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Le protestantisme regroupe l'ensemble des courants religieux chrétiens nés de l'opposition aux orientations prises par le catholicisme romain durant le Moyen Âge (et qui ont été définitivement affirmées par Rome au concile de Trente.) Cette rupture est connue comme Réforme et a été menée sous l'impulsion de théologiens tels que Martin Luther, Jean Calvin, Ulrich Zwingli parmi tant d'autres. John Wyclif, Jan Hus, Lefèvre d'Etaples sont considérés comme des précurseurs de la Réforme.
Le terme « protestant » est utilisé pour la première fois en 1529, quand les seigneurs et les villes qui suivaient la doctrine de Martin Luther se sont déclarés contre les décisions prises par la diète impériale à Spire à majorité catholique. Les protestants français, d'abord appelés « luthériens » au début par leurs adversaires, seront ensuite nommés par dérision « huguenots », puis « religionnaires ». Il s'agit de l'abréviation de « ceux de la Religion prétendue réformée », appellation officielle du protestantisme dans les actes royaux[1].
Au sein de la seule fédération protestante de France, vingt-six unions d'Églises sont dénombrées[2], tandis que, au plan international, ce sont environ trois cent vingt Églises issues du protestantisme qui participent au conseil œcuménique des Églises, de même qu'une trentaine d’Églises orthodoxes ou vieilles-catholiques.
L'estimation du nombre de protestants dans le monde est assez variable, selon que l'on prend en compte les seuls protestants « historiques » (ceux remontant à la Réforme « magistérielle » du XVIe siècle : calvinistes,réformés, presbytériens ; luthériens ; anglicans low church, épiscopaliens ; méthodistes — XIXe siècle, dissidence anglicane — principalement), au nombre d'environ trois cent cinquante millions, ou que l'on y ajoute les descendants (baptistes et autres Églises), « évangéliques », de la « Réforme radicale », toujours au XVIe siècle mais aussi après), qui sont, avec les pentecôtistes, en 2011, environ cinq cents millions dans le monde. Les « évangéliques » sont, avec les « pentecôtistes » (apparus au tout début du XXe siècle et mettant l'accent sur le « baptême du Saint-Esprit » lors de l' immersion) très dynamiques et en constante expansion de par le monde (Amérique du Sud, Afrique, Asie... )[3].
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Les débuts du protestantisme sont généralement remonté à la date du 31 octobre 1517, lorsque les étudiants du moine augustin allemand et docteur en théologie Martin Luther réagissent à la campagne d'indulgences lancée par l'un des plus hauts dignitaires de l'Empire, Albert de Hohenzollern, prince-électeur et archevêque de Mayence en affichant sur la porte de l'église de Wittenberg une lettre rédigée par Martin Luther constituée de 95 thèses, à la fois constat des dérives de l'Église, critique virulente des abus et solutions. L'année 1521 pourrait toutefois être également considéré comme déterminante : en janvier, Martin Luther est excommunié ; en avril, sommé par l'envoyé du Pape de se retracter devant la Diète de Worms, il répond qu'il ne le peut ni ne le veut, étant lié par la Parole de Dieu et par sa conscience. (« [Da] … mein Gewissen in den Worten Gottes gefangen ist, ich kann und will nichts widerrufen, weil es gefährlich und unmöglich ist, etwas gegen das Gewissen zu tun. Gott helfe mir. Amen. ») Invoqués ici pour la première fois, l'appel direct à Dieu et à la conscience individuelle sont des marqueurs du protestantisme.
Parmi les idées de Luther, l'accès de tous à la Bible sans discrimination sociale et l'égalité entre les hommes ont un fort écho dans la population majoritairement paysanne, à tel point qu'elles provoquent au printemps 1525 la Bauernkrieg (guerre des paysans) dans le Saint-Empire romain germanique.
Afin de mettre un terme rapide à cette explosion de violence contre la classe dirigeante, les princes se réunissent lors de la première diète de Spire, en 1526. Ils conviennent du décret de l'état d'urgence et décident que chaque prince choisit le culte à pratiquer dans son État, les opposants étant contraints de fuir vers un autre État favorable à leur foi. Cette confessionnalisation est déjà initiée à la fin de 1526 par Jean de Saxe qui institutionnalisa le luthéranisme.
