Parti ouvrier indépendant
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| Parti ouvrier indépendant | |
|---|---|
| Présentation | |
| Secrétaires nationaux | Gérard Schivardi, Claude Jenet, Jean Markun, Daniel Gluckstein |
| Fondation | 15 juin 2008 |
| Siège | 87, rue du Faubourg-Saint-Denis 75010 Paris |
| Idéologie | Internationalisme, Marxisme, Trotskisme, Socialisme, Communisme, Anarcho-syndicalisme, Euroscepticisme |
| Affiliation internationale | Entente internationale des travailleurs et des peuples, Comité pour une Entente européenne des travailleurs[1] |
| Couleurs | Rouge, Noir |
| Site web | www.parti-ouvrier-independant.com/ |
| Représentation du parti | |
| Députés | ![]() |
| Sénateurs | ![]() |
Le Parti ouvrier indépendant (POI) est un parti politique français créé le 15 juin 2008, à la suite de la dissolution du Parti des travailleurs (PT), qui a joué un rôle important dans son développement. Le POI revendique 10 071 membres fondateurs lors de son premier congrès[2].
Lors de sa fondation, une devise est donnée à ce parti : « Pour le socialisme, la République et la démocratie ».
Son journal hebdomadaire est Informations ouvrières qui se veut une tribune libre de la lutte des classes. Il est tiré à 20 000 exemplaires par semaine[3].
Sommaire |
Parti « ouvrier » renvoie à la classe ouvrière, c'est-à-dire en terme marxiste à la classe qui n'a pour seule richesse que sa force de travail, qu'elle est tenue de vendre à une minorité d'exploiteurs (la classe capitaliste), à qui appartiennent les moyens de production.
Le nom de ce parti renvoie aussi au mouvement ouvrier, porteur de conquêtes démocratiques nombreuses (le temps de travail légal, les conventions collectives, les congés payés, la sécurité sociale etc.) à travers l'association des ouvriers, des paysans, des artisans, des petits commerçants, des retraités, des chômeurs, des intellectuels, des jeunes, dans des organisations indépendantes de la classe capitaliste.
Selon son manifeste[4], le Parti ouvrier indépendant reconnaît la lutte des classes :
« Nous nous prononçons pour un parti ouvrier indépendant fondé sur la reconnaissance que, dans tous les aspects de la vie sociale, économique et politique, se confrontent des intérêts contradictoires. D’un côté, une minorité d’exploiteurs qui possèdent en propre les moyens de production et en usent pour tirer profit de l’exploitation de la force de travail des salariés. De l’autre, l’immense majorité de la population, travailleurs des villes et des campagnes, souvent réduits au travail précaire et déréglementé, au chômage, aux revenus minima, tous ceux qui subissent les conséquences de cette exploitation. »
Ce qui induit dans la suite du manifeste la position suivante :
« [...] le parti ouvrier considère toute question qui lui est posée du point de vue des intérêts des exploités et des opprimés, et non d’un intérêt prétendument général. »
Le Parti ouvrier indépendant se déclare « pour le socialisme », et « entend en finir avec le régime d’exploitation et d’oppression, abolir le patronat et le salariat, établir une société de justice et d’égalité, fondée sur la socialisation des moyens de production et d’échanges ».
Le parti adopte pour principe l’indépendance financière et est organisé sur le mode fédéraliste.
Le POI s'est fondé dans le but de « regrouper durablement en un authentique parti ouvrier » les « militants issus des principaux courants du mouvement ouvrier, issus de la social-démocratie, réformistes, issus du Parti communiste, trotskystes, anarchos-syndicalistes »[5]. Les courants qui existent en son sein ne sont donc pas des tendances en lutte pour la direction du parti, mais au contraire des courants qui se sont regroupés sur une base et des accords communs, sans renier leur histoire respective. Il s'agit donc pour le POI, sous la forme d'un parti, de renouer avec « un acte fondateur du mouvement ouvrier international [qui] fut la constitution de la Première Internationale (1863), regroupant en son sein tous les courants du mouvement ouvrier »[5].
Il existe quatre courants au sein du POI, définis dans les statuts de son manifeste : « Le parti reconnaît tout courant qui se déclare sur la base et dans le cadre du manifeste constitutif, définissant l'accord sur une orientation commune. [...] Chaque membre du parti est libre d'adhérer ou non à un courant ». Le même manifeste précise que « Dans le but de garantir la cohésion du parti et les rapports fraternels et loyaux entre les courants, il est institué un conseil des courants composé de représentants de chaque courant ».
Le POI se prononce dans son manifeste pour la rupture avec l'Union Européenne qu'il présente comme étant un ensemble d'« institutions réactionnaires et antidémocratiques [...] qui vise à provoquer divisions et luttes fratricides artificielles entre populations pour détruire tous leurs droits collectifs », notamment à cause de l'article 87 du traité de Maastricht[13] qu'il dénonce d'avoir pour seul et unique but la défense de la concurrence libre et non faussée du marché, poussant aux privatisations, aux délocalisations et à la casse des statuts ou des droits des travailleurs[14],[15]. À cette Europe, il oppose « L’union libre des peuples et des nations libres de toute l’Europe [...] pour la construction d’un avenir de paix, de travail, fondé sur la défense de tous les acquis sociaux arrachés par la classe ouvrière de nos pays »[4] et c'est pourquoi il est membre de l'Entente internationale des travailleurs et des peuples[16] et du Comité pour une Entente européenne des travailleurs[1].
