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La religion de la Rome antique se distingue de beaucoup d'autres religions même polythéistes par l'absence de mythes[réf. nécessaire]. Certes autrefois les ancêtres des Romains ont eu des mythes. On peut les reconstituer en partie. Ils expliquent les rites (ces rites si impérieux pour les Romains mais dont ils ne comprenaient bien souvent pas le sens et la portée faute de mythes explicatifs!), et on les retrouve en grande partie réutilisés (du moins les motifs mythiques) dans l'écriture des origines de Rome. De ce fait les dieux romains présentent un visage à bien des égards étrange: d'un côté l'attention se focalise sur leur puissance d'action (numen) et leur intervention dans l'histoire car ils ne possèdent pas de « sur-histoire » métaphysique; de l'autre, comme conséquence, ils ne sont que de pâles figures mal personnalisées. Ils sont d'abord des puissances. Et les Romains, faute de mythes propres, adopteront ensuite les mythes grecs.
À part quelques témoignages archéologiques et épigraphiques, notre connaissance de la religion romaine ne remonte pas au-delà du IIIe siècle avant notre ère. Les plus anciens documents écrits en notre possession ne sont pas antérieurs. Il est donc sage avec J. Schied, de ne pas se focaliser sur une reconstitution des strates archaïques de la religion romaine, mais de l'étudier telle qu'elle se présente à nous à la fin de la République et sous l'Empire. Rechercher le « purement » romain dans la religion romaine relève d'un fantasme malheureux. Outre les antécédences indo-européennes, la religion romaine nous apparaît, aussi loin qu'on peut remonter, influencée par les Etrusques et les Grecs (les premiers étant eux-mêmes déjà largement influencés par les seconds sur le plan religieux!).
Les Romains croient en un certain nombre de puissances divines (c'est-à-dire surhumaines), les dieux. Ces dieux sont « spécialisés » : ils peuvent avoir une puissance topique (par rapport à un lieu) comme Jupiter Capitolin (de la colline du Capitole (à Rome)) ou Zeus Olympien (Grèce). Mais ils peuvent avoir également une spécialité dite fonctionnelle, comme Mars qui est le « dieu de la Guerre » (défense aussi bien militaire que défense des récoltes contre les insectes). Pour les Romains, les dieux sont dans le monde (le cosmos), ils sont avec eux : ils sont soit aériens (dans l'air), soit astres (aux yeux des Anciens, le mouvement circulaire des astres est éternel et donc divin, ce qui explique aussi la forte importance de l'astrologie à l'époque antique).
La puissance des dieux inquiète, il faut donc vivre en bonne entente avec eux, en reconnaissant leur supériorité, et donc en leur rendant un culte par les rites. La religion est simplement de la « diplomatie » avec les dieux : on recherche la paix des dieux. La finalité du culte n'est ni personnelle, ni dans un au-delà, mais elle est collective et terrestre. La religio est l'ensemble des pratiques rituelles civiques qui ne vise que le bien-être de la Cité.
D'après Tite-Live, c'est après le règne de Romulus que Numa Pompilius, second roi de Rome, institua les pratiques religieuses et nomma les pontifes sélectionnés parmi les Pères, personnages constituant la noblesse choisie par Romulus. Selon Georges Dumézil, l'histoire légendaire des origines romaines trahit un archétype indo-européen : le premier roi, Romulus, se concentre sur l'art militaire et fait de Rome une véritable puissance. Le second roi, Numa, fonde les cultes et offre aux Romains une nouvelle force : celle de lutter pour une bonne cause, les déités. La triade divine, Jupiter, Mars, Quirinus, qui se répartit sur trois fonctions, comme dans la religion indienne antique la trilogie des dieux Varuna, Indra, Nasatya. Jupiter représente la fonction de souveraineté sacrée, Mars, la fonction guerrière et Quirinus, à cette période dieu de la masse, la fonction de production et de fécondité[1]. Cette triade précapitoline a été ensuite remplacée par la triade capitoline classique : Jupiter, Junon, Minerve.
Tous les aspects mystiques, théologiques ou d'adoration ne sont que des superstitions aux yeux des Romains.