Cependant, absent de cette assemblée formée par ses électeurs, Charles Quint demeure hostile à ces dispositions. Accusé par le Saint-Siège de soutenir Luther, Charles Quint décide d'endiguer la propagation des thèses luthériennes. Il convoque donc en 1529, avec son frère Ferdinand Ier, une seconde diète de Spire lors de laquelle il révoque toutes les concessions faites par les princes aux paysans. Ainsi, il réinstaure le culte catholique et la messe en latin. Ces derniers réagissent immédiatement sous la conduite de Jean de Saxe en émettant une protestation. Les princes signataires sont appelés « protestants ».
« Part. passé adj. et subst. de protester* d'après l'allemand Protestant (lui-même emprunté au latin protestans, -antis, part. prés. de protestari, v. protester) nom donné aux partisans de Luther, parce que en 1529, à l'issue de la Diète de Spire (19 avril) ils protestèrent publiquement d'appeler du décret de l'Empereur, à un Concile général : « so protestieren und bezeugen wir hier mit öffentlich vor Got…, dass ». »
— CDM, Quelques Mots Sur Les Protestants
Martin Luther (Allemagne) naît en 1483. Il publie Les 95 Thèses dénonçant les travers de l’Église catholique romaine comme la vente des indulgences, et affirme que la Bible doit être la seule autorité sur laquelle repose la foi en 1517. Luther brûle la bulle Exsurge Domine le menaçant d’excommunication en 1520 Devant la diète de Worms, en 1521, Luther refuse de se rétracter, s’estimant soumis à l’autorité de la Bible et de sa conscience plutôt qu’à celle de la hiérarchie ecclésiastique. Excommunication de Luther. Il est protégé par le Duc Jean-Frédéric de Saxe (1503-1554).
Le « Luthéranisme » devient religion d’État en Suède en 1529, puis au Danemark en 1536. Lors du synode de Chanforan, la majeure partie de l'Église vaudoise choisit d'adhérer à la Réforme en 1532. Calvin publie en latin l’Institution de la religion chrétienne. 1545 : massacre de 3 000 vaudois du Luberon. La même année, le concile de Trente réaffirme les dogmes et la discipline de l’Église Catholique. Il se termine en 1563. Mai 1559 : première assemblée nationale de l'Église réformée de France. 1er mars 1562 : Massacre de Wassy, des protestants sont massacrés par le duc de Guise, ce qui marque le début des guerres de Religion.
8 guerres de religion (1562-98) sont dénombré dans lesquelles la France connaît au XVIe siècle une fracture religieuse : la majorité du pays reste fidèle au catholicisme, tandis qu'une importante minorité rejoint la Réforme. Le principe de la coexistence de deux confessions dans le Royaume se révèle inapplicable. La guerre ne peut être évitée, signe de l'échec de la tolérance civile. Huit guerres vont se succéder sur une durée de 36 ans, entrecoupées de périodes de paix fragiles.
Le 18 août 1572, le mariage d’Henri de Navarre et de Marguerite de Valois est célébré à Paris. Peu après, le 23-24 août 1572, le Massacre de la Saint-Barthélemy a lieu à Paris. Un Conseil royal se réunit, au cours duquel il est décidé d'éliminer les principaux chefs huguenots. Coligny et d'autres gentilshommes protestants sont assassinés tant au Louvre qu'en ville. Cette exécution d'un nombre limité de chefs huguenots est suivie d'une tuerie sauvage qui va durer jusqu'au 29 août et fait dans Paris 4 000 victimes. Le massacre s'étend alors à la province où l'on dénombre 10 000 tués. Le massacre marque le début de la quatrième guerre de religion.
Le 25 juillet 1593, Henri IV se convertit au catholicisme, ce qui lui permet d'accéder enfin au trône de France auquel il prétendait depuis 1589. C’est à propos de cette cérémonie qu’il aurait prononcé la célèbre phrase : « Paris vaut bien une messe ». Henri IV signe l’Edit de Nantes, le 30 avril 1598, qui reconnaît la liberté de culte aux protestants. La promulgation de cet édit met fin aux guerres de religion qui ont ravagé la France au XVIe siècle, et constitue une amnistie mettant un terme à la guerre civile. Le royaume de France est alors le seul État où deux religions coexistent officiellement. L'assassinat d’Henri IV, ayant eu lieu le 14 mai 1610, par François Ravaillac, un catholique fanatique en désaccord avec les réformes religieuses du Roi.
