, révocabilité[48], etc.
Il existe une certaine autonomie locale permettant aux comités de se regrouper à l'échelon qu'ils jugent le plus efficace, généralement le département.
Le mode de fonctionnement de l'instance locale, soit par l'élection d'un exécutif local, soit par une coordination des comités, est choisi librement par les comités concernés[48].
Le NPA est également organisé en commissions thématiques dont le rôle est d'élaborer des orientations et proposer des actions sur un thème spécifique[48].
Il existe notamment des commissions sur le féminisme, l'écologie, les quartiers populaires, l'intervention sur les lieux de travail (CILT), LGBTI, ou sur des domaines particuliers : éducation, santé, agriculture, etc.
Les jeunes militants NPA sont également organisés au sein d'un secteur jeunes autonome, dont le rôle est de coordonner les actions en direction de la jeunesse, dont il élabore lui-même l'orientation. Il dispose également de son propre journal : L'Étincelle anticapitaliste[50].
Une « conférence nationale jeunes » est organisée une fois par an. Celle-ci propose un « secrétariat jeunes » qui est ratifié par le CPN.
Les jeunes sont également représentés dans l'ensemble des instances de directions (locales, CPN, CE)[48].
Le secteur jeunes autonome du NPA regroupe à l'heure actuelle plus de 60 comités[51] en France couvrant une grande partie des universités, plusieurs dizaines de lycées et dispose également de comités regroupant des jeunes travailleurs.
Le NPA donne une importance particulière à la formation politique de ses membres, rendue nécessaire par les règles de rotation et de parité de ses instances de direction. Celle-ci s'organise au sein des comités, lors de stages « décentralisés » (régionaux), et lors de l'université d'été du NPA.
Elle est considérée comme une « conception pluraliste de l’accès aux savoirs critiques et aux outils de compréhension du monde que nous nous situons », afin que les militants puissent être « leurs propres experts ».
Une commission formation, élue par le CPN, est chargée de mettre en place le matériel, les publications, les conférences sur le site, un institut de formation et des équipes de militants chargés de la formation[48].
Le système de presse et de communication est sous la responsabilité d'une commission communication, élue par le CPN.
Celle-ci se compose de trois supports : un site web (accompagné d'une lettre électronique), un hebdomadaire de 12 pages intitulé Tout est à nous ! et un mensuel[48].
Le titre de l'hebdomadaire vient du slogan de manifestations : « Tout est à nous, rien n'est à eux / Tout ce qu'ils ont, ils l'ont volé[52] ».
En tant que parti révolutionnaire rejetant le réformisme, mais participant aux élections, le NPA fixe des règles très strictes sur le contrôle de ses élus :
Les organisations nationales ayant fondé le NPA sont :
La fraction L'Étincelle, exclue de Lutte ouvrière en 2008, dispose quant à elle d'un statut d'observateur au sein du conseil politique national[54].
Le NPA avait un seul courant officiellement constitué, et bénéficiant d'une tribune dans Tout est à nous ! : le courant « Convergences et alternative », qui fut créé le 17 mai 2009 pour défendre les alliances avec les partis de la gauche antilibérale aux élections autour de l'idée d'un « front unitaire dans les luttes comme dans les élections »[58], suite à la scission de l'association Unir (une autre partie fondant la Gauche unitaire et rejoignant le Front de gauche à l'occasion des élections européennes de 2009). Suite à des désaccords avec la politique de la direction du NPA, le courant prend son autonomie en mars 2011 et demande à son tour à intégrer le Front de gauche[59].
Des militants revendiquent également la constitution d'une tendance officieuse, la « tendance CLAIRE » (pour le communisme, la lutte auto-organisée, internationaliste et révolutionnaire), constituée le 14 février 2009, après le congrès fondateur du NPA où son texte a obtenu 2,8 % des suffrages militants, dans le but de faire face « aux importantes limites et faiblesses cristallisées par ce congrès ». Reprenant à son compte le programme fondateur de la IVe Internationale, son objectif est de « convaincre la majorité des militants du NPA d’adopter les orientations révolutionnaires qu’elle propose ». La tendance CLAIRE édite Au clair de la lutte, et affirme qu'elle rassemble des militants de l'ex-Groupe CRI, de l'ex-LCR et des inorganisés[60].
Suite au Premier Congrès du NPA, une partie des membres de la Position 4 ont constitué le Courant communiste révolutionnaire, organisé autour de Vincent Duse et Manuel Georget, tous les deux ouvriers de la métallurgie. Il regroupe des militants de traditions diverses, dont ceux de la Fraction trotskiste - Quatrième Internationale en France.
