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Volcan

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Le cratère fumant du Bromo (second plan) et le Semeru en éruption (dernier plan) à Java en Indonésie, juillet 2004.

Un volcan est un relief terrestre, sous-marin ou extra-terrestre formé par l'éjection et l'empilement de matériaux issus de la montée d'un magma sous forme de lave et de tephras tels que les cendres. Ce magma provient de la fusion partielle du manteau et exceptionnellement de la croûte terrestre. L'accumulation peut atteindre des milliers de mètres d'épaisseur formant ainsi des montagnes ou des îles. Selon la nature des matériaux, le type d'éruption, leur fréquence et l'orogenèse, les volcans prennent des formes variées mais en général ayant l'aspect d'une montagne conique, surmontée par un cratère ou une caldeira[1].

Le lieu principal de sortie des matériaux lors d'une éruption se situe dans la plupart des cas au sommet du volcan, là où débouche la cheminée volcanique, mais il arrive que des ouvertures latérales apparaissent sur les flancs ou aux pieds du volcan.

Deux grands types de volcans existent sur Terre :

On compte environ 1 500 volcans terrestres actifs dont une soixantaine en Ă©ruption par an[2]. Les volcans sous-marins sont bien plus nombreux.

Le « volcanisme Â» est l'ensemble des phĂ©nomènes associĂ©s aux volcans et Ă  la prĂ©sence de magma. La « volcanologie Â» ou « vulcanologie Â» est la science de l'Ă©tude, de l'observation et de la prĂ©vention des risques des volcans.

Le terme « volcan Â» tire son origine de Vulcano, une des ĂŽles Éoliennes nommĂ©e en l'honneur de Vulcain, le dieu romain du feu dont l'Ă©quivalent dans le panthĂ©on grec est HĂ©phaĂŻstos.

Sommaire

Description

Structures et reliefs

Schéma structural d'un volcan type.

Un volcan est formĂ© de diffĂ©rentes structures que l'on retrouve en gĂ©nĂ©ral chez chacun d'eux :

  • une chambre magmatique alimentĂ©e par du magma venant du manteau et jouant le rĂ´le de rĂ©servoir et de lieu de diffĂ©rentiation du magma. Lorsque celle-ci se vide Ă  la suite d'une Ă©ruption, le volcan peut s'affaisser et donner naissance Ă  une caldeira. Les chambres magmatiques se trouvent entre dix et cinquante kilomètres de profondeur dans la lithosphère[3] ;
  • une cheminĂ©e volcanique qui est le lieu de transit privilĂ©giĂ© du magma de la chambre magmatique vers la surface ;
  • un cratère ou une caldeira sommitale oĂą dĂ©bouche la cheminĂ©e volcanique ;
  • une ou plusieurs cheminĂ©es volcaniques secondaires partant de la chambre magmatique ou de la cheminĂ©e volcanique principale et dĂ©bouchant en gĂ©nĂ©ral sur les flancs du volcan, parfois Ă  sa base ; elles peuvent donner naissance Ă  de petits cĂ´nes secondaires ;
  • des fissures latĂ©rales qui sont des fractures longitudinales dans le flanc du volcan provoquĂ©es par son gonflement ou son dĂ©gonflement ; elles peuvent permettre l'Ă©mission de lave sous la forme d'une Ă©ruption fissurale.

Forme des volcans

Suivant le type de lave qu'ils Ă©mettent et le type d'Ă©ruption, les volcans peuvent prendre diffĂ©rentes formes :

  • en volcan bouclier lorsque son diamètre est très supĂ©rieur Ă  sa hauteur en raison de la fluiditĂ© des laves qui peuvent parcourir des kilomètres avant de s'arrĂŞter ; le Mauna Kea, l'Erta Ale ou le Piton de la Fournaise en sont des exemples[4] ;
  • en stratovolcan lorsque son diamètre est plus Ă©quilibrĂ© par rapport Ă  sa hauteur en raison de la plus grande viscositĂ© des laves ; il s'agit des volcans aux Ă©ruptions explosives comme le VĂ©suve, le mont Fuji, le Merapi ou le mont Saint Helens[5] ;
  • en volcan faille formĂ© par une ouverture linĂ©aire dans la croĂ»te terrestre ou ocĂ©anique par laquelle s'Ă©chappe de la lave fluide ; les volcans des dorsales se prĂ©sentent sous forme de faille comme le Laki ou le Krafla[6].

Matériaux ignés

Magma

Article dĂ©taillĂ© : Magma.

Le magma est le matériau de consistance fluide à visqueuse, sous pression, contenant des gaz volcaniques, non cristallisé qui s'est formé à partir de la fusion partielle ou totale du manteau (anatexie) au niveau d'un point de chaleur comme un point chaud, de décompression comme une dorsale et/ou d'un apport d'eau comme une fosse de subduction. Généralement, ce magma remonte vers la surface et se stocke dans la lithosphère en formant une chambre magmatique. Dans cette chambre, il peut subir une cristallisation totale ou partielle et/ou un dégazage qui commence à le transformer en lave. Si la pression devient suffisante pour qu'il soit éjecté à la surface, il remonte le long d'une cheminée volcanique pour être émis sous forme de lave, c'est-à-dire totalement ou partiellement dégazé[7].

Tephras et laves

Articles dĂ©taillĂ©s : Tephra, Lave et Roche volcanique.
Lave aa émise par le Kilauea à Hawaii aux États-Unis.

Selon que le magma provienne de la fusion du manteau ou d'une partie de la lithosphère, il n'aura ni la même composition minérale, ni la même teneur en eau ou en gaz volcanique, ni la même température. De plus, selon le type de terrain qu'il traverse pour remonter à la surface et la durée de son séjour dans la chambre magmatique, il va soit se charger soit se décharger en minéraux, en eau et/ou en gaz et va plus ou moins se refroidir. Pour toutes ces raisons, les tephras et les laves ne sont jamais exactement les mêmes d'un volcan à un autre, ni même parfois d'une éruption à une autre sur le même volcan.

Les matĂ©riaux Ă©mis par les volcans sont gĂ©nĂ©ralement des roches composĂ©es de microlites noyĂ©s dans un verre magmatique. Dans le basalte, les minĂ©raux les plus abondants sont la silice, les pyroxènes et les feldspaths alors que l'andĂ©site est plus riche en silice et en feldspaths. La structure de la roche varie Ă©galement : si les cristaux sont frĂ©quemment petits et peu nombreux dans les basaltes, ils sont en revanche gĂ©nĂ©ralement plus grands et plus nombreux dans les andĂ©sites, signe que le magma est restĂ© plus longtemps dans la chambre magmatique[8]. 95 % des matĂ©riaux Ă©mis par les volcans sont des basaltes ou des andĂ©sites.