Le 18 octobre 1685, Louis XIV signe l'Edit de Fontainebleau révoquant l’Edit de Nantes. Le protestantisme est interdit dans le royaume de France. S’en suit alors une période de persécutions qui conduit une partie des protestants à l'émigration (le Refuge) et l'autre partie à une sorte de résistance passive. C'est la période de l'Eglise sous la Croix, où des cultes clandestins se tiennent parfois au Désert (allusion à l'errance du peuple d'Israël dans le Sinaï), c'est-à-dire souvent en pleine nature (grottes, clairières, vallons isolés).
Le 7 novembre 1787, Louis XVI rend aux protestants une existence légale par l’édit de Tolérance qui leur donne un état-civil. Le 26 août 1789, l'adoption de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) qui promulgue la liberté de culte. Le 8 avril 1802, Napoléon Bonaparte par la loi du 18 germinal an X rétablit officiellement et organise définitivement le droit au culte protestant.
Le 25 octobre 1905, la Fédération protestante de France est créée. Le président actuel est Claude Baty (2007-). Le 9 décembre 1905, Aristide Briand, député socialiste, fait voter la loi sur la séparation des Églises et de l’État. Les protestants sont en grande majorité favorables à celle-ci, contrairement aux catholiques beaucoup plus hostiles à cette réforme. Ceci marque cependant l’achèvement d’un affrontement violent qui a duré presque vingt-cinq ans et qui a opposé deux visions de la France : la France catholique et la France laïque. 1997, Jean-Paul II en visite en France déclare officiellement qu'il regrette qu'en 1572 que « des chrétiens (aient) accompli des actes que l'Évangile réprouve ». Un an après, une commémoration du quatrième centenaire de l'Edit de Nantes est faite.
En 2009, 9500 protestants en fête sont dénombré au Zénith de Strasbourg[réf. nécessaire]. Chaque premier dimanche de septembre de chaque année, entre 10 000 et 15 000 descendants de Huguenots , venant du monde entier , se réunissent au Mas Soubeyran ( village de Mialet ), au cœur des Cévennes gardoises près de la ville d' Anduze , en commémoration des Assemblées clandestines du temps de la période qui s' étendit de la Révocation de l' Edit de Nantes ( 1685 ) à celui de la Révolution .
Les protestants modernistes hésitent à parler de "doctrine" ou de "religion". Ils préfèrent convictions, engagements ou valeurs. Ils préfèrent toujours préserver un espace de discussion et d'échange entre les fidèles, particulièrement pour leurs expressions de foi, même les plus conservatrices.
Toutes sensibilités confondues, les protestants partagent ces points fondamentaux (les deux premiers concernent le salut) :
La doctrine protestante repose exclusivement sur les Écrits sacrés, à savoir la Bible, uniquement constituée de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les écrits apocryphes ont été considérés par les Réformateurs comme intéressants mais non fondateurs de la foi[5] et ne sont plus imprimés dans les Bibles protestantes depuis le XIXe siècle. Le protestant croit donc à la résurrection et à la vie éternelle (voir les Évangiles). À l'instar de toutes les confessions chrétiennes, la résurrection de Jésus-Christ peut sans doute être considérée comme le point essentiel de la foi protestante. (cf. 1ère Epitre de S. Paul aux Corinthiens, chapitre 15, verset 14 : "si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine.") Les pratiques majeures sont communes avec celles de l’Église catholique (prières, lecture de la Bible, le culte dominical et la participation à l’Eucharistie, dénommée la Sainte-Cène).
Le protestantisme comporte toutefois notablement moins de "rites" que les autres branches du Christianisme. Par exemple, les protestants ne pratiquent pas le signe de croix et n'utilisent pas d'eau bénite, car ils considèrent qu'il s'agit là de superstitions. L'appartenance à l'Église est concrétisée chez les protestants par la confession de foi[6] et non par la participation aux rituels sacrementels qui a la préférence des catholiques.
Les protestants célèbrent les fêtes de Noël, des Rameaux, de Pâques (ils célèbrent le Jeudi Saint et le Vendredi Saint mais sans procession ni chemin de croix), de l’Ascension et de la Pentecôte.
Le Baptême et la Sainte-Cène sont les deux seuls sacrements chez les protestants, qui partent du principe que, d'après le témoignage des textes bibliques, seuls ces deux actes ont été institués par Jésus-Christ. Dans certaines Églises protestantes, le baptême n'est administré qu'à l’âge adulte tandis que d'autres laissent le choix et pratiquent assez largement le baptême des enfants.
