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Un pèlerinage est un voyage effectué par un croyant vers un lieu de dévotion, vers un endroit tenu pour sacré selon sa religion. Le mot pèlerinage vient du latin peregrinatio et signifie voyage à l'étranger ou séjour à l'étranger.
Selon les origines étymologiques, le pèlerin est l'expatrié ou l'exilé. Il est partout un étranger inconnu des hommes. L'un des rôles sociaux des monastères est d'offrir l'hospitalité aux pélerins qui sont en difficultés. Le déplacement des hommes et des femmes, généralement à pied, vers des lieux où ils entrent en contact avec le sacré est une pratique qui apparaît dans de très nombreuses cultures jusqu'à nos jours, et est constaté dès Stonehenge[1] en 2400 avant J.-C. Le pèlerinage est un phénomène quasi universel de l'anthropologie religieuse. Le pèlerin rencontre le surnaturel en un lieu précis où il participe à une réalité autre que la réalité profane.
Le pèlerinage peut constituer aussi une importante source de revenus pour l'industrie du tourisme et de développement pour une région : c'est la présence de Lourdes qui fait de Pau un aéroport international. Sur une entité géopolitique comme le bassin méditerranéen, ce sont quatre "cultures-monde" liées aux identités religieuses chétiennes (catholique et orthodoxe) judaïques et musulmanes[2] qui constituent la base d'un fort flux de touristique dans cette région du monde. Mais au-delà du seul aspect économique, la circulation de personnes désintéressées, curieuses et animées d'un idéal crée des interactions propres à ouvrir et à renforcer en même temps l'identité des cultures concernées (sur les lieux d'origine, d'arrivée et de passage)[3].
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Les plus anciennes descriptions écrites de pèlerins chrétiens et de pèlerinage en Terre sainte remontent au IVe siècle. Les pèlerinages chrétiens au Moyen Âge, contrairement à une idée reçue développée au XIXe siècle, sont rarement des foules de personnes ne voyageant que par piété (pèlerinage pénitentiel ou lors de jubilés comme en attestent les archives de pénitencerie) sur des routes bien balisées, mais le plus souvent des voyages solitaires ou en petits groupes mêlant de nombreux commerçants, généralement vers des sanctuaires locaux (« pèlerinage de recours » favorisé par les récits de miracles liés à ces sanctuaires)[4] et parfois avec des pratiques touristiques[5].
Les principaux pèlerinages chrétiens sont :
Parmi les pèlerinages catholiques, on peut retenir un certain nombre de pèlerinages dédiés à la Vierge Marie, nommés pèlerinages mariaux. Il existe aussi nombre de pèlerinages orthodoxes comme à saint Serge de Radonège à la Trinité-Saint-Serge, près de Moscou. Parmi les autres lieux de pèlerinage européens d'importance, il y a :
En Islam, deux concepts différents sont traduits sous le terme de pèlerinage :
En Tunisie, la ville de Kairouan, première cité de l'Occident musulman (fondée en 670), est considérée, selon la tradition locale, comme l'une des villes saintes de l'Islam et sept pèlerinages à Kairouan valent un pèlerinage à La Mecque[6]. Parmi les hauts lieux de la ville qui font d'elle un important lieu de pèlerinage figurent principalement sa Grande Mosquée (le plus ancien édifice religieux du monde musulman occidental) et la zaouïa de Sidi Sahab (mausolée d'un compagnon du Prophète)[6].
Pour les chiites et certains adeptes de confrérie soufies, les pèlerinages aux mausolées sont aussi recommandés. Pour les mourides, il y a le magal de Touba au Sénégal.
Il y a plusieurs lieux saints d'une grande importance pour les hindous. Certains de ces derniers (en Inde) incluent :
Les hindous croient que venir dans ces endroits mène à la moksha, la libération du cycle des renaissances, le saṃsāra.
Les bouddhistes du monde entier font, s'ils le peuvent, la visite des quatre lieux saints (concernant les faits historiques) liés à la vie de Gautama Bouddha :
les quatre pèlerinages secondaires rappellent des faits « miraculeux » ; du nord-ouest au sud-est : Sâmkâsya (Descente des cieux Tusita), Srâvasti (Grand Prodige magique), Vaisâli (offrande du singe) et Râjagriha (subjugation de l'éléphant furieux).
Le mont Kailash et le lac Manasarovar, tous deux situés au Tibet occidental, lieux de pèlerinage hindou, sont également visités par des pèlerins bouddhistes tibétains et bön.
Les Jaïns aiment faire des pèlerinages (yâtrâ) à leurs nombreux lieux sacrés, à la fois pour raviver leur foi et pour rencontrer souvent parents et amis, lors de certaines fêtes ou foires ; les pèlerins marchent pieds nus et doivent monter souvent de nombreuses marches pour atteindre le sommet des collines qui mènent aux sanctuaires[7]. Parmi les lieux sacrés les plus fréquentés, on peut citer :
La plupart sont des sites avec des darmashâlâ sur place ou à proximité, pour héberger pèlerins et visiteurs. Tout jaïn doit faire au moins un pèlerinage, dans sa vie, à l'un de ces lieux saints[7]. Néanmoins, on peut trouver des temples jaïns hors d'Inde, aux Etats-Unis, en Afrique et en Europe (en Grande-Bretagne tout particulièrement) ; le plus grand site de pèlerinage du jaïnisme en Europe, à l'heure actuelle, est le temple jaïn d'Anvers [8],[9],[10], en Belgique, qui, par ailleurs, est le plus grand temple jaïn hors d'Inde.
Au Japon le plus connu des pèlerinages bouddhistes est le pèlerinage de Shikoku dont les pèlerins sont nommés henro.
Bahá'u'lláh, dans le Livre-Mère (Kitáb-i-Aqdas), a prescrit le pèlerinage (hajj) vers deux endroits : la maison de Bahá'u'lláh à Bagdad en Iraq, et la maison du Báb à Shiraz en Iran. Dans deux tablettes séparées, connues sous le nom de Suriy-i-Hajj, Bahá'u'lláh a prescrit des rites spécifiques pour chacun de ces pèlerinages. Le pèlerinage est recommandé pour les hommes et les femmes qui en sont capables, mais les croyants sont libres de choisir entre les deux destinations, chacune étant considérée comme suffisante. Actuellement, ces deux lieux de pèlerinage sont inaccessibles aux bahaïs. Ce pèlerinage n'est de toute manière pas un pilier de la foi. D'autres principes sont plus essentiels.
Plus tard, Abdu'l-Baha désigna le tombeau de Bahá'u'lláh à Bahji (la qibla) comme lieu de pèlerinage (ziyarat) additionnel. Aucun rite spécifique n'a été prescrit pour ce lieu. À nouveau, ce pèlerinage n'est pas un pilier ni une obligation, mais une recommandation afin de rendre hommage aux personnes centrales : Bahá'u'lláh et le Báb. Beaucoup de bahaïs le font.
Le pèlerinage à Grand-Pré, au Canada, a lieu pour commémorer la Déportation des Acadiens, ayant eu lieu à cet endroit en 1755. Ce pèlerinage n'est donc pas religieux, bien qu'il soit relié à la religion catholique car finissant à l'église-souvenir.
Le concept du pèlerinage a été également trouvé dans l'Amérique centrale précolombienne. Les lieux importants de pèlerinage étaient :
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