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Structure interne de la Terre

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Structure de la Terre. 1. croĂ»te continentale, 2. croĂ»te ocĂ©anique, 3. manteau supĂ©rieur, 4. manteau infĂ©rieur, 5. noyau externe, 6. noyau interne, A : DiscontinuitĂ© de Mohorovic, B: DiscontinuitĂ© de Gutenberg, C: DiscontinuitĂ© de Lehmann
Structure de la Terre. 1 & 2. Noyau 3. manteau inférieur , 4. manteau supérieur, 5 & 6. Croûte terrestre

La structure interne de la Terre est rĂ©partie en plusieurs enveloppes successives, dont les principales sont la croĂ»te terrestre, le manteau et le noyau. Cette reprĂ©sentation est très simplifiĂ©e puisque ces enveloppes peuvent ĂŞtre elles-mĂŞmes dĂ©composĂ©es. Pour repĂ©rer ces couches, les sismologues utilisent les ondes sismiques, et une loi : Dès que la vitesse d'une onde sismique change brutalement et de façon importante, c'est qu'il y a changement de milieu, donc de couche. Cette mĂ©thode a permis, par exemple, de dĂ©terminer l'Ă©tat de la matière Ă  des profondeurs que l'homme ne peut atteindre (manteau profond, noyau).

Ces couches sont délimitées par des discontinuités, comme la Discontinuité de Mohorovic, celle de Gutenberg, nommée d'après le sismologue Beno Gutenberg, ou bien celle de Lehmann. Pour comprendre cette constitution, il faut remonter à la formation de la Terre, par accrétion de météorites, les différentes couches s'étant alors mises en place sous l'influence de divers paramètres, comme par exemple la masse volumique de ses constituants.

Sommaire

[modifier] Quelques jalons historiques

[modifier] De l’Antiquité au XVIIIe siècle

Depuis l’AntiquitĂ©, nombreux sont ceux qui se sont illustrĂ©s dans leurs tentatives d’explication de la constitution interne de notre globe. Certains de ces intellectuels ont cherchĂ© Ă  coller Ă  la vision du terrain (relief, volcans, tremblements de terre), d’autres ont voulu aussi incorporer Ă  leur modèle une explication des textes bibliques (le dĂ©luge). Viendra ensuite la pĂ©riode oĂą les hypothèses seront Ă©tayĂ©es par des expĂ©rimentations : ce sera l’ère de la gĂ©ophysique. On trouve donc dans cette galerie de portraits : des mathĂ©maticiens, des philosophes, des thĂ©ologiens puis plus tardivement des naturalistes, des physiciens et des gĂ©ologues. Nous ne retiendrons ici que les plus connus.

Pour Aristote (IVe siècle av. J.-C.), notre planète est constituĂ©e de terre et de roche entourĂ©e d’eau puis d’air. Viennent ensuite une couche de feu et les astres. Jusqu’à Copernic cette vision Ă©voluera peu, mais au milieu du XVIIe siècle un foisonnement d’idĂ©es nouvelles apparaĂ®t.

En 1644, la Terre prĂ©sentĂ©e par Descartes dans « Principes de philosophie Â» est un ancien soleil qui a gardĂ© un noyau de type solaire mais dont les couches externes ont Ă©voluĂ©. Plusieurs couches se succèdent Ă  partir du centre : roche, eau, air puis enfin une croĂ»te extĂ©rieure en Ă©quilibre sur cet air. Cette croĂ»te brisĂ©e a formĂ© les reliefs et laissĂ© passer l’eau venant des profondeurs qui a formĂ© mers et ocĂ©ans.

A la mĂŞme Ă©poque, Athanasius Kircher postule lui aussi que le globe terrestre est un astre refroidi mais qu'il contient sous la croĂ»te une matière en fusion qui s’échappe parfois du centre par les volcans. A la fin du XVIIe et au cours du XVIIIe siècle, une grande quantitĂ© d’hypothèses seront Ă©mises :

  • Terre issue d’une ancienne comète : William Whiston (1667 - 1752)
  • Terre ayant Ă©tĂ© composĂ©e d’un mĂ©lange fluide qui s’est dĂ©posĂ© par gravitĂ© au cours du temps : John Woodward (1665 - 1728) et Thomas Burnet (1635 - 1715)
  • Terre creuse Ă  plusieurs coques concentriques et noyau aimantĂ© sĂ©parĂ©s par du vide : Edmund Halley (1656 - 1742)
  • Terre totalement creuse oĂą la fine croĂ»te externe est en Ă©quilibre entre gravitĂ© et force centrifuge : Henri Gautier (1660 - 1737)

[modifier] Du XVIIIe au XXe siècle

Avec l’essor de la géologie, les théories vont devoir coller à l’observation et aux mesures géophysiques. Le peu d’influence des masses montagneuses sur la gravité locale tend ainsi à prouver que la Terre n’est pas creuse.