Le mariage est la bénédiction divine d'un amour humain et, bien que le Protestantisme n'encourage pas la pratique du divorce, l'idée qu'un divorce peut être préférable à une vie de couple devenue très difficile est largement partagée ; le remariage de divorcés est possible.
Le culte des funérailles est destiné à l’accompagnement de la famille et des amis, il est centré sur l'annonce de l’Évangile et la promesse de résurrection. Le défunt est enterré simplement, avec respect : lecture d’un passage de la Bible et prières pour les familles. Il n'y a pas de cérémonie pour les morts de type messe anniversaire. Les autopsies, les prélèvements d’organes ainsi que la crémation sont en général autorisés.
Il existe de nombreuses différences entre le culte protestant et le culte catholique.
Les protestants se référent uniquement à la Bible comme source de doctrine (sola scriptura). Ils récusent en particulier la tradition, autre source dogmatique admise par le catholicisme. Ils insistent sur le rôle de l'Esprit saint pour accéder à une compréhension véritable du sens du message biblique. Les protestants ne reconnaissent pas l'autorité du Pape, ni celle des cardinaux. Pour des raisons historiques, il existe une multitude de communautés protestantes non affiliées les unes aux autres. Les Églises protestantes sont organisées soit autour d'évêques parfois appelés inspecteurs ecclésiastiques (d'après le sens du mot grec episkopos), il est alors question de système épiscopalien (cas des Luthériens et des Anglicans), soit autour de conseils presbytéraux souverains, les paroisses adhérant volontairement à des unions d'Églises régies par une sorte d'assemblée générale dénommée synode, il est alors question de système presbytérien-synodal (cas des Églises réformées). Ces unions qui sont cantonnées à l'échelon national se regroupent par obédience (luthérienne, réformée, anglicane, baptiste, méthodiste, etc.) au sein de fédérations internationales qui sont en général elles-mêmes affiliées au Conseil œcuménique des Églises (COE).
Les protestants n'accordent pas à leur clergé un rôle spécifique de prêtres. Les pasteurs sont des conseillers et des savants dont le rôle est de former les croyants, de leur indiquer la direction à suivre. Ils président le culte et administrent la Sainte-Cène mais, moyennant une officialisation par l'Église pour des raisons de bon ordre et de discipline, des laïcs peuvent parfaitement en faire autant, y compris la prédication moyennant formation théologique. C'est l'ensemble des croyants qui est investi de la prêtrise (doctrine dite du sacerdoce universel, fondée notamment sur des textes de l'Epître aux Hébreux). Dans l'Église catholique, le prêtre en prononçant les paroles de l'absolution au sein de la confession accorde effectivement le pardon de Dieu, le pasteur se borne à rappeler au cours de la liturgie la promesse de pardon acquise "à ceux qui se repentent et qui croient"; le reste se passe directement entre le croyant et Dieu. (Exception : les anglicans utilisent le mot prêtre, sans toutefois y mettre le sens catholique.)
Comme explicité au paragraphe précédent, les protestants ne reconnaissent que deux sacrements (le baptême et l’eucharistie ou Sainte-Cène) contre sept chez les catholiques (le baptême, l'eucharistie, la confirmation, la réconciliation, le mariage, l'ordination et l'onction des malades). Certains de ces rites existent toutefois sur un mode mineur : la confirmation (qui se pratique environ deux ans plus tard que chez les catholiques lorsque l'enfant a développé son sens critique et sa personnalité), la confession des péchés (soit collective au cours du culte soit personnelle dans le secret de la prière, mais jamais auriculaire à la manière catholique ; les protestants n’ont donc pas de sacrement de réconciliation (le dialogue avec un prêtre) et le pasteur n'a pas le pouvoir de remettre les péchés), le mariage, l'ordination (des pasteurs luthériens) ou la reconnaissance des ministères (des pasteurs réformés) remplacent l'ordination des prêtres mais en sont très éloignées dans la forme comme dans le fondement théologique, la question de la prêtrise restant au fond la grande différence entre les conceptions catholiques et protestantes de l'Église.