Le courant « Gauche anticapitaliste », sous-titré « courant unitaire pour l'écosocialisme », est créé par les animateurs de la position B de la conférence nationale lors d'une assemblée constitutive les 5 et 6 novembre 2011. Contestant l'orientation majoritaire du NPA qui selon eux « tourne[rait] le dos à toute la bataille pour rassembler les différentes composantes politiques et équipes du mouvement social qui, à gauche, contestent le social-libéralisme », il défend la création d'un « bloc rassemblant les forces sociales et politiques d'opposition de gauche »[61].
Les 28 et 29 juin 2008, à l'occasion de la première réunion nationale des comités pour un Nouveau Parti anticapitaliste, les responsables de la Ligue communiste révolutionnaire ont confirmé avoir eu des contacts avec Jean-Marc Rouillan (ancien militant du groupe de lutte armée Action directe)[62]. Nathalie Ménigon, ancienne membre d'Action directe, aurait également « fait part de son intérêt pour le Nouveau Parti anticapitaliste[63] ».
Ces contacts ont été dénoncés par Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, qui a jugé qu'Olivier Besancenot était « en train d'utiliser la même stratégie que Jean-Marie Le Pen à l'extrême droite il y a vingt ans, c'est-à-dire un système dans lequel, en réalité, on vient chercher très à gauche et ne reculant jamais devant aucune provocation ».
L'un des fondateurs de la LCR, Alain Krivine, rétorque que si Jean-Marc Rouillan « accepte le programme [du nouveau parti], il viendra, on ne demande pas aux gens leur passé ». Olivier Besancenot ajoute que la LCR appartient « à un courant politique qui désapprouvait et décriait les méthodes d’Action directe à l’époque » dénonçant par ailleurs leur traitement carcéral : « ils devaient faire 18 ans incompressibles, en l’occurrence aujourd’hui ils font du rab[64] ».
Cependant Clémentine Autain, ancienne maire-adjointe de Bertrand Delanoë et un temps intéressée par un ralliement au NPA, déclare : « Autant je me battrai contre la réincarcération de Jean-Marc Rouillan, autant il est hors de question que je sois dans le même parti que quelqu'un qui ne semble pas contester la lutte armée comme méthode politique ! (...) Je me demande parfois si, aux yeux de certains au NPA, il n'est pas plus grave d'avoir participé à un exécutif avec le PS que d'avoir tué des gens... »[65].
Suite à la réincarcération de Jean-Marc Rouillan le 2 octobre 2008, pour une interview donnée à l'Express[66],[67], Alain Krivine dénonce une campagne de diabolisation du NPA en voulant l'assimiler aux actions passés d'Action directe et Olivier Besancenot réclame sa libération[68].
Olivier Besancenot souligne par ailleurs que Maurice Papon a fait beaucoup moins d'années de prison que Jean-Marc Rouillan[69] et que Maurice Papon n'a jamais émis de regrets publics pour sa participation à la déportation de centaines de juifs. La LCR estime qu'il y a deux poids, deux mesures dans cette affaire[70].
Selon le magazine Marianne, le Nouveau Parti anticapitaliste serait l'« allié objectif » du sarkozisme puisqu'il s'oppose au parti socialiste sur son programme pas assez à gauche selon le NPA et ses alliances fréquentes avec des partis centristes, au point de refuser toute alliance de gestion avec le PS, empêchant donc l'union de la gauche ce qui, selon le magazine, affaiblit électoralement le PS et la gauche. Selon le journal Le Monde, le président Nicolas Sarkozy aurait ainsi expliqué à François Hollande dans l'avion de retour de Beyrouth, le 7 juin 2008 : « La droite a mis vingt ans à régler le problème de l'extrême droite, aujourd'hui, c'est à votre tour[71] ! ».
Le NPA et Olivier Besancenot considèrent que la situation de la gauche en France est due au « social-libéralisme » du PS, et à son abdication face à la politique de Sarkozy dans les luttes. Ce qui explique, d'après Alain Krivine, que « Olivier Besancenot apparaît comme le meilleur dirigeant contre Sarkozy, alors que le PS est muet ou même complice du gouvernement, notamment sur la question “des retraites[72]” ».
Dans ce contexte, selon le NPA, les travailleurs doivent avoir entre leurs mains un nouvel outil qui permettra une « transformation révolutionnaire de la société ». Le NPA assure que ce projet est dirigé avant tout contre la droite et répond, par la constitution d'une nouvelle force, à une « gauche en état de sinistrose[72] » en proposant un projet alternatif en totale indépendance avec le social-libéralisme. Olivier Besancenot remarquant à cette occasion que « ceux qui à gauche aident le plus la droite c'est, a priori, ceux qui ne s'y opposent pas » alors que le PS a constitué un groupe de travail pour « étudier » son ascension[73].