Etant internationaliste, le POI se prononce contre la guerre, contre l'exploitation et pour le droit des peuples à disposer d'eux-même[17],[18]. Il a donc participé depuis sa création à de nombreuses manifestations allant dans ce sens[19],[20],[21].
Suite à une Conférence de presse donnée le 6 décembre 2008[22], les quatre secrétaires nationaux du POI ont, pour faire face à la crise économique et aux vagues incessantes de licenciements, appelé toutes les organisations se réclamant de la défense de la classe ouvrière et de la démocratie à organiser une marche unie sur Paris pour l'interdiction des licenciements. Pour cela, le POI propose « la constitution d'un comité national, dans le respect de la diversité et des positions de chaque parti, pour l'organisation d'une marche unie sur Paris pour l'interdiction des licenciements. »
Depuis, des comités locaux se sont constitués dans toute la France sur le mot d'ordre « interdiction des licenciements » et appelant à cette marche unie sur Paris[23],[24], mais aucune autre organisation politique n'y participe nationalement.
Le POI a organisé plusieurs meetings depuis la conférence de presse de décembre 2008 pour appeler à la marche unie sur Paris. Le premier rassemblement eu lieu à Montreuil le 8 février 2009 où 4000 personnes furent réunies selon le POI[25]. Suivirent les meetings de Ginestas le 7 mars (400 participants), de Nantes (1000 participants) et de Toulouse (200 participants) le 21 mars, de Sarreguemines (250 participants) et de Vénissieux (1100 participants) le 22 mars, de Marseille (700 participants) le 29 mars et enfin, le meeting de Bordeaux (250 participants) le 4 avril.
À tous ces meetings, des élus et des membres du POI prirent la parole, ainsi que des élus d'autres partis de gauche (du PCF notamment)[réf. nécessaire], des syndicalistes, des ouvriers et des jeunes[26],[27],[28].
Le 16 mai 2009, le POI organisa un rassemblement (qui n'est pas la marche unie contre les licenciements à laquelle il appelle, mais qui fut un des sujets central et abordé) dans Paris, où des militants de toute l'Europe prirent la parole, ainsi que Jean-Jacques Karman, membre de la direction nationale du PCF[29],[30].
La conférence de Puteaux, qui réunit les délégués des comités pour l'interdiction des licenciements, appela le 5 septembre à un nouveau rassemblement à Paris le 28 novembre 2009[31]. Ce dernier s'est tenu devant l'Assemblée Nationale. Plusieurs délégués, membres de divers partis se réclamant de la classe ouvrière ou syndicalistes, représentant d'usines en lutte pour la plupart y ont pris la parole[32],[33].
Le Parti ouvrier indépendant s'est déclaré pour le retrait de la réforme des retraites que le gouvernement prévoyait de mettre en place pour l'année 2010 notamment, car ce serait « uniquement pour satisfaire aux exigences des fonds spéculatifs, principalement nord-américains »[34]. Le POI estime que « rien ne doit être touché, ni les 60 ans », « ni la durée de cotisation, ni le régime général », « ni les régimes spéciaux »[35]. Pour combattre cette réforme, il a donc engagé une campagne intitulée « Stop ! Ne touchez pas à nos retraites ! » et a appelé à la création de comités[36],[37] dans toutes la France sur ce thème.
Le POI a organisé deux meetings se voulant "unitaires" sur la question des retraites, tous deux à la Mutualité, en février et en mai 2010[38],[39].
Une fois les journées de mobilisation contre la réforme des retraites appelées par les syndicats finies, le POI prit position pour dire que selon lui « rien n’est terminé »[40] et c'est pourquoi il appela à la tenue d'une « conférence nationale de délégués pour l’unité ouvrière » le 11 décembre 2010 dont le but était d'« élaborer avec ces milliers de cadres ouvriers qui ont combattu dans leurs organisations syndicales pour l’unité pour le retrait de la réforme des retraites les formes les plus adaptées de l’organisation politique indispensable à la poursuite et à l’élargissement du combat contre le "consensus" prôné par François Fillon à l’adresse des dirigeants ouvriers »[41].
Le POI a présenté des candidats dans 178 cantons lors de ces élections[42],[43].
Le 2 octobre 2011, un congrès extraordinaire de délégués des départements réunis le 2 octobre 2011 à Paris a décidé de ne pas présenter de candidat à l’élection présidentielle de 2012, afin d'exprimer le rejet du POI des institutions de la Cinquième République, jugées « antidémocratiques »[44]. Daniel Gluckstein, l'un des quatre secrétaires nationaux du POI, estime qu'«il est préférable d'exprimer [le rejet de la politique du gouvernement sortant] par la non présentation d'un candidat. Nous refusons de participer à cette parodie de démocratie »[45]. Le POI préfère privilégier les élections législatives et se déclare favorable à de « nouvelles institutions sur la base d'une assemblée constituante »[44].
Le POI est dirigé par quatre secrétaires nationaux : Daniel Gluckstein, Claude Jenet, Jean Markun et Gérard Schivardi.
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