La question dite de la présence réelle de Jésus lors de la Cène est particulièrement embrouillée. Les protestants ne croient pas à la transsubstantiation, doctrine catholique qui affirme la transformation physique et matérielle des deux espèces de la communion en véritable chair et en véritable sang du Christ lors de l'eucharistie. La majorité des protestants croit à la présence réelle de Jésus de manière spirituelle lors de la Cène. Le fait que l'expression présence réelle - considérée comme un tant soit peu pléonastique - ne soit guère utilisée par les Protestants ne doit pas faire croire qu'ils réduisent la Cène à un symbole. Cette position existe toutefois également (depuis Zwingli) mais reste minoritaire. Il est intéressant de noter que la communauté de Taizé avait trouvé une formulation qui convenait à l'ensemble des Églises chrétiennes, parlant d'un "mémorial sacrificiel"[7]
Les concepts de purgatoire (lieu de souffrance auquel on[Qui ?] accède après la mort pour se racheter et se purifier de ses péchés avant d'accéder au paradis), canonisation (pratique catholique, mais aussi orthodoxe, par laquelle un homme ou une femme est reconnu comme Saint ou Sainte) et d'indulgence (à l'époque il y avait possibilité pour un catholique de verser une somme d'argent au Pape en échange du pardon de ses péchés, aujourd'hui c'est surtout le pardon donné par le Pape pour les grandes fêtes, par exemple l'Indulgence Plénière de Noël, ou dans d'autres occasions) n'existent tout simplement pas. La notion de « saint », signifiant « mis à part », s'applique depuis Luther à tous les chrétiens puisque tous sont rachetés par Jésus-Christ et de ce fait sanctifiés. Il n'existe donc pas d'« élite » composées de chrétiens qui seraient plus saints que les autres[8].
On[Qui ?] croit souvent à tort que l'excommunication (pratique par laquelle le Pape exclut quelqu'un de l'Église et de fait l'empêche temporairement ou définitivement de recevoir des sacrements) n'existe pas chez les protestants. Mutatis mutandis, ce n'est effectivement pas le Pape qui la prononce, mais elle est théoriquement possible, soit sous l'autorité de l'évêque (organisation de l'Église selon le système épiscopalien), soit sous celle du conseil presbytéral (système presbytéro-synodal). Elle est en général tombée en désuétude sauf chez certains évangéliques, elle joue même un rôle de maintien de la cohésion des communautés Amish où l'excommunié est ipso facto mis au ban de la communauté au plan social. Les protestants ne donnent pas une place particulière à Marie. Ils ne croient pas à son Immaculée Conception, qui n'est pas un dogme du Protestantisme. Néanmoins, ils adhèrent à la naissance virginale de Jésus et Marie fait partie des témoins privilégiés au même titre que les disciples du Christ.
Les protestants ne font pas appel à des intercesseurs comme Marie et les Saints dans leurs prières. Selon eux le croyant est seul responsable devant Dieu et ne doit pas passer par des intermédiaires pour dialoguer avec Lui. Ceux-ci croient que Jésus est le seul intermédiaire entre Dieu le Père et eux mêmes. Ils ne croient pas à l'utilité de la pratique catholique de la confession (voir plus haut le paragraphe sur la prêtrise.) Les Pasteurs Protestants ont le droit (voire le devoir) de se marier et les femmes peuvent être Pasteur.
Au XXIe siècle, l'héritage protestant se vit à travers de nombreux mouvements, car le principe même du protestantisme se veut réformateur en permanence afin d'éradiquer le poids éventuel de la tradition. Ainsi, une multitude de mouvements, souvent proches, sont dénombrées.
Dès le début, les Églises historiques multitudinistes sont organisées en plusieurs Églises en fonction des courants théologiques ou des circonstances historiques. Elles s'adressent dans le même mouvement à leurs membres et à la société (d'où le terme « multitude »). Il s'agit[9] des Églises luthériennes, des Églises réformées (calvinistes ou zwingliennes) et de l'Église anglicane.