Le matĂ©riau le plus connu Ă©mis par les volcans est la lave sous forme de coulĂ©es. De type basaltique provenant de la fusion du manteau dans le cas d'un volcanisme de point chaud, de dorsale ou de rift[9] ou andĂ©sitique provenant de la fusion de la lithosphère dans le cas d'un volcanisme de subduction[10], plus rarement de type carbonatique[11], elles sont formĂ©es de laves fluides qui s'Ă©coulent le long des flancs du volcan. La tempĂ©rature de la lave est comprise entre 700 et 1 200 Â°C[12] et les coulĂ©es peuvent atteindre des dizaines de kilomètres de longueur, une vitesse de cinquante kilomètres par heure et progresser dans des tunnels de lave. Elles peuvent avoir un aspect lisse et satinĂ©, appelĂ©e alors « lave pahoehoe Â» ou « lave cordĂ©e Â», ou un aspect rugueux et coupant, appelĂ©e alors « lave aa Â». Les coulĂ©es de ces laves, faisant parfois plusieurs mètres d'Ă©paisseur, peuvent mettre des dizaines d'annĂ©es Ă  se refroidir totalement[13]. Dans certains cas exceptionnels, de la lave en fusion peut remplir le cratère principal ou un cratère secondaire et former un lac de lave. La survie des lacs de lave rĂ©sulte d'un Ă©quilibre entre apport de lave venant de la chambre magmatique et dĂ©bordement Ă  l'extĂ©rieur du cratère associĂ© Ă  un brassage permanent par des remontĂ©es de gaz volcanique afin de limiter le durcissement de la lave. Ces lacs de lave ne naissent que lors d'Ă©ruptions hawaĂŻennes, la grande fluiditĂ© de la lave permettant la formation et le maintien de ces phĂ©nomènes. Le Kilauea Ă  Hawaii et le Piton de la Fournaise Ă  la RĂ©union sont deux volcans qui possèdent des lacs de lave lors de certaines de leurs Ă©ruptions. L'Erta Ale en Éthiopie et le mont Erebus en Antarctique sont parmi les seuls volcans au monde Ă  possĂ©der un lac de lave de manière quasi-permanente. Lors de certaines Ă©ruptions de l'Erta Ale, son lac de lave se vide ou au contraire son niveau remonte jusqu'Ă  dĂ©border et former des coulĂ©es sur les pentes du volcan[14].

Bombe volcanique sur un lit de tephras (cendres et scories) sur les pentes du Capelinhos aux Açores, Portugal

Le plus souvent, les matĂ©riaux volcaniques sont composĂ©s de tephras ; ce sont les cendres volcaniques, les lapilli, les scories, les pierres ponces, les bombes volcaniques, les blocs rocheux ou basaltiques, les obsidiennes, etc. Il s'agit de magma et de morceaux de roche arrachĂ©s du volcan qui sont pulvĂ©risĂ©s et projetĂ©s parfois jusqu'Ă  des dizaines de kilomètres de hauteur dans l'atmosphère. Les plus petits Ă©tant les cendres, il leur arrive de faire le tour de la Terre, portĂ©es par les vents dominants. Les bombes volcaniques, les ejectas les plus gros, peuvent avoir la taille d'une maison et retombent en gĂ©nĂ©ral Ă  proximitĂ© du volcan. Lorsque les bombes volcaniques sont Ă©jectĂ©es alors qu'elles sont encore en fusion, elles peuvent prendre une forme en fuseau lors de leur trajet dans l'atmosphère, en bouse de vache lors de leur impact au sol ou en croĂ»te de pain en prĂ©sence d'eau[15]. Les lapilli, qui ressemblent Ă  de petits cailloux, peuvent s'accumuler en Ă©paisses couches et former ainsi la pouzzolane. Les pierres ponces, vĂ©ritable mousse de lave, sont si lĂ©gères et contiennent tellement d'air qu'elles peuvent flotter sur l'eau. Enfin quand de fines gouttes de laves sont Ă©jectĂ©es et portĂ©es par les vents, elles peuvent s'Ă©tirer en de longs filaments appelĂ©s « cheveux de PĂ©lĂ© Â».

Gaz volcaniques

Des fumerolles dont le nuage trahit la présence d'eau et les cristaux la présence de soufre dans les gaz volcaniques.

Les magmas contiennent des gaz volcaniques dissouts. Le dégazage des magmas est un phénomène déterminant dans le déclenchement d'une éruption et dans le type éruptif. Le dégazage fait monter le magma le long de la cheminée volcanique ce qui peut donner le caractère explosif et violent d'une éruption en présence d'un magma visqueux.

Les gaz volcaniques sont principalement composĂ©s de[16] :

Puis viennent d'autres éléments volatils comme le monoxyde de carbone, le chlorure d'hydrogène, le dihydrogène, le sulfure d'hydrogène, etc. Le dégazage du magma en profondeur peut se traduire à la surface par la présence de fumerolles autour desquelles des cristaux, le plus souvent de soufre, peuvent se former.

Fréquence des éruptions

La « naissance Â» d'un volcan correspond Ă  sa première Ă©ruption volcanique qui le fait sortir de la lithosphère. La naissance d'un nouveau volcan est un phĂ©nomène relativement rare mais qui a pu ĂŞtre observĂ©e en 1943 avec le ParicutĂ­n : une fracture laissant s'Ă©chapper des gaz volcaniques et de la lave dans un champ a donnĂ© naissance Ă  un volcan de 460 mètres de haut en neuf mois. En 1963, le volcan sous-marin de Surtsey Ă©mergea au sud de l'Islande formant ainsi une nouvelle Ă®le et un nouveau volcan terrestre.

Un volcan est dit « endormi Â» lorsqu'il n'est plus entrĂ© en Ă©ruption durant plusieurs centaines d'annĂ©es et dit « Ă©teint Â» lorsque sa dernière Ă©ruption remonte Ă  au moins 50 000 ans et qu'il est soumis Ă  l'Ă©rosion.

De manière gĂ©nĂ©rale, les volcans subissent plusieurs Ă©ruptions au cours de leur vie. Mais leur frĂ©quence est très variable selon le volcan : certains ne connaissent qu'une Ă©ruption en quelques siècles comme le Ponta do Pico aux Açores, tandis que d'autres sont en Ă©ruption permanente comme le Stromboli en Italie ou le Merapi en IndonĂ©sie.

Il arrive que des volcans ne se forment qu'en une seule éruption puis s'endorment ou s'éteignent pendant des dizaines ou des centaines de milliers d'années. Il s'agit de volcans monogéniques. Les volcans de la Chaîne des Puys dans le Massif central se sont formés entre 11500 av. J.-C. et 5000 av. J.-C. au cours d'une seule éruption pour chaque édifice volcanique et n'ont plus jamais montré de signe d'activité.

La fréquence des éruptions permet d'évaluer l'aléa, c'est-à-dire la probabilité qu'une zone peut subir une des manifestations d'une éruption. Cet aléa, combiné avec le type de manifestation volcanique et la présence de populations et sa vulnérabilité, permet d'évaluer le risque volcanique.

Origine du volcanisme

Répartition mondiale du volcanisme correspondant aux frontières des plaques tectoniques

D'après la théorie de la tectonique des plaques, le volcanisme est intimement lié aux mouvements des plaques tectoniques. En effet, c'est en général à la frontière entre deux plaques que les conditions sont réunies pour la formation de volcans.

Volcanisme de divergence (ou accrétion)

Schéma général des différents types de volcanisme associés aux mouvements des plaques tectoniques.

Dans le rift des dorsales, l'Ă©cartement de deux plaques tectoniques amincit la lithosphère, entrainant une remontĂ©e de roches du manteau. Celles-ci, dĂ©jĂ  très chaudes Ă  environ 1 200 Â°C, se mettent Ă  fondre partiellement en raison de la dĂ©compression. Cela donne du magma qui s'infiltre par des failles normales. Entre les deux bords du rift, des traces d'activitĂ©s volcaniques telle que des « pillow lava Â» ou « lave en coussin Â» se forment par une Ă©missions de lave fluide dans une eau froide. Ces roches volcaniques constituent ainsi une bonne partie de la croĂ»te ocĂ©anique en formation.

Lorsque le rift est continental comme c'est le cas en Afrique de l'Est dans la vallée du grand rift, des volcans effusifs voient alors le jour comme l'Ardoukoba ou l'Erta Ale.

Volcanisme de subduction

Schéma du volcanisme au niveau d'une convergence océan-continent.
Schéma du volcanisme au niveau d'une convergence océan-océan.