Le lĂ©ger aplatissement du globe aux pĂ´les et la nature ignĂ©e de certaines roches font dire Ă  Georges de Buffon que la Terre a Ă©tĂ© en fusion Ă  son origine. La mesure de l’augmentation rĂ©gulière de la tempĂ©rature avec la profondeur dans les mines (1°C pour 25 mètres) incite Joseph Fourier et Pierre Cordier (1777 - 1861) Ă  extrapoler et dĂ©duire que le centre de notre planète est en fusion Ă  une tempĂ©rature de plusieurs milliers de degrĂ©s. L’origine de cette tempĂ©rature sera longuement dĂ©battue : reste de la chaleur originelle sur un globe en cours de refroidissement ou Ă©lĂ©vation de la tempĂ©rature due Ă  des rĂ©actions chimiques ou nuclĂ©aires internes ? D’ailleurs, cette chaleur ne serait-elle pas suffisamment intense pour que toute la matière interne soit gazeuse au-delĂ  d’une certaine profondeur ?

Pour William Hopkins, la variation du point de fusion des roches en fonction de la pression fait une nouvelle fois pencher la balance en faveur d’un noyau solide. Le niveau très faible des mouvements du sol liés à la marée (évalué par comparaison avec la mesure précise des marées océaniques) plaide, selon (Lord Kelvin), pour un globe aux propriétés d’un solide élastique et non pas d’un fluide.

L’analyse de la composition des roches terrestres et météoritiques, ainsi que la mesure de la densité moyenne du globe (5,5) influent sur plusieurs modèles où une fine croûte légère de silicates recouvre un noyau métallique volumineux plus dense. Enfin, l’analyse des données sismologiques qui s’avéreront de plus en plus précises, vont permettre d’établir le modèle actuel.

[modifier] Les méthodes d’investigation

[modifier] Investigations directes

[modifier] Exploration humaine

La spĂ©lĂ©ologie, activitĂ© aux multiples facettes, ne se prĂŞte guère, mĂŞme dans sa composante sportive, Ă  l’établissement de records. Longtemps la cote –1 000 ne fut qu’un rĂŞve que la technologie ne permettait pas de concrĂ©tiser. C’est en 1956 au Gouffre Berger, dans le massif du Vercors (Isère), que cette profondeur mythique fut atteinte pour la première fois. En 2005, la profondeur spectaculaire des –2 000 mètres a Ă©tĂ© dĂ©passĂ©e par des spĂ©lĂ©ologues Ă  Krubera-Voronja (ex gouffre Voronja), dans le Caucase occidental (Abkhazie).

Par ailleurs, la variĂ©tĂ© des terrains explorĂ©s dans les mines est beaucoup plus importante que les Ă©tendues de roches sĂ©dimentaires parcourues par les spĂ©lĂ©ologues et les terrains exploitĂ©s sont bien plus anciens. Les mineurs y cĂ´toient quotidiennement le phĂ©nomène d’élĂ©vation de la tempĂ©rature qui dès le XVIIIe siècle influera sur les hypothèses d’un globe au cĹ“ur en fusion. Quoi qu’il en soit, mĂŞme les mines les plus profondes du monde (~3 500m pour la Tau Tona d'Afrique du Sud en 2002) ne font qu’effleurer l’écorce terrestre.

Qu’est-ce qui se cache donc vraiment derrière les trĂ©sors d’imagination de Jules Verne et son « Voyage au centre de la Terre Â» ? Sans l’apport de mĂ©thodes d’exploration indirecte, l'homme serait restĂ© totalement ignorant du contenu profond du globe au-delĂ  des quelques deux ou trois premiers kilomètres.

