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Dans la mythologie grecque, Pan (en grec ancien Πάν / Pán, « tout ») est une divinité de la Nature, protecteur des bergers et des troupeaux. Il est souvent identifié à Phanès ou Protogonos. Au cœur de la tradition orphique, il en est le dieu unique.[réf. nécessaire]
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Pan serait l'un des rares noms divins attribuables à la période commune des Indo-Européens. Avant de devenir le « dieu des pâtres », Pan est un dieu lune, dont la spécialisation ultérieure serait peut-être due à ses cornes, qui sont initialement un croissant de lune[1][réf. à confirmer].
L’Hymne homérique qui lui est consacrée[2] le nomme fils d'Hermès et d'une « fille de Dryops », qui n'est pas nommée. Il nait ainsi sur le mont Cyllène en Arcadie. Devant son apparence monstrueuse, sa mère s'enfuit mais le père apporte son fils sur l'Olympe, où tous les dieux se réjouissent de l'accueillir. Selon l'auteur, ce serait l'origine de son nom : tous [pán] les dieux sont réjouis.
Selon d'autres versions, il passe pour le fils de Zeus et Callisto[3], de Zeus et Thymbris[4], d'Apollon et Pénélope[5], d'Hermès et Pénélope[6] ou d'Ulysse lui-même[7]... Cette ascendance atypique qui relie Pan à Pénélope pourrait résulter d'une confusion entre deux personnages du même nom, Pénélope étant à l'origine une nymphe qui fut ensuite confondue avec l'épouse d'Ulysse[8].
Pour concilier ces différentes variantes, certains auteurs imaginent plusieurs Pan : deux chez Eschyle (fils de Zeus et Cronos)[9] et jusqu'à une quinzaine de Pan différents chez Nonnos de Panopolis[10], les uns issus du Pan primordial (alors considéré comme le fils de la nymphe-chèvre Amalthée et le frère de lait de Zeus), les autres nés d'Hermès par les nymphes Sosé et Pénélope.
L'apparence de Pan aussi est sujette à caution : dans l’Hymne homérique[2], il porte barbe, cornes et pieds de chèvre, mais dans l'art figuré, il est parfois représenté sous les traits d'un jeune homme à tête de chèvre avec une courte queue de chèvre[11].
Selon Ovide (Métamorphoses, XI), Pan défie Apollon dans un concours musical jugé par Tmolos, roi lydien, finalement remporté par le dieu lui-même (le concours, avec notamment la présence de Midas, peut être rapproché de celui qui oppose Apollon et Marsyas).
Pan est présenté comme le dieu de la foule, et notamment de la foule hystérique, en raison de la capacité qui lui était attribuée de faire perdre son humanité à l'individu paniqué, et de déchirer, démembrer, éparpiller son idole. C'est l'origine du mot « panique », manifestation humaine de la colère de Pan.
Si l'on attribue à Pan des comportements peu bienveillants, il faut faire abstraction des attentions qu'il portait aux bergers et à leurs troupeaux dont il était naturellement le protecteur.
C'est Pan qui fournit les chiens de la meute d'Artémis.
Pan est le seul dieu à avoir un jour connu la mort, que l'on peut aussi interpréter comme une représentation du cycle des saisons, et du passage de la belle saison à l'automne puis a l'hiver.
Le christianisme s'inspira de l'apparence et du caractère sulfureux de ce dieu très populaire, et le « diabolisa » en octroyant ses attributs au démon, pour lutter contre le paganisme et toute autre tradition religieuse qui résistait à son implantation.
Ainsi, Syrinx pourchassée par envie s'échappa et fut rassemblée post mortem (et ainsi rattrapée), alors qu'Écho pourchassée par jalousie fut rattrapée puis éparpillée dans la mort (et ainsi disparut). Le mythe de Pan concentre toute la dualité de l'imitation : désir/jalousie, rassembler/éparpiller, présence/absence.
Né dans les bois de l'Arcadie, la région la plus isolée du Péloponnèse, Pan est vénéré par la population locale, attribuant à Pan des éléments pastoraux. À l'origine, il ressemble à un bouc redressé sur ses pattes arrières ; puis, au fil du temps, son humanité apparaît, et au final il ne conserve que deux cornes cachées dans sa chevelure. Les satyres partagent avec Pan des attributs communs, et suivront eux aussi une certaine humanisation : ils sont identifiables par leur barbe et leurs cheveux hirsutes, des oreilles pointues d'équidés, une longue queue chevaline et leur sexe est généralement en érection — attributs que le temps humanisera, notamment avec les textes de Praxitèle. Les satyres apparaissent comme de jeunes rustres, exprimant la brutalité érotique de la jeunesse[13].
Le concours entre Phoebus et Pan a inspiré à Johann Sebastian Bach la cantate profane Geschwinde, ihr wirbelnden Winde BWV 201.
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