En plus des luthériens, des réformés et des anglicans, la Réforme a connu très tôt un quatrième courant, non « magistériel », accusé par les autres de mettre à côté ou au-dessus de la Bible une illumination intérieure considérée comme subjective, et nommé par eux « illuminés » ((de) Schwärmer) ou « Anabaptistes » (parce que, ne reconnaissant qu'un baptême d'adultes, ils « rebaptisaient » ceux qui l'avaient été, enfants, ailleurs). Les tenants de cette Réforme radicale affirmaient, eux, que cette illumination intérieure était l'œuvre du Saint-Esprit. Sont les héritières directes de la partie pacifiste de ce courant les Assemblées mennonites, dont les Amish font partie. S'y rattachent spirituellement les Baptistes et autres groupes apparentés issus à diverses époques de l'anglicanisme, avec souvent une mise en valeur de la piété face au « monde ». Dans ce groupe, les Quakers occupent une place à part. Fondé en 1650 en Angleterre par George Fox, ce mouvement très ancré dans la culture anglo-saxonne se distingue des autres communautés issues du christianisme par l'absence de credo, de clergé et de hiérarchie. De nombreux Quakers ne ressentent pas leur foi comme entrant dans les catégories chrétiennes traditionnelles, bien que subsiste au sein du Quakerisme un large courant évangélique.
Dans les siècles suivants, d'autres mouvements ont vu le jour à partir de « réveils » spirituels du XIXe siècle. Le principal, issu de la prédication de John Wesley, est le méthodisme. Conjuguant retour à la Bible, à la prière et à l'engagement social, il est le précurseur de mouvements socio-évangéliques tels l'Armée du Salut, fondée par William Booth en Angleterre, à la fin du XIXe siècle. Refusant la prédestination, confessant la responsabilité de l'individu dans sa propre foi, il est aussi la source du pentecôtisme, né d'un Réveil plus récent. D'autres Églises indépendantes, privilégiant un aspect ou un autre de la foi ou de la pratique chrétienne, existent aussi : les Darbystes et autres « Assemblées de frères », les Adventistes du septième jour, etc. « Églises évangéliques » est le terme générique qui regroupe toutes ces dénominations. La plupart du temps, hormis dans le méthodisme classique, ce sont des « Églises de professants ou de confessants » et non « de multitude » : elles demandent un engagement et une profession de foi personnels à leurs membres et la plupart, de ce fait, ne baptisent que des adultes ou éventuellement des adolescents (elles sont « baptistes »). Certaines rebaptisent les chrétiens venus d'autres Églises, car elles ne reconnaissent que le baptême d'adultes fait par immersion. Ce terme s'applique aussi aux courants fondamentalistes d'origine nord-américaine.
Les Témoins de Jéhovah quant à eux ne croient pas en la Trinité de Dieu et ne se revendiquent pas du protestantisme historique. Leur mouvement est né à la fin du XIXe siècle aux États-Unis, il est lié au protestantisme à travers son fondateur Charles Taze Russell qui était un pasteur protestant[10].
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Dès ses débuts, la Réforme est pour les femmes l'occasion d'une réévaluation de leur rôle dans la famille, puis dans la société. À partir du XVIe siècle, les femmes peuvent avoir, selon la Reforme, un accès à l’éducation. Elles doivent apprendre à lire pour pouvoir étudier la Bible et ainsi, élever chrétiennement leurs enfants. Les femmes protestantes se révèlent alors plus instruites que les femmes catholiques. Leur savoir les prépare à leur rôle de mère et d’épouse. Ce siècle est également marqué par l’ouverture d’écoles pour filles dans les grandes villes protestantes (Nîmes, La Rochelle…) du royaume de France. Mais le pouvoir reste aux mains des hommes, les femmes doivent rester de simples ménagères. De nombreuses femmes célèbres sont recensées à cette époque, essayant de faire bouger les dogmes :
Dès le XIXe siècle, elles montrent de plus en plus leur désir de prendre des responsabilités au sein de la société. Elles manifestent ce désir notamment avec la publication de la Voix des Femmes, un quotidien féministe qui réclamait l’égalité homme-femme en politique. Le XXe siècle est marqué par la création de nombreuses associations, mettant ainsi en évidence la capacité des femmes à s’investir dans la société française. On[Qui ?] peut alors citer l’Union Chrétienne des Jeunes Filles (UCJF) chargée de soutenir moralement les jeunes filles venues des provinces pour trouver du travail ; ou encore la Fédération Chrétienne des Éclaireuses, pionnière dans le scoutisme. Mais il faudra attendre 1960 pour que les femmes soient autorisées à devenir pasteurs à l’égal des hommes. La particularité de l'Armée du Salut qui, dès sa fondation, considéra qu'une femme peut enseigner, à l'égal des hommes (voir plus bas).