[modifier] Les forages profonds

L’objectif des forages profonds, tels celui du programme KTB (Kontinental Tiefbohrprogramm der Bundesrepublik), qui a atteint 9 800 mètres sous l’Allemagne, ou celui de 13 kilomètres dans la pĂ©ninsule de Kola (Russie), est de mieux connaĂ®tre la lithosphère et d’atteindre la zone de transition entre celle-ci et le manteau supĂ©rieur : le Moho.

Si ces forages ont permis de confirmer la structure et la composition de la croĂ»te, ou de tracer des profils sismiques rĂ©gionaux, ils n’ont malheureusement pas permis d’atteindre Ă  ce jour la couche sous-jacente tant convoitĂ©e. On a pu ainsi mesurer par exemple que la tempĂ©rature des roches atteint environ 300 Â°C Ă  10 kilomètres de profondeur.

Comme la croûte océanique est plus mince que les plaques continentales, plusieurs projets de forage océanique ont vu le jour, MOHOLE puis DSDP (1968-1983) aux États-Unis, puis des programmes internationaux comme ODP (1985-2003) puis IODP (2003-2013). Pour l'instant, aucun navire n’a encore réussi à forer jusqu’à la discontinuité de Mohorovičić.

[modifier] L’étude des météorites

Comprendre comment les couches successives de la Terre se sont progressivement différenciées serait grandement facilité par la connaissance de la composition exacte du matériau primitif qui lui a donné naissance. Les éléments absolument indispensables à la bonne formule sont le fer, le nickel et les silicates. On retrouve ces éléments (et plusieurs autres) dans un type de météorites appelé chondrites. Elles contiennent des petites zones sphériques de silicates solidifiés après fusion, les chondres, dont le nom est à l’origine de l’appellation de ces météorites.

Certaines d’entre elles, comme la chondrite Allende, contiennent un mĂ©lange de fer mĂ©tallique et d’oxyde de fer, ainsi qu’une grande quantitĂ© de carbone ; d’autres, comme la chondrite d’Indarch, du fer mĂ©tallique et un silicate de magnĂ©sium (MgSiO3), l’enstatite, extrĂŞmement frĂ©quent dans le manteau terrestre. D’autres chondrites, plus primitives, montrent du fer totalement oxydĂ© ; ce sont les mĂ©tĂ©orites carbonĂ©es CI ; elles sont très proches par leur composition de la nĂ©buleuse gazeuse qui donna naissance au système solaire il y a environ 4,57 milliards d’annĂ©es, et Ă  la Terre il y a 4,45 milliards d’annĂ©es.

Parmi toutes ces chondrites, seules celles contenant 45% d’enstatite prĂ©sentent une composition chimique et isotopique en adĂ©quation avec la densitĂ© et la nature profonde actuelle de la Terre (plusieurs couches de silicates lĂ©gers et un noyau oĂą ont migrĂ© les mĂ©taux plus lourds). Ces mĂ©tĂ©orites ont une taille bien trop faible pour ĂŞtre diffĂ©renciĂ©es : leurs Ă©lĂ©ments y sont restĂ©s rĂ©partis de façon relativement homogène.

[modifier] Investigations indirectes (géophysique)

[modifier] La tomographie sismique

C’est l’analyse des enregistrements obtenus grâce aux sismographes qui permettra de renouveler totalement le modèle de la Terre au cours du XXe siècle. Le principe est relativement simple : suite Ă  un sĂ©isme on dĂ©termine la position de son Ă©picentre le plus prĂ©cisĂ©ment possible. Puis on enregistre les vibrations qui se propagent Ă  travers tout le globe. Ces phĂ©nomènes ondulatoires sont soumis Ă  des lois physiques telles que la rĂ©flexion ou la rĂ©fraction. De plus, elles ne se dĂ©placent pas toutes Ă  la mĂŞme vitesse suivant le milieu qu’elles traversent ce qui permet d’évaluer le contenu de la Terre par l’examen attentif des courbes temps / distance parcourue. Les ondes Ă©tudiĂ©es dans la tomographie sismique sont les ondes de fond qui parcourent le globe terrestre dans toutes les directions. Les ondes de surface, qui causent les dĂ©gâts aux constructions humaines, ne se propagent que dans la croĂ»te et ne donnent aucune information sur les couches profondes.