Lorsque deux plaques tectoniques se chevauchent, la lithosphère ocĂ©anique, glissant sous l'autre lithosphère ocĂ©anique ou continentale, plonge dans le manteau et subit des transformations minĂ©ralogiques. L'eau contenue dans la lithosphère plongeante s'en Ă©chappe alors et vient hydrater le manteau, provoquant sa fusion partielle en abaissant son point de fusion. Ce magma remonte et traverse la lithosphère chevauchante, crĂ©ant des volcans. Si la lithosphère chevauchante est ocĂ©anique, un arc volcanique insulaire se formera, les volcans donnant naissance Ă  des Ă®les. C'est le cas des AlĂ©outiennes, du Japon ou des Antilles. Si la lithosphère chevauchante est continentale, les volcans se situeront sur le continent, en gĂ©nĂ©ral dans une cordillère. C'est le cas des volcans des Andes ou des Rocheuses. Ces volcans sont en gĂ©nĂ©ral des volcans gris, explosifs et dangereux. Cela est dĂ» Ă  leur lave visqueuse car riche en silice, qui a du mal Ă  s'Ă©couler; de plus les magmas qui remontent sont riches en gaz dissous (eau et dioxyde de carbone), dont la libĂ©ration soudaine peuvent former des nuĂ©es ardentes. La « ceinture de feu du Pacifique Â» est formĂ©e en quasi majoritĂ© de ce type de volcan.

Volcanisme de point chaud

Il arrive parfois que des volcans naissent loin de toute limite de plaque lithosphérique. Il s'agit en général de volcans de point chaud. Les points chauds sont des panaches de magma en fusion venant des profondeurs du manteau et perçant les plaques lithosphériques. Les points chaud étant fixes, alors que la plaque lithosphérique se déplace sur le manteau, des volcans se créent successivement et s'alignent alors, le plus récent étant le plus actif car à l'aplomb du point chaud. Lorsque le point chaud débouche sous un océan, il va donner naissance à un chapelet d'îles alignées comme c'est le cas pour l'archipel de Hawaii ou des Mascareignes. Si le point chaud débouche sous un continent, il va alors donner naissance à une série de volcans alignés. C'est le cas du mont Cameroun et de ses voisins. Cas exceptionnel, il arrive qu'un point chaud débouche sous une limite de plaque lithosphérique. Dans le cas de l'Islande, l'effet d'un point chaud se combine à celui de la dorsale médio-atlantique, donnant ainsi naissance à un immense empilement de lave permettant l'émersion de la dorsale. Les Açores ou les Galápagos sont d'autres exemples de points chauds débouchant sous une limite de plaque lithosphérique, en l'occurrence des dorsales[17].

Déroulement classique d'une éruption

Article dĂ©taillĂ© : Éruption volcanique.

Une éruption volcanique survient lorsque la chambre magmatique sous le volcan est mise sous pression avec l'arrivée de magma venant du manteau. Elle peut alors éjecter plus ou moins de gaz volcaniques qu'elle contenait selon son remplissage en magma. La mise sous pression est accompagnée d'un gonflement du volcan et de séismes très superficiels localisés sous le volcan, signes que la chambre magmatique se déforme. Le magma remonte généralement par la cheminée principale et subit en même temps un dégazage ce qui provoque un trémor, c'est-à-dire une vibration constante et très légère du sol. Ceci est dû à des petits séismes dont les foyers sont concentrés le long de la cheminée.

L'Ă©ruption dĂ©bute au moment oĂą la lave atteint l'air libre[18]. Selon le type de magma, elle s'Ă©coule sur les flancs du volcan ou s'accumule au lieu d'Ă©mission, formant un bouchon de lave qui peut donner des nuĂ©es ardentes et/ou des panaches volcaniques lorsque celui-ci explose. Selon la puissance de l'Ă©ruption, la morphologie du terrain, la proximitĂ© de la mer, etc il peut survenir d'autres phĂ©nomènes accompagnant l'Ă©ruption : sĂ©ismes importants, glissements de terrain, tsunamis, etc.

La présence éventuelle d'eau sous forme solide comme une calotte glaciaire, un glacier, de la neige ou liquide comme un lac de cratère, une nappe phréatique, un cours d'eau, une mer ou un océan va provoquer au contact des matériaux ignés tels que le magma, la lave ou les tephras leur explosion ou augmenter leur pouvoir explosif. En fragmentant les matériaux et en augmentant brutalement de volume en se transformant en vapeur, l'eau agit comme un multiplicateur du pouvoir explosif d'une éruption volcanique qui sera alors qualifiée de phréatique ou de magmato-phréatique. La fonte de glace ou de neige par la chaleur du magma peut également provoquer des lahars lorsque l'eau entraîne des tephras[19] ou des jökulhlaups comme ce fut le cas pour le Grímsvötn en 1996.

L'éruption se termine lorsque la lave n'est plus émise. Les coulées de lave, cessant d'être alimentées, s'immobilisent et commencent à se refroidir et les cendres, refroidies dans l'atmosphère, retombent à la surface du sol. Mais les changements dans la nature des terrains par le recouvrement des sols par la lave et les tephras parfois sur des dizaines de mètres d'épaisseur peuvent créer des phénomènes destructeurs et meurtriers. Ainsi les cendres tombées sur des cultures les détruisent et stérilisent la terre pour quelques mois à quelques années, une coulée de lave bloquant une vallée peut créer un lac qui noiera des régions habitées ou cultivées, des pluies tombant sur les cendres peuvent les emporter dans les rivières et créer des lahars, etc.

Une Ă©ruption volcanique peut durer de quelques heures Ă  plusieurs annĂ©es et Ă©jecter des volumes de magma de plusieurs centaines de kilomètres cubes. La durĂ©e moyenne d'une Ă©ruption est d'un mois et demi mais de nombreuses ne durent qu'une journĂ©e. Le record absolu est celui du Stromboli qui est quasiment en Ă©ruption depuis environ 2 400 ans[20].

Classification des volcans

Lors des débuts de la volcanologie, l'observation de quelques volcans a été à l'origine de la création de catégories basées sur l'aspect des éruptions et le type de lave émise. Chaque type est nommé selon le volcan référent. Le grand défaut de cette classification est d'être assez subjectif et de mal tenir compte des changements de type d'éruption d'un volcan.

Le terme de « cataclysmique Â» peut ĂŞtre rajoutĂ© lorsque la puissance de l'Ă©ruption entraĂ®ne de lourds dĂ©gâts environnementaux et/ou humains comme ce fut le cas pour le Santorin vers 1600 av. J.-C. qui aurait contribuĂ© Ă  la chute de la civilisation minoenne, le VĂ©suve en 79 qui dĂ©truisit PompĂ©i, le Krakatoa en 1883 qui engendra un tsunami de quarante mètres de hauteur, le mont Saint Helens en 1980 qui rasa des hectares de forĂŞt, etc.

Afin d'introduire une notion de comparaison entre les différentes éruptions volcaniques, l'indice d'explosivité volcanique, aussi appelée échelle VEI, fut mis au point par deux volcanologues de l'Université d'Hawaii en 1982[21]. L'échelle, ouverte et partant de zéro, est définie selon le volume des matériaux éjectés, la hauteur du panache volcanique et des observations qualitatives[22].

Il existe deux grands types d'Ă©ruptions volcaniques dĂ©pendant du type de magma Ă©mis : effusives associĂ©es aux « volcans rouges Â» et explosives associĂ©es aux « volcans gris Â»[23]. L'Ă©ruption surtseyenne est une Ă©ruption phrĂ©ato-magmatique qui peut survenir sur n'importe quel type de volcan du moment qu'il est recouvert d'eau comme une mer, un lac, etc.

Éruptions effusives

Les Ă©ruptions effusives Ă©mettent des laves basaltiques, pauvres en silice et donc très fluides et libĂ©rant leurs gaz volcaniques facilement. Les Ă©ruptions sont relativement calmes, sans grandes explosions et produisant de grandes coulĂ©es de lave. Ces « volcans rouges Â» sont ceux des points chauds comme ceux de Hawaii, le Piton de la Fournaise ou encore l'Etna. Le seul danger pour les populations sont les coulĂ©es de lave qui peuvent avancer Ă  plusieurs dizaines de kilomètres par heure mais en gĂ©nĂ©ral, les populations ont le temps d'Ă©vacuer tranquillement en emportant quelques affaires.

