A la recherche d'informations sur Positivisme ? Vous êtes ici : recherche >> Encyclopédie » Positivisme
Le terme positivisme désigne un ensemble de courants qui considère que seules l'analyse et la connaissance des faits réels vérifiés par l'expérience peuvent expliquer les phénomènes du monde sensible. La certitude en est fournie exclusivement par l'expérience scientifique. Il rejette l'introspection, l'intuition et toute approche métaphysique pour expliquer la connaissance des phénomènes. Le positivisme est aussi appelé empirisme logique. Il a fortement marqué la plupart des domaines de la pensée occidentale du XIXe siècle.
Le positivisme dérive principalement de la pensée d'Auguste Comte :
Même si la plupart des philosophes contemporains considèrent le positivisme comme dépassé[réf. nécessaire], il n'en reste pas moins qu'un certain esprit positiviste subsiste à travers certaines formes de pensées, et que les structures qu'il a contribué à mettre en place en sont fortement marquées.
Sommaire |
Les idées du positivisme puisent leur source dans certaines formulations de d'Alembert et Turgot, ainsi que de leurs amis et élèves Lagrange et Condorcet.
On cherchait en effet dès la deuxième moitié du XVIIIe siècle à expliquer le progrès de l'esprit humain (Condorcet) par le développement des « sciences positives » (mathématiques, physique, chimie,…).
Le courant philosophique du positivisme commença à se structurer en France dans la première moitié du XIXe siècle. Ce terme fut propagé par Saint-Simon (Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon) et encore davantage popularisé en philosophie par Auguste Comte, qui collabora étroitement avec Saint-Simon, dont il fut le secrétaire de 1817 à 1824.
Le positivisme scientifique d'Auguste Comte affirme que l'esprit scientifique va, par une loi inexorable du progrès de l'esprit humain, appelée loi des trois états, remplacer les croyances théologiques ou les explications métaphysiques.
Le positivisme scientifique correspond au Cours de philosophie positive, écrit de 1830 à 1842, avec la loi des trois états.
En devenant « positif », l'esprit renoncerait à la question « pourquoi ? », c'est-à-dire à chercher les causes premières des choses.
Il se limiterait au « comment », c'est-à-dire à la formulation des lois de la nature, exprimées en langage mathématique, en dégageant, par le moyen d'observations et d'expériences répétées, les relations constantes qui unissent les phénomènes, et permettent d'expliquer la réalité des faits.
Emile Littré, Ernest Renan ou Ernst Mach, parmi bien d'autres, ont repris une approche plus ou moins conforme à celle-ci.
Notons que dans sa biographie consacrée à Auguste Comte, Emile Littré propose une définition concise et intéressante de la philosophie positive :
« La philosophie positive est l’ensemble du savoir humain, disposé suivant un certain ordre qui permet d’en saisir les connexions et l’unité et d’en tirer les directions générales pour chaque partie comme pour le tout. Elle se distingue de la philosophie théologique et de la philosophie métaphysique en ce qu’elle est d’une même nature que les sciences dont elle procède, tandis que la théologie et la métaphysique sont d’une autre nature et ne peuvent ni guider les sciences ni en être guidées ; les sciences, la théologie et la métaphysique n’ont point entre elles de nature commune. Cette nature commune n’existe qu’entre la philosophie positive et les sciences.
Mais comment définirons-nous le savoir humain ? Nous le définirons par l’étude des forces qui appartiennent à la matière, et des conditions ou lois qui régissent ces forces. Nous ne connaissons que la matière et ses forces ou propriétés ; nous ne connaissons ni matière sans propriétés ou propriétés sans matière. Quand nous avons découvert un fait général dans quelques unes de ces forces ou propriétés, nous disons que nous sommes en possession d’une loi, et cette loi devient aussitôt pour nous une puissance mentale et une puissance matérielle ; une puissance mentale, car elle se transforme dans l’esprit en instrument de logique ; une puissance matérielle, car elle se transforme dans nos mains en moyens de diriger les forces naturelles[1]. »
— Emile Littré, Auguste Comte et la philosophie positive
Le positivisme "religieux", correspond à une deuxième phase de la pensée d'Auguste Comte, assez différente de la première.
Dans cette période, la pensée de Comte dérive vers une pensée nouveau-religieuse (religion de l'humanité) fondée sur une sorte de culte des morts : Comte est le "grand-prêtre" de l'humanité, la société est dirigée par les scientifiques, l'Humanité est un Grand-Être[réf. nécessaire]…
C'est une théorie qui établit des relations en société sur la base de lois scientifiques et techniques, censées apporter l'ordre, le progrès, l'amour au sens de l'altruisme (amour généralisé à des groupes humains plus larges que l'union des sexes).
Elle fait abstraction de la recherche sur le sens de la vie, les origines et les fins de l'Homme, le bonheur...
Les ouvrages écrits dans cette phase sont :
Selon Raquel Capurro[2], le positivisme trouve sa source dans une forme de culte de la Raison, qui eut lieu pendant la Révolution française en 1793-1794.
Le positivisme juridique est une doctrine juridique dans laquelle le droit se réduit au droit positif tel qu'il est décrit dans les codes. Le principal représentant de ce courant est l'Autrichien Hans Kelsen (1881-1973), auteur de la constitution de l'Autriche en 1920.
Hans Kelsen s'est inspiré du système de politique positive d'Auguste Comte (ouvrage écrit dans la phase dite "religieuse" de la philosophie de Comte) pour élaborer une théorie de la pyramide des normes, encore appelée normativisme.
Le positivisme juridique exclut toute référence à un « droit naturel ». Ces thèses sont exposées dans la Théorie pure du droit de Hans Kelsen. Le droit positif est, d'ailleurs, un des fondements de ce que Hans Kelsen a pu appeler l'État de droit.