Certaines ondes arrivent rapidement : ce sont les ondes P (comme Premières) ; d’autres sont retardĂ©es et sont enregistrĂ©es plus tard : ce sont les ondes S (comme Secondes).

ondes P Les ondes P sont des vibrations qui agissent en compression : les particules se dĂ©placent dans le sens de propagation de l’onde, un peu comme dans un ressort. Ces ondes de compression se propagent dans les solides, les liquides et les gaz.
ondes S Les ondes S sont des ondes de cisaillement : les particules se dĂ©placent perpendiculairement au sens de propagation de l’onde, un peu comme une oscillation sur une corde. Ces ondes de cisaillement se propagent dans les solides mais pas dans les milieux liquides ou gazeux.

La vitesse des deux types d’ondes P et S varie en fonction de la densité du matériau traversé. Plus la couche traversée est molle, plus les ondes se propagent lentement. De plus, lorsqu’une onde P arrive non perpendiculairement sur une zone de transition (interface manteau-noyau par exemple) une petite partie de son énergie est convertie dans une autre forme d’onde (une fraction de P devient alors S). L’interprétation des relevés sismographiques est donc ardue car s’y chevauchent les tracés de nombreux types d’ondes qu’il faut démêler et dont on doit expliquer l’origine. Pour s’y retrouver un peu mieux, on a désigné toutes ces ondes par des lettres différentes qu’on peut ensuite combiner au fur et à mesure de leur évolution (voir tableau ci-dessous).

Onde P Onde S
manteau P S
noyau externe K
noyau interne I J

Ainsi une onde PP est une onde P qui, après avoir subi une rĂ©flexion Ă  la surface du globe terrestre, est restĂ©e dans le manteau avant de rĂ©apparaĂ®tre en surface oĂą elle est dĂ©tectĂ©e. Une onde PKP sera une onde P qui ressort en surface après avoir traversĂ© le noyau externe liquide (trajet = manteau / noyau ext. / manteau). On peut ainsi allonger l’appellation autant que nĂ©cessaire. Prenons un exemple assez complexe : une onde quasi verticale traversant le globe terrestre de part en part après avoir rebondi Ă  la surface et ĂŞtre passĂ©e deux fois (Ă  l’aller et au retour) par le noyau et la graine rĂ©apparaĂ®tra Ă  la surface affublĂ©e du gentil sobriquet, palindrome totalement imprononçable, de PKIKPPKIKP !

Au cours du XXe siècle, plusieurs découvertes essentielles ont été faites grâce à la tomographie sismique.

En 1909, Andrija Mohorovičić détecte sous la Croatie l’interface croûte / manteau appelée désormais par les intimes, et en hommage à son découvreur, Moho.

En 1912, Beno Gutenberg (1889-1960) replace l’interface manteau / noyau à 2900 km de profondeur grâce à l’étude des ondes P, donnant son nom à la discontinuité entre le manteau inférieur et le noyau externe, discontinuité dîte de Gutenberg.

En 1926, Harold Jeffreys (1891-1989) établit la fluidité du noyau métallique.

En 1936, Inge Lehmann (1888-1993) dĂ©couvre la graine (ou noyau interne) : partie mĂ©tallique Ă  l’intĂ©rieur du noyau. Sa soliditĂ© sera Ă©tablie plus tard au cours des dĂ©cennies suivantes.

Dans le même temps, de 1923 à 1952, d’autres géophysiciens (Adams, Williamson , Bullen, Birch…) travaillent sur des équations permettant de déterminer la variation de la densité avec la profondeur et la pression qu’elle engendre.

Connaître l'essentiel de la structure de notre globe doit s'accompagner nécessairement de l'étude de sa dynamique interne afin de mieux comprendre son évolution, ses soubresauts sismiques, les variations du champ magnétique, etc.

[modifier] L’étude du magnétisme

Le magnétisme terrestre est un phénomène fort complexe à interpréter. La Terre se comporte comme une sorte de dynamo auto-entretenue qui génère un champ magnétique important (celui qui dévie l’aiguille de la boussole et qui nous protège de certaines perturbations cosmiques). Ce champ est variable dans le temps et il s’est même inversé des centaines de fois depuis l’origine. Interpréter cette dynamique est indissociable de la compréhension de la composition des structures internes du globe terrestre et de leurs mouvements.

Des tentatives de modélisation numérique et des expériences en laboratoire sont à l’étude. Si elles n’ont pas encore permis de créer un effet dynamo dans une sphère, elles ont montré que des colonnes de convection apparaissent à certaines températures en fonction de la viscosité du liquide et de la vitesse de rotation. Ces mouvements sont compatibles avec les hypothèses de création du champ électromagnétique terrestre tel que nous le connaissons.