La religion est ce qui concerne les Romains et leurs dieux. Cicéron disait « chaque cité a ses dieux, et nous, les nôtres ».
Il s'agit d'un culte officiel : la pratique cultuelle dépend du statut juridique et seule la cité peut autoriser ou interdire un dieu (les Romains ont repris comme dieux civiques un certain nombre de dieux grecs ou orientaux).
La religion romaine est une religion civique et ritualiste. Organisée par l'Etat romain, et pour le bien de l'Etat romain, elle est centrée sur la préservation de la pax deorum, la paix des Dieux qui garantit le bon fonctionnement de la société et des institutions romaines ainsi que la prospérité de la Cité et le caractère victorieux de ses guerres. Issue de l'ancienne religion tribale des Indo-européens et des Italiques, il ne faut pas lui chercher quelques caractères mystiques ou même sentimentaux. Les Romains; aux dires de Cicéron; se considéraient comme les plus religieux des hommes: cela signifiait les plus exacts dans l'exécution des rituels, les plus attentifs à satisfaire à leurs obligations religieuses ce qui leur garantissait la faveur des divinités.
Comme pour les autres religions polythéistes de l'Antiquité, si diverses fussent-elles, nous devons les aborder en suivant la règle qui nous oblige, pour les comprendre, à oublier tout ce que des siècles de judéo-christianisme nous ont inculqués au sujet du concept « authentique » de « religion ».
D'abord les dieux indo-européens ne sont jamais, à la différence des dieux du Proche-Orient, et donc du dieu biblique, des Entités toute-puissantes supérieures à la population des fidèles. Le despotisme oriental s'oriente sur une dichotomie totale dieu/homme à l'image de la dichotomie roi (absolu)/sujet (esclave). La tribu indo-européenne est articulée de manière différentiée, en ordres et fonctions. Il n'y existe pas d'opposition mais des différentiations et elle évolue, dans le monde italique comme dans le monde grec, vers le concept de Cité délibérative et participative. Les dieux de ces peuples donc de Rome – sont des citoyens d'un rang très élevé, particulièrement puissants et honorables, particulièrement respectables, mais ce ne sont en rien des tyrans qui devraient être craints.
Le Romain ne craint pas ses dieux. Cela relèverait de la superstition. Ils sont les « patrons » (au sens romains) de la Cité, engagés dans un rapport de réciprocité bienveillante avec les citoyens. Normalement, si la piété est respectée, si les citoyens s'acquittent de leurs obligations envers les dieux, ceux-ci sont favorables et bienfaisants, d'autant plus que l'accroissement de prestige de leur Cité rejaillit sur eux comme une auréole de gloire.
« La « religio » c'est la justice envers les dieux et envers les morts » : par ces mots, Cicéron comprend le mot « justice » (du latin jus, « devoir moral ») comme un « devoir moral » pour que la paix des dieux soit maintenue.
Jupiter Capitolin fait partie de la triade romaine avec Junon et Minerve : c'est à eux qu'on rend le plus de cultes. De nombreux dieux se voient gratifiés d'un culte, à tel point que les Romains ne connaissent plus le sexe de certaines divinités, ou encore, ils continuent parfois à pratiquer des rites dont ils ne comprennent plus la signification. La pratique des rites vise avant tout l'efficacité recherchée.
Quoiqu'on connaisse mal la religion de la Rome archaïque, sous la République, le culte se confond avec celui de la ville, puis de l'empereur à partir d'Auguste. Il est vrai également que le polythéisme des Romains était tolérant... jusqu'à un certain point. Sylla donna pour mission aux 15 membres du collège des interprètes des Livres Sibyllins de surveiller les cultes étrangers.
Les Romains ne s'imaginent pas leurs dieux supérieurs, mais ils s'enorgueillissaient d'être les meilleurs pour les rites. La pietas c'est réussir le rite (ou sacrifice) parfait : pour cela il faut souvent recommencer le rite pour qu'il soit « administré » de manière parfaite pour ne pas froisser le dieu (il existe des exemples de rites recommencés un trentaine de fois de suite par des magistrats de grande pietas).