Positivisme logique (ou empirisme logique, néo-positivisme, empirisme rationnel)
Dans le contexte de la philosophie contemporaine dominée par le courant phénoménologique, on assimile le positivisme et le scientisme. On appelle « néopositivisme » une théorie qui est un pur et simple scientisme. [réf. nécessaire]
Le néopositivisme n’a conservé du positivisme originel que le recours aux faits [réf. nécessaire] comme principe de démarcation entre le sens et le non-sens. Le néopositivisme n’exploite ce principe que pour disqualifier toute spéculation qui n’est pas réductible à un raisonnement formalisable, c’est-à-dire toute philosophie appelée de façon méprisante « métaphysique ». [réf. nécessaire]
Le paradoxe est qu'au contraire [réf. nécessaire], pour Auguste Comte, la fin de la métaphysique signifiait, à une époque où la philosophie était encore enfermée dans des schémas pré-établis, la libération des possibilités spéculatives de la philosophie.
Selon l'encyclique Fides et Ratio, dans le contexte actuel, la prise en compte de la métaphysique est nécessaire à la spéculation philosophique, en vue de la recherche de sens, pour tout ce qui concerne les sciences de la vie notamment :
L'encyclique critique le positivisme et plus généralement le scientisme :
Voir aussi :
Le positivisme a exercé une influence considérable dans la deuxième moitié du XIXe siècle et jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.
La médecine a été chronologiquement le premier domaine influencé par le positivisme, à travers des personnalités comme :
C'est par la médecine que l'influence s'est transmise à l'Amérique latine.
L'influence d'Auguste Comte s'est transmise à :
Les lois sur l'enseignement primaire de Jules Ferry (28 mars 1882) se sont inspirées du positivisme.
Marcellin Berthelot introduisit l'esprit positiviste dans l'enseignement secondaire lorsqu'il fut ministre de l'instruction publique (1886-1887).
L'influence a été très forte sur le droit, à travers le mouvement du positivisme juridique :
Auguste Comte a influencé :
Mélangée avec d'autres idéologies, l'influence s'est manifestée aussi dans l'économie (conjuguée avec le saint-simonisme). John Stuart Mill, économiste anglais, fut séduit par les idées de Comte, mais s'en détourna vers 1842).
Auguste Comte est souvent considéré en France comme l'un des précurseurs de la sociologie. En fait, le terme de sociologie fut créé par Sieyès, et l'étude des phénomènes sociaux était antérieure à Comte (voir sociologie). Il n'en reste pas moins vrai que, dans l'évolution de la pensée occidentale des deux derniers siècles, le positivisme de Comte a influencé des sociologues comme Émile Durkheim, ou Herbert Spencer (utilitarisme anglais). Pour expliquer la psychologie de l'Homme, Auguste Comte crée une Triade basé sur les principes d'action de l'Homme :
Surtout à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle :
Le positivisme a introduit de nouvelles formes de méthodologie historique, notamment chez les historiens Charles-Victor Langlois et Charles Seignobos[réf. nécessaire].
Le Plan et l'esprit de la bibliothèque Sainte-Geneviève (1851, Paris Ve, architecte Henri Labrouste s'inspire du positivisme par la symbolique du savoir accessible à tous - bibliothèque d'éducation et non d'érudition - voir travaux de Neil Levine.
De nombreux polytechniciens ont été influencés jusqu'au milieu du XXe siècle.
L'histoire officielle de l'École polytechnique s'intitule "la pensée préservée". Cette histoire n'a pas été mise à jour depuis la première guerre mondiale. Un volume complet concerne Saint-Simon Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon et Auguste Comte.
L'influence s'est fait sentir sous la forme du positivisme anglais, dans certaines formes d'altruisme, qui à travers John Stuart Mill rejoignent les théories utilitaristes de Jeremy Bentham. Herbert Spencer a aussi subi l'influence positiviste.
Les États-Unis ont été influencés à travers le positivisme anglais.
En Amérique latine, Raquel Capurro note que ce sont des médecins qui ont apporté le positivisme à travers les mouvements révolutionnaires qui se sont produits sur ce continent au Brésil, en Argentine, en Uruguay, où existent des temples positivistes. Le positivisme a pris une forme scientifique ou "religieuse" selon les cas. La devise « Ordre et progrès » figure sur le drapeau brésilien (Ordem e progresso), elle atteste de la forte influence qu'a eue le positivisme en Amérique latine dès la fin du XIXe siècle (voir aussi Raquel Capurro).
En 1903, l'Église positiviste du Brésil achète l'immeuble de la rue Payenne à Paris, où se trouve la maison de Clotilde de Vaux, et transforme l'appartement de Clotilde en "résumé culturel de la religion de l'humanité". Au premier étage, on peut visiter une chapelle de l'humanité, reproduction conforme à échelle réduite du plan de temple de l'Humanité qu'avait conçu Comte.
Les deux sens (scientifique et religieux) ont en commun de refuser la théologie et la métaphysique dans une explication scientifique. Celle-ci doit reposer uniquement :
La téléologie propre à l'éthique d'Aristote est brouillée.
Le contenu de cette page (Positivisme) est un minuscule extrait de l'encyclopiédie gratuite en ligne WIKIPEDIA
le webmaster de ce site n'est pas l'auteur de cet article (Positivisme). Vous pouvez retrouver l'original de cet article (Positivisme) à cette adresse et la liste des auteurs
ici
Vous pouvez modifier ou compléter cet article mais également discuter de son contenu (Positivisme) sur le site de WIKIPEDIA France - Contenu (Positivisme) disponible sous GNU Free Documentation License.