[modifier] Modèle actuel

[modifier] Structure détaillée

Structure détaillée.

(1) Croûte continentale solide essentiellement granitique, surmontée par endroits de roches sédimentaires. Elle est plus épaisse que la croûte océanique (de 30 km à 100 km sous les massifs montagneux). La croûte ou écorce terrestre représente environ 1,5% du volume terrestre. Elle était anciennement appelée SIAL (silicium + aluminium).

(2) Croûte océanique solide essentiellement composée de roches basaltiques. Relativement fine (environ 5 km). Elle est également appelée SIMA (silicium + magnésium).

(3) Zone de subduction, où une plaque s’enfonce parfois jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres dans le manteau.

(4) Manteau supĂ©rieur, qui est moins visqueux (plus « ductile Â») que le manteau infĂ©rieur car les contraintes physiques qui y règnent le rendent en partie liquide. Il est formĂ© essentiellement de roches telles que la pĂ©ridotite (ses minĂ©raux sont : olivine, pyroxène, grenat). Au contact entre la croĂ»te et le manteau supĂ©rieur, on peut parfois dĂ©celer une zone appelĂ©e LVZ (voir n°11).

(5) Éruptions sur des zones de volcanisme actif. Deux types de volcanismes sont reprĂ©sentĂ©s ici, le plus profond des deux est dit « de point chaud Â». Il s’agirait de volcans dont le magma proviendrait des profondeurs du manteau proche de la limite avec le noyau liquide. Ces volcans ne seraient donc pas liĂ©s aux plaques tectoniques et, ne suivant donc pas les mouvements de l’écorce terrestre, ils seraient quasiment immobiles Ă  la surface du globe, et formeraient les archipels d'Ă®les comme celui de Tahiti.

(6) Manteau infĂ©rieur aux propriĂ©tĂ©s d’un solide Ă©lastique. Le manteau n’est pas liquide comme on pourrait le croire en regardant les coulĂ©es de lave de certaines Ă©ruptions volcaniques mais il est moins « rigide Â» que les autres couches. Le manteau reprĂ©sente 84 % du volume terrestre.

(7) Panache de matière plus chaude qui, partant de la limite avec le noyau, fond partiellement en arrivant près de la surface de la Terre et produit le volcanisme de point chaud.

(8) Noyau externe liquide essentiellement composĂ© de l'alliage fer-nickel (environ 80 % - 15 %) plus quelques Ă©lĂ©ments plus lĂ©gers. Sa viscositĂ© est proche de celle de l’eau, sa tempĂ©rature moyenne atteint 4000°C et sa densitĂ© 10. Cette Ă©norme quantitĂ© de mĂ©tal en fusion est certainement agitĂ©e (par convection thermique et chimique (sĂ©paration, dĂ©mixtion des phases) mais aussi suite aux divers mouvements de rotation et de prĂ©cession du globe terrestre). Des Ă©coulements de fer liquide peuvent y engendrer des courants Ă©lectriques (par effet Seebeck) qui donnent naissance Ă  des champs magnĂ©tiques qui renforcent les courants, crĂ©ant ainsi un effet dynamo, en s’entretenant les uns les autres. Le noyau liquide est donc Ă  l’origine du champ magnĂ©tique terrestre.

(9) Noyau interne solide (également appelé "graine") essentiellement métallique (alliage de fer et de nickel principalement) constitué par cristallisation progressive du noyau externe. La pression, qui est de 3,5 millions de bars (350 Gpa), le maintient dans un état solide malgré une température supérieure à 5000 °C et une densité d’environ 13.
Le noyau interne reste un endroit mystĂ©rieux, et plusieurs interrogations demeurent :