Éruption hawaïenne

Schéma d'une éruption hawaïenne.

L'éruption hawaïenne est caractérisée par des laves très fluides, basaltiques et pauvres en silice ce qui permet un écoulement le long des flancs du volcan parfois sur des dizaines de kilomètres. Le dégazage de la lave est très aisé et son éjection peut se faire soit sous la forme de fontaines de laves de plusieurs centaines de mètres de hauteur et au débit régulier, soit sous la forme d'un lac de lave plus ou moins temporaire prenant place dans un cratère.

Peu dangereuses, ces éruptions peuvent néanmoins occasionner d'importants dégâts lorsque des infrastructures humaines sont touchées par les coulées de lave. Le risque humain est en revanche quasi nul car il n'y a aucun risque d'explosion et la lave laisse le temps d'évacuer.

Les volcans ayant des éruptions de type hawaïen sont le Mauna Kea, le Mauna Loa, le Piton de la Fournaise, le Nyiragongo, l'Erta Ale, etc.

L'indice d'explosivité volcanique de ce type d'éruption va de 0 à 1.

Éruption strombolienne

Schéma d'une éruption strombolienne.

Style intermédiaire entre les types hawaïen et vulcanien, le type strombolien émet des laves moyennement fluides sous forme de coulées et des tephras comme des bombes volcaniques, des scories, etc projetés par des explosions fréquentes. Un nuage de cendre peut s'élever à quelques centaines de mètres de hauteur. La dangerosité dépend de la proximité des implantations humaines.

Les volcans ayant des éruptions de type strombolien sont le Stromboli ou encore l'Etna bien que ce dernier puisse parfois avoir des éruptions vulcaniennes.

L'indice d'explosivité volcanique de ce type d'éruption va de 1 à 2.

Éruptions explosives

Les Ă©ruptions explosives Ă©mettent quant Ă  elles des laves andĂ©sitiques, riches en silice et donc très visqueuses et libĂ©rant leurs gaz volcaniques difficilement. Ces Ă©ruptions ne forment pas de coulĂ©e de lave mais s'accompagnent plutĂ´t d'explosions produisant de grandes quantitĂ©s de cendres donnant naissance Ă  des nuĂ©es ardentes et des panaches volcaniques. Environ 80 % des Ă©ruptions volcaniques se dĂ©roulent sur ce type de volcans[24]. Très dangereux car imprĂ©visibles, ces types d'Ă©ruptions ne laissent parfois pas le temps d'Ă©vacuer les populations menacĂ©es par les gaz et les cendres brĂ»lants. Les volcans les plus reprĂ©sentatifs sont les « volcans gris Â» de la « ceinture de feu du Pacifique Â» comme le Pinatubo, le Krakatoa, le Mayon ou encore le Merapi.

Éruption vulcanienne

Schéma d'une éruption vulcanienne.

Les laves basaltiques fluides s'écoulent plus difficilement dans le type vulcanien car elles sont plus riches en silice et leur dégazage est moins aisé. Des fontaines et des projections de lave donnent naissance à des coulées qui descendent le long du volcan et peuvent atteindre des constructions en contrebas.

Le risque humain est plus élevé car des projections de pierre ponce, cendres et bombes peuvent se produire et s'élever à plusieurs kilomètres de hauteur. L'éruption type est la dernière éruption du Vulcano entre 1888 et 1890.

L'indice d'explosivité volcanique de ce type d'éruption va de 2 à 5.

Éruption peléenne

Schéma d'une éruption peléenne.

Dans ce type d'Ă©ruption, la lave pâteuse ne s'Ă©coule quasiment pas et a tendance Ă  former un dĂ´me de lave. Celui-ci, sous la pression du magma, peut se dĂ©sagrĂ©ger ou exploser en produisant des nuĂ©es ardentes et des panaches volcaniques. Très meurtrier en raison du caractère instable de l'Ă©ruption et de la vitesse des nuĂ©es ardentes, l'Ă©ruption type est celle de la montagne PelĂ©e qui fit 28 000 morts en 1902 en Martinique.

Les volcans ayant des éruptions peléennes sont la montagne Pelée, la Soufrière de Montserrat, la Soufrière de la Guadeloupe, etc.

L'indice d'explosivité volcanique de ce type d'éruption va de 1 à 8.

Éruption plinienne

Schéma d'une éruption plinienne.

Dans ce type d'éruption, la lave est extrêmement pâteuse car très riche en silice. Les gaz volcaniques ne pouvant se libérer, la pression augmente dans la chambre magmatique et produit des explosions qui pulvérisent la lave et parfois le volcan en projetant des cendres à des dizaines de kilomètres de hauteur, atteignant ainsi la stratosphère. Le panache volcanique retombe en général sous son propre poids et dévaste les flancs du volcan à des kilomètres à la ronde. La présence de nappes phréatiques sur le chemin de la lave augmente le risque explosif et la dangerosité de ces volcans dont la première description fut celle du Vésuve en 79 par Pline le Jeune et qui détruisit Pompéi.

Les volcans ayant des Ă©ruptions pliniennes sont la majoritĂ© de ceux formant la « ceinture de feu du Pacifique Â» tels le Merapi, le Krakatoa, le Pinatubo, le mont Saint Helens ou encore le mont Augustine.

L'indice d'explosivité volcanique de ce type d'éruption va de 3 à 8.

Éruption surtseyenne

Schéma d'une éruption surtseyenne.

Les éruptions surtseyennes sont des éruptions phréato-magmatiques qui mettent en cause de grandes quantités d'eau. Il s'agit en général d'éruptions sous-marines ou sous-lacustres proches de la surface, en général moins de cent mètres de profondeur, ou sous-glaciaires lorsque la chaleur du magma parvient à faire fondre de grandes quantités de glace[25].

Les volcans sous-marins ou sous-lacustres parvenant à atteindre la surface émergent de l'eau pour former une île au cours d'une éruption surtseyenne. L'île de Surtsey, qui a donné son nom à ce type d'éruption, est née de la sorte en 1963.

Lors d'une Ă©ruption surtseyenne, la surface du volcan se trouve Ă  quelques mètres ou quelques dizaines de mètres sous la surface de l'eau. La pression de l'eau n'est alors plus suffisante pour Ă©viter l'explosion de la lave Ă  son contact. Des explosions « cypressoĂŻdes Â», en forme de cyprès, se produisent alors, mĂ©langeant lave et tephras refroidis, eau liquide et vapeur d'eau. Une fois que l'Ă®le a Ă©mergĂ©, l'Ă©ruption se prolonge de manière classique selon le type de magma[26].

Si l'éruption est sous-glaciaire, il faut que l'eau de fonte se retrouve piégée au-dessus du volcan pour provoquer une éruption surtseyenne. Le Nevado del Ruiz n'a pas provoqué d'éruption surtseyenne lors de son éruption en 1985 car l'eau provenant de la fonte des glaces au sommet du volcan a dévalé les pentes du volcan en formant des lahars qui détruisirent la ville d'Armero. En revanche l'éruption du Grímsvötn en 1996 sous le Vatnajökull s'est transformée en éruption surtseyenne car les eaux de fonte de la calotte glaciaire ont formé un lac au-dessus du volcan. Lors de l'arrivée du magma à la surface, des projections cypressoïdes ont traversé la glace et le lac s'est vidé sous la forme d'un jökulhlaup.

L'indice d'explosivité volcanique de ce type d'éruption va de 2 à 5 mais il dépend grandement du type de magma, selon qu'il est basaltique ou andésitique.

Géomorphologie volcanique

Outre le volcan en lui-même, différentes formations géologiques sont directement ou indirectement liées à l'activité volcanique.

Certains reliefs ou paysages rĂ©sultent du produit direct des Ă©ruptions. Il s'agit des cĂ´nes volcaniques en eux-mĂŞmes formant des montagnes ou des Ă®les, des dĂ´mes et des coulĂ©es de lave solidifiĂ©e, des tunnels de lave, des « pillow lavas Â» et les guyots des volcans sous-marins, des trapps formant des plateaux, des accumulations de tephras en tufs, des cratères laissĂ©s par la sortie de la lave, etc.