Max Weber a mis en évidence dans "L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme" la contribution unique du protestantisme à la création d'une culture favorable à la liberté d'entreprendre et au capitalisme, culture qui s'est à présent imposée à l'échelle mondiale[11]. Weber met particulièrement en évidence le rôle des calvinistes et des puritains, caractérisés par un ascétisme qui mène à la thésaurisation donc à la formation de capital, et par une angoisse existentielle quant à leur élection et donc à leur salut : puisqu'il y a des élus et des réprouvés, ces protestants recherchaient partout, et notamment dans la réussite professionnelle, la confirmation de leur élection divine. Les activités industrielles, de négoce ou de banque menées par des protestants ont donc prospéré dans la durée. Des alliances réfléchies entre familles protestantes ont également permis de consolider et de diversifier ces activités économiques. De nombreuses entreprises françaises, toujours en activité aujourd’hui, ont ainsi été créées par des protestants et demeurent de véritables réussites, comme par exemple :
L'Armée du Salut naît en pleine révolution industrielle, à la fin du XIXe siècle. Elle est créée, en 1878, par le pasteur anglais William Booth, scandalisé par le spectacle des foules ouvrières qui s'entassent dans les quartiers pauvres de l'Est londonien (East End). Pour lui, le changement ne s'opère pas au niveau des masses mais en chaque individu (contrairement à l’idéologie de Karl Marx). Le progrès social, politique et économique doit découler d'une profonde transformation intérieure de l'homme, réconcilié avec lui-même par la puissance de l'Évangile. Mais William Booth sait qu'avant de parler à quelqu'un de religion, il faut pouvoir lui proposer des conditions de vie décentes sur terre. C'est l'origine de la devise devenue populaire : « Soup, soap, salvation » (Soupe, savon, salut).
En 1881, l'Armée du Salut s'implante à Paris avec Catherine Booth. Aidée de deux camarades de son âge, elle s'installe en plein quartier populaire de Belleville-Ménilmontant. L'Évangélisation est accompagnée d'un grand travail social : hôtelleries populaires, maisons pour jeunes filles en danger. De nombreux postes de l'Armée du Salut sont créés dans toute la France. Même si l’Armée du Salut est présente en France depuis 1881, sa structure a évolué. L’Armée du Salut des débuts crée l’Association des Œuvres Françaises de Bienfaisance de l’Armée du Salut, reconnue d'utilité publique en 1931. Après avoir été interdite sous l'Occupation, l'AOFBAS renaît. Depuis le 11 avril 2000, l'Armée du Salut est scindée en deux ; la Congrégation Armée du Salut (branche historique en charge du culte) et la Fondation Armée du Salut (branche sociale, respectueuse des valeurs chrétiennes).
En France, le protestantisme arrive en 3ème position après le catholicisme et l'islam. Actuellement, entre 1,8 et 2,4 millions de fidèles sont dénombré en France dont 1,1 million appartenant aux Églises de la Fédération Protestante de France (FPF) et la Fédération Évangélique de France (FEF)[réf. nécessaire]. En France, il existe des Églises luthériennes, des Églises réformées, et des Églises évangéliques (dont pentecôtistes). Il existe aussi quelques paroisses anglicanes à l'attention des Anglo-saxons résidant en France.
Les protestants représentent traditionnellement environ 2% de la population française, même si un sondage les estimait à 1.5 % en 1995. Un sondage plus récent (2009) révise toutefois cette estimation traditionnelle à 3%, ce que le sociologue Jean-Paul Willaime attribue à la croissance des mouvements évangéliques[12]. 25% des protestants français sont évangéliques, 26% sont membres des Églises réformées et 19% sont luthériens. 40% des protestants ont moins de 30 ans. Ils sont en majorité progressistes en matière sociale (97% défendent l’utilisation d’un préservatif) et hétérogènes en politique. 78% sont pour la laïcité. 25% des pasteurs français sont des femmes.
Le protestantisme est inégalement réparti dans les régions. Il est principalement implanté en Alsace (notamment à cause du fait que pendant les guerres de religions, l’Alsace était allemande) et dans le Languedoc (Cévennes). Dans d’autres régions (Bretagne, Centre), le protestantisme est très disséminé alors que dans la reste de la France, il est surtout présent dans les grandes villes.