  • Des Ă©tudes rĂ©centes suggèrent que le noyau interne ne serait pas immobile par rapport au reste de la Terre : Il pourrait prĂ©senter ainsi une rotation diffĂ©rentielle, c'est-Ă -dire qu’il ne tournerait pas exactement Ă  la mĂŞme vitesse que le reste de la planète : sa vitesse angulaire de rotation serait plus grande de 0,3 Ă  0,5 degrĂ© par an[1] (d’après ces derniers chiffres, il faudrait donc entre 720 et 1200 ans environ pour que le noyau interne "gagne" un tour complet par rapport au reste de la Terre[2]) ; cependant, d’après d’autres donnĂ©es, le mouvement observĂ© pourrait correspondre en fait Ă  une oscillation du noyau autour d’un position moyenne, avec une somme des mouvements qui serait nulle sur le long terme. En effet, des diffĂ©rences latĂ©rales de tempĂ©rature Ă  la base du manteau semblent crĂ©er une « empreinte Â» dĂ©tectable sur la graine, en affectant la vitesse de cristallisation de fer. Hors, l’existence de cette empreinte n’est semble-t-il possible que si les effets de ces diffĂ©rences de tempĂ©rature s’exercent toujours aux mĂŞmes endroits de la graine pendant plusieurs centaines de millions d’annĂ©es, ce qui ne serait donc pas compatible avec une rotation permanente, mais serait possible avec une simple oscillation[3].
  • Il y a Ă©galement un doute sur le fait que le noyau interne soit rĂ©ellement solide, car par certains aspects il se comporte comme un liquide, alors que d’autres donnĂ©es confirment qu’il est bien solide. Des chercheurs russes et suĂ©dois ont dĂ©montrĂ© que, dans les conditions qui règnent au centre de notre planète, l’alliage qui compose le noyau interne ne ressemblerait pas aux mĂ©taux que l’on connaĂ®t Ă  la surface, mais prĂ©senterait plutĂ´t des propriĂ©tĂ©s mĂ©caniques comparables Ă  celles du sable, ce qui expliquerait les rĂ©sultats ambigus concernant son Ă©tat[4].
  • Enfin, des Ă©tudes rĂ©centes dĂ©montrent que la graine semble elle-mĂŞme subdivisĂ©e en deux parties, une interne et une externe donc. La partie interne, appelĂ©e amande en raison de sa forme, serait plus pure en fer que la partie externe, et serait caractĂ©risĂ©e par une structure cristalline anisotrope[5],[6].

Les noyaux interne et externe reprĂ©sentent 15 % du volume terrestre.

(10) Cellules de convection du manteau où la matière est en mouvement lent. Le manteau est le siège de courants de convection qui transfèrent la majeure partie de l’énergie calorifique du noyau de la Terre vers la surface. Ces courants provoquent la dérive des continents mais leurs caractéristiques précises (vitesse, amplitude, localisation) sont encore mal connues.

(11) Lithosphère : elle est constituĂ©e de la croĂ»te (plaques tectoniques) et d'une partie du manteau supĂ©rieur. La limite infĂ©rieure de la lithosphère se trouve Ă  une profondeur comprise entre 100 et 200 kilomètres, Ă  la limite oĂą les pĂ©ridotites approchent de leur point de fusion.
On trouve parfois Ă  la base de la lithosphère (certains gĂ©ologues l’y incluent) une zone appelĂ©e LVZ (pour « Low Velocity Zone Â») oĂą on constate une diminution de la vitesse et une attĂ©nuation marquĂ©e des ondes sismiques P et S. Ce phĂ©nomène est dĂ» Ă  la fusion partielle des pĂ©ridotites qui entraĂ®ne une plus grande fluiditĂ©. La LVZ n’est gĂ©nĂ©ralement pas prĂ©sente sous les racines des massifs montagneux de la croĂ»te continentale.

(12) AsthĂ©nosphère : c’est la zone infĂ©rieure du manteau supĂ©rieur (en dessous de la lithosphère)

(13) DiscontinuitĂ© de Gutenberg : zone de transition manteau / noyau.

(14) DiscontinuitĂ© de Mohorovicic : zone de transition croĂ»te / manteau (elle est donc incluse dans la lithosphère).

[modifier] Caractéristiques

Dimensions respectives des différentes couches et températures approximatives qui y règnent.

[modifier] Chaleur interne

Sur la figure ci-contre, les températures sont données en degrés Celsius à titre indicatif. Ne pouvant être mesurées directement mais uniquement déduites, elles sont approximatives (plus on s’enfonce et plus la marge d’erreur est grande). La plus grande partie de la chaleur interne de la Terre (87%) est produite par la radioactivité naturelle des roches par désintégration de l'uranium, du thorium et du potassium.

[modifier] Rayon variable

Le globe terrestre n’est pas parfaitement sphérique et le rayon réel équatorial est supérieur d’une vingtaine de kilomètres au rayon polaire.