D'autres reliefs résultent d'une érosion ou d'une évolution des produits des éruptions. Ces le cas des dykes, necks, sills, roches intrusives, mesas et planèzes dégagés par l'érosion, des caldeiras et cirques résultant de l'effondrement d'une partie du volcan, des lacs de cratère ou formés en amont d'un barrage constitué des produits de l'éruption, des atolls coralliens entourant les vestiges d'un volcan sous-marin effondré, etc.

Phénomènes paravolcaniques

Article dĂ©taillĂ© : PhĂ©nomène paravolcanique.

Certaines activitĂ©s gĂ©othermiques peuvent prĂ©cĂ©der, accompagner ou suivre une Ă©ruption volcanique. Ces activitĂ©s sont en gĂ©nĂ©ral prĂ©sentes lorsque une chaleur rĂ©siduelle provenant d'une chambre magmatique rĂ©chauffe de l'eau phrĂ©atique parfois jusqu'Ă  l'Ă©bullition. En surface se produisent alors geysers, fumerolles, mares de boues, mofettes, solfatares ou encore dĂ©pĂ´ts de minĂ©raux[27]. Ces phĂ©nomènes peuvent ĂŞtre regroupĂ©s dans des « champs volcaniques Â». Ces champs volcaniques se forment lorsque l'eau des nappes phrĂ©atiques est rĂ©chauffĂ©e par des rĂ©servoirs de magma situĂ©s Ă  faible profondeur. C'est le cas des supervolcans comme Yellowstone aux États-Unis et des Champs PhlĂ©grĂ©ens en Italie ou des champs gĂ©othermiques comme Ă  Haukadalur en Islande.

Au niveau des dorsales océaniques, l'eau de mer s'infiltre dans les anfractuosités du plancher océanique, se réchauffe, se charge en minéraux et ressort au fond des océans sous la forme de fumeurs noirs ou de fumeurs blancs.

Dans un cratère possĂ©dant une activitĂ© de dĂ©gazage et de fumerolles, un lac acide peut se former par recueil des eaux de pluies. L'eau du lac est très acide avec un pH de 4 Ă  1, parfois très chaude avec une tempĂ©rature de 20 Ă  85 Â°C et seules des cyanobactĂ©ries sont capable de vivre dans ces eaux alors teintĂ©es en bleu-vert. Ce type de lac est courant au niveau des grandes chaĂ®nes de volcans comme la ceinture de feu du Pacifique et dans la vallĂ©e du grand rift.

Conséquence du volcanisme sur l'histoire de la Terre

Le volcanisme est nĂ© en mĂŞme temps que la Terre, lors de la phase d'accrĂ©tion de sa formation il y a 4,6 milliards d'annĂ©es. Ă€ partir d'une certaine masse, les matĂ©riaux au centre de la Terre subissent d'importantes pressions, crĂ©ant ainsi de la chaleur. Cette chaleur, accentuĂ©e par la dĂ©gradation des Ă©lĂ©ments radioactifs, provoque la fusion de la Terre qui dissipe vingt fois plus de chaleur qu'aujourd'hui. Après quelques millions d'annĂ©es, une pellicule solide se forme Ă  la surface de la Terre. Elle est dĂ©chirĂ©e en de nombreux endroits par des flots de lave et par de grandes masses granitoĂŻdes qui donneront les futurs continents. Par la suite, les plaques lithosphĂ©riques nouvellement créées se dĂ©chireront prĂ©fĂ©rentiellement Ă  des endroits prĂ©cis oĂą se formeront les volcans. Pendant cent millions d'annĂ©es, les volcans rejetteront dans la maigre atmosphère de l'Ă©poque de grandes quantitĂ©s de gaz : diazote, dioxyde de carbone, vapeur d'eau, oxyde de soufre, acide chlorhydrique, acide fluorhydrique, etc. Il y a 4,2 milliards d'annĂ©es, malgrĂ© les 375 Â°C et la pression 260 fois supĂ©rieure Ă  celle d'aujourd'hui, la vapeur d'eau se condense et donne naissance aux ocĂ©ans.

Le rĂ´le de la formation des premières molĂ©cules organiques et de l'apparition de la vie sur Terre peut ĂŞtre imputĂ© aux volcans. En effet, les sources chaudes sous-marines ou les solfatares et autres geysers offrent des conditions propices Ă  l'apparition de la vie : de l'eau qui a lessivĂ© des molĂ©cules carbonĂ©es, des minĂ©raux, de la chaleur et de l'Ă©nergie. Une fois la vie rĂ©pandue et diversifiĂ©e Ă  la surface de la Terre, les volcans auraient pu provoquer Ă  l'inverse de grandes extinctions : l'âge des grandes extinctions du vivant coĂŻncide avec l'âge des trapps. Ces trapps auraient pu ĂŞtre provoquĂ©s par la chute de mĂ©tĂ©orites ou l'Ă©ruption exceptionnelle de points chauds. Les effets combinĂ©s des gaz volcaniques et particules dispersĂ©s dans l'atmosphère auraient provoquĂ© la disparition de nombreuses espèces par un hiver volcanique suivi d'une hausse de l'effet de serre par les changements dans la composition gazeuse de l'atmosphère.

Une des thĂ©ories les plus acceptĂ©es pour l'apparition de l'homme serait l'ouverture du rift africain : uniformĂ©ment humide au niveau de l'Ă©quateur, le climat africain se serait assĂ©chĂ© Ă  l'est du rift qui arrĂŞte les nuages venant de l'Ouest. Les hominidĂ©s, s'adaptant Ă  leur nouveau milieu formĂ© d'une savane, auraient dĂ©veloppĂ© la bipĂ©die pour Ă©chapper Ă  leurs prĂ©dateurs.

Encore de nos jours, les volcans participent à l'évacuation de la chaleur interne de la Terre et au cycle biogéochimique mondial en libérant les gaz, la vapeur d'eau et les minéraux engloutis dans le manteau au niveau des fosses de subduction.

Incidence du volcanisme sur les activités humaines

Croyances et mythes liés aux volcans

Depuis l'apparition de l'agriculture et la sédentarisation des sociétés, les hommes ont toujours côtoyé les volcans. Les louant pour les terres fertiles qu'ils offrent, ils les craignent aussi pour leurs éruptions et les morts qu'ils provoquent. Rapidement, par méconnaissance d'un phénomène naturel, les volcans sont craints, déifiés, considérés comme l'entrée du royaume des morts, des enfers et des mondes souterrains peuplés d'esprits malfaisants et sont l'objet de légendes et de mythes suivant les différentes cultures.

Dans les tribus d'Asie, d'OcĂ©anie et d'AmĂ©rique vivant Ă  proximitĂ© de la ceinture de feu du Pacifique, les Ă©ruptions volcaniques sont considĂ©rĂ©es comme Ă©tant les manifestations de forces surnaturelles ou divines. Dans la mythologie mÄori, les volcans Taranaki et Ruapehu tombèrent tous deux amoureux du volcan Tongariro et une violente dispute Ă©clata entre les deux. C'est la raison pour laquelle aucun MÄori ne vit entre les deux volcans colĂ©riques, de peur de se retrouver pris au milieu de la dispute.

Parmi d'autres mythes et légendes, on peut signaler celui du Devils Tower qui se serait dressé pour sauver sept jeunes filles amérindiennes d'ours qui auraient griffé les parois rocheuses ou encore l'histoire de la déesse Pélé qui, chassée de Tahiti par sa sœur Namakaokahai, trouva refuge dans le Kilauea et depuis, de rage, déverse des flots de lave d'un simple coup de talon.

Sommet du mont Mawenzi en Tanzanie, 1996.