Vis-à-vis des cultes étrangers, les Romains se montrent assez tolérants, et de façon générale toutes les religions étaient tolérées (voir religio licita).
Le panthéon romain s'est enrichi de nouveaux dieux et s'est nourri de différentes influences religieuses : au IIIe siècle av. J.‑C. par exemple a été introduit le culte grec d'Esculape. À l'origine se mélangent les religions italiques et grecques. À la fin du IIIe siècle av. J.-C., le culte phrygien de Cybèle se diffuse peu à peu. Il est officiellement importé à Rome lors de la seconde guerre punique, où la déesse est en quelque sorte installée dans le côté romain (cf. Tite-Live).
Ultérieurement, le judaïsme est toléré quoique étrange et peu apprécié de l'esprit romain. Avec la conquête de l'Égypte, l'empereur porte le titre de pharaon, mais uniquement en Égypte.
Les influences orientales ont mis à l'honneur des pratiques individuelles et les cultes à mystères, dans un souci de rapport direct avec la divinité. Au Ier siècle, l'empereur Caligula s'intéresse au culte d'Isis. À la fin du IIe siècle, Commode est initié au mithraïsme.
Toutes les religions n'ont cependant pas connu cette tolérance et cette assimilation romaine, et les rites clandestins sont suspects aux yeux des romains :
Le calendrier romain est divisé en diverses sortes de jours, selon l'activité que l'on pouvait entreprendre[2] :
Pendant longtemps, la qualité des jours était annoncée par le pontifex maximus seulement un mois avant, car le calendrier était compliqué (calendrier lunaire de 355 jours/an donc, tous les 2 ans était rajouté un mois intercalaire de 20-22 jours. Jules César simplifie ce système en 45 av. J.-C. en adoptant un calendrier solaire proposé par l'astronome égyptien Sosigène d'Alexandrie : c'est le calendrier julien), encore en vigueur de nos jours, après la réforme grégorienne de 1582.
Voir aussi : Fêtes religieuses romaines
Le pomœrium est une ligne imaginaire qui définit, dans Rome, une aire où l'efficacité des rites est garantie. C'est un endroit pur, et donc la mort et les hommes en armes n'y sont pas admis.
Le templum (différent de « temple ») est un espace terrestre ou céleste, coupé du monde des humains, et dédié aux dieux. On distingue ainsi :
Le sacrifice ( = rendre sacré) est le rite le plus important car il permet de maintenir la pax deorum en reconnaissant leur supériorité (leur maiestas) en échange d'un vœu. Il est souvent pratiqué par un prêtre du temple. On compte deux grands types de sacrifices :
Artémis est la seule déesse (chasseresse) qui peut recevoir du gibier en sacrifice. Une partie du sacrifice est brûlée sur l'autel ou au sol, l'autre est mangée par les hommes.
Tout est brûlé sur un autel ou au sol. C'est ce que l'on appelle l'Holocauste. Il est principalement destiné aux divinités hypochtoniennes (vivant sous terre).
Les offrandes.
Les romains offrent aux Dieux des animaux domestiques
- Bovins - Ovins - Suidés - Parfois des Chiens
Le sacrifice se procéde en plusieurs étapes qui doivent être impérativement respectées dans le bon ordre pour des offrandes réussies :
- La Praefatio : l'offrande inaugurale avec l'utilisation du Vin qui symbolise la reconnaissance des Dieux mais également des Encens.
- L'Immolatio qui consiste à verser sur le dos de l'animal de la Mola Salsa : une farine salée. On considère cet acte comme une consécration de l'animal : passer du monde humain au monde divin : l'appartenance à Dieu. Le prêtre répend quelques gouttes de vin sur le front de l'animal puis passe le couteau sur le dos d'un geste rapide pour montrer que la bête est consacrée aux sacrifices pour les divinités.
- Les romains ne décrivent pas l'étape suivante qui est la mise à mort de l'animal. L'esclave chargé de tuer l'animal doit demander la permission avant de l'égorger. On attache les cornes de manière à ce qu'il incline la tête pour ensuite l'assommer avec un maillet.