Par le passé, la LCR a proposé au PS et au PCF des « fusions techniques » — partout refusées par le PS — au deuxième tour des municipales de 2008[74] et appelle généralement à voter contre la droite[75] ou, le cas échéant, contre l'extrême droite[76] au deuxième tour des élections.
Des personnalités ont reproché au NPA une orientation trop exclusivement protestataire. Le dirigeant de la CFDT François Chérèque a déclaré que sa politique « ça fait un peu rapace »[77] pour la propension du NPA à s'inviter aux entreprises en grève en raison de suppressions d'emplois. Ayant suivi avec intérêt sa fondation, le philosophe Michel Onfray lui reproche sa vocation protestataire symbolisé par son logo en forme de mégaphone, qui ne doit être « pas une fin en soi, mais un moyen pour plus et mieux que lui », et de « [r]envoye[r] la gauche antilibérale dans les bras du PS et de lui reproche[r] cette union contre nature. Mais c'est la faute d'union du NPA avec le restant de la gauche antilibérale que cette dernière se trouvera dans l'obligation d'alliance avec le Parti socialiste[78] ».
Alain Laffont répond à cette critique dans un article de Politis[79]. À ceux qui accusent le NPA de ne pas mettre « les mains dans le cambouis », il répond par l'exemple des élus NPA au conseil municipal de Clermont-Ferrand. Ceux-ci ont gardé leur indépendance en ne s'engageant pas à voter le budget de la ville. De plus il reproche à certains élus de confondre « le cambouis et le pot de confiture ». Enfin il rapporte que les élus NPA agissent au sein du conseil municipal dans « le souci du bien commun et de la santé de la population ».
Une polémique éclate pendant les élections régionales de 2010, à propos de la présence en position inéligible[80] sur sa liste du Vaucluse, d'Ilham Moussaïd, une jeune femme de 21 ans portant un foulard[81],[82]. Elle même se déclare « féministe » et « laïque ». Cette initiative est critiquée par certains politiques dont Laurent Fabius qui l'analyse comme un moyen électoraliste d'attirer l'attention ou encore Nadine Morano qui parle de « provocation »[83]. Cette décision ne fait cependant pas l'unanimité dans le parti[84],[85].
Le NPA, par la voix de son Comité exécutif national, le 8 février 2010[86]« dénonce le flot haineux et hypocrite provenant de l'extrême droite, de l'UMP, ou du PS voire du PG et du PCF » et « confirme que le débat sur « religion et émancipations », prévu avant cette campagne politico-médiatique, aura lieu » lors du prochain congrès du parti. La très large couverture médiatique a amené la presse à produire des commentaires, estimés très éloignés de la réalité par Olivier Besancenot, qui ont obligé le NPA à publier plusieurs démentis[87],[88].
D'autre part, Alain Gresh a fait remarquer que l'abbé Pierre et le chanoine Kir étaient tout deux élus de la République, siégeant à l'Assemblée Nationale, sans que cela ne pose de problème de laïcité[89]. Pour Claude Weill, l’invocation des principes républicains n’est bien souvent que l’alibi de l’islamophobie[90]. D'autres éditorialistes font part de leur agacement face à ce qu'ils appellent de l'acharnement contre tout ce qui est lié de près ou de loin à l'islam[91]. Vincent Geisser compare le traitement réservé à Ilham Moussaïd avec celui de Maryse Joissains-Masini, députée-maire d’Aix-en-Provence, qui porte en permanence une grande croix au cou et qui n'est « que raillée » et n'a jamais déclenché de polémiques[92]. Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate déclare ne pas être choquée qu'Ilham Moussaïd soit candidate, rappelant que l'Abbé Pierre siégeait à l'Assemblée en robe de prêtre catholique[93].
L'association Ni putes ni soumises a annoncé sa volonté de vouloir porter plainte contre le NPA[94], alors qu'un recours en référé déposé contre cette candidature par l'Association de solidarité avec les femmes arabes, a été rejeté par le tribunal administratif de Marseille considérant qu'il « n'existe pas d'atteinte manifestement illégale à une liberté fondamentale »[95].
Fin mars 2010, la fédération NPA du Vaucluse est le théâtre de divisions[96]. Après les élections, la tête de liste départementale du Vaucluse Jacques Hauyé dénonce « l’instrumentalisation de l’islam à laquelle la candidate s’est prêtée » avec le concours de certains militants locaux, avec lesquels il annonce son intention de ne plus collaborer[97].
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