Chez les Incas, les caprices du Misti lui ont valu d'avoir son cratère obstrué par un bouchon de glace, punition infligée par le Soleil. Les Chagas de Tanzanie raconte que le Kilimandjaro, excédé par son voisin le volcan Mawensi, le frappa à grand coup de pilon, ce qui lui valut son sommet découpé. Chez les amérindiens de l'Oregon, le mont Mazama était la demeure du dieu maléfique du feu et le mont Shasta celle du dieu bénéfique de la neige. Un jour les deux divinités sont entrées en conflit et le dieu du feu fut vaincu et décapité, créant ainsi le Crater Lake en signe de défaite.

Les volcans furent mĂŞme le lieu de sacrifices humains : enfants jetĂ©s dans le cratère du Bromo en IndonĂ©sie, chrĂ©tiens sacrifiĂ©s pour le mont Unzen au Japon, vierges prĂ©cipitĂ©es dans le lac de lave du Masaya au Nicaragua, enfants jetĂ©s dans un lac de cratère pour calmer le volcan sous-lacustre d'Ilopango au Salvador, etc.

Chez les Grecs et les Romains, les volcans sont le lieu de vie de Vulcain / Héphaïstos. Les éruptions sont expliquées comme étant une manifestation divine (colère des Dieux, présages, forges de Vulcain / Héphaïstos en activité, etc). Aucune explication scientifique ou ne faisant pas intervenir les Dieux n'était retenue. Pour les Romains, les forges de Vulcain se trouvaient sous Vulcano tandis que pour les Grecs, celles d'Héphaïstos étaient situées sous l'Etna. Les cyclopes grecs pourraient être une allégorie des volcans avec leur cratère sommital tandis que le nom d'Héraclès dérive de hiera ou etna, le mot grec servant à désigner les volcans.

Parmi les mythes grecs mettant en scène des volcans, le plus cĂ©lèbre est celui narrĂ© par Platon dans le TimĂ©e et le Critias. Ces rĂ©cits relatent la disparition de l'Atlantide, engloutie par les flots dans un gigantesque tremblement de terre suivi d'un tsunami. Ne mettant pas directement en jeu un volcan, ce mythe semble avoir trouvĂ© son origine dans l'Ă©ruption du Santorin vers 1600 av. J.-C. qui dĂ©truisit presque entièrement l'Ă®le et qui pourrait avoir provoquĂ© ou participĂ© Ă  la chute de la civilisation minoenne. Cependant aucune observation de l'Ă©ruption du Santorin ne fut consignĂ©e et ce n'est qu'au dĂ©but du XXe siècle que l'on se rendit compte de l'importance de l'Ă©ruption[28].

Le poète romain Virgile, s'inspirant des mythes grecs, rapporta que lors de la gigantomachie, Encelade, en fuite, fut enseveli sous l'Etna par Athéna en guise de punition pour sa désobéissance aux Dieux. Les grondements de l'Etna constituant ainsi les pleurs d'Encelade, les flammes sa respiration et le trémor ses tentatives de se libérer. Mimas, un autre géant, fut quant à lui englouti sous le Vésuve par Héphaïstos et le sang des autres géants vaincus jailli des Champs Phlégréens à proximité.

Randonneurs au sommet du mont Fuji en aoĂ»t 2005.

Dans le Christianisme populaire, malgrĂ© quelques tentatives d'explications prĂ©-scientifiques, les volcans Ă©taient souvent considĂ©rĂ©s comme l'Ĺ“uvre de Satan et les Ă©ruptions comme des signes de la colère de Dieu. Un certain nombre de miracles attribuĂ©s Ă  certains Saints sont associĂ©s dans la tradition catholique Ă  des Ă©ruptions : Ainsi en 253, la ville de Catane fut Ă©pargnĂ©e lorsque les flots de lave de l'Etna se scindèrent en deux devant la procession transportant les reliques de Sainte Agathe. Mais en 1669, la procession avec les mĂŞmes reliques ne put Ă©viter la destruction de la grande majoritĂ© de la ville.

En 1660, l'éruption du Vésuve fit pleuvoir aux alentours des cristaux de pyroxène noirs. La population les prit pour des crucifix et attribua ce signe à Saint Janvier qui devint saint patron et protecteur de Naples. Depuis à chaque éruption, une procession défile dans Naples pour implorer la protection du Saint. De plus, trois fois par an a lieu le phénomène de la liquéfaction du sang de Saint Janvier qui, selon la tradition, s'il se produit, protège la ville de toute éruption du Vésuve.

Encore aujourd'hui des processions religieuses sont associées aux volcans et à leur activité. À chaque éruption du Vésuve, des processions catholiques prient Saint Janvier, à Hawaii les habitants vénèrent encore Pélé et le mont Fuji est la montagne sacrée du Shintoïsme de même que le Bromo pour les hindouistes indonésiens.

Prévision éruptive

Article dĂ©taillĂ© : prĂ©diction volcanologique.

Les objectifs de la volcanologie est de comprendre l'origine et le fonctionnement des volcans et des phénomènes assimilés afin d'établir un diagnostic sur les risques et les dangers encourus par les populations et les activités humaines. Les prédictions volcanologiques nécessitent la mise en œuvre de savoir de plusieurs disciplines scientifiques. Les connaissances actuelles ne permettent aujourd'hui que de prédire le type des éruptions, sans avoir en revanche, à plus de que quelques heures à l'avance, quand elles auront lieu, combien de temps elles dureront et surtout leurs importances (volume de lave, intensité des dégagements, etc).

De plus en plus, la tendance est à la surveillance en continu les volcans actifs réputés dangereux à l'aide d'appareils télécommandés alimentés par piles solaires. À cet égard, l'équipement du Piton de la Fournaise, à la Réunion, pourtant réputé non dangereux, est exemplaire. Les mesures sont transmises par télémétrie à l'observatoire et toutes les dilatations, les tremblements et les variations de température sont enregistrés.

Les sĂ©curitĂ©s civiles des pays touchĂ©s tentent alors de trouver les justes compromis entre les risques et les prĂ©cautions inutiles. Dans bon nombre de cas, les autoritĂ©s se sont montrĂ©es peu attentives[29]. Il y eu cependant certains succès comme en 1991 pour l'Ă©ruption du Pinatubo oĂą les experts ont convaincu le gouvernement philippin d'organiser l'Ă©vacuation de 300 000 personnes. MalgrĂ© 500 victimes, 15 000 vies ont ainsi pu ĂŞtre Ă©pargnĂ©es.

Les manifestations volcaniques dangereuses

Paysage noyé sous la lave crachée par le Puʻu ʻŌʻō à Hawaii aux États-Unis en 1987.

Coulées de lave

Les coulĂ©es de lave font en gĂ©nĂ©ral plus de dĂ©gâts matĂ©riels que de victimes car mĂŞme si elles peuvent ĂŞtre très rapides avec plusieurs dizaines de kilomètres par heure, leur comportement est gĂ©nĂ©ralement prĂ©visible, laissant le temps aux populations d'Ă©vacuer. En 2002, le lac de lave du cratère du Nyiragongo se vide Ă  la faveur de failles qui se sont ouvertes dans le volcan : deux coulĂ©es atteignent la ville de Goma au Congo dĂ©mocratique, font 147 morts et dĂ©truisent 18 % de la ville. Ces fleuves de matière en fusion laissent peu de chance Ă  la vĂ©gĂ©tation et aux constructions se trouvant sur leur passage, les consumant et les ensevelissant dans une gangue de roche.