- La precatio : la prière prononcée à haute voix par les prêtres
- La Litatio : la versification et l'acceptation du sacrifice par les divinités
- Le Partage sacrificiel
- Le Banquet sacrificiel.
A savoir qu'une offrande ne peut avoir lieu si l'animal ne tient pas en place, s'il est effrayé, malade ou s'enfuit. Dans ce cas pour maintenir l'offrande les romains doivent choisir une autre bête docile en bonne santé.
Dans la Rome antique, l'appartenance à la classe sociale influence le faste des rites. Les riches se font en principe incinérer, les plus pauvres comme les esclaves sont jetés dans des fosses communes sans cérémonie. Les rites ont également changé avec l'abandon de la religion romaine au profit des cultes orientaux comme le christianisme. Il est courant que certains hommes, dont les empereurs à travers le culte Impérial, fassent l'objet d'un culte après leur mort.
Le prodige, prodigium en latin ou portentum s'il est particulièrement effrayant ou impressionnant, peut se définir dans la religion romaine comme la manifestation spontanée de la volonté divine par le déclenchement de phénomènes naturels et climatiques particuliers. Ces prodiges étaient donc interprétés comme le signe de la colère ou de la désapprobation divines. Il s'agissait pour les romains de rechercher dans les actes récemment accomplis celui ou ceux qui n'avaient pas plu aux dieux. En effet, pour les romains, prodige signifiait forcément manquement. Ces prodiges pouvaient se traduire par des pluies de pierres qui, depuis les origines de Rome, étiaent perçues comme des signes redoutables annonciateurs de malheurs pour la cité. Il y avait aussi les fulgura, c'est-à-dire les foudres qui s'abattaient en des points précis. La naissance d'hermaphrodites (Monstra) était considérée comme contre-nature car il se révélait être le pire de tous les prodiges selon les croyances romaines, l'enfant en question étant considéré comme une menace pour l'harmonie du monde, un signe de défaite militaire et de mort. En effet, dans la conception romaine largement influencée par les Étrusques, notamment à la fin du IIIe siècle av. J.-C., la présence même d'un androgyne était vue comme une souillure du territoire romain. En outre, le fait de ne pas savoir si l'enfant en question est un garçon ou une fille constituait une atteinte à l'identité romaine en elle-même et suscitait chez les Romains l'horreur la plus profonde. Les prodiges étaient donc nombreux, très variés et tous pris en compte par le Sénat. Comme les prodiges expriment le désaccord et leur mécontentement des dieux les romains doivent multiplier les cérémonies d'expiation afin de conjurer ces prodiges et de retrouver la faveur divine. Ainsi, c'est par l'organisation de cérémonies religieuses dites "expiatoires" et notamment à travers les offrandes et les sacrifices faits aux dieux que Rome espère regagner le soutien de leurs divinités. En cela, le Sénat dispose de plusieurs moyens d'action, à savoir 3 sacerdoces compétents ayant chacun des spécificités différentes mais qui sont tous 3 en mesure de pratiquer des cérémonies d'expiation. Tout d'abord sont sollicités les pontifes qui, situés dans la ville même de Rome, peuvent donc être sollicités immédiatement par le pouvoir romain.
Ils procédaient tout d'abord à une enquête, dont ils exposaient les conclusions devant le Sénat. Sur mandat de ce dernier, ils devaient déterminer quel dieu se manifestait à travers tous ces prodiges. C'est là que les Annales Maximi avaient tout leur intérêt car grâce à l'observation de certains phénomènes, les réponses apportées par les pontifes antérieurs avaient été consignées dans ces archives. Ainsi, pour chaque type de prodige, il convenait de reprendre une réponse particulière annotée dans ces archives afin de conjurer le phénomène.
Les prêtres font partie de l'élite patricio-plébéienne (chevaliers et souvent sénateurs et donc magistrats), et sont considérés comme remplissant une mission d'utilité publique. Ils sont soit chargés chacun du culte d'un dieu (les flamines), soit organisés en collèges permanents, ou encore en confrérie (les sodalités).
Ils sont quatre collèges sacerdotaux où la prêtrise se fait à vie :
Ces confréries sont aussi appelés sodalités.