Effet Ă©tonnant qui en dĂ©coule : le Mississippi, dont la source se situe près des Grands Lacs, se dĂ©verse dans le golfe du Mexique Ă  un niveau (distance au centre du globe) plus Ă©levĂ© que celui de sa source. Si on Ă©valuait l'altitude par rapport au centre de la Terre, l'eau s'Ă©coulerait donc du point le plus bas vers le point le plus haut. En rĂ©alitĂ© le niveau des mers Ă©tant toujours pris comme rĂ©fĂ©rence des altitudes, le raisonnement en termes d'Ă©nergie mĂ©canique est bien valide.

[modifier] Notes et références

  1. ↑ D’après Jian Zhang, Xiaodong Song, et d’autres chercheurs du Lamont-Doherty Earth Observatory et de l'UniversitĂ© de l'Illinois ; (fr) Futura-sciences ; « Rotation distincte du noyau interne de la Terre Â», mis en ligne le 9 septembre 2005
  2. ↑ Sachant qu’un tour complet est Ă©gal Ă  360 degrĂ©s, on a : 360 degrĂ©s divisĂ© par 0,3 degrĂ© par an donne 1200 annĂ©es, et 360 degrĂ©s divisĂ© par 0,5 degrĂ© par an donne 720 annĂ©es
  3. ↑ D’après des chercheurs de l'Institut de physique du globe de Paris et de l'UniversitĂ© Johns-Hopkins de Baltimore (États-Unis). Voir (fr) techno-science.net ; « Un nouveau modèle pour l'Ă©volution du noyau solide de la Terre Â», mis en ligne le 9 AoĂ»t 2008
  4. ↑ (fr) Futura-sciences ; « La graine du noyau de la Terre est-elle vraiment solide ? Â», mis en ligne le 25 juin 2007
  5. ↑ D’après les travaux des gĂ©ophysiciens Xiaodong Song et Xinlei Sun (UniversitĂ© de l’Illinois), voir (fr) Futura-sciences ; "La Terre a un double coeur solide !", mis en ligne le 12 mars 2008
  6. ↑ D'après les travaux d'une Ă©quipe de gĂ©ophysiciens grenoblois, voir www.insu.cnrs.fr ; « De la tectonique dans la graine du noyau ! Â», publiĂ© le 15 mai 2009

[modifier] Bibliographie

[modifier] Publications écrites

  • N. Cabrol et E. Grin, La Terre et la Lune, Que sais-je, N° 875, PUF, 1998
  • RenĂ© Dars « La gĂ©ologie Â», Que sais-je, N° 525, PUF, 2000
  • Vincent Deparis et Hilaire Legros, « Voyage Ă  l’intĂ©rieur de la Terre Â», CNRS Editions, Paris, 2000
  • Jean Goguel (s.d.d.) « GĂ©ophysique Â», La PleĂŻade NRF Gallimard, 1971
  • Gabriel Gohau, « Une histoire de la gĂ©ologie, Le Seuil, 1990
  • Maurice Krafft, « Les feux de la Terre Â» , Gallimard, 1991
  • Maurice Mattauer, « Ce que disent les pierres Â», Librairie Pour la Science, 1998
  • Henri Claude Nataf et s.d. de JoĂ«l Sommeria, « La physique de la Terre Â», Belin CNRS Editions, 2000
  • Jules Verne, « Voyage au centre de la Terre Â», Éditions Hetzel, 1867
  • J.-P. Poirier, « Les profondeurs de la Terre Â», Masson, 1996
Article du magazine Pour la Science 
  • N° 225 (1996), ALEXANDRESCU M. et HULOT G. « Voir le noyau Â»
  • N° 226 (1996), Rolf Emmermann, « Neuf kilomètres sous l’Allemagne Â»
  • N° 265 (1999), Maurice Mattauer, « Sismique et tectonique Â»
  • N° 318 (2004), Marianne Greff-Lefftze, « La Terre, une toupie au cĹ“ur liquide Â»
  • N° 318 (2004), Henri Claude Nataf, Dominique Jault, Daniel Brito et Philippe Cardin, « Le moteur de la dynamo terrestre Â»
  • N° 318 (2004), Sandro Scandolo et Raymond Jeanloz, « Au cĹ“ur des planètes Â»
  • N° 329 (2005), Marc Javoy, « La naissance de la Terre Â»

[modifier] Liens externes

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