Nuées ardentes

AppelĂ©es aussi coulĂ©es pyroclastiques, les nuĂ©es ardentes sont des nuages gris qui dĂ©valent les pentes des volcans Ă  plusieurs centaines de kilomètres par heure, atteignent les 600 Â°C et parcourent des kilomètres avant de s'arrĂŞter. NĂ©s de l'effondrement d'un dĂ´me ou d'une aiguille de lave, ces nuages composĂ©s de gaz volcaniques et de tephras glissent sur le sol, franchissent des crĂŞtes et consument tout sur leur passage. Les empilements des matĂ©riaux transportĂ©s par les nuĂ©es ardentes peuvent s'accumuler sur des dizaines de mètres d'Ă©paisseur et sont Ă  l'origine des Ă©tendues d'ignimbrites. Une de ces coulĂ©es pyroclastiques nĂ©e de la montagne PelĂ©e en Martinique a rasĂ© la ville de Saint-Pierre en 1902 et tuĂ© ses 28 000 habitants. Plus rĂ©cemment, le rĂ©veil de la Soufrière de Montserrat a provoquĂ© la destruction de Plymouth, la capitale de l'Ă®le, et classĂ© inhabitable la grande majoritĂ© de l'Ă®le Ă  cause des passages rĂ©pĂ©tĂ©s de nuĂ©es ardentes.

Cendres volcaniques

Champ recouverts de cendres volcaniques rejetées par le mont Saint Helens aux États-Unis en 1980.

Expulsées par des panaches volcaniques, les cendres volcaniques peuvent retomber et recouvrir des régions entières sous une épaisseur de plusieurs mètres, provoquant la destruction des cultures et l'apparition de famines comme ce fut le cas après l'éruption du Laki de 1783 en Islande, l'effondrement des toits des habitations sur leurs occupants, la formation de lahars en cas de pluies, etc.

Séismes

Les séismes peuvent être provoqués à la suite de la vidange de la chambre magmatique lorsque le volcan s'effondre sur lui-même et forme une caldeira. Les multiples glissements des parois du volcan génèrent alors des séismes qui provoquent l'effondrement des bâtiments parfois fragilisés par des chutes de cendre volcanique.

Tsunamis

Les tsunamis peuvent ĂŞtre gĂ©nĂ©rĂ©s de multiples manières lors d'une Ă©ruption volcanique comme avec l'explosion d'un volcan sous-marin ou Ă  fleur d'eau, la chute de parois ou de nuĂ©es ardentes dans la mer, l'effondrement du volcan sur lui-mĂŞme mettant en contact direct l'eau avec le magma de la chambre magmatique, des mouvements de terrains liĂ©s Ă  la vidange de la chambre magmatique, etc. En 1883, l'explosion du Krakatoa gĂ©nĂ©ra un tsunami qui fit 36 000 victimes.

Glissements de terrain

À la manière des nuées ardentes, les glissements de terrain peuvent provoquer des avalanches meurtrières. Dans de rares cas, c'est une grande partie ou la majorité du volcan qui se désagrège sous la pression de la lave. En 1980, le mont Saint Helens a surpris les volcanologues du monde entier lorsque la moitié du volcan s'est disloqué. Certains scientifiques, se croyant à l'abri sur des collines environnantes, se sont fait piéger et ont péri dans la gigantesque nuée ardente qui a suivi.

Gaz volcaniques

Les gaz volcaniques sont le danger le plus sournois des volcans. Ils sont parfois Ă©mis sans aucun autre signe d'activitĂ© volcanique lors d'une Ă©ruption limnique. En 1986, au Cameroun, une nappe de dioxyde de carbone est sortie du lac Nyos. Étant plus lourd que l'air, ce gaz a dĂ©valĂ© les pentes du volcan et a tuĂ© 1 800 villageois et plusieurs milliers de tĂŞtes de bĂ©tail dans leur sommeil par asphyxie.

Lahars

Dépots résultants du passage de lahars sur les pentes du mont Saint Helens aux États-Unis en 1982.

Les lahars sont des coulĂ©es boueuses formĂ©es d'eau, de tephras en majoritĂ© de cendres volcaniques froides ou brulantes, très denses et lourdes et charriant quantitĂ© de dĂ©bris tels des blocs rocheux, des troncs d'arbres, des restes de bâtiments, etc. Les lahars se forment lorsque des pluies importantes survenant lors de cyclones ou des pluies prolongĂ©es s'abattent sur des cendres volcaniques. Ils peuvent survenir des annĂ©es après une Ă©ruption volcanique tant que des cendres peuvent ĂŞtre entraĂ®nĂ©es. En 1985, 23 000 habitants de la ville colombienne d'Armero furent engloutis sous un lahar nĂ© sur les pentes du Nevado del Ruiz.

Jökulhlaup

Le jökulhlaup est un type de crue particulièrement puissant et brutal. Ils se forment lorsqu'une éruption volcanique survient sous un glacier ou une calotte glaciaire et que la chaleur du magma ou de la lave parvient à faire fondre de grandes quantités de glace. Si l'eau de fonte ne peut s'évacuer, elle forme un lac qui peut se vider lorsque la barrière qui le retient formée par une paroi rocheuse ou un glacier se rompt. Un flot mêlant lave, tephras, boue, glace et blocs rocheux s'échappe alors du glacier, emportant tout sur leur passage. Les jökulhlaup les plus fréquents se déroulent en Islande, sous le Vatnajökull.

Acidification des lacs

L'acidification des lacs est une autre conséquence possible de la présence d'un volcan. L'acidification a pour effet d'éliminer toute forme de vie des eaux et de leurs abords et peut même constituer un danger pour les populations riveraines. Ce phénomène survient lorsque des émanations de gaz volcaniques débouchent au fond d'un lac, celui-ci va alors les piéger par dissolution ce qui acidifie les eaux.

Hivers volcaniques

Les cendres, gaz volcaniques et gouttelettes d'acide sulfurique et d'acide fluorhydrique expulsĂ©es dans l'atmosphère par des panaches volcaniques peuvent provoquer des pluies acides et des « Hivers volcaniques Â» qui abaissent les tempĂ©ratures et peuvent provoquer des famines, des hivers rigoureux ou des Ă©tĂ©s froids Ă  l'Ă©chelle mondiale comme ce fut le cas pour les Ă©ruptions du Tambora en 1815 et du Krakatoa en 1883.

Atouts liés aux volcans

Récolte de minerai de soufre dans le cratère du Kawah Ijen en Indonésie, 2005.

Par certains aspects, l'homme peut tirer profit de la prĂ©sence des volcans avec :

  • l'exploitation de l'Ă©nergie gĂ©othermique pour production d'Ă©lectricitĂ©, le chauffage des bâtiments ou des serres pour les cultures ;
  • la fourniture de matĂ©riaux de construction, ou Ă  usage industriel tels que :
  • la fertilisation des sols tels les versants de l'Etna qui constituent une rĂ©gion Ă  très forte densitĂ© agricole en raison de la fertilitĂ© des sols volcaniques et oĂą d'immenses vergers d'agrumes y sont implantĂ©s.

Un volcan contribue aussi au tourisme en proposant un panorama, des destinations de randonnée, du thermalisme ou même un lieu de pèlerinage aux visiteurs.

MĂŞme dans le domaine artistique, leur influence se fait sentir : certaines Ă©ruptions fortement Ă©mettrices de cendres volcaniques comme celle du Tambora en 1815 ont gĂ©nĂ©rĂ© des couchers de soleils spectaculaires durant plusieurs annĂ©es. Certains peintres comme Turner ont su capter cette lumière Ă  travers des Ĺ“uvres originales qui annoncent l'Impressionnisme.

Volcanologie

Articles dĂ©taillĂ©s : Volcanologie et Histoire de la volcanologie.

La volcanologie ou vulcanologie est la science qui Ă©tudie les phĂ©nomènes volcaniques, leurs produits et leurs mises en place : volcans, geysers, fumerolles, Ă©ruptions volcaniques, magmas, laves, tephras, etc. Un volcanologue ou vulcanologue est le scientifique spĂ©cialiste de cette discipline liĂ©e Ă  la gĂ©ophysique, Ă  la sismologie et Ă  la gĂ©ologie dont elle est une spĂ©cialitĂ©.