Le contraire de religio (qui concerne le domaine public) est superstitio (qui concerne le domaine privé) : l'athéisme n'existe pas. Les citoyens n'ont pas le droit de rendre sans convocation un culte à un dieu public. Crainte et Amour des dieux n'est que pure superstitio : ce n'est pas un comportement civique. « La religio est un mérite, la superstitio est une faiblesse », Cicéron.
L'« Affaire des Bacchanales » (186 av. J.-C.) est une grave affaire religieuse : un culte secret est rendu à Bacchus (le vin coule à flots) par plusieurs personnes. C'est un crime « contre-Cité » de « Cité à l'intérieur de la Cité » par une vénération privée à un dieu, car la Cité est un « corpus » de dieux et ces dieux sont la Cité (le culte privé est impossible). Les « criminels » ont été durement réprimés.
La pietas est le respect scrupuleux des rites.
Les Romains se croient les plus pieux des humains et c'est pourquoi ils sont aidés par les dieux. Ils invitent également les dieux des adversaires vaincus à venir à Rome pour être bien honorés. Ainsi, les dieux des vaincus quittent ces derniers qui sont encore moins bien protégés et aidés.
La pietas signifie aussi le respect dû aux parents (pietas erga parentes), le respect de la patrie (pietas erga patriam). Dans ces deux cas, elle a également un sens religieux : le Romain voue un culte aux dieux Manes (de ses ancêtres), au lar familiaris ; il participe au culte civique.
On ne peut parler de la religion romaine sans évoquer les divinités de tout le bassin méditerranéen qui ont été « importées » dans la cité mère, Rome.
La première divinité qui est arrivée à Rome est la déesse anatolienne Cybèle, en 204 av. J.-C., dont les rites étaient effectués par des prêtres eunuques, qui, comme pour le culte de la déesse Atargatis, se mutilaient et transformaient leurs rites en bain de sang. Malgré tout, on peut quand même sentir une certaine exagération dans les écrits d'auteurs qui n'approuvaient pas ces cultes venus de l'Orient.
Ensuite les dieux grecs arrivèrent, ce qui provoqua une assimilation entre divinités. Ainsi le petit dieu Neptune devint l'équivalent du grand maître de la mer Poséidon. Une déesse mineure des forêts, Diane, fut assimilée à la souveraine des domaines boisés, Artémis, vierge chasseresse. Mais le dieu grec qui garda à peu près tous ses attributs et même jusqu'à son nom fut Dionysos-Bacchus. Un scandale éclata à son sujet au deuxième siècle avant l'ère chrétienne, l'« affaire des Bacchanales ».
Les cultes alexandrins arrivèrent à Rome par des commerçants égyptiens, et ce n'est que sous Caligula qu'ils commencèrent à être pratiqués. En effet, cet empereur se prenait pour un descendant des pharaons. On vénérait sur le champ de Mars la déesse égyptienne Isis, son époux Sarapis et leur enfant Harpocrate (Horus l'Enfant hellénisé). Mais étaient également vénérées d'autres divinités d'Égypte, tels Hermanubis (Hermès-Anubis) ou encore Apis, dont on a des traces jusqu'en Gaule. Isis prit une importance considérable et était pour ses fidèles, comme en Égypte, la déesse universelle qui engendra l'univers et les astres, la Déesse-Mère. Ce culte était très hiérarchisé, sur un modèle plus ou moins emprunté des traditions égyptiennes. On peut encore admirer aujourd'hui le temple de la déesse à Pompéi.
Mais le dieu qui eut le plus de succès en territoire romain fut Mithra, un dieu indo-iranien. Ce dieu est arrivé le plus tardivement parmi les divinités orientales. On le vénérait dans les mithraea. Son culte était uniquement réservé aux hommes et il eut beaucoup de succès dans l'armée. Le dieu était une chance de salut, et on le représentait souvent dans la scène de la tauroctonie.
Certains se tournèrent vers ces Dieux parce qu'ils semblaient plus proches ou promettaient une immortalité bienheureuse, mais fondamentalement la religion romaine était syncrétique et ces nouveaux cultes n'entraient guère en conflit avec les anciens.
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