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| Plateau d'Albion | |
|---|---|
| Subdivision administrative | Provence-Alpes-CĂ´te d'Azur et RhĂ´ne-Alpes |
| Subdivision administrative | Vaucluse DrĂ´me Alpes-de-Haute-Provence |
| Villes principales | Sault |
| Géologie | massif karstique |
| Relief | Dolines, Avens |
| Productions | Lavande Épeautre Élevage ovin |
| Communes | Ferrassières Aurel Revest-du-Bion Saint-Trinit Saint-Christol Simiane-la-Rotonde |
| Régions et espaces connexes |
Mont Ventoux Montagne de Lure |
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Localisation |
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Le Plateau d'Albion est situé à cheval sur trois départements: le Vaucluse, la Drôme et les Alpes-de-Haute-Provence. Il est l'ancien site de lancement de missiles nucléaires sol sol balistiques de la Force de dissuasion nucléaire française.
Sommaire |
Ici, dans l'Antiquité résidèrent les Albienses, qui faisaient partie de la fédération des Albiques. En provençal classique, le plateau se nomme Plan d'Aubion et Plan d'Aubioun en provençal de norme mistralienne.
Ce plateau calcaire, percé de grottes et d'avens, est un énorme bassin aquifère qui va de la Montagne de Lure jusqu’au Mont-Ventoux. Les rivières souterraines du Plateau alimentent la résurgence de Fontaine-de-Vaucluse.
On a recensé dans ce véritable causse plus de deux cents gouffres ou avens aux ouvertures parfois très étroites et difficilement repérables. Les plus profonds sont l'aven Jean Nouveau, avec son puits vertical de 168 m, et l'aven Autran, qui dépassent les 600 m de profondeur.
Le Plateau abrite 7 communes: Sault (Vaucluse), Ferrassières (Drôme), Aurel (Vaucluse), Revest-du-Bion (Alpes-de-Haute-Provence), Saint-Trinit (Vaucluse), Saint-Christol (Vaucluse), Simiane-la-Rotonde (Alpes-de-Haute-Provence).
Cependant, les installations militaires du plateau d'Albion s'étendaient au-delà (comme Lagarde-d'Apt) de ces 7 communes.
Très connue pour sa culture de la lavande, l'économie du plateau est essentiellement tournée vers l'agriculture (lavande, épeautre et autres céréales, élevage caprin...) et le tourisme (camping vert, randonnée, VTT, spéléologie[1], route de la lavande...).
C'est après la crise de Suez en 1956 que la France décide de se doter de l'arme nucléaire. La Force de frappe, doctrine influencée par le Général de Gaulle, doit reposer sur trois vecteurs : les SNLE (Sous-marins Nucléaires Lanceurs d'Engins), les bombardiers stratégiques (Mirage IV) et les silos à missiles.
A partir de 1963 des recherches sont menées en Corse, dans les Vosges, dans le Massif central et dans la Drôme. Le plateau d'Albion sera finalement choisi en avril 1965 en raison de sa faible densité humaine et de son sol, capable de permettre un bon ancrage des silos renfermant les missiles mais aussi capable d'amortir l'onde de choc en cas d'agression nucléaire. Début 1966, il est décidé de construire 27 silos de missiles, 3 postes de conduite de tir (PCT) sur un total de 785 hectares et ce qui deviendra la Base aérienne 200 Apt-Saint-Christol sur un total de 406 hectares. Au final seuls 18 silos et 2 PCT seront construits (restriction de budget). Cette base de lancement de missiles sol-sol balistiques stratégique (SSBS) est placée sous le commandement de la Force aérienne stratégique.
Les travaux débutèrent au printemps 1966 pour se terminer en 1971, les installations opérationnelles représentent 260 000 m³ de dérochage, 540 000 m³ de terrassements et de 150 000 m³ de béton. En même temps tout le réseau routier de la région est modernisé pour permettre le passage des convois militaires.
En 1967 est créé le 1er Groupement de missiles stratégiques (1er GMS) dépendant de l'armée de l'air française pour occuper les installations d'Albion. De nombreuses autres unités seront créées pour veiller à la sécurité du site dont l'Escadron d'hélicoptères 4/67 Durance en 1975 et l'Escadron de Protection EP 21.200 en 1968 qui regroupe une section de commandement, un cynogroupe et 4 compagnies de parachutistes.
De 1971 à 1996 la BA200 et les missiles du plateau d'Albion deviendront les endroits les plus secrets et les mieux gardés de France.
Le 22 février 1996, outre la suspension du service national, le Président Jacques Chirac annonce la fermeture et le démantèlement des installations d'Albion, en raison de l'évolution de la géostratégie européenne (chute du bloc de l'est) et du vieillissement des missiles trop coûteux en entretien et ne valant plus la peine d'être modernisés. Fin 1996, le Ministère de la Défense annonce que plus de 1000 légionnaires prendront le relais du 1er GMS sur la BA200.
Les travaux de démantèlement durèrent 2 ans et se terminèrent en 1999. Les différents escadrons ont commencé à partir en août 1998, puis ce fut le tour des équipes de l'Aérospatiale. Au total, la restructuration aura impliquée près de 3000 personnels spécialisés. La passation de pouvoir au profit de la Légion étrangère a été réalisée durant l'été 1999.
Sur les 27 silos et les 3 PCT prévus à l'origine, seuls 18 silos et 2 PCT furent réalisés pour cause de restrictions budgétaires.
Chaque silo est nanti de son abri auxiliaire, et distant de 3 km de son voisin afin qu'une seule attaque ne puisse détruire plusieurs sites à la fois et que des frappes nucléaires simultanées annulent leurs effets (2 explosions nucléaires simultanées annulent une grande partie de leurs effets mécaniques).[réf. nécessaire]
Les missiles étaient surveillés nuit et jour et commandés à distance à partir de 2 Postes de
Conduite de Tir (PCT), construits sous terre, à 400 m de profondeur. Chaque PCT est en charge de 9 zones de lancement. Le PCT 2 se trouvait dans la Drôme près de Reilhanette et l'autre, PCT 1, dans le Vaucluse près de Rustrel, à 30 km l'un de l'autre. Véritables bunkers dissimulés sous plusieurs centaines de mètres de roche, les PCT ont été conçus non seulement pour résister à toute attaque nucléaire, mais aussi pour éviter toute intrusion grâce à de longues galeries à angles droits de près de 2 km de long. Les travaux du PCT 1 ont duré deux ans de novembre 1966 à mars 1969. Le chantier du PCT 2 a démarré en juillet 1969 pour se terminer en mars 1970. 40 000 m3 de béton ont été nécessaires au PCT 1 et 46 000 tonnes au PCT 2.
Pendant l'été 1999, la BA 200 fut rebaptisée Quartier Maréchal Koenig et accueille actuellement 1000 légionnaires du 2e régiment étranger de génie. La piste d'atterrissage et la tour de contrôle sont dorénavant abandonnées. Depuis 2003, le Quartier Koenig abrite aussi une station d'écoute de la DGSE qui emploie 150 personnes.
Après le démantèlement des missiles, la plupart des silos ont été murés et laissés à l'abandon. Un des silos a été transformé en observatoire astronomique public (SIRENE)[2] et le PCT de Rustrel en Laboratoire Souterrain à Bas Bruit qui bénéficie entre autres des qualités exceptionnelles de la capsule blindée de tir (LSBB)[3], dépendant de l'Observatoire de la Côte d'Azur, du CNRS et de l'Université de Nice. L'ONERA a également installé le recepteur du radar GRAVES sur une des zones de lancement[4] [5].
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