Les objectifs de cette science sont de comprendre l'origine et le fonctionnement des volcans et des phénomènes assimilés afin d'établir un diagnostic, pour une période déterminée, des risques et des dangers encourus par les populations et les activités humaines. Les études et les recherches se déroulent dans un premier temps sur le terrain afin de procéder à des collectes d'informations sous la forme d'observations, de mesures et d'échantillonnages et dans un second temps en laboratoire afin d'analyser et d'interpréter les données et les échantillons. En effet, la gestion des effets même d'une éruption une fois qu'elle se produit est impossible. Seules quelques opérations de détournement de coulée de lave ont réussi sur l'Etna en Italie et à Heimaey en Islande.

Seule la prĂ©vention permet de limiter ou d'Ă©viter les effets d'une Ă©ruption volcanique. Cette prĂ©vention passe par une observation du volcan et des signes avant-coureurs d'une Ă©ruption : Ă©missions de gaz volcaniques, gonflement et dĂ©gonflement du volcan, sĂ©ismes mineurs, anomalies thermiques, etc. L'Ă©vacuation de manière temporaire et dans l'urgence des zones en danger est le moyen de prĂ©vention le plus employĂ©. NĂ©anmoins, il existe des moyens de prĂ©vention Ă  long terme comme l'Ă©vacuation totale des zones les plus exposĂ©es aux risques volcaniques, l'Ă©laboration de plans de prĂ©vention, d'Ă©vacuation, de secours et de sensibilisation des populations, etc.

Volcans sous-marins

Article dĂ©taillĂ© : Volcan sous-marin.

Les volcans sous-marins sont les plus nombreux sur Terre. On estime que 75 % des volcans et des matĂ©riaux ignĂ©s Ă©mis par les volcans le sont au niveau des dorsales ocĂ©aniques[30]. Les volcans faille se trouvent en grande majoritĂ© le long des dorsales ocĂ©aniques oĂą ils Ă©mettent des laves fluides. Ces laves, soumises aux eaux froides comprises entre un et deux degrĂ© Celsius et Ă  la forte pression, prennent la forme de boules : ce sont les « pillow lavas Â».

Les autres volcans situĂ©s le long des fosses de subduction et ceux formĂ©s par un point chaud donnent naissance Ă  une montagne sous-marine Ă  sommet plat et Ă  pente très raide : un guyot. Lorsqu'un volcan sous-marin parvient Ă  atteindre la surface, il Ă©merge dans une Ă©ruption de type surtseyenne. Deux volcans sous-marins sont cĂ©lèbres et surveillĂ©s : le Loihi qui sera le prochain volcan d'Hawaii Ă  Ă©merger de l'ocĂ©an Pacifique et le Kick-'em-Jenny au nord de l'Ă®le de la Grenade dans les Antilles et qui est très proche de la surface et a une activitĂ© explosive.

Volcans extra-terrestres

Image satellite de l'Olympus Mons sur Mars prise par la sonde Viking 1 en 1978.

La Terre n'est pas la seule planète du système solaire Ă  connaĂ®tre une activitĂ© volcanique. VĂ©nus connaĂ®t un intense volcanisme avec 500 000 Ă©difices volcaniques, Mars comporte l'Olympus Mons, un volcan considĂ©rĂ© comme Ă©teint et haut de 27 kilomètres faisant de lui le plus haut sommet du système solaire, la Lune est couverte par les « maria lunaires Â», d'immenses champs de basalte. Des volcans existent aussi sur des satellites de Jupiter et de Neptune, notamment Io et Triton. La sonde Voyager 1 a permis de photographier en mars 1979 une Ă©ruption sur Io, tandis que Voyager 2 a fait dĂ©couvrir sur Triton en aoĂ»t 1989 des traces de cryovolcanisme et des geysers. On connaĂ®t aussi des cryovolcans sur Encelade.

La composition chimique variant considérablement entre les planètes et les satellites, le type d'ejecta est très différent de ceux émis sur Terre tel du soufre, de la glace d'azote, etc.

Volcans dans les médias

L'éruption d'un volcan à proximité d'une zone peuplée est très souvent vécu comme un évènement majeur dans la vie d'un pays car, outre le caractère spectaculaire et inattendu d'une éruption, celle-ci nécessite une surveillance et parfois l'évacuation et la prise en charge des personnes en danger.

Les volcans sont parfois les acteurs principaux de certains films catastrophes comme « Le Pic de Dante Â» et « Volcano Â» ou le docu-fiction Supervolcan de la BBC et de Discovery Channel qui met en scène le rĂ©veil du supervolcan de Yellowstone dans une Ă©ruption d'indice d'explosivitĂ© volcanique de 8.

Plus couramment, les volcans font l'objet de nombreux documentaires télévisés scientifiques, informatifs ou de vulgarisation.

Records

Annexes

Articles connexes

  
Structures
  
Géologie
  
Matériaux

Liens externes

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Sources
Dossiers scientifiques et vulgarisation
Photos et médias

Bibliographie

Notes et références

  1. ↑ (fr) Futura sciences - Définition d'un volcan
  2. ↑ (en) Smithsonian Institution - Nombre de volcans
  3. ↑ (fr) Futura sciences - Définition d'une chambre magmatique
  4. ↑ (en) Smithsonian Institution - Volcan bouclier
  5. ↑ (en) Smithsonian Institution - Stratovolcan
  6. ↑ (en) Smithsonian Institution - Volcan faille
  7. ↑ (fr) Futura sciences - Définition d'un magma
  8. ↑ (fr) École Normale Supérieure de Lyon - Dynamique éruptive et magmatisme
  9. ↑ (fr) Futura sciences - Définition d'un volcanisme basaltique
  10. ↑ (fr) Futura sciences - Définition d'un volcanisme andésitique
  11. ↑ (fr) ereiter.free.fr - Laves carbonatiques
  12. ↑ (fr) Futura sciences - Température de la lave
  13. ↑ (en) Smithsonian Institution - Coulées de lave
  14. ↑ (fr) Histoires de volcans - L'Erta Ale et son cratère
  15. ↑ (fr) Futura sciences - Définition d'une bombe volcanique
  16. ↑ Rosi, Papale,...Guide des volcans, delachaux et niestlé
  17. ↑ (fr) Département de géographie de l'université du Québec à Montréal - Points chauds
  18. ↑ (en) Smithsonian Institution - Définition d'une éruption volcanique
  19. ↑ (en) Smithsonian Institution - Éruption magmato-phréatique
  20. ↑ (en) Smithsonian Institution - Durées des éruptions
  21. ↑ (en) Newhall C. G. et S. Self (1982). The volcanic explosivity index (VEI) : an estimate of explosive magnitude for historical volcanism. J. Geophys. Res., 87, 1231-1238.
  22. ↑ (en) VolcanoWorld, North Dakota and Oregon Space Grant Consortium - Description de l'indice d'explosivité volcanique
  23. ↑ (fr) Risques et préventions volcaniques - Les deux grands types d'éruption volcanique
  24. ↑ (en) Smithsonian Institution - Part du nombre d'éruptions en fonction du type de volcan
  25. ↑ (en) Library ThinkQuest - Éruptions phréato-magmatiques
  26. ↑ (en) Smithsonian Institution - Éruption surtseyenne
  27. ↑ (en) Smithsonian Institution - Activité géothermique
  28. ↑ (fr) Art'chives, À la recherche des civilisations disparues - Disparition de la civilisation minoënne et éruption de Santorin
  29. ↑ VOLCANS AU BORD DU RÉVEIL : les prĂ©visions des experts sont-elles entendues ?
  30. ↑ (en) Smithsonian Institution - Part de la lave émise selon le type de volcan
  31. ↑ (en) Smithsonian Institution - Volcans les plus hauts
  32. ↑ (fr)L'internaute - Chat avec Jacques-Marie Bardintzeff
  33. ↑ a, b, c et d (fr) Petit Bazar, État de Genève - Records chez les volcans
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