La Fédération protestante de France (FPF) a été créée le 25 octobre 1905 comme une union d’Églises destinée à « défendre les intérêts protestants » dans le contexte de la séparation de l’Église et de l’État. Elle fédère aujourd’hui 17 Églises et unions d’Églises. Les annuaires protestants recensent 690 paroisses luthériennes et réformées (luthéro-réformées) ainsi que 2100 communautés évangéliques actives en France.
Par ailleurs, nombreux sont les protestants issus des Églises établies qui sont très attachés à l'histoire parfois douloureuse de leur Église et aux éléments d'histoire familiale associés ; c'est à cela que l'on[Qui ?] doit la fondation en 1852 de la Société de l'histoire du protestantisme français (SHPF), société savante fondée en 1852 afin de faciliter les recherches historiques sur le protestantisme. C'est une des plus anciennes sociétés savantes de France, qui publie depuis sa fondation le Bulletin de la SHPF (trimestriel) auquel se sont ajoutés depuis les années 1980, les Cahiers du centre de généalogie protestante. Dans la même veine, il existe un Comité protestant des amitiés françaises à l'étranger qui entretient les liens avec les communautés protestantes issues de l'émigration huguenotte dans les pays dits du Refuge (voir au paragraphe Histoire ci-après).
Les Églises protestantes en France, pour certaines rassemblées dans la Fédération protestante de France, présentent plusieurs confessions très diverses :
Les Églises réformées sont héritières de Jean Calvin et de Zwingli. Il existe en France trois alliances d'Églises réformées : l'Église réformée de France, l'Église protestante réformée d'Alsace et de Lorraine (concordataire et aujourd'hui fusionnée dans l'Union des Églises Protestantes d'Alsace et de Lorraine), et l'Union nationale des Églises réformées évangéliques indépendantes.
Les Églises luthériennes sont héritières de la théologie de Martin Luther. Elles remontent également aux origines mêmes de la Réforme et se réclament des trois affirmations centrales du message de Luther : l'autorité souveraine de la Bible, le salut par la Grâce, et le sacerdoce universel des croyants. Il existe en France deux unions d'Églises luthériennes : l'Église de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (concordataire et aujourd'hui fusionnée dans l'Union des Églises Protestantes d'Alsace et de Lorraine), et l'Église évangélique luthérienne de France. Elles sont membres de la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM : 65 millions de membres).
L'Église évangélique luthérienne de France et l'Église réformée de France sont engagées dans un processus d'union, qui devrait aboutir en 2013 à la création d'une Église protestante unie de France.
La France compte de nombreuses Églises évangéliques (voir Protestantisme évangélique ou évangélisme), elles représentent 1/3 des protestants du pays et sont depuis quelques années en croissance numérique rapide. La plupart de ces Églises évangéliques sont rassemblées au sein du Conseil national des évangéliques de France (CNEF), créé en 2010 à partir de l'Alliance évangélique française et du réseau Fédération Evangélique de France; plusieurs sont également membres de la Fédération protestante de France (FPF). Elles se composent d'Églises baptistes, adventistes, méthodistes, darbystes, pentecôtistes, libristes... Plusieurs de ces Églises sont de type charismatique tandis que d'autres sont plutôt évangéliques classiques ou traditionnelles.
Le Pentecôtisme est un courant évangélique de type charismatique né de mouvements de Réveil particuliers qui se sont manifestés au début du XXe siècle, aux États-Unis sous l’impulsion du pasteur Charles Parham et de William J. Seymour. La particularité théologique des pentecôtistes est de penser que le Saint Esprit est donné au croyant lors d’une expérience particulière, distincte du baptême d’eau traditionnel : le baptême du Saint Esprit. Celui-ci confère au croyant des dons particuliers comme le parler en langue, la prophétie ou la guérison divine. Les Églises pentecôtistes se font les témoins de l’Évangile aux quatre angles : « Jésus sauve, baptise, guérit, revient ». Par ailleurs, elles se situent dans la tradition protestante évangélique et baptiste et se référent aux grands principes de la Réforme : salut par la grâce, autorité de la Bible seule, sacerdoce universel. Les plus importantes Églises pentecôtistes en France, sont les Assemblées de Dieu et l'Église de Dieu en France.
Cette section contient une liste de pasteurs, de théologiens et de personnalités impliquées dans la pensée protestante.
Dans les Églises historiques européennes, en plus des fêtes chrétiennes (référées à Jésus-Christ selon la Bible), on célèbre parfois :
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