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Le Symbole (Credo) des Apôtres est une profession de foi chrétienne en usage en Occident, dans les Églises catholique et protestantes.
Il est aussi connu sous le nom de Credo (je crois, son premier mot en latin), mais cet emploi est abusif car le Credo désigne en principe le Symbole de Nicée-Constantinople.
Sommaire |
Pour la tradition, le Symbole des Apôtres aurait été transmis directement par les Apôtres sous l'influence de l'Esprit saint, ce que conteste l'exégèse dite critique. Kattenbusch retrace l'origine du Credo jusqu'à l'époque de Tertullien. Harnack affirme que sa forme finale correspondait à la confession baptismale du sud de la Gaule du Ve siècle, mais il laisse aussi entendre qu'elle aurait pu venir de Rome au IIe siècle. Le Catéchisme de l'Église Catholique[1] indique qu'il s'agit de l'ancien symbole baptismal de l'Eglise de Rome en citant Saint Ambroise[2].
Ignace d'Antioche (vers 35-113) fait explicitement allusion au symbole dans sa lettre aux Tralliens[3].
Tertullien (vers 150-220) cite le symbole dans plusieurs écrits: De Virginibus Velandis, Adversus Praxeam, De Praescriptione:
| De Praescriptione XIII | Remarques |
| (1) Je crois en Dieu, le créateur du monde, | Dieu tout-puissant in De Virginibus Velandis |
| (2) au Verbe, son Fils, Jésus-Christ | |
| (3) qui par l'Esprit et la puissance de Dieu le Père prit chair dans le sein de Marie, et naquit d'elle | vierge Marie in De Virginibus |
| (4) fut attaché à une croix. | (4) fut crucifié sous Ponce Pilate, in De Virginibus
(4) souffrit, mourut et fut enterré, in Adversus Praxeam |
| (5) Il se releva le troisième jour, | |
| (6) fut emporté aux Cieux, | |
| (7) prit place à la droite du Père, | |
| (9) déléguant la puissance de son Saint Esprit, | |
| (10) pour gouverner les croyants | |
| (8) reviendra dans la gloire pour emmener le bon à la vie éternelle et condamner le mauvais au feu perpétuel, | (8) reviendra pour juger les vivants et les morts, in De Virginibus et Adversus Praxeam |
| (12) en la restauration de la chair. | résurrection, in De Virginibus |
Marcel d'Ancyre (285-374) le cite en grec dans une lettre au pape Jules Ier. Cyrille de Jérusalem (315-387) et Théodore de Mopsueste[4] (352-428) lui consacrent des catéchèses. Rufin d'Aquilée (vers 345 - 410) donne le premier texte en latin du Symbole et défend son origine apostolique[5].
On trouve une analyse détaillée dans la Catholic encyclopedia (voir lien externe ci-dessous).
Dès les temps apostoliques, on trouve les débuts du symbole de la foi :
Si le texte actuel du symbole des apôtres n'est pas un texte apostolique, il se base néanmoins sur le Nouveau Testament :
| Symbole des apôtres | Sources |
| Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, | Éphésiens, 3, 9
I Corinthiens, 8, 6 : « Pour nous, il n' y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui tout vient » |
| et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, | I Jean, 2, 22
Marc, 3, 11 : « Tu es le Fils de Dieu » |
| qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie ; | Luc, 1, 35 |
| a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers ;. | Matthieu, 27, 2
Actes, 2, 23 : « cet homme, vous l'avez fait supprimer en le faisant crucifié par la main des impies » I Corinthiens, 15, 3 : « Le Christ est mort pour nos péchés, il a été enseveli » Actes, 2, 31 : « il n'a pas été abandonné au séjour des morts » |
| le troisième jour, est ressuscité des morts ; | I Corinthiens, 15, 4 : « il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures » |
| est monté au ciel, est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ; | I Pierre, 3, 22 : « qui est monté au ciel, à la droite de Dieu » |
| d'où il viendra pour juger les vivants et les morts. | II Timothée, 4, 1 : « Le Christ Jésus qui doit juger les vivants et les morts » |
| Je crois en l'Esprit-Saint, | Jean, 14, 26 : « Mais le Défenseur, l'Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom » |
| à la sainte Église universelle (catholique), à la communion des saints, | Matthieu, 16, 18 : « sur cette pierre, je bâtirai mon Église »
Éphésiens, 5, 29-30 : « Personne ne méprise son propre corps... C'est ce que fait le Christ pour l'Église, parce que nous sommes les membres de son corps » |
| à la rémission des péchés, | Matthieu, 26, 28 : « Ceci est mon sang, [...] versé [...] en rémission des péchés » |
| à la résurrection de la chair, | I Corinthiens, 15, 13 : « s'il n'y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité » |
| et à la vie éternelle. | Matthieu, 25, 46 : « ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle » |
Le concile de Trente avait accepté l'origine apostolique du Credo.
Dans la Confession de foi de La Rochelle en 1559, les Églises Réformées de France déclarent reconnaître « les trois Symboles, à savoir des Apôtres, de Nicée, et d'Athanase, parce qu'ils sont conformes à la parole de Dieu ».
Jean Calvin dans De la foi, souligne l’inspiration du Symbole :
Dans la liturgie catholique des heures (la récitation du bréviaire), le symbole des apôtres était récité tous les jours, au début des offices de matines et de prime. Depuis l'édition de 2002 du Missel romain, il peut être employé à la Messe en lieu et place du Symbole de Nicée. Ce dernier usage était déjà régulier dans les pays francophones depuis plus de vingt ans[6].
Sous une forme dialoguée entre le prêtre et l'assemblée, il est utilisé comme profession de foi solennelle notamment lors de la vigile pascale ou lors du baptême :
« Croyez-vous en... ?
– Oui, je crois. »
Dans ce cas, la formule « est descendu aux enfers » est omise. Ce dialogue est généralement précédée de la renonciation à Satan, toujours sous la forme d'un dialogue.
Curieusement, le texte de la troisième édition typique (2002) du Missel Romain commence par Credo in unum Deum. C'est en fait le début du Symbole de Nicée-Constantinople, non le texte traditionnel du Symbole.
À noter : Les variantes de la version protestante du Credo sont dues à un souci de clarté ou de traduction, mais ne traduisent pas une divergence de doctrine. Ainsi, l'adjectif « catholique » du dernier article est remplacé par sa traduction (καθολικός / katholikós signifiant « général », « universel »), pour ne pas prêter à confusion avec l'Église catholique romaine.
Plusieurs variantes de la version ci-dessus ont existé. L'une d'entre-elle était donnée comme plus ancienne par des sources ecclésiastiques du début du XXe siècle. Celles-ci affirmaient même qu'elle était antérieure à 150[8], ce qui n'a pas été confirmé par le travail d'un historien.
Les différences:
Au lieu de: « a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers ».
Au lieu de: « est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ».
Cette version ne se termine pas par la ré-affirmation de la croyance « à la vie éternelle ».
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